25 août 2012

Tea Bag

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4e de couverture : "Dans un camp de transit de la côte espagnole, les migrants attendent patiemment d'entrer en Europe. Tea-Bag, la jeune Africaine, tente d'oublier les cris de ceux qui ont péri dans le naufrage qui les a menés sur cette plage. Lorsqu'un journaliste lui offre, contre son témoignage, un voyage en Suède, l'espoir renaît. Parviendra t-elle à infléchir le cours de son destin ?"

 

Pour une fois la 4e de couverture ne révèle rien de l'histoire et de sa teneur. Juste un aperçu du sujet. D'ailleurs, en la lisant j'avais un peu peur d'un roman un peu convenu et dont l'issue était un peu trop attendue... Mais je savais pouvoir faire confiance à Henning Mankell. Je n'ai pas été du tout déçue !!

En effet, le journaliste dont parle l'éditeur ici ne fait pas du tout partie de la narration, juste une apparition de quelques lignes au début du roman. Ensuite, on passe tout de suite à autre chose, avec l'irruption de Jesper Humlin, poète raté, trop bronzé pour ne pas paraître superficiel. Son éditeur décide qu'il doit écrire un polar. Mais cet être qui semble à la fois vile, mou et hypocrite n'a pas la franchise de vraiment dire ce qu'il pense à l'intéressé, de peur de ruiner totalement sa carrière, déjà pas brillante... Mais voilà qu'il rencontre un ami de longue date, entraîneur dans un club de boxe dans une banlieue suédoise. A partir de ce moment-là Jesper Humlin pénètre dans un monde qui lui était inconnu, une autre face de la Suède dont il ne soupçonnait même pas l'existence : celle des immigrés clandestins et leur histoire. D'ailleurs, dans son univers feutré Jesper Humlin ne s'imaginait même pas qu'il puisse y avoir des immigrés en Suède ! La rencontre va s'avérer percutante, au propre comme au figuré !!

Parce que les gens dont il  va faire la connaissance sont complexes, souvent insasissables : Leïla l'Irannienne, Tea Bag la Nigérianne et Tania de l'ex-Union soviétique ont toutes une histoire douloureuse. La confiance en l'autre, elles ne l'ont plu. Alors souvent elles "mordent". Et elles vont se jouer de notre pauvre Jesper Humlin... La fin de l'histoire est inattendue et déjoue les clichés et le roman aussi, évidemment !

J'ai aimé ces quatre personnages attachants (parce que oui, même Jesper Humlin qui paraît au début un être détestable, finit par devenir sympathique par sa maladresse et sa naïveté). Tea Bag, la Nigérianne est la plus attendrissante avec son joli sourire - dont elle sait jouer - mais qui est l'arme du désespoir. Tania est la plus difficile du lot par sa violence (elle est franchement pénible !). Leïla ne comprend pas son père qui a fui l'Iran pour trouver la liberté  mais dont il la prive en surveillant tous ses faits et gestes : jamais elle ne peut se déplacer seule, il faut toujours que ses frères la suivent.

Jesper Humlin, à l'instar de l'écrivain Henning Mankell, laisse la parole aux clandestines pour qu'elles racontent chacun leur histoire. Ingénieux procédé de mise en abyme ! Notre poète a l'intention d'écrire un livre sur leurs vies pour faire connaître la vérité au monde. Vous saurez vous-même en lisant ce fabuleux roman que l'on dévore littéralement, s'il y parviendra ou pas. Mais une chose est sûre : Henning Mankell a réussi sa mission ! Un livre qui ne s'oublie pas !

Décidément, je n'ai pas fini d'aimer les Nordiques - je me répète, mais ils sont géniaux !





 

 

 

 

Posté par maevedefrance à 16:21 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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30 avril 2011

Les chaussures italiennes

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4e de couverture : "Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique. A soixante-six ans, sans femme ni amis, il a pour seule activité une baignade quotidienne dans un trou de glace. L'intrusion d'Harriet, l'amour de jeunesse abandonnée quarante ans plus tôt, brise sa routine. Mourante, elle exige qu'il tienne une promesse : lui montrer un lac forestier. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient de recommencer. "

Voici un roman pour le moins étrange : une atmosphère tout ce qu'il y a de dépressif mais pourtant Henning Mankell parvient à la rendre agréable et poétique. On peut être inquiet au début, lorsqu'on s'embarque en lecture pour rencontrer Fredrik Welin qui vit reclus depuis 12 ans sur une île suédoise, avec pour seules compagnes sa chatte, sa chienne et une fourmillère géante qui a pris possession de son salon... Même le facteur, hypocondriaque passe pour passer mais sans jamais apporter de courrier. Mais très rapidement un autre personnage fait son apparition : Harriett, l'amour abandonnée 40 ans auparavant, traînant avec elle un cancer incurable.

A vrai dire, peut-être vaut-il mieux ne pas être dans le même état dépressif que Fredrik pour lire ce roman... Pourtant notre héros va peu à peu revenir au pays des vivants, grâce à des personnages tous plus déjantés les uns que les autres, tous atteints d'une folie douce ! Je ne peux pas en dévoiler davantage.

Ce roman est une réflexion sur la vie et sur sa pendante, la mort. Mais aussi sur la conséquence de nos actes dans nos destinées individuelles. Une écriture sublime et pourtant tout à fait simple. Un héros (ou plutôt anti-héros) particulièrement attachant. Et j'ai adoré le grand air iodé de cette île suédoise, avec ses tempêtes, ses saisons et ses oiseaux marins magistralement restitués.

Ce livre m'a réconciliée avec Henning Mankell que j'ai découvert il y a une dizaine d'années avec La cinquième femme et Le guerrier solitaire mais que j'ai ensuite abandonné rapidement car je reprochais à ses polars beaucoup de "bla-bla" et peu d'action (je n'aurais peut-être plus le même jugement aujourd'hui, faudrait que je les relise!). Une invitation à découvrir les livres qu'il a écrit depuis.

 

06 mars 2010

Le mec de la tombe d'à côté

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4e de couverture : "Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante. C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures."

Autrement dit, c'est l'histoire d'une intello, veuve précoce, qui rencontre un paysan de son âge, vieux garçon, n'ayant jamais vécu qu'entre les jupons de sa mère.  Et de surcroît elle s'appelle Désirée et lui Benny. Ca fait un peu cliché, non ?

Le récit alterne entre le point de vue de Désirée et celui de Benny. Le lecteur s'aperçoit ainsi rapidement du fossé qui sépare les deux personnages, malgré leur histoire d'amour. Cela dit, on sent que ça ne va pas vraiment virer à la tragédie ni au pugilat.

En fait, je ne sais pas trop pourquoi j'ai acheté ce roman, dont ni le titre (un peu glauque au premier abord) et encore moins la couverture ne me plaisaient. Sans doute à force de le voir partout et en tête des ventes. Bref, j'ai cédé à la curiosité. Et je dois dire que j'ai passé un bon moment. Mais sans plus. C'est divertissant, bien traduit, plein de fraîcheur et d'humour. Un vrai roman de vacances. Cependant, il m'a manqué un je-ne-sais-quoi qui aurait fait la différence. Notamment la fin qui n'a pas été, pour moi en tout cas, une grosse surprise. Même si j'ai trouvé le stratagème un peu tiré par les cheveux... C'est "gentil", quoi.

Donc un avis mitigé en ce qui me concerne.  Dommage car c'est le premier roman suédois que je lis.