15 avril 2011

Le royaume des voleurs

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4e de couverture : "1936, début de la terreur stalinienne. Le cadavre mutilé d une jeune femme est retrouvé sur l autel d une église désaffectée. L inspecteur Korolev, chef de la section criminelle de la Milice de Moscou, est chargé d enquêter. Comme la victime est citoyenne américaine, l organisation la plus redoutée de toute la Russie, appelée NKVD, s en mêle. Les moindres faits et gestes de Korolev sont observés. Bien décidé malgré tout à découvrir ce qui se cache derrière ce crime effroyable, il pénètre dans le royaume des Voleurs, ces individus qui règnent sur la pègre moscovite. À mesure que d autres corps sont découverts et que la pression venue d en haut augmente, Korolev se demande qui sont les vrais criminels dans cette Russie où prédominent la peur, la faim, et l incertitude."

En commençant ce roman, je me disais qu'en plus de l'intrigue policière, j'allais en apprendre davantage sur le début de la dictature stalinnienne grâce au héros, le capitaine Alexeï Dimitrievitch Korolev, plus communément appelé inspecteur Korolev, au service des enquêtes criminelles de la Milice de Moscou. Un grand colosse d'un mètre quatre-vingt-trois, quadradénaire, divorcé, père d'un petit Youri. la joue barrée d'une cicatrice, "souvenir d'une rencontre avec un cosaque blanc durant la guerre civil". Korolev s'est "battu de l'Ukraine jusqu'à la Sibérie, et retour, durant sept longues années, contre les Allemands, les Autrichiens, les Polonais". Mener une enquête dans le Moscou de 1936 s'annonce ardue car il s'agit de ne pas déborder sur les plates-bandes du NKVD, autrement dit de la police secrète qui s'occupe des crimes politiques, alors que la Milice a en charge les crimes "traditionnels". Mais la frontière entre les deux est floue. Pour compliquer l'affaire, il y a ceux que les Moscovites appellent les "Voleurs", organisés en une société structurée et hiérarchisée : la mafia russe.

Alors, quand le cadavre d'une femme, atrocement mutilé, visiblement torturé et mis en scène,  est retrouvé dans une église de moscou, la tension est grande, d'autant qu'on apprend rapidement que c'est une Américaine d'origine russe, religieuse orthodoxe. Là on se dit qu'on va avoir droit à un roman policier de la lignée de Dan Brown...

Mais voilà, le problème c'est que William Ryan ouvre des pistes, accumule les descriptions, les noms et épisodes historiques (NKVD, Tchéka, tchékistes, miliciens, Voleurs, guerre civile, cosaque blanc), et les personnages (qui en plus ont plusieurs noms), sans creuser davantage, sans expliquer. On vit avec le héros la misère moscovite : la faim, le froid, l'humidité, le manque de logement, le manque d'argent, la dure vie des gamins des rues. Mais à force de vouloir tout dire, tout restituer, l'écrivain finit par perdre le lecteur dans les bas-fond de la ville ! Et là on crie "Help"! L'intrigue finit par devenir presque anecdotique, noyée sous des considérations qui voudraient donner un fonds historique au roman. On ne sait plus trop où donner de la tête.

En outre, j'ai trouvé l'écriture froide et manquant d'un petit quelque chose qui aurait fait qu'elle aurait eue plus de saveur. Je me suis ennuyée de plus en plus au fil du récit. Pas convaincue et déçue. J'ai cherché en vain le "suspens dense et brutal qui ne cesse de croître", annoncé sur la quatrième de couverture par le Financial Times. Je dirais que c'est plutôt le contraire : ça commence bien et fort et ça finit à plat... Dommage car l'idée était bonne.

Un premier opus qui annonce d'autres aventures de l'inspecteur Korolev.

Je remercie néanmoins vivement Guillaume Teisseire de chez  Babelio logoet Nina Salter des Editions des Deux Terres pour l'envoi du roman.

 


13 avril 2011

Poches en stock

 Dernièrement acquis en traînant dans les librairies.....

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Le fameux David Foenkinos dont tout le monde parle tant : La délicatesse, que j'ai longtemps regardé de biais;
le non moins fameux Cercle des amateurs d'épluchures de patates;
un petit polar de l'Irlandaise Alex Barclay, dont le tout premier m'avait plu;
un roman suédois, La fille américaine, dont la 4e de couverture m'a attirée;
enfin, ma chouchoute écossaise en matière de thriller intelligent, Val McDermid, pour le 3e opus des aventures de Tony Hill et Carol Jordan (mais je suis à la bourre dans leurs aventures, car le 5e vient de sortir en poche, Sous les mains sanglantes, donc faut que je carbure !), d'autant que vient de paraître en même temps :

 

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Et là je dis wanted !! Ca a l'air génial...

 Val McDermid est d'ailleurs de passage à Paris la semaine prochaine pour parler de son dernier roman et dédicacer (du moins je suppose). Welcome Val !

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11 avril 2011

Quand souffle le vent du nord

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4e de couverture : "Un homme et une femme. Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant… Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux."

Voici un roman à la fois léger, enchanteur et... rageant ! Mais aussi hilarant !

S'il m'a fallu une cinquantaine de pages avant d'accrocher vraiment à l'histoire, je n'ai ensuite plus lâché le livre !

Emmi Rothner envoie par erreur un email à Léo Leike alors qu'elle veut résilier un abonnement au magazine Like. Ne recevevant pas de réponse ou plutôt continuant à recevoir le journal, elle réitère sa demande sur un ton caustique,  jusqu'au moment où le destinataire par erreur lui répond... Tout le récit est basé sur les échanges d'emails des deux personnages.

Le personnage d'Emmi Rothner est assez agaçant mais l'autre à peine moins.On frôle parfois la crise de nerf avec ces deux-là qui tournent autour du pot ! La fin est rageante et frustrante, je vous le dis d'emblée ! Mais c'est ce qui fait qu'on a vraiment envie de lire la suite La septième vague, qui vient de paraître. Je cherchais un roman léger et distrayant pour les vacances : je n'ai pas été déçue !

Daniel Glattauer réinvente avec brio, humour et subtilité le roman épistolaire - celui du XXIe siècle.

Ce roman serait en train de devenir "culte" que ça ne m'étonnerait pas.

"Intouchable extra-terrestre, rendez-moi ma femme !"

 

08 avril 2011

Rosa candida

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4e de couverture : "Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales."

J'ai coupé la 4e de couverture qui à mon goût en dit trop. En plus, la mort et la maladie ne sont pas les thèmes centraux du roman.

En effet, l'Islandaise Audur Ava Olafsdottir propose ici un livre qui est à la fois un conte et un roman d'apprentissage. J'ai absolument adoré l'atmosphère décalée, l'originalité de l'écriture sans chichi et pourtant emplie de poésie et de douceur. Il se dégage de ce livre une impression de fraîcheur et de douceur qui fait vraiment du bien ! Le personnage principal, Lobbi va faire l'apprentissage de la vie, de l'amour et de la paternité mais d'une manière originale. Une histoire d'amour - triste-  dont les étapes auraient été mélangées. Flora Sol, sa petite fille au nom prédestiné, saura lui montrer la voie à prendre.

Flora Sol et Lobbi sont éminement sympathiques au lecteur. Frère Thomas, le moine épicurien, féru de cinéma et d'eau de vie en tout genre hérite du rôle de conseiller conjugual... Par contre, Anna, la mère de l'enfant n'a pas forcément le beau rôle, plutôt même celui de la mère indigne !

Le lecteur français ne pourra pas, par ailleurs, s'empêcher de penser au Candide de Voltaire qui cultive son jardin, la roseraie du monastère où travaille Lobbi occupe une place importante dans le livre, avant d'être un peu laissée de côté au fur et à mesure qu'il avance en maturité et s'éveille à la vie.

Bref, un très joli roman à découvrir sans hésitation !

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29 mars 2011

Verdict

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4e de couverture : "Joel Deveraux est à l'orée d'une brillante carrière dans un cabinet réputé d'avocats d'affaires new-yorkais. Mais celle-ci est brisée net par une sinistre histoire de drogue, et Joel se retrouve du jour au lendemain avocat commis d'office dans de minables affaires de délinquance. Lui qui ne fréquentait que les hautes sphères de la société se retrouve ainsi dans les rouages les plus misérables du système juridique, parmi les pauvres et les déshérités. Vient enfin le jour où il est affecté à une affaire plus importante, aux côtés d'une autre avocate, Myra Goldstein. Un dealer notoire est accusé du meurtre d'un jeune étudiant. Le suspect est noir, la victime juive et blanche. Lors d'un procès passionnant, aux rebondissements multiples, Joel va vite comprendre qu'en matière criminelle la culpabilité ou l'innocence d'un prévenu importe moins que la force de persuasion de son avocat. Et que le verdict dépend bien souvent de celui qui aura su raconter l'histoire la plus convaincante."

Ce roman policier est intéressant dans la mesure où les deux héros, Joël et Myra, ne sont pas des flics mais des avocats commis d'office. Ils ont un client à défendre, qui n'est pas un ange. Mais peu importe, leur rôle consiste à le défendre du mieux possible et pas forcément en sachant si ce qu'il dit est vrai ou non. Car l'accusé, Lorenzo Tate a en fait deux chefs d'inculpations aux fesses : l'homicide involontaire d'un étudiant blanc, Seth Lipton et la tentative de meurtre sur Devin Wallace, un autre dealer black.

Le lecteur est projeté dans le monde des avocats commis d'office, ceux qui défendent les bas-fonds de New-York pour une rémunération tout aussi misérable. Joël et Myra ne restent pas cloîtrés toute la journée dans leur bureau, comme les avocats des affaires, plus aptes à gagner de l'argent sans trop rien faire. Ils enquêtent, presque comme les policiers, qui ici, ne semblent pas tout à fait faire leur boulot ni dire non plus tout à fait la vérite.

Le procès est retranscrit avec minutie et crédibilité. Les rebondissements ne sont pas absents et les personnages de ce roman sont attachants, même l'accusé ! La fin réserve d'ailleurs une belle surprise qui ouvre bien des questions.

Bref, un très bon roman policier judiciaire, le premier écrit par Justin Peacock, lui-même avocat. On pourrait bien entendre reparler de lui.

Lu dans le cadre du
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17 mars 2011

Même le silence a une fin

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Quand j'ai reçu le livre et que j'ai vu ses 690 pages, je me suis dit que cette lecture n'était pas gagné d'avance, d'autant que je connaissais l'issue de "l'histoire" et que relire le malheur de cette ex-otage ne m'attirait pas spécialement. Pourtant, dès les premières phrases, j'ai été happée par le récit et je n'ai pas lâché le livre. J'ai eu l'impression de lire un roman d'aventures. J'ai découvert les FARC, dont certains sont de vrais personnages, au sens littéraire du terme. Je les imaginais tous comme étant de sauvages sanguinaires. Pourtant certains sont loin de cette caricature. Ainsi Ferney m'a émue par son humanité et son dévouement paradoxal à l'égard des prisonniers qu'il traite comme des amis (il le dit d'ailleurs). Tout à fait étonnante également la scène de la fête pour l'anniversaire de Mélanie, la fille d'Ingrid, où, à cette occasion, les barrières entre ravisseurs et otages tombent : les jeunes FARC sont comme tous les jeunes du monde, ils s'amusent. Grâce à Ferney et son ami Beto, Ingrid apprend à tisser des ceintures et elle parvient à lancer une espèce de mode avec des ceintures à petits coeur pour les filles qui font fureur auprès des guerrilleras. Il arrive parfois que certains FARC improvisent des jeux de société avec les otages : ainsi la scène hilarante de Lucho (otage) jouant avec avec Giovanni grâce à des pois et des lentilles, "chacun se lançant des commentaires mordants, récupérant tous les préjugés politiques et sociaux pour attaquer l'autre". Les otages arrivent également à instaurer un système de bibliothèque. Ces scènes surréalistes m'ont vraiment étonnée.

Cependant c'est évidemment le plus souvent la violence de la guerre qui prend le dessus et donc l'Enfer. Les conditions de détention des otages sont le plus souvent abominables. Tour à tour enchaînés, emprisonnés, humiliés, entassés dans baraquements, affamés, vivant dans des conditions d'hygiène déplorables, la tension entre eux devient vite inévitable. Et de ce point de vue, ce livre est aussi une réflexion sur la conditon humaine. On a par moments l'impression que la tension entre les otages est presque aussi forte qu'entre eux et les FARC, ces derniers entretenant pernicieusement celle-ci. C'est un aspect des choses auquel je ne m'attendais pas. C'est aussi ce qui m'a choquée, même si la littérature des camps de concerntration m'est revenue à l'esprit à la lecture de certains passages. Je ne m'attendais pas à ce que les otages soient aussi mesquins et en proie aux coups bas entre eux. Je m'étais imaginé, naïvement, une réelle solidarité. Heureusement c'est aussi parfois le cas : on sent une amitié et une solidarité sans faille entre Ingrid et Lucho.

Dans ce livre le lecteur passe par toute une palette de sentiments, qui va du rire à la consternation, en passant par la compassion et l'effroi. L'écriture fluide et acérée d'Ingrid Betancourt, la description de l'univers de la jungle colombienne a le don de faire voyager le lecteur très loin, dans un univers carcéral qu'il n'imaginait même pas, sans larmes ni pathos mais avec pourtant beaucoup d'émotion. On ne ressort pas tout à fait indemne de cet enfer vert.

Lu dans le cadre du
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10 mars 2011

Haine

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Un homme est retrouvé mort la veille de Noël dans le port d'Oslo. Un artiste, Niclas Winter est retrouvé mort chez lui. Une femme semble ne jamais être arrivée à destination et est finalement retrouvée morte dans la cave l'hôtel Continental. Au premier abord, la plupart de ces décès ressemblent à des suicides. Mais lorsque l'évêque de Bergen, Eva Karin Lysgaard est retrouvée poignardée en pleine rue le matin de Noël, l'émotion est grande et le doute s'installe. Cette femme était très appréciée. Yngvar Stubo est chargé de l'enquête et il se rend immédiatement chez le mari de celle-ci. Sa femme, criminologue, juriste et thésarde en psychologie, retrouve une amie d'enfance, Karen, spécialisée dans les crimes haineux aux Etats-Unis. Elle apprend également par son biais que l'évêque était progressiste, sauf en ce qui concerne l'avortement, qu'elle ne tolérait sous aucun prétexte, ce qui était à l'encontre des idées sur ce sujet en Norvège. L'une des fille d'Inger Yohanne, Kristiane, 14 ans, souffrant d'une maladie assimilable à de l'autisme, est abordée par un inconnu qui connaît son prénom. Inger Yohanne voit rouge et pense que sa fille est en danger car, par certains de ses propos, elle semble avoir assisté au meurtre de la femme retrouvée dans la cave de l'hôtel Continental, le jour même où la soeur de Inger Yohanne s'y mariait et le jour même où elle a été sauvé par un inconnu qui a surgi tel Bateman et lui a évité un accident mortel avec un tramway. Le fils d'Eva Karin s'aperçoit qu'une photo d'une personne qu'il ne connaît pas mais qui ressemble a disparu de la maison de son père. Il se demande si cette personne n'est pas sa demi-soeur. Grâce à Karen, Inger Yohanne est informée des activités des différents groupes haineux qui sévissent en s'en prenant aux immigrés, aux juifs, aux homosexuels, avec comme seul mobile la haine. L'un d'entre eux, "The 25'ers" sévit en Norvège où les couples homosexuels ont la possibilité de se marier et d'avoir des enfants. Peu à peu, il s'avère que les différents meurtres ont touché cette communauté, hommes ou femmes. Mais cela n'explique pas le meurtre d'Eva Karine. Tout d'abord on pense que le mobile du crime aurait pu être son opposition farouche au droit à l'avortement. Jusqu'au jour où le mari de la défunte de décide à sortir de son mutisme et à livrer le journal intime...

Anne Holt livre un roman complexe en multipliant les intrigues et les détails, les pistes et les personnages à l'envi. Le fil conducteur entre les différentes histoires arrive tard dans le récit, après plus d'une centaine de pages. Trop tard pour que j'arrive à vraiment à m'y intéresser et à y trouver du suspense. Je me suis ennuyée et j'ai terminé le livre avec l'impression qu'il était "brouillon", mal agencé, malgré une étude documentée sur la société norvégienne contemporaine. En fin de compte, la thématique des groupes haineux et leurs activités semble noyée sous la masse et par conséquent simplement survolée. C'est le premier roman policier nordique qui me déçoit, alors que je les affectionne particulièrement, comme vous le savez !

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06 mars 2011

Il est sorti !

Enfin, depuis le temps que j'attendais ça, vient de paraître Automne de mon chouchou suédois Mons Kallentoft

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4e de couverture : "Jerry Petersson est un riche avocat parvenu. Tout le monde le déteste. Aussi, quand on retrouve son cadavre dans les douves du château qu'il vient d'acheter, personne n'est étonné. Malin mène l'enquête, qui l'amène sur l'île de Ténérife. Un dépaysement dont elle a bien besoin. Rien ne va plus chez elle. C'est l'automne à Linkôping. Il pleut, le temps est maussade et froid. Malin, maintenant bien connue du public français, est toujours aussi fragile. Elle devra affronter ses vieux démons et sa solitude pour se lancer aux trousses du tueur."

Après Hiver et Eté que je vous recommande chaudement, je vais me jeter sur celui-là ! Par ailleurs le magazine LIRE consacre un numéro spécial aux écrivains nordiques. Mais il a commis l'erreur fatale d'oublier Mons. Impardonnable !

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26 février 2011

La couleur des sentiments

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4e de couverture : "Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture."

Un immense coup de coeur pour ce roman ! Pourtant, au regard des dernières lignes de la 4e de couverture, ce n'était pas gagné d'avance dans ma tête, sachant que je me méfie de ce genre d'effet d'annonce.

Et pourtant. Quelle merveille ! Un récit envoûtant qui entraîne le lecteur à Jackson, dans le Mississippi entre 1962 et 1964, où sévissent encore les lois raciales, interdisant aux Noirs et aux Blancs de se mélanger, et même de se marier entre eux,et  où le Ku Kux Klan sévit encore pour punir les récalcitrants noirs...

Les trois personnages principaux, Aibileen, Minnie et Skeeter sont particulièrement attachants. Minnie m'a fait mourir de rire plus d'une fois - un grand coeur derrière une carapace en fer - en particulier lorsqu'elle dévoile la fameuse Chose Abominable Epouvantable qu'elle a fait à sa patronne blanche, Miss Hilly. Celle-ci est vraiment une grosse truie (c'est le mot qui m'est venu à l'esprit à la fin, en lisant ce qu'elle essaie de faire à Aibileen) ! La pire de toutes les femmes de Jackson, prisonnière de sa bêtise et d'une méchanceté incroyable.  Aibileen, 53 ans, bonne depuis 40 ans, est d'une philosophie à toute épreuve - ou presque - face aux événements. Skeeter (surnom parce qu'elle a un profil qui rappelle quelque chose comme un moustique) est une jeune femme qui apprend à dépasser les carcans familiaux, raciaux et sociaux pour gagner sa liberté. La vie toute tracée qui s'annonce à elle ne l'intéresse pas car dans cet univers elle devra soit mentir, soit se censurer en permanence. Une vraie amitié naît entre ces trois personnages qui prennent des risques considérables pour venir à bout de leur projet, malgré un chemin pavé d'embûches. Et ça en valait la peine. Même si la fin n'est pas tout à fait une happy end. Mais c'est aussi la force du roman, qui est, de plus, une page de l'histoire des Etats-Unis. Une part de vécu aussi.

Un récit subtil qui évite les écueils, une écriture dynamique et très agréable à lire, beaucoup d'humour malgré un sujet grave, mais aussi des moments d'émotion intense. On laisse vraiment à regret les personnages quand on referme le livre, pourtant c'est un pavé de plus de 500 pages ! Un conseil : jetez-vous dessus, vous ne pourrez plus le lâcher !

Sans doute le meilleur roman que j'ai lu depuis longtemps mais aussi jusqu'à présent pour le

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12 février 2011

Nos étoiles ont filé

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Journaliste à France 2, Anne-Marie Revol a perdu ses deux petites filles, Pénélope, deux ans et demi et Paloma, à peine plus d'un an, dans l'incendie qui a ravagé la chambre qu'elles occupaient chez ses parents, alors qu'elle et son mari, étaient juste de retour de vacances en Grèce. Tous les jours, elle s'aperçoit qu'elle leur parle. Alors, "dans l'espoir que là où [elles sont] réfugiées [elles] trouve[nt] une bonne âme pour lire ce courrier, [elle] décid[e] de coucher, au propre, sur du papier, tout ce qu'[elle a] consigné dans [son] petit carnet depuis qu'[elles] sont décédées".

Ce livre est une puissante claque et je dois avouer que je me suis vraiment fait violence pour le terminer, ne le lisant qu'à petite dose, me disant à chaque fois que je ne parviendrai pas à le reprendre et à en continuer la lecture. Par moments, j'en ai voulu à l'auteur de m'infliger ça ! Et j'ai souri en lisant les remerciements de la dernière page : "Sans Capucine Ruat, j'aurais pondu un livre dix fois plus épais que ça ! Pauvre de vous".

Un livre dont j'ai du mal à parler au regard du drame vécu. Pourtant, Pénélope et Paloma sont bien vivantes entre ces lignes, elles occupent le devant de la scène, au-delà de la douleur et de la mort. Anne-Marie Revol s'exprime sans tabou dans un style vif, parfois piquant : pas d'envolée lyrique mais de la rage, de la colère mais aussi de la tendresse. Elle révèle ses états d'âme, son attitude, celle des autres, celle des gens qui la renvoie sans cesse au décès de ses filles avec une maladresse involontaire ou une bêtise à l'état brut. Ce livre est également un bel hommage à son mari et à leur rencontre miraculeuse mais aussi à la vie,notamment avec la naissance attendue du troisième enfant, Lancelot. On ne termine pas le livre en pleurant mais avec le sourire !

Un témoignage dont on ne ressort pas tout à fait indemne et dont les petites héroïnes habitent le lecteur longtemps une fois le livre refermé.

Lu dans le cadre du

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