13 avril 2014

Rouge est le sang (The Redemption Factory)

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Paul Goodman, jeune homme de Belfast au chômage, ne trouve, pour se sortir de cette situation, que d'aller travailler dans l'abattoir de la ville, grâce aux conseils de son meilleur pote, "Lucky" (le mal-surnommé). Il y découvre un univers surréaliste, peuplé de personnages violents, des monstres, dans tous les sens du terme, dirigés par le sinistre Shank : celui-ci y fait travailler ses deux filles : Violet la Violente, défigurée par un accident de voiture, dont le visage ressemble à un spot de discothèque et Geordie, infirme qui ne peut se déplacer qu'avec une démarche chaloupée agrémentée d'un bruit de ferraille. 

Le roman s'ouvre sur une scène de torture et se poursuit avec le bizutage de Paul Goodman à l'abattoir. On pourrait refermer le livre, partir en courant. Pourtant, quelque chose vous aguiche, vous invite à poursuivre. Et il faut poursuivre pour découvrir une pépite, un polar comme vous n'en avez encore sans doute jamais lu. Un polar sans détective ni énigme à résoudre, très très noir, mais à la fois très drôle par moments, du polar à la sauce nord-irlandaise. Ici, pas de super-héros, mais des personnages rafistolés, déglingués, déjantés. Chacun à leur manière. Des meurtres. Et une histoire d'amour. Geordie, c'est un peu la petite soeur de Frankeinstein dans Belfast. Ambiance !

Un texte blindé d'argot, qui dit les choses sans s'encombrer de pudeur. Un bon suspense. On se régale. Et puis, avec Lucky, le champion du pub crawl, on apprend que "la seule chose meilleure qu'une bonne pinte de Guinness, c'est une bonne pinte de Guinness gratuite" ! Pardi !

C'était mon troisième rendez-vous avec Sam Millar. Un livre encore différent des deux lus précédemment. Un zeste d'autobiographie avec l'histoire du jeune belfastois qui va travailler à l'abattoir. Un sens de l'humour noir hors du commun.

Un très bon moment de lecture que je vous recommande !

Vivement que je découvre Les Chiens de Belfast, quand le livre gagné à la Masse Critique de Babelio de janvier daignera m'arriver...

 

 


01 août 2013

Le dramaturge

 

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4e de couverture : "L'impossible s'est finalement produite. Jack ne se drogue plus, ne boit lus et sort même avec une femme de son âge. Certains vont jusqu'à prétendre l'avoir vu à la messe... On peut toujours rêver ou se mentir à soi-même, la vérité ne tarde pas à vous rattraper par le colback pour vous ramener à elle d'un coup sec. D'autant que, si Jacke ne tente de s'amender, le monde, lui, ne change pas. Un mari jaloux lui démonte le genou à coups de crosse, des flics désinvoltes l'accusent d'un meurtre qui les arrange et deux étudiantes sont retrouvées mortes coup sur coup. Trop c'es trop. Sans alcool, la cinquantaine venue, Jack oscille de nouveau au bord du gouffre. Personne n'ira lui faire croire que les emmerdes puissent d'un seul coup tomber si serrées sans qu'il y ait de lien entre elles. Jack le sait. Un tarés s'amuse dans l'ombre."

Voici mon troisième rendez-vous avec le détective privé Jack Taylor, ancien garda viré pour alcoolisme et autres frasques. A vrai dire j'ai commencé à lire les aventures de ce héros des temps modernes (c'est-à-dire tout sauf parfait) dans le désordre. C'est ici le troisième tome de ses aventure dans la jolie ville de Galway, ou plutôt une Galway tel qu'un touriste ne pourra jamais l'observer. Le Dramaturge précède La Main droite du diable, où, rappelez-vous Jack sortait d'un asile psychiatrique suite au décès de la fille d'une amie, tombée par la fenêtre alors qu'il en avait la garde.

Dans le présent volume, on ne reconnaît plus notre alcolo de Jack : il carbure maintenant à l'eau du robinet et au yaourt. Il a même décidé de laisser sa vie de détective privé au vestiaire pour un moment. Seulement voilà, un ancien indic dealer emprisonné le supplie de se renseigner sur le meurtre de sa soeur, étudiante retrouvée assassinée. Le meurtrier a l'air de s'y connaître en littérature irlandaise puisqu'il a laissé au pied de la victime un livre de John M. Synge. Jack se laisse convaincre à contre-coeur de s'occuper de cette affaire. Sans une goutte d'alcool. Avec parfois son ex-collègue "boulet", la ban garda, Brid, qui ne supporte pas qu'on l'appelle par son nom anglicisé, mais seulement par son nom irlandais : Ni an Iomaire. Cela va sans dire que Jack se fait une joie d'écorcher son nom à la moindre occasion...

Comme dans tous les romans noirs de Ken Bruen mettant en scène Jack Taylor, l'intrigue passe quasiment au second plan car Jack n'a de cesse d'observer ce qui se passe autour de lui, cette Irlande qui change et ses répliques font mouche :

"Dans le catalogue irlandais du crime, se prendre pour plus important qu'on n'est est gravissime."

"De mon temps un policier savait regarder de l'autre côté quand on lui tendait un pot de vin, mais aujourd'hui ils ont perdu tout respect d'eux-mêmes."

"Le type qui tripote son alliance, il a des besoins sexuels au-dessus de la moyenne."

"La journée était radieuse. Je m'arrêtais un moment à Eyre Square où l'herbe était envahie de gens qui se doraient au soleil. Avant le soir, ils seraient rouges, couverts de cloques. La rançon globale d'un été irlandais."

Jack enterre sa mère mais n'en a pas moins à l'oeil de prêtre qui lui avait mis le grapin dessus. Parce que l'Eglise est définivement coupable des pires crimes à ses yeux. Ken Bruen y reviendra d'ailleurs dans La main droite du diable, comme il l'avait fait avec Le martyr des Magdalènes.

Les romans noirs de Ken Bruen sont de la même veine que ceux d'Henning Mankell, auquel le romancier irlandais fait un clin d'oeil par une référence au Guerrier solitaire. Des clins d'oeil, il y en a en quantité d'ailleurs, notamment aux auteurs de romans noirs américains. Mais là, je ne suis pas assez calée pour vous en causer !

Les aventures de Jack Taylor plairont aux fans de Mankell, Rankin, Indridason etc. C'est de la même veine délicieuse !

 

 

 

 

 

21 mai 2013

Le choeur des paumés

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4e de couverture : "L'inspecteur Harry Synnott est un garda intègre. Même si ça doit lui coûter son mariage, même si certains de ses collègues l'évitent, même s'il doit trafiquer des preuves pour éviter qu'un coupable s'en tire... Il croit en la justice quel qu'en soit le prix. Dans les commissariats de Dublin, comme dans ceux de Galway, tous se battent pour leurs idéaux alors qu'autour d'eux l'Irlande vacille et se perd dans l'afflux soudain d'argent et la corruption galopante. Harry Synnott quant à lui, devrai payer le prix fort pour faire aboutir son enquête.

Oubliez l'Irlande des Leprechauns. Ici Gene Kerrigan, écrivain que je découvre, peint une Irlande bien noire où il ne fait pas bon avoir des problèmes, que ce soit avec les hommes si vous êtes une femme ou même avec la police, corrompue à souhait et aux méthodes peu orthodoxe pour faire avouer ceux qu'elle prend dans ses filets. Oubliez l'humour irlandais également. Ici on ne rigole pas.

Plusieurs intrigues sont menées de front : à Galway un cinglé est monté sur le toit d'un pub et menace de sauter, puis insinue avoir commis un massacre ; à Dublin une jeune femme accuse un jeune homme de bonne famille de viol ; un type prépare le casse d'une bijouterie ; une camée tente de soutirer de l'argent à un touriste américain en vacances à Dublin, en le menaçant avec une seringue remplie de... Ketchup !

Plusieurs gardai peuplent aussi l'intrigue : l'inspecteur Harry Synnott de Dublin, accompagné de la flickette Rose Cheney ; le gardai Mills à Galway. Pourtant, ils ne forment pas les meilleurs amis du monde : en effet, ça flingue chez les racailles et les paumés autant que dans la police où tous les coups sont permis, même les plus vicieux. Rose, en particulier est bien perverse (mais là j'en dis déjà trop !).

Autant dire qu'on ne trouve aucun personnage sympathique dans ce roman, ils sont même plutôt effrayants... En y réfléchissant bien, on se demande si c'est une bonne idée de repartir en vacances en Irlande ! Eh oui, Gene Kerrigan ne fait vraiment pas dans la dentelle en décrivant une société irlandaise corrompue jusqu'au trognon, où la police ne vous serait pas vraiment d'en grand secours en cas de pépin, où les repères sont à la dérive.

Un détail qui m'a amusée : Harry Synnott est un graphomane aigu, il note tout quand il interroge un suspect et il lui fait signer son "grabouillage".

On passe un bon moment, malgré une ambiance pesante et pince sans rire, très différente de celle des polars de Hugo Hamilton ou Ken Bruen. A la petite semaine, premier volume des aventures de l'inspecteur Synnott  attend déjà dans ma PAL...

 

 

16 mars 2013

La disparition d'April Latimer/ Elegy for April

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4e de couverture : "Rebelle, indépendante, un goût pour les hommes peu conventionnel... Dans la société dublinoise conservatrice, patriarcale et ultracatholique des années 1950, April Latimer, jeune interne en médecine, laisse dans son sillage comme un parfum de scandale. Rebelle, indépendante, avec un goût pour les hommes décidément peu conventionnel… Quand Phoebe Griffin, sa meilleure amie, découvre qu’elle a disparu, elle redoute le pire. Etrangement, de leur petite bande d'amis hétéroclite, Phoebe semble la seule à s'inquiéter ainsi - la seule ) qui on a caché certaines choses ?... Malgré leurs relations compliquées, c'est vers son père, le brillant mais imprévisible Quirke qu'elle se tourne pour retrouver la trace d'April. Et c'est ainsi que Quirke se voit impliqué bien plus qu'il ne l'aurait voulu dans une enquête aussi trouble que troublante, au coeur d'un entrelacs de liaisons dangereuses d'où émerge peu à peu une effroyable vérité."

Voici le troisième volume des aventures du Dr Quirke, médecin légiste de son état, dans l'Irlande des années 50(après Les disparus de Dublin et La double vie de Laura Swan). Un adorable personnage de la trempe des Erlendur. D'ailleurs, les deux personnages se confondent parfois dans mon esprit parce que je trouve qu'il se ressemble. Mis à part que Dr Quirke est porté sur la bouteille. Mais, on peut le comprendre, avec son histoire familliale un zeste compliquée et combien douloureuse. Ici Dr Quirke sort d'ailleurs de l'asile qui soigne les alcooliques. Parce qu'il avait trop souffert à la fin de La double vie de Laura Swan, où Phoebe avec fait des siennes...

Ici, Phoebe s'inquiète pour April, une amie interne à l'hopital de Dublin qui ne donne pas signe de vie depuis plusieurs jours. April est une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux dans la société irlandaise sclérosée des années 50. Cependant, comme toujours chez Benjamin Black alias John Banville, l'intrigue du roman noir n'est qu'un prétexte pour décrir la société de son pays (ici les années 50).

C'est un jeune homme noir, qui fait partie du cercle d'amis de Phoebe qui attire l'attention (aussi bien du lecteur que des autres personnages). Les clichés vont bon train... si vous voyez ce que je veux dire ! Le jeune homme intrigue, c'est clair. Autant qu'April d'ailleurs. A tel point qu'on leur prête une liaison non moins sulfureuse. April, quant à elle, est "abandonnée" par sa famille, celle de la haute bourgeoise catholique irlandaise parce qu'elle est trop "libre", qu'elle ne veut pas rentrer dans le moule étriqué réservée aux jeunes femmes à cette époque. Elle les encombre un peu ! Alors, quand l'inspecteur de police, ami de Quirke depuis toujours, découvre du sang sous le lit d'April et pas n'importe quelle sorte de sang, laissez-moi vous dire que l'imagination se déchaîne et le coupable désigné circule sous le manteau...

La fin n'en est pas moins édifiante ! John Banville joue avec les clichés pour mieux les renverser (évidemment ! - sinon il ne serait pas cet écrivain génial). Du portrait d'une jeune fille libre, il met en miroir une société quelque peu désaxée mentalement, frustrée, où les cinglés, les sauvages, les fous furieux ne sont évidemment pas ceux que désignent des gens se croyant bien-pensants. Banville joue de sa plume grinçante, de manière habile cependant. Il intrigue avec cette fin qui n'en est pas vraiment une... La seule envie que l'on a en refermant le roman, c'est de connaître la suite. Je suis addict depuis plusieurs années et apparemment, ce n'est pas prêt de s'arrêter !!

Seul bémol (encore une fois) : la traduction du titre dans la version en française : un saccage !

Pour ceux que ça intéresse, les deux volumes précédents des aventures de Dr Quirke existent maintenant en version poche :

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20 août 2012

Comme deux gouttes d'eau

 

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 (existe en version poche, chez Thriller Points, c'est d'ailleurs dans cette version que je l'ai lu mais je préfère cette couverture !)

4e de couverture : "Lorsque l'inspecteur Cassie Maddox est appelée sur les lieux d'un meurtre ; elle perçoit dans la voix de ses collègues une tension inhabituelle. Et pour cause : la victime lui ressemble trait pour trait, et porte des papiers au nom d'Alexandra Madison. Une identité que cassie a inventée et dont elle s'est servie, voilà des années pour infiltrer un réseau de trafic de stupéfiants. Afin de démasquer l'assassin, les policiers de Dublin imaginent le plus dangereux des stratagèmes : prétendre qu'Alexandra a survécu a ses blessures et obliger Cassie à se faire passer pour elle. La voici qui intègre le : vieux manoir qu'Alexandra partage avec quatre amis, étudiants comme elle à Trinity College. Un lien étrange les unit : ils vibrent d'un même amour pour la littérature, d'un même refus de s'encombrer de leur passé. Dans ce huis clos où le moindre faux pas lui, enfermée dans la peau d'une autre, l'inspecteur Cassie Maddox va servir d'appât."

 

Autant vous dire tout de suite : j'ai raté le rendez-vous avec ce livre. J'ai lu partout du bien de Tana French et de ses polars. Ben là, je dois avouer que je me suis fait suer pendant 570 pages : j'exagère à peine car le début avait l'air pas mal du tout. La thématique du sosie était intrigante, celle de l'agent infiltré bien vu, et la maison dans laquelle vivaient 5 étudiants en doctorat ("le Club des cinq") aurait pu mettre une touche gothique dans ce "thriller" .

Pourtant, on finit par se lasser de la comédie de Cassie Maddox, inspectrice envoyée par son boss, Frank pour enquêter sur l'affaire. Je trouve tout était plus ou moins dans le cliché. Maddox intègre la résidence des étudiants sous le nom et les traits (puisqu'elle est le sosie de la victime) de Lexie Madisson. Elle mène une double enquête : savoir qui était Lexie Madisson (puisqu'elle a en plus d'être son sosie, elle a usurpé son identité, du moins celle que s'était créée Cassie pour une autre enquête), et découvrir pourquoi elle a été assassinée.

Seulement voilà, j'ai senti venir gros comme une maison que finalement, Cassie-Lexie va jouer dans la confusion des genres et se mettre à apprécier cette bande d'étudiants (spoiler de la mort, désolée !)...

Par ailleurs, l'enquête traîne en longueur, attire l'attention sur des personnages sans vraiment aller jusqu'au bout... En fait, rien ne semble vraiment creusé dans ce roman. De plus la fin est "brouillon".

Je n'ai eu aucune empathie pour les personnages qui m'ont tous plus ou moins agacée et pas assez creusés. Le style d'écriture, comme le reste, paraît baclé et banal (yo, je n'y vais pas de main morte là !!). Aucune surprise pour moi, je ne me suis pas éclatée !

Une déception de l'été. Je ne renouvellerai pas le rendez-vous !



09 juin 2012

La main droite du diable

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4e de couverture : "Ivrogne. Petite cinquantaine. Récemment libéré de l'asile psychiatrique. Cherche emploi bien rémunéré." Les choses vont mal pour Jack Taylor. Certes il a arrêté de boire, mais après avoir végété dans un asile psychiatrique, il se retrouve dans les rues d'un Galway qui lui semble inconnu. En quelques mois, tout paraît avoir changé. Jack ne reconnaît plus rien dans cette Irlande en pleine prospérité économique. Taraudé par le remords après la mort de la petite Serena May, il essaie de remettre un peu d'ordre dans sa vie. Il accepte avec réticence d'enquêter sur la mort d'un prêtre retrouvé décapité dans son confessionnal. Dans un pays dont les valeurs vacillent, alors que les scandales pédophiles secouent l'Eglise catholique irlandaise, Jack Taylor va devoir faire face à ses pires démons..."

J'ai rencontré Jack Taylor avec Le martyre des Magdalènes et j'avais trouvé ce personnage d'un cynisme et d'un humour délicieux ! A vrai dire, à la lecture de la quatrième de couverture, on peut hésiter à vouloir le rencontrer ! Mais il ne faut pas, au contraire...

Jack Taylor mène des enquêtes mais a la particularité de n'être pas inspecteur, ni commissaire, même plus garda siochana (gardien de la paix) parce qu'il s'est fait viré. Il est reconverti en détective, même pas privé. Bref, un drôle d'énergumène ! Pourtant c'est un grand coeur et un homme sensible (si, si) : responsable de la mort de la fille de son meilleur ami par défaut de surveillance, il a sombré dans une grave dépression qui l'a mené tout droit à l'hôpital psychiatrique où il est resté 5 mois, dans un état de prostration totale. Il doit sa renaissance à un autre patient, un Camerounais, pas aux médicaments.
Jack se retrouve dans les rues de Galway, sa ville (et celle de son créateur, Ken Bruen) pour notre plus grand plaisir, de sucroît en pleine canicule de 2003 (oui, je confirme que la canicule a bien touché l'Irlande en 2003 !)... Il découvre que son meilleur ami est devenu ivrogne et clochard et que l'ex-femme de celui-ci, n'a qu'une envie trouer la peau de Jack à la première occasion. Pourtant, ce n'est pas ce qui va occuper notre héros, mais le meurtre d'un prêtre...

Ken Bruen aborde ici sans concession ni "édulcorant" les scandales de la pédophilie en Irlande. Il n'hésite pas à faire parler les victimes et c'est l'occasion pour Jack Taylor de régler ses comptes avec un prêtre qui traînait un peu trop avec sa mère : les hommes d'église aimaient bien les femmes seules avec enfant. Ken Bruen n'hésite pas à secouer le lecteur par une écriture qui ne fait pas dans la dentelle et un humour noir corrosif qui fait mouche !
Jack Taylor traîne ses guettres dans les rues de la Galway du Tigre celtique et rien ne lui échappe. Il a le sens de la répartie, surtout en ce qui concerne son pays :

"L'Irlande est un pays de questions et de très très rares réponses" (tellement vrai !!)

"Conseiller aux gens, en Irlande, de fare attention au soleil, c'est aussi rare que de servir du bacon sans chou pour l'accompagner"

"Jamais vous ne verrez, et je dis bien jamais, un citoyen irlandais passer sour une échelle ou ne pas croiser les doigts pendant un match de hurling"

"Neuf fois sur dix les femmes d'Irlande ne manquent pas de vous casser les couilles" : ah bon ? je crois que l'inverse est tout à fait vrai !!

L'autre événement majeur de cette aventure c'est que Jack a renoncé à tout jamais à l'alcool.  Et il tient parole : il va au pub avec les diverses personnes qu'il rencontre mais, s'il commande un bière, il la laisse intacte ! Au pire, il essaie une cuite au café noir...

Le personnage de Jack Taylor m'a un peu fait penser à John Rebus, le héros de Ian Rankin... Comme son confrère écossais, Ken Bruen sait vous plonger dans l'ambiance d'une ville avec un personnage tout sauf parfait...

Autre détail d'importance : Jack Taylor est un amoureux des livres, surtout des romans noirs des années 50. Rien de tel qu'un petit David Goodis pour remettre notre héros sur pied : "Je voulais seulement avoir du temps pour me reposer, essayer de récupérer un peu d'énergie. Je me plongeai intensément dans la lecture. David Goodis, bien sûr. Dans le lot que m'avait préparé Vinny, il y avait Eugène Izzi, Invasions, coincé entre Cauchemar et Cassidy's Girl. Si un écrivain de romans noirs a un jour connu une fin noire, c'est bien lui."

Bref, un Ken Bruen de très très bon cru, qui rend accroc ! Ce roman noir a d'ailleur obtenu le Grand Prix de littérature policière 2009.
On en redemande !

 

 

 

08 août 2011

La double vie de Laura Swan

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4e de couverture :"" Quirke l'imagina, aplatie sur les rochers mouillés, mie longue mèche rousse enroulée autour du cou, telle une épaisse corde d'algues brillantes. Qu'est-ce qui avait donc pu pousser cette belle et saine jeune femme à se jeter des falaises de Sandycove dans les eaux noires de la baie de Dublin, au beau milieu d'une nuit d'été, sans aucun témoin à part les étoiles scintillantes et la silhouette sinistre de la tour Martello au-dessus d'elle ? ".
Bien que l'autopsie lui prouve le contraire (la jeune femme n'est pas morte noyée, mais d'une overdose d'héroïne), Quirke va laisser classer cette affaire comme un suicide. Et pourtant... Vieux loup de plus en plus solitaire, il ne peut s'empêcher de fureter dans le passé de la victime et découvre que celle-ci avait non seulement une double identité mais une double vie, peuplée de personnages aussi troubles que les circonstances de sa mort. Lorsqu'il apparaît que Phoebe, sa propre fille, est à son tour impliquée, Quirke se retrouve pris dans un piège qui, une fois de plus, fera ressurgir les démons du passé..."

J'avais découvert l'an dernier Les disparus de Dublin qui m'avait absolument enchanté. Il me fallait donc absolument lire ce deuxième tome des aventures du médecin légiste Quirke, publié en France au printemps dernier. Il faut avoir lu le premier pour mieux comprendre le deuxième car certaines allusions y font référence assez souvent. Cela dit, l'intrigue est totalement indépendante.

Deux années ont passé depuis Les disparus de Dublin. Phoebe a maintenant 23 ans et elle ne pardonne pas à Quirke ce qu'il lui a caché pendant si longtemps. Et elle s'agace particulièrement lorsque celui-ci s'intéresse à sa vie privée. Or Dublin est une petite ville en ces années 50. Les gens s'y croisent facilement. D'autant plus lorsqu'on est coquette et que l'on fréquente parfois un institut de beauté dont la propriétaire a été retrouvée noyée... Et tel père, telle fille, ou telle fille tel père ! Le mari de la victime n'est autre qu'un ancien camarade de classe de Quirke. Il vient le lui demander de ne pas autopsier sa pauvre défunte épouse. Ainsi, père et fille vont s'embarquer, chacun à leur façon et chacun de leur côté, sur une délicate affaire qui les mènera plus loin qu'ils ne l'imaginaient.

Par un subtil aller-retour présent-passé, l'écrivain dévoile peu à peu la vie que menait la victime, une jeune femme en apparence bien tranquille : Deirde Hunt. Mariée à Billy pour s'échapper du sinistre quartier des Flats de Dublin et à un père un brin incestueux, elle ne voit pas de piège lorsque l'étrange Leslie White lui propose de s'associer à elle pour monter un institut de beauté : The Silver Swan (titre original du livre, d'ailleurs). Pensez donc, un univers de beauté, quand on vient des Flats, ça ne se refuse pas si facilement ! Seulement Leslie n'est peut-être pas aussi white qu'il le dit et il va lui faire faire de ces choses... oh ! my godness !

Les fils narratifs des différentes intriguent se lient peu à peu, dans une évidence implacable. Le lecteur devine le noeud de l'histoire mais dans une sorte de déni, ne veut pas y croire... Et pourtant !

C'est avec beaucoup d'humour caustique, d'ironie ravageuse que John Banville promène ses personnages dans ce roman noir aussi sombre que la Guinness, tout en jouant à merveille avec une thématique bien classique que je ne peux pas révéler sous peine d'en dire trop. Il manipule à merveille le lecteur et ce pauvre Quirke au grand coeur. L'inspecteur Hackett pensait également qu'il avait "une vision moins rose des êtres humains et de leurs actions". Nous aussi et on s'est laissé berner !

Un roman noir sans doute moins fouillé d'un point de vue historique que le premier volume mais John Banville/Benjamin Black reste un conteur hors pair qui nous fait avaler ce pavé de 403 pages d'une traite sans pouvoir le lâcher avant de connaître le fin mot de l'histoire. Ses personnages sont si attachants, en plus, qu'on en redemande ! Vivement la suite des aventures de Quirke ! Je l'adore ce gros nounours solitaire qui sait si bien nous promener dans Dublin !

Pour information, Les disparus de Dublin sont maintenant disponible en édition de poche chez 10/18.

17 septembre 2010

Les enfants de la nuit

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4e de couverture : "Michael Nicholas Newman, architecte londonien renommé, a vécu une relation passionnelle avec Madeleine, une femme fragile et mystérieuse, de quinze ans son aînée, dont il ne connaissait rien, ni son histoire ni son passé. Sans doute était-elle la femme de sa vie, mais il l'a compris trop tard : Madeleine a été assassinée dans d'étranges circonstances. Trois ans plus tard, Michael, qui ne s'est toujours pas remis de ce drame, prend quelques jours de repos dans un hôtel en Suisse. C'est là qu'il fait la connaissance d'un couple de riches hongrois, qui lui montrent quelques photos de la villa qu'ils sont en train de restaurer en Italie. Sur l'une d'entre elles, Michael reconnaît une tour Eiffel en améthyste, une pièce unique créée pour Madeleine, le seul objet dérobé par l'assassin après le meurtre. Dès lors, Michael, devenu la proie d'une série d'agressions, décide de lever le voile sur les secrets de Madeleine et de reprendre l'enquête sur sa mort. C'est le début d'un ténébreux voyage qui, de Londres à Venise en passant par New York et Athènes, le conduira au coeur du cauchemar nazi et de ses expériences les plus inhumaines. Dans un style à la puissance d'évocation remarquable, Les Enfants de la nuit pose des questions fondamentales sur la relation entre l'Histoire et les destinées individuelles, la nature du mal, les traumatismes et la résilience, sans jamais se départir d'un suspense qui bien vite tourne à l'obsession. Thriller d'exception aux multiples rebondissements, à la tension omniprésente, il est apparu comme un véritable coup de tonnerre dans le paysage éditorial anglo-saxon lors de sa parution."

(J'ai rectifié le nom du héros car ça fait désordre et c'est pourtant Michael qu'il est appelé sur la 4e de couverture... C'est dommage mais l'essentiel n'est pas là bien évidemment !)

Avec ce roman policier Frank Delaney décide de mettre en avant un épisode particulièrement douloureux de l'Histoire de l'Humanité et pas aussi connu que les camps de concentration lorsque l'on parle de l'Holocauste : celui des expériences nazies sur les êtres humains. Plus particulièrement ce qui s'est passé au "Schloss Martha", dans le village allemand de Westerburg. Le village existe toujours mais les bâtiments du Schloss Martha ont été rasés par les Américains en 1945. Dans ce lieu, le nazi psychiatre Julius Freisler a eu l'idée de l'autodestruction des juifs au sein de leur noyau familial. Il a réuni dans ce lieu cinq familles juives, selon lui "typiques". "L'objectif fondamental de die Familienansalt (...) était de décortiquer le fonctionnement des relations interpersonnelles." A l'aide de psychotropes, de séances d'hypnoses, de cannabis dans la nourriture et de trafics hormonaux, une équipe de médecins et psychiatres nazis vont manipuler les gens et les faire se reproduire. Et ce sont les enfants nées de ces expériences, les "Améthystes" qui sont le sujet du roman.

Le narrateur, Nicholas Newman, architecte anglais de renom, a perdu il y a trois ans sa compagne Madeleine, sauvagement assassinée. Il ne connaissait rien d'elle car elle refusait de parler de son passé. Il rencontre dans un hôtel en Suisse un couple de Hongrois, Gretta et Freddie Ikar, personnages très rapidement mystérieux. A l'issue de cette rencontre, Nicholas va cotoyer la mort à plusieurs reprises (tentatives d'immolation, d'abord à l'acide, puis à l'essence) être victime d'usurpation d'identité : ses comptes en banque sont vidés et quelqu'un a même acheté une voiture à son nom. C'est ainsi que le narrateur se trouve entraîné sur les traces du passé de Madeleine et de trois autres femmes. C'est en découvrant la vérité qu'il va pouvoir faire le deuil de cette femme, qu'il avoue n'avoir pas su aimer car ne la connaissait pas, et se connaître lui-même.

Cependant, Nicholas et le lecteur sont manipulés tout au long du roman par un homme qui prétend s'appeler Lukas Waterman, juif ayant connu Auschwitz et Birkenau, orfève-joailler amateur et protecteur des "Améthystes". Il demande de l'aide pour sauver la dernière Améthyste encore en vie, Alice, les autres ayant été sauvagement assassinées de manière similaires. Pourtant la fin s'avère "fracassante" et incroyable. On se demande comment on a pu être dupe à se point-là. Et comment un tel mensonge, une telle usurpation d'identité est possible.

Ce roman policier est bien documenté. L'accent sur la vérité des événements s'étant déroulés dans le schloss Martha est mis en valeur par l'insertion d' une série de témoignages datés dans le récit principal : les "transcriptions dactylographiées" de l'interrogatoire de Frau Klempst, médecin nazie, le 27 janvier 1942, le journal de Petra Klaastok (juillet 1942-janvier 1944), qui s'avère être la mère d'Alice. Cependant, et paradoxalement, je me suis demandée si ces témoignages étaient de vrais témoignages (avec juste le nom des personnes changées pour la fiction?). Il a fallu que je revienne sur les premières pages qui précédent le récit pour avoir la réponse. Le mélange de la réalité historique et de la fiction m'a troublée.

Le récit est mené tambour battant dans un style fluide qui tient le lecteur en haleine, malgré quelques longueurs parfois. J'ai trouvé le personnage principal à la fois attachant et énervant (il se regarde un peu trop le nombril mais en même temps se sent tellement coupable de la mort de Madeleine...). Gretta, la femme hongroise, est une vraie caricature de nymphomane et son mari un vrai méchant. J'ai vraiment été mal à l'aise face à l'horreur des témoignages, au sentiment, comme Nicholas, d'être là en "voyeur" de l'obscénité, impuissante à pouvoir porter secours à ces familles.

Un roman policier qui a le mérite d'instruire de manière percutante.

Lu dans le cadre du

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11 juillet 2010

Les disparus de Dublin

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4e de couverture : "C'est là, dans son repaire, un soir d'ivresse, que le cadavre d'une inconnue déclarée morte dans de troublantes circonstances va obliger Quirke à sortir de l'ombre - à se lancer dans une enquête que tous cherchent à lui faire abandonner. Car cette enquête, qui met en cause l'Eglise toute-puissante des années 1950, menace de dynamiter la haute société catholique, de Dublin à Boston. Et de gangrener l'âme de sa propre famille, en réveillant ses blessures les plus enfouies.
Il est médecin légiste, veuf, misanthrope, souvent soûl - bref, pas très catholique. Avec Quirke, John Banville a créé un héros que vous allez adorer.
Derrière le nom de Benjamin Black, se cache le grand romancier irlandais John Banville, Booker Prize 2005 pour
La Mer"

Whaou ! Une fois le livre refermé, on reste sonné par ce roman noir ! Un vrai brûlot pas très catholique, en effet au regard du sujet auquel il s'attaque.  Bien davantage qu'un simple roman policier, Benjamin Black, pseudonyme volontaire de John Banville (dont il ne s'est jamais caché) écrit un livre bien ficelé qui démonte l'Eglise toute puissante des années 50 en Irlande et la haute société irlando-américaine. Un roman d'amours tragiques, sur fond de trafic de bébés,  de meurtres, d'histoires de "famille" bien alambiquées à l'irlandaise .

Quirke est un héros attachant. Il n'est pas policier mais médecin légiste.  C'est l'anti-héros par excellent. Un picoleur au grand coeur, mais un coeur blessé et pas trop fier de son passé. Un Irlandais orphelin de surcroît, comme beaucoup de gosses de sa génération. Il a épousé Délia au lieu d'épouser Sarah, la femme qui s'est finalement donné à Malachy, son faux frère, médecin des vivants, alors que lui est le médecin des morts... Pourtant il va faire ressurigir le passé pas très glorieux d'une certaine Irlande des années 50...

1224259218921_1Au fil des pages, le lecteur croise des personnages abîmés par la vie,  les femmes du peuple en particulier : cette pauvre Claire Stafford, infertile et malheureuse mère adoptive de la petite Christine au triste sort, la pauvre Moran qui finira mal également, cet abruti d'Andy Stafford qui ne sait pas consoler bébé Christine qui pleure... Et c'est justement par ce mystérieux bébé qu'est hanté tout le livre. Quirke et le lecteur sont entrainés par une spirale infernale et irrémédiable. La condition féminine en Irlande, le rôle de l'Eglise et de la haute société catholique  sont étalés au grand jour et ce n'est pas joli à voir. De plus, même la justice est pourrie... alors où va-t-on ? C'est la question que l'on se pose en refermant le roman alors que Quirke remet à l'inspecteur Hackett le journal secret tenu par la Moran, témoin gênant pour la haute société : "Ca va produire beaucoup de poussière si on abat les piliers de cette société. Beaucoup de poussière, de briques et de gravats. Il serait sage de se tenir à distance." déclare le policier. Ca promet...

Heureusement qu'il y a Phoebe, la pseudo-nièce de Quirke (oui, parce que rien n'est simple) : elle représente la jeunesse, l'avenir et la modernité. Une jeune femme de 20 ans qui pose un regard dur sur la génération de ses parents (qui l'ont empêché d'épouser son protestant d'amoureux alors qu'eux ont fait des choses pas franchement "clean").

Ce roman, paru en France fin 2009 mais écrit en 2006 attend une suite en cours de traduction, que personnellement j'attends avec impatience (encore un série à lire !). Merci à John Banville d'avoir eu l'idée de cette excellente série qui ne mâche pas ses mots (un style brut et sans détour pourtant élégant) et ne lâche pas le lecteur. Je le remercie également pour les quelques mots que nous avons échangés, un grand écrivain d'une simplicité et d'une modestie étonnantes.

Il s'est documenté auprès de Paul Williams, journaliste irlandais un expert du milieu, qui l'a conseillé.

Mon seul reproche concerne la traduction du titre (une fois de plus !). Le titre VO est Christine Falls et il a tout son sens.
Mais John Banville n'y est pour rien, c'est l'éditeur qui choisi les titres traduits.

13 mars 2010

Le martyre des Magdalènes

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4e de couverture : "Lessivé, rincé par sa dernière enquête, l'ancien flic de Galway Jack Taylor tente d'en faire passer le goût amer en éclusant des pintes de Guinness. Alors qu'il répète à qui veut bien l'entendre qu'on ne l'y reprendra plus, il est contraint par un caïd psychotique à retrouver "l'ange des Magdalènes". Cette bonne sœur aurait, dans les années soixante, sauvé des jeunes filles mises au ban de la société dans le sinistre couvent des Magdalènes. Filles-mères reniées de tous, ces femmes y travaillaient comme blanchisseuses dans d'effroyables conditions pour s'y laver de leurs péchés, et cela même si elles avaient été violées par un frère, un père ou un voisin. Ce qui s'annonçait comme une mission rédemptrice va vite se transformer en chemin de croix. Le martyre de jack Taylor ne fait que commencer... "


Noir c'est noir ! C'est le moins que l'on puisse dire en lisant ce roman policier, qui relève plutôt du roman noir. Mais noir à la façon irlandaise... donc l'auto-dérision n'est jamais loin. Même si ce roman est très sarcastique, c'est le moins que l'on puisse dire.
L'intrigue passe largement au second plan et c'est là le tour de force de Ken Bruen. Arriver à tout de même à maintenir un suspens en parlant plus du héros que de l'intrigue proprement dite. Nous suivons en effet plutôt la dérive de Jack Taylor, ancien garda ayant viré "privé", alcoolique notoire en voie de rédemption grâce à quelques "cachetons" de drogue !
On s'attache à ce personnage tout aussi psychotique que les "méchants pas beaux" qu'il poursuit. Ce héros pas comme les autres porte sur la société irlandaise un regard féroce. L'Eglise en prend un coup dans les dents avec l'évocation des Magdalènes. La "mafia" irlandaise n'est pas en reste non plus.

J'ai adoré écumer les pubs de Galway avec ce héros et revisiter une ville que je ne connais pas si bien que ça !
J'ai hâte de découvrir les autres aventures de Jack Taylor car c'est le premier roman que je lis de cet auteur so irish.


Ce que l'on dit du romancier :
"Ken Bruen est né en 1951 à Galway. Après une carrière qui lui fait parcourir le monde, il crée les inspecteurs Roberts et Brant puis le privé Jack Taylor dont Le martyre des Magdalènes est la troisième enquête. Son style incisif et la férocité désarmante de ses personnages l'ont d'emblée placé parmi les meilleurs de sa génération."