21 septembre 2013

Miséricorde

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4e de couverture : "Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s'acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l'avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d'encre. Mais, faute d'indices, la police avait classé l'affaire. Jusqu'à l'intervention des improbables Carl Mørck et Hafez al-Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d'origine syrienne. Pour eux, pas de cold case ... Couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, le thriller de Jussi Adler-Olsen, première enquête de l'inspecteur Mørck, est un véritable phénomène d'édition mondial."

Cela faisait un moment que ce livre me faisait de l'oeil à chaque fois que je passais en librairie. La petite vignette du Grand Prix des Lectrices de Elle ne faisait que renforcer mon envie de découvrir Jussi Adler Olsen, d'autant que les autres livres qu'il a publiés ont l'air d'avoir autant de succès que celui-ci, signalé partout comme un best seller. Et en plus Jussi Adler Olsen est... danois !  Voilà beaucoup d'indices de tentation pour un seul et même écrivain ! Et hop, ce livre a embarqué avec moi dans l'avion...

J'ai rapidement été absorbée par ma lecture qui a réussi à me faire oublier l'affreux gamin qui gesticulait à côté de moi pour voir si son père accéderait à son caprice... En effet, ce thriller vous prend aux tripes dès les premières pages. Les personnages sont attachants, surtout les deux compères qui mènent l'enquête, Carl Mørck le Danois et Hafez al-Assad le Syrien (oui, vous avez bien lu !) au passé trouble, maîtrisant encore mal la langue danoise et roi de la gaffe. Son boss, Carl est aussi plein de préjugés donc cela n'aide pas mais donne un couple détonnant, avec un zeste de suspicion :

"Tu t'appelles Hafez al-Assad. C'est ce qui est écrit sur les papiers que les services de l'immigration ont établi à ton nom, en tout cas."
"Ca doit pas être facile de traîner un nom pareil ?" "Le nom d'un dictateur qui a gouverné la Syrie pendant vingt-neuf ans ! Tes parents étaient membres du parti Baas ?"

On apprend que Hafez est un réfugié politique syrien mais que Carl l'ignorait car "le petit homme", comme il l'appelle (ce qui m'a passablement agacée) lui a caché la manière dont il est arrivé au Danemark, car sa vie lui a fait du mal et que c'est sa vie et pas celle de son boss.

Bon mais autant vous dire que c'est à peu près la seule chose que l'on apprend sur le pays de la Petite Sirène et que ce n'est qu'une anecdote secondaire dans ce thriller qui reste d'une facture très classique, et en fin de compte très anglo-saxonne. Je n'y ai pas retrouvé la "patte" nordique que j'ai l'habitude de fréquenter. Mis à part, peut-être que la victime qui est une femme politique, Merete Lyyngaard, qui incarne l'avenir du Danemark. On ne peut évidemment que penser à Borgen et son héroïne Birgitte, pour ceux qui connaissent cette excellente série danoise (postérieure à ce thriller, d'ailleurs).

Mais le comparaison s'arrête là. Ici on ne suit pas la vie publique et privée d'une femme politique, mais tout simplement l'enterrement vive d'une jeune femme qui se retrouve enlevée puis enfermée pendant cinq ans. Personne ne sait ce qui lui est arrivé, encore moins son petit frère handicapé.

Si j'ai aimé le suspense que j'avoue très bon, j'ai beaucoup moins aimé l'aspect un peu "gore" que prend ce thriller par moment. Je n'en vois pas l'intérêt. J'ai trouvé la fin un peu trop (attention SPOILER !)  "happy end" et miraculeuse pour être totalement crédible.

Une lecture divertissante mais sans doute pas inoubliable à mes yeux, j'ai lu nettement mieux avec Je ne porte pas mon nom de Anna Grue et je doute de renouveler l'expérience avec les deux autres romans qui sont la suite à celui-ci.

 

 

 

 


14 septembre 2013

Je ne porte pas mon nom

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4e de couverture : "Rien de pire que l'ennui, même pour un dépressif notoire comme Dan ! Au repos dans sa villa de Chistianssund, acquise grâce à une brillante carrière dans la pub, le mystère s'invite dans sa vie. Son ami le commissaire Flemming fait appel à lui : une employée de son agence a été tuée et, étrangement, personne ne connaît son nom. Dan enquête..."


J'ai décidé cet été de me plonger dans la littérature danoise, littérature méconnue dans l'Hexagone (mis à part Karen Blixen - et encore, je me demande si tout le monde connaît sa nationalité - et évidemment le célébrissime Hans Christian Andersen -  parce que non, La Petite Sirène n'a pas été inventée par Disney mais fait partie d'une légende.).

Le pays lui-même reste énigmatique aux Français puisque ce n'est pas vraiment le pays de prédilection pour leurs vacances. Et pourtant, ce petit pays plat de 5 millions d'habitants vaut le détour. Heureusement, il y a Borgen, l'excellente série diffusée par Arte en ce moment même qui permet de lever le voile et peut-être aux gens d'aller visiter Copenhague.

Bref, mes lectures m'ont fait découvrir Anna Grue, donc Je ne porte pas mon nom est le premier livre traduit en français. Et quelle belle découverte ! Décidémment ce sont les journalistes qui écrivent les meilleurs polars. Et ici, l'originalité c'est que celui qui mène l'enquête n'est pas un commissaire ou inspecteur de police, mais tout simplement Dan, un publicitaire dépressif, dont un meurtre sur son lieu de travail va redonner goût à la vie. Il faut dire que son meilleur ami est le commissaire Flemming. Mais, comme le constatera le lecteur, on ne peut pas dire qu'il soit très efficace. Dan prend donc la voie dangereuse d'une enquête officieuse qui nous parle du Danemark d'aujourd'hui et de ses problématiques.

Oubliez le pays des Vikings et de la Petite Sirène, ici on n'est pas vraiment dans la légende et le fabuleux mais plutôt dans le trafic et les embrouilles administratives. Evidemment, comme elle écrit un polar, Anna Grue ne présente pas son pays sous le meilleur jour. Rendez-vous ici avec le travail dissimulé, les violences faites aux femmes, le trafic humain, le problème de l'intégration. Certes ce n'est pas une chose propre au Danemark, mais bizarrement, j'ai été un peu surprise qu'il y ait là-bas aussi, dans ce petit pays, autant d'immigrés clandestins, sans papiers (ou avec de fausses identités),  contraints de rester cachés, préférant vivre comme des fantômes de peur d'être expulsés, sachant le châtiment qui les attendent :

"Toutes ces femmes avaient trois points communs : elles étaient étrangères, elles vivaient cachées ici, à Christianssund et elles n'osaient demander aucune aide sociale de peur d'être expulsées du Danemark. (...) Si elles essaient d'aller à la police, on les renvoie au pays au plus tard trois mois après - et dans de nombreux cas, elles sont immédiatement renvoyées au Danemark, ou dans un autre pays, munies de nouveaux papiers".


Le pendant de tout ça, évidemment, c'est qu'il y a des profiteurs. Mais j'ai aimé l'analyse fine d'Anna Grue, la manière dont elle montre comment certains d'entre-eux se présentent en bienfaiteurs, et comment, en fin de compte, la corruption a la vie belle. L'inefficacité de la police est aussi montrée du doigt, parce que les meurtres s'accumulent et l'équipe du commissaire Flemming n'en pédale pas moins dans la semoule !

Bref, pour une première présentation littéraire du Danemark, je n'ai pas choisi un roman qui fait dans la dentelle mais dans le réalisme. Je me suis régalée. Dan le dépressif est en plus un personnage attachant. Et en plus, il n'y a pas qu'un seul coupable. Mais chuuuut, j'en ai vraiment dit trop dans ce billet !

J'ai hâte de découvrir Le baiser de Judas qui paraît au format poche dans les prochains jours.

 

 

 

07 septembre 2013

Terminus Elicius

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4e de couverture : "Toujours le même trajet. Istres-Marseille. Marseille-Istres. Sa mère, son travail. La vie de Jeanne est en transit. Elle la contemple en passager. Une lettre suffira à faire dérailler ce train-train morose :"Vous êtes si belle Jeanne." Glissée entre deux banquettes, elle l'attendait."

C'est parce que j'entends parler depuis un moment de Karine Giebel et de ses polars que j'ai décidé d'aller à sa rencontre à travers les mots. Parce que je dois dire qu'a priori je ne suis pas fana des polars made in France. La faute à Granger qui tortille mal la fin de ses bouquins à mon goût et que j'ai abandonné depuis quelques années.

La quatrième de couverture (que j'ai volontairement tronqué parce qu'elle en dit trop) me laissait craindre un truc un peu bateau. Mais bon, ayant aussi l'habitude des quatrièmre de couv et encore l'écho dans les oreilles des questions-réponses de l'interview de Karine Giebel sur France Info, je me suis dit que ça ne pouvait pas être aussi bateau que ça...

Autant vous dire que Jeanne, la presque-trentaine, secrétaire dans la Police, est une héroïne qui vous porte sur les nerfs. On n'arrête pas, au début, de se demander si plus cul-cul-la-praline ça se fait. C'est une femme tout ce qu'il y a de peu sûre d'elle. D'après ce qu'en dit son supérieur hiérachique, c'est en plus une belle femme. Mais Jeanne passe son temps à valse-hésiter, à faire le contraire de ce qu'elle voudrait faire, à monologuer dans sa tête. Les deux petites voix dans sa tête attirent rapidement l'attention du lecteur d'ailleurs. On se dit qu'elle a un problème, un grave problème, d'ordre psychiatrique. Et puis son comportement physique est parfois très étrange et effrayant. Alors quand un tueur qui met Marseille en émoi, se mêt à la harceler par lettres d'amour interposées  sur son trajet ferroviaire quotidien entre Istres et Marseille, on se dit que ça va réduire en miettes cette femme fragile. Parce que Jeanne est tout sauf bête. Elle a tout à fait conscience du danger mais elle a un problème, comme je le disais...

Karine Giebel s'attache à décrire le cheminement mental de son héroïne avec minutie, comment se met en place sa stratégie pour faire face à ce qui lui arrive. Mais comment Jeanne prend le mauvais chemin, jusqu'à la volte-face finale qui remet tout en question. L'inspecteur Esposito s'aperçoit qu'il a dans ses rangs quelqu'un de spécial, au comportement discret comme si elle voulait disparaître du décor. Mais en fait, il la remarque surtout pour son physique. Il découvre son passé...

En face d'elle Jeanne a tout simplement un psychopathe. Un fou qu souffle le chaud et le froid. Mais qui ne l'a pas toujours été dans cet état.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est que Karine Giebel montre comment un événement, dans le passé de ces deux personnages, a tout fait basculer. Comment des êtres fragiles basculent dans la folie. Et comment tout n'est pas aussi simple que ce que ça en a l'air au premier abord.

Le suspense vous tord les boyaux, j'ai rarement vraiment la trouille en lisant des thrillers, mais là, j'avoue que c'est vraiment oppressant et que j'ai stressé pendant la lecture !

En tout cas, un coup de coeur de mes lectures estivales !

 

 

05 septembre 2013

Envies de la rentrée littéraire 2013

Outre l'excellent Les évaporés, déjà chroniqué ici même, j'ai en fait cinq grosses envies concernant la rentrée littéraire 2013. Les voici, tout en images :

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61GnJXUYkiL

41JI5LNb+CL

41tHJGUOQ5L

41zV1Rw69qL

soit 2 Irlandais, 1 Islandais, 1 Américain et 1 Ecossais.

En attendant, il me reste encore tout un tas de livres lus cet été à chroniquer... De la litté de jeunesse, un thriller danois et une belle surprise française....

 

Posté par maevedefrance à 20:49 - - Commentaires [4] - Permalien [#]