01 mai 2014

Double disparition - Orphans tome 1

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Marin Weiss, 17 ans, fait un peu la tête à sa mère parce qu'elle lui a refusé la permission d'organiser une fête avec ses amis. Il reçoit une série de SMS qu'il prend pour de la publicité.
"T'en as marre de tes vieux ? Lis le SMS de tout à l'heure".
Devant le harcèlement de son mystérieux interlocuteur et piqué par la curiosité, Marin finit par faire ce qu'il lui demande. 
"Il y a des jours où tu reverais d'être orphelin ?
Tu ne supportes plus que tes parents ne te fassent pas confiance ?
Tu n'es pas le seul. www.orphans-project.com"
Marin croit d'abord à une blague, d'autant que son smartphone semble avoir le don de lire dans ses pensées.
"Arrête de te poser des questions.
On t'attend sur www.-orphans.com".
Un site interdit aux parents. Rejoins-nous vite."


Et c'est le début d'une aventure incroyable. Ce roman relève à la fois du polar et de la science-fiction. Cela commence par un jeu de pistes truché de QR Code, avant de basculer dans un autre espace-temps, un monde parallèle, une sorte de quatrième dimension. Comme Marin, le lecteur ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi tout est si semblable et pourtant si différent, quelle est la raison de tout cela, quels sont les mystérieux hommes à la chevelure blanche, quel est leur but...
Bref, le livre ne vous tombe pas des mains avant de l'avoir terminé. J'espérais avoir la résolution de l'énigme. Mais, là, j'avoue, j'ai été déçue : il faut lire le volume suivant. L'occasion de s'interroger sur la mystérieuse lumière verte du Photomaton, qui apparemment est dotée de bien des pouvoirs , (méfiez-vous la prochaine fois que vous entrez dans une de ces cabines, certaines sont piégées!)...

J'ai aimé cette histoire bien ficelée, bourrée de technologies, très divertissante. On ne peut qu'aller lire le volume suivant !

Ce roman fait partie de la sélection Les Mordus du Polar 2014, organisée par les bibliothécaires de la Ville de Paris.

Le gagnant du prix sera désigné  le 17 mai prochain. Suspense à son comble, car les deux livres sur les quatre sélectionnés que je viens de lire sont très bons !
Pour plus d'informations, c'est ICI.

 

 

 

 

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26 avril 2014

Les ailes du sphinx

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La littérature italienne est encore pour moi une grande inconnue, car à part les "classiques" que sont Dino Buzzatti, Pirandello, Primo Levi et Elsa Morante, je ne connais rien de la littérature contemporaine de ce pays. J'avais dans ma PAL un polar sicilien depuis plusieurs mois, une aventure du commissaire sicilien Montalbano que j'ai enfin ouvert.

Le traducteur cherche à retranscrire le parler dialectal sicilien et les régionalismes. J'avoue qu'au début cela m'a pas mal gênée dans ma lecture. Mais finalement, on s'habitue très bien aux "arepondit", "pinser", "s'arappela". De plus, en sicile, les voyelles de l'italien sont beaucoup moins articulées que dans l'italien normatif. Donc, en fin de compte, malgré l'effet de bizarrerie du début, j'ai fini par trouver l'ensemble adroit et ingénieux (pas évident de traduire des particularités dans une autre langue !).

Et, il faut le dire, l'humour du polar a fini par l'emporter sur tout le reste. Même sur l'intrigue, qui, elle, reste banale : le cadavre d'une jeune femme est retrouvée dans une décharge, avec un sphinx tatoué sur l'épaule. De fil en aiguille, le commissaire Montalbano remonte la piste, qui le mène vers des filles d'Europe de l'Est recueillies par une oeuvre caritative catholique. Bon, la fin n'est pas vraiment une surprise, je dirais même qu'on la devine presque.

Mais on lit surtout ce polar pour l'ambiance Italie du Sud (et sicilienne en particulier !). Notre commissaire est une sorte de nounours mais un zeste macho, un rien brouillon dans sa tête (d'ailleurs, deux Montalbano, le numéro 1 et le numéro 2 s'affrontent régulièrement dans son esprit !), champion dans l'art de la procrastination. Ca ne le sert pas souvent, surtout avec Livia, sa compagne qui vit à Rome (ben oui, pourquoi faire simple!) et avec qui il se dispute à tout bout de champ.
Il observe également d'un oeil très critique l'Italie contemporaine où, selon lui, tout part à vaux-l'eau !

Ce n'est pas le premier volume des aventures du commissaire mais j'ai passé un bon moment de détente et je compte bien y revenir et peut-être même tester les autres romans d'Andrea Camilleri.
Je sais qu'il y a une série TV diffusée en France mais je ne l'ai encore jamais visionnée : je vais essayer de la tester aussi.

 

24 avril 2014

J'ai mon propre monde à regarder

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(attention spoiler)

Paul est un ado de quinze ans qui vit une vie sans histoire jusqu'au jour où il se prend la baffe de sa vie : son père quitte le foyer familial sans explication ni adresse. "Ne rien savoir, ne rien comprendre m'a annéanti."
Sa mère, désespérée, décide de tracer la route. Les voilà tous les deux embarqués dans un road trip à travers les route françaises, accordant un choix particulier avant tout aux CD emportés plutôt qu'aux fringues. Puis ils rentrent au bercail. Et deuxième baffe pour Paul : sa mère décide de partir au Burkina Faso car elle pense que son mari est là-bas, sans se soucier de se que deviendra son fils, laissé aux bons soins de sa meilleure amie, Isa. Puis coup de théâtre : le père de Paul revient et explique à son fils pourquoi il est parti.

Le thème de l'éclatement du foyer familial et des conséquences sur un adolescent était prometteur. Pourtant je suis restée à l'extérieur de l'histoire sans parvenir à m'attacher à Paul et à ses déboires. J'ai trouvé sa mère à peine crédible dans son comportement adolescent. Paul, lui, est presque trop parfait dans son attitude. C'est un peu le monde à l'envers dans le sens où c'est lui qui donne des conseils à sa mère (ne pas s'emporter, ne pas insulter les flics qui leur demandent ce qu'ils font dans une voiture au bord de la route un 31 décembre. La seule crise de Paul, son seul pétage de câble surviendra au retour de son père. Et là, on est presque dans l'excès.
Le lecteur est accompagné tout au long de sa lecture par la musique des années 70 qu'écoute Paul. Le titre du roman fait référence à If 6 was 9 de Jimi Hendrix. Là encore, j'ai dû rater quelque chose parce que je n'ai pas compris ce que cela apporte au roman, si ce n'est d'annoncer la thématique de chaque chapître.
Seul le clin d'oeil au roman d'Olivier Adam, A l'abri de rien, que lit la mère de Paul m'a fait sourire.
Les coups de théâtre successifs ne sont pas parvenus à changer la donne concernant cette lecture, dont j'ai trouvé l'écriture "plate" et  froide : elle ne parvient pas à faire passer de l'émotion. Il manque donc à ce roman un petit supplément d'âme.

Bref, j'ai raté mon rendez-vous ! Dommage.

Je remercie néanmoins Babelio et les Editions Tertium de m'avoir permis de découvrir ce roman de littérature de jeunesse.

 

 

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13 avril 2014

Rouge est le sang (The Redemption Factory)

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Paul Goodman, jeune homme de Belfast au chômage, ne trouve, pour se sortir de cette situation, que d'aller travailler dans l'abattoir de la ville, grâce aux conseils de son meilleur pote, "Lucky" (le mal-surnommé). Il y découvre un univers surréaliste, peuplé de personnages violents, des monstres, dans tous les sens du terme, dirigés par le sinistre Shank : celui-ci y fait travailler ses deux filles : Violet la Violente, défigurée par un accident de voiture, dont le visage ressemble à un spot de discothèque et Geordie, infirme qui ne peut se déplacer qu'avec une démarche chaloupée agrémentée d'un bruit de ferraille. 

Le roman s'ouvre sur une scène de torture et se poursuit avec le bizutage de Paul Goodman à l'abattoir. On pourrait refermer le livre, partir en courant. Pourtant, quelque chose vous aguiche, vous invite à poursuivre. Et il faut poursuivre pour découvrir une pépite, un polar comme vous n'en avez encore sans doute jamais lu. Un polar sans détective ni énigme à résoudre, très très noir, mais à la fois très drôle par moments, du polar à la sauce nord-irlandaise. Ici, pas de super-héros, mais des personnages rafistolés, déglingués, déjantés. Chacun à leur manière. Des meurtres. Et une histoire d'amour. Geordie, c'est un peu la petite soeur de Frankeinstein dans Belfast. Ambiance !

Un texte blindé d'argot, qui dit les choses sans s'encombrer de pudeur. Un bon suspense. On se régale. Et puis, avec Lucky, le champion du pub crawl, on apprend que "la seule chose meilleure qu'une bonne pinte de Guinness, c'est une bonne pinte de Guinness gratuite" ! Pardi !

C'était mon troisième rendez-vous avec Sam Millar. Un livre encore différent des deux lus précédemment. Un zeste d'autobiographie avec l'histoire du jeune belfastois qui va travailler à l'abattoir. Un sens de l'humour noir hors du commun.

Un très bon moment de lecture que je vous recommande !

Vivement que je découvre Les Chiens de Belfast, quand le livre gagné à la Masse Critique de Babelio de janvier daignera m'arriver...

 

 

06 avril 2014

Nom de code : Komiko - tome 1 : Dans la nuit de Hong Kong

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Lian est une jeune chinoise vivant à Hong Kong. Elle a seize ans et mène une double vie : lycéenne le jour ; hacker activiste dès qu'elle n'est pas à l'école, au sein du groupe "04/06", qui communique via une sorte de forum ultra-secret où le mot d'ordre est de ne rien qui puisse vous identifier. Lian devient donc Komiko quand elle se connecte.

Lian est issue d'un milieu aisé et fille d'un homme d'affaires. Sa meilleure amie est une fashion victime dont le passe-temps favori est évidemment de faire du shopping - et de regarder les garçons. Le cadavre d'une jeune fille retrouvé sur une plage et l'arrivée au lycée d'un jeune Américain au "sourire dentifrice" , fils d'un puissant et connu groupe de prêt à porter, Harrison Company, va bouleverser la vie des deux lycéennes et amener Lian à risquer sa vie.

Nom de Code : Komiko est le premier tome des aventures de Lian et fait partie de la sélection 2014 du Prix Les Mordus du Polar, organisé par les bibliothécaires de la Ville de Paris. J'ai assisté au débat au Salon du livre de Paris il y a quinze jours, alors, évidemment, j'avais envie de découvrir les livres sélectionnés.

Je dois avouer que je commence par une très belle découverte !

Lian, la jeune héroïne mène une lutte contre la corruption qui gangrène son pays et menace la vie de sa propre famille. Elle découvre avec effroi que la fameuse ligne de T.shirts et de jeans so fashion auprès des ados, estampillé d'un "H" bien reconnaissable, est en fait un produit monstrueux : exploitation de la maind'oeuvre, non respect du droit du travail, impact sur la santé des ouvriers en raison produits utilisés sans respecter les normes, impact sur l'environnement, délocalisation du groupe américain en Chine où la maind'oeuvre est moins chère pour faire toujours plus de profit. Rien ne fait peur au PDG de la société.

"Un terme qui lui était familier revenait souvent : formaldéhyde ; elle savait qu'on l'utilisait pour embaumer les cadavres, mais pourquoi donc fallait-il qu'on en trouve aussi sur les jeans portés par les vivants ? (...) il servait à empêcher la moisissure de se former pendant le transport et le stockage. Les effets de la molécule étaient effrayants ; outre son potentiel cancérigène, elle provoquait à peu près tout, depuis les irritations des yeux jusqu'à des problèmes respiratoires qui pouvaient être mortels."

Lian, alias Komiko n'est pas au bout de ses peines ni de ses surprises : derrière son écran et son pseudonyme, elle se croit à l'abri de tout et irepérable. Pourtant, malgré son habileté et son ingéniosité, elle aura bien des déconvenues. Les dangers d'internet est aussi un point fort de ce polar technologique. On n'en rate pas une miette et surtout il y a une belle surprise, un coup de théâtre inattendu qui bouscule les idées reçues.

Une lecture très divertissante, au suspense haletant, un page turner intelligent par les thèmes abordés. Une sensibilisation des jeunes au phénomène de la mondialisation et ses conséquences, aux dérives du capitalisme outrancier, aux dangers de la Toile et dans une certaine mesure, au délit de faciès.

Bref, j'ai adoré.

Quant à savoir qui est Naomi Paul : là aussi, il y a une subtilité puisqu'il s'agit de plusieurs personnes. Ecrire un polar à plusieurs mains n'est pas chose aisée, on peut donc souligner la performance et celle de la traduction (impossible de trouver qui a écrit quoi) !

Enfin, cela a son importance aussi - même si la couverture ne fait pas un livre, elle y contribue : dessin très sympa !

Les aventures de Lian ont de quoi séduire et elles continuent d'ailleurs dans deux autres volumes.

J'espère arriver à continuer ma découverte de la sélection avant la désignation du gagnant du Prix des Mordus du Polar qui aura lieu en mai.

 

 

 

 


29 mars 2014

Schroder

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Premier livre traduit en France d'Amity Gaige, je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec un titre aussi énigmatique que Schroder. Et puis quand je me suis rendu compte que le personnage qui s'empare du récit s'appelle Erik, j'ai même un très fugace instant pensé qu'il pouvait s'agir de l'homme politique homonyme. Mais non, heureusement, on est loin du récit d'une vie d'un homme politique !

Erik Schroder est en prison quand débute le roman. Il risque vingt-cinq ans de prison. Il n'a pas prononcé un mot depuis des jours. Son avocat lui a conseillé de tout raconter dans le journal que nous lisons, depuis qu'il a disparu avec sa fille Meadow, dans un road trip qui nous emmènera à un rythme effréné à proximité de la frontière avec le Canada. C'est un récit-confession, une lettre d'excuses de plus de trois cents pages que nous avons entre les mains, Erik est divorcé de sa femme Laura. Il connaît les "joies" de la garde alternée. Jusqu'au jour où il décide d'emmener sa fille en promenade avec lui, sans donner de nouvelles à sa femme. L'occasion pour lui de dire la vérité à Meadow, sur qui il est vraiment. Parce que Erik n'est pas qu'il a dit être.


Arrivé à l'âge de neuf ans aux Etats-Unis ("J'avais quatorze ans et je vivais aux Etats-Unis depuis cinq ans seulement."), il a vécu à Dorchester, une banlieue populaire de Boston, avec son père, Otto qui a fui l'Allemagne de l'Est. Mais Erik falsifie son identité, se crée un personnage et se fait appeler Erik Kennedy. Il voulait un nom de héros et "à Dorchester, un seul homme pouvait prétendre à ce qualificatif. Un garçon du pays,un Irlandais persécuté, un demi-dieu. Il était aussi l'homme qui avait harangué sous les vivats la foule déprimée des Berlinois de l'Ouest en 1963". Il a réécrit son enfance et son adolescence pour se faire résident américain d'une banlieue chic. Sa vie entière est fut un mensonge. Une réinvention de soi qu'il portera finalement comme un fardeau.

Ce roman n'est pas - heureusement - un récit sur les "joies" du divorce et la douleur d'un couple qui se déchire. Laura n'est pas présente, juste décrite par Erik comme quelqu'un qui n'est pas vraiment facile à vivre. Pourtant, on ne se dit pas : "Bon sang, il est gonflé". Erik est un personnage attachant. C'est un homme blessé, qui porte comme une croix un sentiment de culpabilité mais surtout un amour sans commune mesure pour son enfant. Il sait qu'il ne ressortira pas intact de ce qu'il a fait, il sait que c'est une voie sans retour qu'il a emprunté et pour cela, il veut offrir le meilleur à Meadow, petite fille qu'il décrit comme surdouée. Leur chemin croisera celui de personnages haut en couleurs, comme April, une ex-star de variété vivant à présent en marge de la société, mais qui leur sauvera la mise. On lit avec délice ce récit de moments volés, de bonheur entre père et fille. On s'amuse aussi de la manière dont la petite fille fait parfois tourner son père en bourrique !

Amity Gaige se met dans la peau d'un homme avec une aisance bluffante. Elle démontre ainsi que les sentiments paternels et maternels se valent, que les sentiments maternels ne sont pas supérieurs aux sentiments paternels. Elle prend donc à contre-courant un certain puritanisme américain. Une plume poétique et efficace.
Seul bémol : les notes en bas de page, assez conséquentes, gênent parfois la lecture, au point qu'en fin de compte, on finit par ne pas les lire. Mais à part ça, j'ai vraiment aimé : on ne s'ennuie pas une seule seconde.

Je remercie Babelio et les Editions Belfond de m'avoir permis de découvrir ce roman.

 

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24 mars 2014

Bilan Salon du livre de Paris

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Le Salon ferme ses portes ce soir après quatre jours d'activités intenses. Je n'y suis allée qu'une seule journée mais quelle belle journée ! J'ai réalisé mon programme personnel, mais pas tout à fait dans les conditions dans lesquelles je pensais, surtout au début.

Samedi, je suis arrivée sous une pluie battante, après une péripétie RER (satané RER ! Heureusement que je n'ai plus à le prendre pour le boulot : c'est juste une plaie !). Moi qui voulais y être pour l'ouverture, c'était râpé et pas faute d'être partie de bonne heure.... Je suis arrivée avec 45 minutes de retard, ventre à terre pour ne pas rater le début des "Mordus du polar" organisé par les bibliothécaires de la Ville de Paris. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre puisque la brochure du salon annonçait :"Rencontre avec les quatre auteurs sélectionnés pour le Prix Mordus du Polar : Carlos Salem pour Le Fils du tigre blanc (Actes Sud Junior), Claire Mazard pour Mise à mort (Oskar), Claire Gratias pour Double Disparition (Rageot) et Marie Hermet pour la traduction de Dans la nuit de Hong Kong [de la série Nom de code : komiko] de Naomi Paul (Flammarion). Ce prix a pour but de promouvoir la littérature policière ainsi que la diversité de la production française et étrangère. Le jury est composé de jeunes lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris, âgés de 12 à 14 ans." Le finaliste sera désigné au mois de mai.

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Le public était au rendez-vous, avec une majorité d'adultes. Je n'ai lu aucun des livres présentés, je ne connaissais donc pas les histoires, ni même les auteurs présents (mis à part Claire Gratias dont j'ai lu Breaking the Wall cet été) et Marie Hermet qui a traduit Trois Femmes et un fantômes de Roddy Doyle. Néanmoins, j'ai tout de suite accroché au débat qui s'est engagé sur "qu'est-ce qui fait un bon polar", comment écrire un polar : en solo ou à plusieurs mains ? (et là ça m'a vraiment captivée et amusée !) Chaque invité a expliqué sa conception des choses, est-ce qu'il pourrait ou pas concevoir d'écrire un polar en collaboration avec d'autres écrivains... Cela se fait pour les polars pour les adultes (cf. Nicci French, par exemple) et c'est aussi le filon des séries TV anglo-saxonnes (contrairement à la France). J'ai beaucoup pensé que cela aurait aussi captivé mes collègues (confirmation ce matin et idées-lecture pour le CDI, avec une documentaliste enthousiaste quand elle a lu les résumés des bouquins - ce n'est pas qu'elle n'y connaît rien, mais c'est qu'il y a une telle masse de publication en littérature de jeunesse, qu'on ne peut pas tout connaître, alors les bons plans lecture, c'est toujours sympa pour inciter les loulous à bouquiner).

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Enthousiaste, j'ai malgré tout dû quitter le stand avant la fin parce que je voulais assister à la mini-conférence "Lumières de la guerre : du clair à l'obscur", avec Sorj Chalandon (Le quatrième mur, Grasset), Eduardo Sacheri, Martin Kohan et Jean Hatzfeld. Les écrivains argentins ont ouvert le débat, mais quand Sorj a pris la parole, il a littéralement scotché son public (en tout cas, moi il m'a scotchée) : pour moi c'est un écrivain (ex-reporter de guerre) qui a une aura hors-norme. J'en ai oublié les autres invités et ce qu'ils ont dit (d'ailleurs !). Le Quatrième Mur parle de son expérience de reporter de guerre au Liban, à travers son double fictionnel, George. Comment faire pour revenir à la vie "civile" quand on a vu ce qui se passe dans les pays en guerre, comment supporter que son gamin pleure parce qu'il n'y a plus de Coca dans le frigo, pour reprendre l'exemple cité par Sorj?

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J'avais l'intention de lire Le Quatrième Mur (puisque j'avais littéralement dévoré Mon Traitre et Retour à Killybegs et que pour moi Sorj Chalandon est devenu un incontournable. Mais je ne pensais pas forcément l'acheter tout de suite. Pourtant, j'ai foncé chez Grasset (et je n'étais pas la seule !). Quelq'un du stand m'a dit qu'il était en dédicace à partir de 14h30. Je suis donc revenue à l'heure dite, mais... j'avais prévu d'aller voir Peter May au stand d'Actes Sud. L'heure tournant, j'ai quitté la file pour aller voir Peter en me disant que je reviendrai après pour me faire dédicacer Le Quatrième Mur. Erreur fatale, parce que quand je suis revenue, la file avait plus que doublé de volume. Mais bon, j'ai pu rencontrer Peter May, j'ai été la première à le reconnaître sur le stand et j'ai eu ma dédicace du Braconnier du lac perdu avant tout le monde. Peter, vous êtes adorable !

Bon, entre tous ces jolis rendez-vous, j'ai quand même trainé mes guêtres à travers le Salon, ça va sans dire... pour quelques repérages lectures (aheum!)

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de l'Irlande et de l'Ecosse (OMG ! j'ai failli en perdre la boule tellement c'était tentant, il a vraiment fallu que je me raisonne sous peine de me ruiner et de devoir racheter une maison-bibliothèque en rentrant!)

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"chouchou" (dont j'ai tout lu à ce jour)

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à défaut de rencontrer Sam Millar en chair et en os, j'ai pu constater que On the Brinks se vend bien, même Hennig Mankell fait moins bien, au regard des piles

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Doris Lessing, pas morte (et toujours à la mode) : un livre posthume vient d'ailleurs de sortir.

Résultat des courses : malgré beaucoup de tentations, je suis restée raisonnable

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(PAL + 2 puisque j'ai déjà lu Le braconnier du lac perdu, emprunté l'an dernier, et plein d'idées lecture - comme si j'en manquais !)

J'ai pris la fuite aux alentours de 15h30 : trop de monde, trop difficile de se concentrer sur les livres exposés, on est plutôt concentrés à ne pas se faire marcher dessus. Mais j'ai passé une très belle journée.

Je remercie les organisateurs du Salon de m'avoir offert l'entrée  "Presse". Je reviens quand vous voulez, ce fut un vrai plaisir !

 

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21 mars 2014

Salon du livre de Paris

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J'y serai samedi, ravie, ravie, ravie !

Je pense faire une petite visite à :

Marie Hermet (qui traduit,entre autres, Roddy Doyle) qui sera , au stand de la Mairie de Paris entre 11h et 12h30 pour le Prix Mordus du Polar

mais aussi Peter May au stand d'Actes Sud samedi entre 15h et 17h, (il sera là aussi dimanche).

S'il n'y a pas trop de monde (ce dont je doute), Sorj Chalandon fait aussi partie de mon programme.

Et pour le reste, ce sera de l'improvisation et des visites à mes éditeurs préférés. Et peut-être aussi croiser les copains-copines bloggueurs(es)
(n'hésitez pas à m'aborder, - sans me faire sauter au plafond - bien que je ne puis vous dire à l'heure actuelle si j'aurai un signe distinctif parce que je ne me suis encore rien bricolé - et que je suis plutôt de nature discrète.

Je regrette juste que  l'Irlande ne soit pas représentée cette année, surtout qu'il y a de quoi faire. Maybe next year ?

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15 mars 2014

Le duel

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4e de couverture : "Pendant l'été 1972, Rekjavik est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d'échecs qui oppose l'Américain Fischer et le Russe Spassky. L'Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L'atmosphère de la ville est tendue, électrique.
Le commissaire Marion Briem est chargé de l'enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certaines traitements de cette maladie endémique à l'époque dans tout le pays. L'affaire tourne au roman d'espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d'Erlendur, va décider de trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.
Un nouveau roman d'Indridason qu'il est difficile de lâcher tant l'ambiance, l'épaisseur des personnages, la qualité d'écriture et l'intrigue sont prenantes."

Je dois dire que ce roman vous rend limite cinglé ! En fait il y a plusieurs intrigues : celle de la narration (qui a tué ce pauvre garçon fan de cinéma et pourquoi) et l'identité de Marion Briem. Cette deuxième intrigue a fini par prendre le dessus dans ma lecture, puisque je suis tombée sur un article de presse (via un groupe de fans d'Indridason sur Facebook) qui insiste sur l'ambiguïté du personnage. Cela a fini par me mettre vraiment le doute, surtout quand, de plus, j'ai lu la quatrième de couverture...

En plus de l'intrigue narrative, on se met donc à traquer les accords grammaticaux dans le texte. Marion explique son nom de famille incongru puisqu'il ne suit pas la règle islandaise (le nom de famille n'existe pas en tant que tel en Islande : on accole -son au prénom du père  si on est de sexe masculin et -dottir si on est une femme). Briem est un vieux nom de famille qui vient de son grand-père maternel (danois). "Les gamins d'Olafsvik m'appelaient l'enfant de la bonne. Athanasius dit que je suis un enfant à problèmeset qu'il vaut donc mieux m'appeler Marion Briem." Et quand on apprend, de sucroit, que Marion est un prénom mixte en islandais, on n'est pas aidé.

Voici donc pour l'androgynie du personnage principal. On découvre donc ce personnage qui apparaît dans plusieurs volumes précédents, dont La Voix. Cela va sans dire que n'en pouvant plus, à la fin de ma lecture, je suis allée voir ce que je trouvais sur Marion dans ce volume (et je tairai ce qu'il en est, évidemment !). Marion est un personnage décidé mais contradictoire, qui, par exemple, n'hésite pas à accuser les étrangers du meurtre du jeune homme, avant de faire machine arrière devant le tollé soulevé. Durant son passage au sanatorium danois, Marion a lié amitié avec une jeune malade, Katrin, qui a survécu. Et elle ne nous aide pas non plus à savoir qui est vraiment Marion malgré une scène qui met le doute.

Bref, c'est jubilatoire et cela démontre une fois de plus qu'Arnaldur Indridason est un romancier virtuose (et son traducteur, Eric Boury, aussi !). Il s'amuse bien avec le lecteur, ébranle les certitudes acquises dans les précédents volumes (mais quand même, ça m'a fait sourire et il faudrait aller peut-être lire une version en anglais ou en espagnol, pour voir, justement, si dans les précédents volumes, le parti-pris est le même ! Et la question que je me pose est est-ce que dans les volumes précédents, Indridason envisageait déjà ce qu'il a fait de son personnage ici...)

Concernant l'intrigue elle-même, elle relate un fait réel, le duel aux échecs entre un Américain et un Soviétique, en pleine guerre froide. La raison de la mort du jeune homme est passée au crible, l'enquête avance doucement, avec des erreurs qui font faire marche arrière. Le dénouement est inattendu.

Et il faut lire le livre jusqu'à la toute dernière page pour les fans qui se languissent, comme moi, de revoir un jour l'inspecteur Erlendur. Il y a une surprise qui fait sourire (mais qui ne confirme rien par rapport à Etranges rivages puisque l'histoire se déroule antérieurement aux enquêtes de notre inspecteur chouchou !).
Bref, du grand Arnaladur Indridason à lire sans hésiter. Et vivement la suite !

 

 

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10 mars 2014

Amazon et le plagiat

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Depuis dimanche, on en a découvert de belles chez Amazon.... L'information s'est relayée rapidement de blogueurs en blogueurs, via Facebook et Bablio. J'ai appris l'affaire par George :

Une certaine "Coline" s'amuse impunément avec le droit d'auteur, le code de la propriété intellectuelle puisqu'elle a plagié des dizaines et des dizaines de critiques sur le site d'Amazon. Personnellement, je ne sais pas à quoi cela donne droit les commentaires sur les livres ou produits chez Amazon (des réductions, des cadeaux, sans doute).

George, Clara et les Mots,  et tant d'autres blogueuses et blogueurs ont découvert le pot aux roses. Je vous invite à cliquer sur les liens pour voir ce qui se dit (désolée je ne peux pas citer tous les blogueurs "spoliés" tant ils sont nombreux - il y en a une bonne trentaine).
Alarmée, je suis allée dare dare voir si je ne faisais pas partie du lot : a priori non. Mais en tant que blogueuse, je me sens parfaitement concernée, d'autant que la réponse du service client d'Amazon m'a fait sauter au plafond par son culot :  Amazon ne voit pas où est le problème... Il ne faut pourtant pas s'appeler Hercule Poirot pour trouver qu'il y a maldone ! C'est pourquoi je relaye à mon tour l'information.

Le code la propriété intellectuelle n'est pas faite pour les chiens. Amazon doit appliquer la réglementation. Ce n'est pas quelque chose qui se discute ou se négocie. La loi est la même pour tous et toute infraction est suscpetible d'être sanctionnée !

Cela fait déjà plusieurs mois que j'ai décidé de ne plus passer commande sur ce site parce que j'estime :
1) que les conditions de travail de ses employés ne sont pas dignes ;
2) que la concurrence est déloyale vis-à-vis des libraires
3) qu'une entreprise basée sur le sol français doit payer ses impôts en France

... et j'ai aujourd'hui une quatrième bonne raison de boycotter, Amazon puisque l'entreprise, par le biais de son service client, cautionne le plagiat, s'asseoit sur le droit d'auteur et le code de la propriété intellectuelle !

Je regrette mais un telle attitude n'est pas possible.

La presse commence à relayer l'affaire : ActuaLitté (le site internet de l'actualité littéraire) et Le Figaro ont dénoncé l'affaire. Nous avons le soutien de Babelio.

A l'heure où j'écris ces lignes, l'affaire semble prendre une autre tournure : Amazon commence à supprimer des commentaires. Mais il ne faut qu'il les supprime tous et qu'il prenne des dispositions vis-à-vis de leur cliente malhonnête. Il est bien dommage d'être obligé de taper du point sur la table à ce point pour faire avancer les choses.

N'empêche, Amazon qui avait pourtant besoin de redorer son blason, est plutôt mal parti...


EDIT 20h55 : voici un nouvel article d'ActuaLitté où Amazon fait marche arrière (cliquer sur le lien en gras). Mais attendons de voir l'effacement effectif de tous les commentaires...




EDIT DU 11 MARS :

On pourrait croire l'affaire du plagiat de "Coline" terminée... puisque Amazon a enfin consenti à retirer les commentaires de cette personne, et que, d'après ce qu'on me dit en commentaire, le profil n'existe plus. Mais peut-être peut-on changer de pseudo (je pense que c'est techniquement faisable...). Donc gardons un oeil ouvert.
Une news qui émane d'ActuaLitté vaut aussi son pesant de cacahuètes puisqu'il semblerait que Le Figaro se soit inspiré d'ActuaLitté pour écrire son article d'hier concernant le plagiat... sans citer ses sources ! (Cliquer sur les liens pour voir l'article). Si cela est évidemment tout à fait malvenu et maladroit, on peut dire que dans cette histoire, ça aura contribué à relayer un peu plus l'information. Aucun autre journal ne s'est emparé de l'affaire.

Bon, maintenant j'ai une autre affaire à "révéler", qui ne va pas redorer le blason d'Amazon. En discutant avec Sam Millar sur Facebook, celui-ci me dit qu'Amazon laisse en vente une édition pirate d'un de ses livres :  On the Brinks ! Voir le lien ICI.

 

PlagiatOntheBrinks

 Il s'agit apparemment d'une édition pirate en polonais ! 
Je découvre d'ailleurs qu'Amazon France revend aussi ce livre via des revendeurs Voir ici (à 20€ l'édition pirate, mieux vaut attendre un traducteur officiel !)
Donc voilà, Amazon, le plagiat, et les "faux", ce n'est peut-être pas tout à fait terminé !
On est tous concernés : écrivains, blogueurs, journalistes, traducteurs....
Un chose est sûre : Amazon et moi on est fâché pour longtemps.

 

 

 

 

 

Posté par maevedefrance à 18:43 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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