13 novembre 2015

L'aventure continue !

 

C'est fait ! La suite du blog est en service sur wordpress à l'adresse

http://milleetunelecturesdemaeve.wordpress.com

Je vous donne donc rendez-vous là-bas. :-)

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11 novembre 2015

Migration

 

Ce blog aura 6 ans dans quelques jours.
Pour fêter cela et parce que Canalblog ne me satisfait plus du tout avec ses dysfonctionnements à répétition depuis maintenant plusieurs années, j'ai décidé de sauter le pas et de migrer vers une autre plateforme. J'ai choisi WORDPRESS.
J'ai dû modifier légèrement le nom du blog car quelqu'un a déjà la même URL que moi (mais n'a jamais publié!!).

Le nouveau nom du blog sera donc milleetunelecturesdemaeve.wordpress.com

Le chantier est en cours et le blog encore inaccessible pour l'instant. Mais l'ouverture est pour bientôt, pour de nouvelles aventures bloguesques et livresques qui méritent mieux qu'une plateforme trop souvent en carafe.

Ce blog ne sera pas supprimé tant que je n'aurai pas transféré tous les articles vers la nouvelle plateforme où je publierai dorénavant.

Posté par maevedefrance à 14:47 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air

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A travers les mots de Carine Chichereau

4e de couverture : "Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante. Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. Le monde ne sera plus jamais le même."

Un roman irlandais qui se passe dans l'ex-Union soviétique, ce n'est pas tous les jours que l'on voit cela. Un premier roman de surcroît d'un jeune écrivain irlandais (36 ans), paru il y a peu dans son pays natal et rapidement traduit un peu partout. De quoi aiguiser ma curiosité...

Pourtant, si je me jette souvent sur les romans irlandais et que je les avale avec gloutonnerie en quelques jours, je dois avouer que ce pavé de plus de 400 pages a eu le pouvoir de durer plusieurs semaines entre mes mains.

Darragh McKeon possède une belle plume, qui a le pouvoir de distiller un malaise de plus en plus pénétrant. A la manière des particules radioactives des réacteurs de la centrale de Tchernobyl, en quelque sorte : un malaise qui vous irradie. Mais contrairement aux personnages, votre vie de lecteur ne sera pas en danger, mais la sensation est garantie ! On sent qu'il se passe quelque chose de grave mais sans pouvoir mettre exactement le doigt sur la cause du malaise, du moins au début.
Le récit est éclaté entre la vie de plusieurs personnages. Un chirurgien qui s'évertue à opérer jusqu'à l'étourdissement, pour sauver les vies des victimes de la centrale nucléaire, comme pour conjurer sa vie conjuguale réduite en miette. Un adolescent part pour la première fois chasser l'oie avec son père. Un petit génie du piano est réduit à jouer en silence. Une journaliste dissidente à la carrière brisée "paye" son esprit contestataire en travaillant à l'usine. 
Un récit fractionné entre Moscou, Minsk, Tchernobyl (et son village martyr),Paris; entre 1986, avant 1986, et aujourd'hui.
Un réacteur nucléaire en fusion et un gouvernement soviétique qui s'acharne à étouffer une affaire gravissime comme on cacherait de la poussière sous un tapis.
Aveuglement, peur, silence, violence larvée et mort sont les thèmes majeurs de ce roman.
L'atmosphère est étouffante. Il faut un moment pour entrer dans le roman qui ne se donne pas dès les premières pages.

La catastrophe de Tchernobyl comme écho lancinant de la fin de l'Union soviétique. On sent que Darragh McKeon a travaillé son sujet, que sa documentation est importante. Il lui a d'ailleurs fallu dix ans pour écrire son livre.

Un roman habile, savamment construit et bien documenté. Mais j'avoue que je ne me suis pas parvenue à m'attacher aux personnages. Je n'ai pas vraiment appris des choses que j'ignorais sur l'Union soviétique et la gestion calamiteuse de la catastrophe de Tchernobyl. L'originalité du roman réside dans la métaphore (est-ce d'ailleurs le bon terme ?) entre la centrale nucléaire en fusion et la fin de l'Union soviétique. 

Bref, je suis un peu restée sur le bord du trottoir, tout en ayant conscience que ce roman était réussi et exigeant. Ce n'est pas tous les jours qu'un livre  me laisse ce sentiment, aussi ambigu soit-il.

En exergue du roman, deux citations qui éclairent le titre et le sens du roman :

"Tout ce qui est solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré se trouve profané, et à la fin les hommes sont forcés de considérer d’un oeil détrompé la place qu’ils tiennent dans la vie et leurs rapports mutuels."
Karl Marx, Friedrich Engels, Le Manifeste communiste .

"A mon sens, la radioactivité est une véritable maladie de la matière. En outre, c'est une maladie contagieuse. Qui se propage. Si l'on approche d'atomes sains ces atomes déphasés, s'effondrant sur eux-mêmes, alors ceux-ci à leur tour cessent de mener une existence cohérente. C'est à l'échelle de la matière la même chose que la décadence de notre culture ancienne au sein de la société : une perte des traditions, des distinctions et des réactions attendues."
H. G. Wells, Tono-Bungay

L'avis de Lettres d'Irlande et d'ailleurs, avec qui je couvre cette rentrée littéraire irlandaise 2015 fort prolifique !

 

 

01 novembre 2015

Les premières aventures de Sherlock Holmes - Tome 1 : L'ombre de la mort

 

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A travers les mots de Marie Hermet

Le jeune Sherlock Holmes est envoyé par son frère aîné, Mycroft, le temps d'un été, chez son oncle, dans le fief familial des Holmes. Sherlock traîne un peu des pieds, mais Mycroft lui explique que c'est pour son bien : leur mère est malade et leur père doit partir faire la guerre aux Indes. Sherlock a toute confiance en son frère. Afin que le jeune homme poursuive ses études, Mycroft fait engager un précepteur, Aymus Crowe. Sherlock ne le sait pas encore, mais cet homme va l'aider à devenir un détective hors normes en lui enseignant l'art de l'observation, de la logique et de la déduction. Il se trouve qu'il est aussi le père d'une charmante jeune fille qui monte à cheval comme un homme : Virginia. Cela ne peut que plaire à Sherlock ! Il croise sur son chemin un gamin des rues de son âge,  orphelin, Matty, qui deviendra son compagnon d'aventures et son meilleur ami.Et voilà tout ce petit monde entraîné dans une bien étrange affaire...

Il se passe en effet des choses étrranges. Sherlock découvre le cadavre d'un homme recouvert de bubons, dans la forêt; puis deux autres avec les mêmes symptômes, près d'une usine à vêtements. Et puis il y a cet étrange poudre jaune près des cadavres... Tout laisse à penser à un début d'épidémie de peste bubonique ou de variole. Mais il y a aussi ces ruffians qui rapidement vont s'en prendre au jeune Sherlock, pour la première fois de sa vie confronté à la mort.

Le roman débute dans la campagne anglaise de la fin du XIXe siècle mais rapidement le lecteur prend la route vers la capitale, Londres, pour pousser jusqu'à... Cherbourg ! Un bon road trip comme je le aime et une vraie surprise d'atterrir en Normandie et d'apprendre que Sherlock est français pas sa mère !
Un bon road trip parce que ce roman jeunesse est très bien documenté sur l'Angleterre de l'époque, donc on est rapidement immergé dans l'ambiance, on va jusqu'à sentir l'odeur de la bière et le bourdonnement des abeilles. Oui, vous avez bien lu : des abeilles. Et si vous n'y connaissez rien en la matière, vous en apprendrez un rayon... Et qui dit abeille, dit pollen :
"Les abeilles (...) prennent le pollen et le transportent jusqu'à la ruche sous forme de petites balles attachées à leurs pattes arrières. Les plantes en bénéficient parce que chaque abeille, en volant de fleur en fleur, laisse tomber un peu de pollen provenant des étamines de l'une et du pistil de l'autre. C'est ainsi que l'abeille aide à la reproduction. Sur leurs pattes arrières, les abeilles ont des poils qui forment une sorte de petit panier ; elles malaxent le pollen pour former des petites pelotes. C'est ce qu'on appelle le "pollen d'abeille"."
J'ai trouvé ces explications très claires pour le jeune lecteur (et terriblement d'actualité!).
Une aventure qui vous entraînera aussi un peu vers l'histoire de l'Empire britannique, qui n'a pas que des amis...

A cet aspect documentaire s'ajoute un suspense trépidant : on ne s'ennuie pas une minute.


On garde dans un coin de l'esprit le Sherlock Holmes adulte créé par Conan Doyle. Le jeune Sherlock Holmes inventé par Andrew Lane n'a rien de fantaisiste. L'écrivain explique son intention à la fin de l'ouvrage : "Mon intention, dans le livre que vous avez entre les mains, et dans ceux qui vont suivre, est de trouver à quoi ressemblait Sherlock avant que Conan Doyle ne le présente au public. Quel genre d'adolescent était-il ? Quelles écoles a-t-il fréquentées, et qui étaient ses amis (...) Arthur Conan Doyle a très peu parlé des années de Sherlock, et la plupart de ses émules en ont fait autant. On ne sait pas grand chose de sa famille ou de l'endroit où il a vécu. Nous savons qu'il descendait par sa mère du peintre français Vernet, et qu'il avait un frère, Mycroft, qu'on rencontre dans certaines histoires. Cela m'a donné la liberté de créer pour Sherlock une histoire compatible avec les indices que Doyle nous a laissés, et aussi avec l'homme que son personnage allait devenir".  Riche idée !

Ce premier volume des aventures du jeune Sherlock Holmes est publié depuis peu au format poche par Flammarion Jeunesse. 

Moi, je me suis régalée avec ce roman d'ambiance et d'aventures ! Il saura plaire à tous les amateurs de littérature anglaise.