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4e de couverture : "Tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence : sa femme l'a quitté, ses enfants lui manquent, son frère l'envoie s'occuper de ses parents, son père ouvrier s'apprête à voter FN et le tsunami ravage le Japon, son pays de coeur. De retour dans la banlieue de son enfance, il n'aura d'autre choix que se tourner vers son passé pour comprendre le mal-être qui le ronge. Comment devient-on un inconnu aux yeux de ses proches ? Comment trouver sa place clans un monde devenu étranger ?"

Les vacances d'été est propice au rattrappage de billets en retard ! Je continue donc sur ma lancée, avec cette première rencontre avec Olivier Adam. C'est l'adaptation cinématographique de Des vents contraires qui m'a donné envie de découvrir son oeuvre. Je n'ai pas choisi un petit roman de 300 pages mais l'un des derniers parus (ou le dernier, d'ailleurs, je ne sais pas) qui en fait plus de 500 dans la présente édition.

Comme dans Des vents contraires, Olivier Adam met en scène un écrivain dépressif et divorcé. C'est une chose qui m'a frappée ! Paul a grandi en Région parisienne, dans un milieu ouvrier. Lui est devenu écrivain et son frère vétérinaire. Mais on dirait que c'est une chose qu'il assume mal et que son entourage lui renvoie à la figure. Il habite à présent en Bretagne, au "vert" mais revient en banlieue pour voir ses parents qui traversent une mauvaise passe : sa mère est hospitalisée et son père livré à lui-même dans le petit appartement qu'ils n'ont jamais voulu quitter. Paul est un peu schizophrène dans son regard sur l'endroit où il a passé son enfance avec, à la fois un dégoût et un attachement qu'il a du mal à admettre.

Je dois avouer que ce personnage m'a plutôt agacée pendant une bonne partie du roman tant par son pessimissme que par son regard condescendant parfois. Jusqu'au moment où... justement, ce même personnage-écrivain vous renvoie à la figure ce que vous êtes exactement en train de penser de lui ! Celui de l'écrivain, de l'intellectuel français dans toute sa caricature ! C'est plutôt ingénieux comme mise en abyme et comme manière de mettre à distance un certain roman social à la française. C'est du moins ainsi que je l'ai ressenti. Avec ce personnage sur la brèche, qui a franchi les "lisières" sociales et géographiques, l'un allant d'ailleurs avec l'autre selon certains (aux pauvres la banlieue asphixiante, aux riches l'oxygène de la province du bord de mer), Olivier Adam semble mettre à distance, mais sans vraiment les renier, ce genre littéraire hexagonal et cette conception géographique du pays qui pourtant n'est pas fausse, mais sans tomber dans la caricature. Issu d'un milieu ouvrier, Paul est devenu écrivain et son frère vétérinaire. C'est bien la preuve qu'on peut être issu d'un milieu modeste et s'en sortir. Néanmoins la vision d'ensemble est pessimiste (et ça j'ai pas trop aimé car l'espoir fait vivre !)

Ce roman est complexe. Je dois dire aussi que mieux vaut avoir le moral pour le découvrir car ce n'est pas franchement gai, et même un peu trop noir à mon goût. Pas vraiment une lecture de vacances douce, légère et insousciante. Mais néanmoins à découvrir car cela vous remue les neurones. Olivier Adam a parfois une écriture proustienne avec des phrases à n'en plus finir. Mais malgré tout sans fioritures.