04 juillet 2015

Oeil sur la rentrée littéraire

 

Les vacances estivales viennent à peine de sonner mais cela fait déjà un moment que j'ai un oeil (pour ne pas dire les deux !) sur la rentrée littéraire qui débute dès la mi-août (et j'ai l'impression de plus en plus tôt).
Pas toujours évident de savoir ce qui va sortir, tout dépend des éditeurs et/ou des auteurs qui parfois cachent bien leur jeu. J'ai mené mon enquête, (parfois bien au-delà des catalogues, parce qu'ils ne sont pas vraiment tous à jour) et voici le résultat :

J'aurais bien aimé avoir dès à présent sur mes étagères deux Islandais :
Evidemment Arnaldur Indridason chouchou, même si celui-ci ne fait pas partie de la série Erlendur - mais j'ai lu tous ses romans traduits en français, donc celui-ci ne me fera pas faillir à la règle :

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(sortie le 1er octobre)

Et puis le très poétique et talentueux Jon Kalman Stefansson (dont j'avais beaucoup apprécié Entre ciel et terre et dont La tristesse des anges m'attend depuis trop longtemps dans ma bibliothèque), avec un titre pour le moins intriguant :

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(sortie le 20 août)

Résumé éditeur : «Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t'aime.»
Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d'édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée.
Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté."

On redescend un peu sur la carte, avec l'Ecosse et un inconnu. Mais la quatrième de couverture m'intrigue.

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(sortie le 10 septembre)


4e de couverture : "Un dimanche matin à Glasgow, Sammy, un ancien détenu pour vol à l’étalage, se réveille dans une ruelle, chaussé de souliers qui ne lui appartiennent pas, et tente de se rappeler ses deux dernières journées de beuverie. Sauvagement battu par la police, il se retrouve à nouveau en prison et, petit à petit, se découvre complètement aveugle. Les choses empirent encore : sa petite amie disparaît, la police l’interroge pour un crime mystérieux, il erre dans les rues pluvieuses de Glasgow, en tentant vainement de donner un sens au cauchemar qu’est devenue sa vie. Le médecin qu'il finit par consulter refuse d’admettre qu’il est aveugle et sa tentative d’obtenir des indemnités d’invalidité l’amène à se confronter à la bureaucratie kafkaïenne de l’Etat providence. Le livre est un long flux de conscience où Sammy essaye d’accepter sa cécité,  de trouver un secours médical, de comprendre où a disparu sa petite amie et d’échapper à la police qui le croit lié à un type qu’ils soupçonnent de terrorisme politique. Le protagoniste navigue avec un curieux détachement entre ingénuité et acceptation, avec une combinaison de courage et de méfiance qui sonne vrai, de même que certains dialogues entre mettant en scène les diverses autorités, les flics et plus tard son fils adolescent, modèles de rudesse, de tension et d’humour. Ce récit fait d’une prose torrentielle qui ne faiblit jamais, dans le langage non censuré du prolétariat écossais, est une parabole politique subtile et noire sur la lutte et la survie, riche d’ironie et d’humour noir." Ce roman a reçu le Booker Prize 1994. 

Et puis, (j'avoue que là j'ai ramé pour le trouver !) un nouveau Peter May

 

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(sortie le 2 septembre)


Résumé éditeur : "C’étaient les sixties. Une génération décidée à bousculer l’horizon s’engageait dans une décennie d’aventures et d’expériences nouvelles. Et ils étaient cinq, cinq gamins de Glasgow, grandis dans des familles modestes et réunis par l’amour du rock. Au son des Stones et des Kinks, de cette musique révolutionnaire, violente et romantique qui déferlait sur le Royaume-Uni, ils décidaient de fuir jusqu’à Londres, cette ville inconnue qu’ils appelaient « The Big Smoke » et où les attendait, ils en étaient convaincus, le plus brillant des destins. Ils étaient cinq et seuls trois d’entre eux revinrent à Glasgow avant même que finisse cette année 1965. Pour eux, rien ne fut jamais plus comme avant.Cinquante ans plus tard, un meurtre brutal va sortir trois vieux Écossais de leurs existences finissantes dans un ultime acte d’amitié. Revenant sur les pas de leur adolescence et de la fugue qui les emporta, à dix-sept ans, vers de cruelles désillusions, ils vont remonter jusqu’à la nuit terrible qui vit mourir deux hommes et disparaître pour toujours la jeune fille qui les accompagnait.S’inspirant de sa propre fugue entre Glasgow et Londres lorsqu’il était adolescent, Peter May livre un polar nostalgique autour des rêves perdus et des passions éteintes de la jeunesse. Dans une spirale éperdue, ses personnages sont emportés dans un même chaos à travers les décors d’un pays bouleversé par la modernité, où les espoirs d’antan n’en finissent pas de s’effondrer et où leur propre passage n’aura laissé aucune trace. Mais les larmes ne résilient ni le mal ni le mensonge. Et, au bout du compte, qu’est-ce que la mort d’un homme sinon l’effacement de ses propres crimes ?"

Côté littérature française, quelques valeurs sûres :

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(sortie le 26 août)

Résumé éditeur : "Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser."
Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s'aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d'une époque fascinée par le Vrai."

Et puis une très bonne nouvelle en matière de littérature française, c'est un nouveau Sorj Chalandon, deux ans après l'excellent Quatrième Mur.

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(sortie le 19 août)


Résumé éditeur : « Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »

Chez les Belges, évidemment, il y a Amélie Nothomb qui m'a tellement fait rire l'an dernier que je pense y repiquer de nouveau !

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(sortie le 19 août)

« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. »



J'ai gardé le meilleur pour la fin, avec un nouveau.... Roddy Doyle ! Parce qu'une rentrée littéraire sans Irlandais n'est pas une rentrée littéraire digne de ce nom ! D'ailleurs, à part Roddy, pas grand monde côté Irlande cet automne (mais qu'est-ce que c'est que ce boulot ?), alors je profiterai de celui-ci puisque, comme pour Arnaldur, j'ai lu tous les Roddy traduits en français et même quelques-uns non traduits. Donc pas question ici non plus de déroger à la règle...



(sortie le 2 septembre)

Résumé éditeur : "Cette nuit, le Grand Chien Noir est arrivé à Dublin. Il se faufile dans les maisons pour y distiller son poison, répandre la peur, insuffler la tristesse et la morosité. Les animaux de la ville ont tenté de prévenir leurs maîtres, en vain. Le Grand Chien Noir s'est installé sur les épaules des adultes et aussi sur celle de l'oncle Ben. Alors, pour rendre le sourire à leurs parents, les enfants de Dublin, menés par Gloria et Simon, décident de le combattre..."

Voilà. Je suis presque sûre que j'oublie un scoop ! :)
Bonne lecture !

EDIT DU 22 JUILLET :

Eh bien voilà, je me doutais qu'il aurait des Irlandais cachés derrière les étagères pour la rentrée littéraire :

Un nouveau venu : Darragh McKeon qui propose une histoire qui se passe en URSS, sur fond de Tchernobyl...

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(sortie le 20 août)

Présentation de l'éditeur : "En URSS, en 1986.
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture, et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer."
La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même...

 

Il y a également le deuxième roman traduit de Paul Lynch, dans son Donegal chéri

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(sortie le 19 août)

 Présentation de l'éditeur : "Son nouveau roman raconte le retour d'un émigré irlandais au pays. Après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le Donegal en 1945 et s'installe sur une ferme avec sa femme et son fils. Mais l'incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable, tuant un ouvrier et décimant son bétail, met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l'hostilité et à la rancoeur d'une communauté qui l'accuse d'avoir tué l'un des leurs, il devient un étranger sur son propre sol. Confiné sur cette terre ingrate où l'inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas Kane va devoir choisir à quel monde il appartient."

Il est à parier qu'il y aura encore des surprises et que ce billet sera mis à jour au fur et à mesure des découvertes (fracassantes) ...

EDIT DU 29 JUILLET :
Encore quelques Irlandais dégotés derrière les étagères, avec l'aide de la page Facebook de ma copine de Lettres d'Irlande :

 

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(sortie le 27 août)

Présentation éditeur : " Une fille est une chose à demi nous plonge dans les replis intimes de l’existence d’une fille en devenir.La voix âpre et puissante de sa narratrice, grandie au sein d’une famille brisée, dans une Irlande écrasée par le poids de la religion, happe littéralement le lecteur dans un flux de conscience cru et poétique. Soliloque enragé, solaire, le texte saisit parfaitement les ambiguïtés de cet entre-deux, de ce temps où l’on est une fille, pas encore une femme. La violence, l’amour filial et fraternel, la découverte de soi, de la sexualité, la honte chevillée au corps : rien n’échappe au talent de l’auteur.
Récit brutal et dérangeant s’il en est, le premier roman d’Eimear McBride est un phénomène à part dans la littérature contemporaine, une expérience de lecture unique qui a propulsé l’auteur parmi les voix les plus prometteuses de sa génération."

Un nouveau Colm Toibin également

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(sortie le 20 août)

Présentation éditeur : "Ils sont deux à la surveiller, à l'interroger pour lui faire dire ce qu'elle n'a pas vu. Ils dressent de son fils un portrait dans lequel elle ne le reconnaît pas et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu'elle refuse. Seule, à l'écart du monde, dans un lieu protégé, elle tente de s'opposer au mythe que les anciens compagnons de son fils sont en train de forger. Lentement, elle extirpe de sa mémoire le souvenir de cet enfant qu'elle a vu changer. En cette époque agitée, prompte aux enthousiasmes comme aux sévères rejets, son fils s'est entouré d'une cour de jeunes fauteurs de trouble infligeant leur morgue et leurs mauvaises manières partout ou ils passent. Peu à peu, ils manipulent le plus charismatique d'entre eux, érigent autour de lui la fable d'un être exceptionnel, capable de rappeler Lazare du monde des morts et de changer l'eau en vin. Et quand, politiquement, le moment est venu d'imposer leur pouvoir, ils abattent leur dernière carte : ils envoient leur jeune chef à la crucifixion et le proclament fils de Dieu. Puis ils traquent ceux qui pourraient s'opposer à leur version de la vérité. Notamment Marie, sa mère. Mais elle, elle a fui devant cette image détestable de son fils, elle n'a pas assisté à son supplice, ne l'a pas recueilli à sa descente de croix. À aucun moment elle n'a souscrit à cette vérité qui n'en est pas une."

 

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(sortie le 20 août)



Présentation éditeur : "Le père de James Lavery est mort. Son fils est persuadé qu’il s’est sacrifié pour l’Irlande. Cherchant désespérément à échapper à sa pesante solitude, a sa pénible vie quotidienne et à l’alcoolisme envahissant de sa mère, James se crée son propre monde : il devient ainsi le héros d’une série d’aventures fantastiques qu’il rêve au fil des jours.
Mais les années passent et James entrevoit des étincelles de vérité à propos de son père. Alors qu’il embarque lui-même dans sa première histoire d’amour, il commence a comprendre les vraies complexités de la vie.
Dans cette histoire d’initiation, John Lynch révèle dans un style serré, la vulnérabilité et les incertitudes d’un garçon de dix-sept ans qui quitte l’enfance."

Donc tout plein d'Irlandais que je ne connais pas moi-même ! Il faut vraiment fouiller pour les trouver...

EDIT DU 17 AOUT : Encore un roman Irlandais, aux Editions Joëlle Losfeld : Charlie le Simple de Ciaran Collins.

Présentation éditeur "Charlie est affublé d'un surnom particulier, gamal, qui vient du vieil irlandais et qui signifie idiot, retardé. Bien qu'étant un adolescent un peu spécial, Charlie est pourtant tout sauf stupide. Poussé par son psychiatre, le Dr. Quinn, qui lui a conseillé d'écrire mille mots par jour, Charlie relate, dans son journal, les événements traumatisants qu'il a vécus. Mais il ne sait pas par où commencer, il n'est pas certain non plus de vouloir revivre l'histoire horrible de ses deux meilleurs amis, Sinéad et James. Charlie rechigne à la tâche, il n'arrive pas à écrire, ne voulant pas retomber dans un passé douloureux, encore présent. Où commence réellement son histoire ? Quand Sinéad l'a défendu devant tous leurs camarades pour la première fois ? Quand elle est tombée amoureuse de James, brisant ainsi le cœur de tous les autres garçons de la classe ? Ou quand Charlie a été accusé d'un crime qu'il n'a pas commis ? La narration extrêmement intelligente et pleine d'humour de l'auteur rend le personnage de Charlie très attachant, malgré l'histoire tragique qu'il nous raconte."

 


Parution le 1er octobre.

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 Edit du 12 septembre :
Une belle critique dans Lire (parfois je leur fais confiance et un nom qui me dit vaguement quelque chose sans trop que je sache pourquoi (Alzheimer me guette ou mes neurones sont en ce moment un peu surchargés), un sujet qui a l'air original : et hop, un de plus dans ma sélection éclectique de la rentrée littéraire

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Présentation éditeur : "Dans un futur proche, Tim est un jeune chercheur ; il entretient une relation fusionnelle avec Today, son assistant androïde. Lorsque Tim est envoyé une semaine en cure de déconnexion dans une campagne isolée, sans réseau ni communications, le robot, livré à lui-même, va s'essayer à l'autonomie. Tim fait l'expérience de la solitude et du sevrage. Plongé en pleine nature, il découvre le lien puissant qui l'unit à la terre, au ciel, aux animaux. Le jeune homme se dévoile au fil des situations tandis qu'on assiste, ému et réjoui, à la naissance d'une conscience et d'une personnalité originales : celles du robot. Dans un texte où affleurent sans cesse l'humour et la poésie, Isabelle Jarry nous propose quelques visions de ce que pourrait être le monde de demain, ou plutôt de cet «aujourd'hui magique», que nous voudrions enchanté par la technologie."

 

 Edit du 3 octobre :

Je pensais en avoir terminé avec mes "trouvailles" de la rentrée littéraire. Mais, voilà... Hier en partant me procurer d'urgence le dernier Arnaldur Indridason, je suis tombée sur ce roman français qui se passe en Ecosse, dans les Hébrides, et qui parle de littérature. Une romancière française qui parle du pays du kilt, ce n'est pas tous les jours que ça arrive. Il n'en faut pas plus pour aiguiser ma curiosité !

 

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Présentation éditeur : "Franck a rencontré Emilie il y a huit ans. Il est convaincu qu'elle est la femme de sa vie. Mais la jeune femme, thésarde, connaît une passion sans bornes pour l'écrivain policier Galwin Donnell, mystérieusement disparu en 1985. Elle se rend sur une petite île pour organiser un colloque qui lui est consacré. Franck compte l'y rejoindre et la demander en mariage. Mais rien ne se passe comme prévu."



Un autre roman français, un premier roman de surcroît, cette fois qu'on m'a mis entre les mains. A priori, les histoires de famille en littérature, ce n'est pas trop mon truc (même si je fais des exceptions en fonction de l'auteur), mais je suis curieuse...

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Présentation éditeur : "Que se passe-t-il quand on tête au biberon à la fois le génie et les névroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-père qui se pensait bien français, mais voilà la guerre qui arrive, doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entredeux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ? Comment transmet-on le secret familial, le noyau d’ombre
qui aurait pu tout engloutir ?
La Cache est le roman-vrai des Boltanski, une plongée dans les arcanes de la création, une éducation insolite « Rue-de-Grenelle », de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui. Et la révélation d’un auteur."

 


23 février 2015

Les nuits de Reykjavik

 

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Traduit par Eric Boury

Un anorak vert flotte dans une mare. D'habitude, on trouve plutôt des balles de golf dans les anciennes tourbières de Reykjavik, aujourd'hui terrain de jeu des enfants. Mais c'est une macabre découverte que font ce jour-là trois gamins embarqués sur leur radeau. Pourtant, la police a rapidement classé l'affaire sans suite : celle d'un ivrogne qui s'est noyé. C'est ce qui revient en mémoire à Erlendur, un an après le drame.  Son quotidien nocturne dans les rues de la capitale islandaise, ce sont les tapages, les disputes familiales, les accidents de la circulation, les femmes battues, les drames de l'alcoolisme sous toutes ses formes. Pour la police, tous ces drames sociaux passent avant les clochards retrouvés morts. Quant aux femmes battues, on ne peut pas dire qu'elles reçoivent soutien ou secours. Alors les femmes qui disparaissent...


Autant dire que notre Erlendur va y trouver du grain à moudre ! Il s'embarque dans une enquête officieuse et solitaire, lui qui n'est que simple agent de police, même pas inspecteur, encore moins enquêteur. Personne n'en saura rien, même pas Gardar et Marteinn, ses deux collègues de patrouille nocturne.

Erlendur avant Erlendur, ou presque. J'ai vu une chronique intitulée "Erlendur simple flic".  Oui, en quelque sorte, mais quand même bien plus que ça ! On retrouve notre observateur favori de la société islandaise, celui qui s'attache aux marginaux, à ceux que personne ne considère, même pas la police.   Juste peçus comme des masses alcooliques sans nom. Erlendur lui-même se demande si ce n'est pas "sa passion pour les destins tragiques qui l'[a] conduit à s'engager dans la police". Nous, lecteur qui le connaissons bien savons que oui (ou du moins pensons le connaître bien, parce qu'Arnaldur Indridason lui-même dit qu'il ne sait pas trop qui est ce type-là !), c'est bien ça. Au point de négliger sa vie privée, qui passe bien après.

Erlendur le solitaire qui "préfèr[e] rester à la maison à lire, à 'écouter la radio ou de la musique", Erlendur qui se moque des "discours enflammés de Gardar sur les hamburgers et les pizzas" qu'il considère comme des "élucubrations d'allumés". Erlendur le marginal, finalement, presque double  d'Hannibal, le clochard mort dans la mare tourbeuse. Il va s'interroger sur les motivations qui ont poussé cet homme à rejeter le monde dans lequel il vivait avant. Parce qu'Hannibal n'a pas toujours été solitaire. Il a même une famille. Il a même eu une épouse.

Les personnages que côtoie ici Erlendur sont des gens qui ont eu des accidents sur la route de la vie. Le motif de l'accident hante d'ailleurs ce roman noir. C'est presque obsessionnel. C'est par accident que la boucle d'oreille d'une femme disparue pratiquement au moment de la mort d'Hannibal se retrouve dans le pipeline où il vivait. C'est par accident qu'Erlendur a perdu son frère un jour de tempête dans la région des fjords de l'Est. C'est par accident qu'Hannibal a perdu son épouse. C'est par accident que Gustav fera ce qu'il a fait. Enfin, c'est par accident qu'Erlendur  va être papa et se caser avec Halldora. Un tir de balle de golf raté sur des destinés.

J'ai passé deux jours dans le caison du pipeline où Hannibal avait trouvé refuge, sur les pas d'Erlendur et d'autres sans domicile fixe. La vie est rude en Islande quand vous vivez dehors. Alors quand on a froid et qu'on n'a pas d'argent, on demande à une âme charitable d'aller vous acheter des réserves d'alcool à 70°C à la pharmacie en guise de gnôle. Ou bien des tickets pour faire des tours de bus et avoir l'impression de voyager !

J'ai retrouvé l'humour (noir), un rien sarcastique d'Erlendur au grand coeur mais tellement imparfait. Vous ne pourrez jamais faire du golf avec lui, parce qu'il est totalement persuadé que "ce sport [a] été inventé pour distraire les gentlemen anglais et écossais qui n'avaient rien de mieux à faire de leur temps".

Un excellent moment de lecture  qui plaira à ceux qui se plaignaient de ne plus voir Erlendur dans les tomes précédents. Là, il occupe la scène tourbeuse du crime et pose les germes de sa destinée. 

J'ai juste trouvé le roman trop court (mais il ne l'est pas plus que les autres). On est addict à Arnaldur Indridason où on ne l'est pas ! J'en suis et j'assume, alors vivement la suite !

 

15 mars 2014

Le duel

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4e de couverture : "Pendant l'été 1972, Rekjavik est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d'échecs qui oppose l'Américain Fischer et le Russe Spassky. L'Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L'atmosphère de la ville est tendue, électrique.
Le commissaire Marion Briem est chargé de l'enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certaines traitements de cette maladie endémique à l'époque dans tout le pays. L'affaire tourne au roman d'espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d'Erlendur, va décider de trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.
Un nouveau roman d'Indridason qu'il est difficile de lâcher tant l'ambiance, l'épaisseur des personnages, la qualité d'écriture et l'intrigue sont prenantes."

Je dois dire que ce roman vous rend limite cinglé ! En fait il y a plusieurs intrigues : celle de la narration (qui a tué ce pauvre garçon fan de cinéma et pourquoi) et l'identité de Marion Briem. Cette deuxième intrigue a fini par prendre le dessus dans ma lecture, puisque je suis tombée sur un article de presse (via un groupe de fans d'Indridason sur Facebook) qui insiste sur l'ambiguïté du personnage. Cela a fini par me mettre vraiment le doute, surtout quand, de plus, j'ai lu la quatrième de couverture...

En plus de l'intrigue narrative, on se met donc à traquer les accords grammaticaux dans le texte. Marion explique son nom de famille incongru puisqu'il ne suit pas la règle islandaise (le nom de famille n'existe pas en tant que tel en Islande : on accole -son au prénom du père  si on est de sexe masculin et -dottir si on est une femme). Briem est un vieux nom de famille qui vient de son grand-père maternel (danois). "Les gamins d'Olafsvik m'appelaient l'enfant de la bonne. Athanasius dit que je suis un enfant à problèmeset qu'il vaut donc mieux m'appeler Marion Briem." Et quand on apprend, de sucroit, que Marion est un prénom mixte en islandais, on n'est pas aidé.

Voici donc pour l'androgynie du personnage principal. On découvre donc ce personnage qui apparaît dans plusieurs volumes précédents, dont La Voix. Cela va sans dire que n'en pouvant plus, à la fin de ma lecture, je suis allée voir ce que je trouvais sur Marion dans ce volume (et je tairai ce qu'il en est, évidemment !). Marion est un personnage décidé mais contradictoire, qui, par exemple, n'hésite pas à accuser les étrangers du meurtre du jeune homme, avant de faire machine arrière devant le tollé soulevé. Durant son passage au sanatorium danois, Marion a lié amitié avec une jeune malade, Katrin, qui a survécu. Et elle ne nous aide pas non plus à savoir qui est vraiment Marion malgré une scène qui met le doute.

Bref, c'est jubilatoire et cela démontre une fois de plus qu'Arnaldur Indridason est un romancier virtuose (et son traducteur, Eric Boury, aussi !). Il s'amuse bien avec le lecteur, ébranle les certitudes acquises dans les précédents volumes (mais quand même, ça m'a fait sourire et il faudrait aller peut-être lire une version en anglais ou en espagnol, pour voir, justement, si dans les précédents volumes, le parti-pris est le même ! Et la question que je me pose est est-ce que dans les volumes précédents, Indridason envisageait déjà ce qu'il a fait de son personnage ici...)

Concernant l'intrigue elle-même, elle relate un fait réel, le duel aux échecs entre un Américain et un Soviétique, en pleine guerre froide. La raison de la mort du jeune homme est passée au crible, l'enquête avance doucement, avec des erreurs qui font faire marche arrière. Le dénouement est inattendu.

Et il faut lire le livre jusqu'à la toute dernière page pour les fans qui se languissent, comme moi, de revoir un jour l'inspecteur Erlendur. Il y a une surprise qui fait sourire (mais qui ne confirme rien par rapport à Etranges rivages puisque l'histoire se déroule antérieurement aux enquêtes de notre inspecteur chouchou !).
Bref, du grand Arnaladur Indridason à lire sans hésiter. Et vivement la suite !

 

 

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07 décembre 2013

Le livre du roi

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4e de couverture : "En 1955, un jeune étudiant islandais arrive à Copenhague pour faire ses études. Là il va se lier d'amitié avec un étrange professeur, bourru, érudit et buvant sec, spécialiste des Sagas islandaises, ce patrimoine culturel inestimable qu'ont protégé les Islandais au long des siècles comme symbole de leur nation. Il découvre le secret du professeur : l'Edda poétique, le précieux Livre du roi, dont les récits sont à l'origine des mythes fondateurs germaniques, lui a été volée pendant la guerre par des nazis avides de légitimité symbolique.
Ensemble, le professeur et son disciple réticent, qui ne rêve que de tranquillité, vont traverser l'Europe à la recherche du manuscrit. Un trésor pour lequel certains sont prêts à voler et à tuer. Un trésor aussi sur lequel on peut veiller et qu'on peut aimer sans en connaître la valeur.
Une histoire inhabituelle et une aventure passionnante sur ce qu'on peut sacrifier et ce qu'on doit sacrifier pour un objet aussi emblématique qu'un livre.
Arnaldur Indridason met son talent et son savoir-faire de conteur au service de son amour des livres. Et de ce livre mythique en particulier."

 

Troisième lecture de ma rentrée littéraire, avec mon chouchou islandais cette fois-ci.

On laisse tomber l'inspecteur Erlendur et ses aventures. Ce roman écrit en 2005 ou 2006 entre Hiver Arctique et Hypothermie rend hommage au patrimoine culturel islandais et nous apprend ce qu'il est advenu du Livre du Roi, un fascicule faisant partie de l'Edda Poétique (XIIIe s.), aussi connu en Islande qu'au Danemark. Et pour cause : l'Islande était, jusqu'en 1944, une colonie du Danemark. Néanmoins, même après l'indépendance, une partie du patrimoine littéraire islandais dont le Livre du roi fait partie. L'Edda poétique est la principale source écrite, avec l'Edda en prose, sur la mythologie nordique. Les Danois rendirent le Livre du roi aux Islandais en 1971.

Si ce n'est pas tout à fait un polar, Arnaldur Indridason nous embarque quand même dans un road movie littéraire hâletant, grâce à un vieux professeur un zeste hisurte et porté sur la bouteille, spécialiste des manuscrits islandais à l'Université de Copenhague et un étudiant érudit mais empoté, Valdemar. A la poursuite du diamant vert ? Non, évidemment ! A la poursuite du Livre du roi.

L'Histoire occupe une grande place ici. Nous sommes en 1955, soit à peine dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Indridason évoque, à travers sa fiction, comment les nazis ont tenté de s'approprier la culture nordique pour la détourner à leur compte et spolié des bijoux littéraires patrimoniaux.

Et, comme toujours chez Indridason, le passé des personnages ressurgit et éclaire d'un jour nouveau leur présent. Peu à peu, on comprend mieux pourquoi le viel universitaire picole sec, déteste le vouvoiement et est prêt à toutes les imprudences pour récupérer le Livre du roi. En tout cas, il nous promène bien, du Danemark à l'Islande, en passant par l'Allemagne, sur les traces du manuscrit, car "importants ou non, les livres voyagent partout. Bons ou mauvais, ils ne choisissent pas leurs propriétaires, pas plus que le genre de maison dans laquelle ils vont se retrouver ou l'étagère sur laquelle on les rangera". Mais on espère vraiment, aux regards des dires de la fiction, que le livre retrouvera une bonne maison et une bonne étagère ! Valdemar en a grandement conscience : "Je savais que si nous n'avions pas le Livre du roi, nous serions absents de la scène internationale. S'il n'existait pas, une grande partie de notre culture ancienne serait perdue, et tout ce que nous savons de la religion nordique ancienne serait réduit d'autant."

Un bel hommage de l'écrivain à la fois aux livres et à la culture ancestrale de son pays. J'ai apprécié la page d'Histoire et l'on peut dire que ce roman est très érudit en ce qui concerne les mansucrits islandais. Cela dit, j'ai fini par m'y perdre et même trouver souvent des longueurs et des redites. Cela m'empêche d'adorer totalement ce roman. J'ai juste passé un bon moment parce que malgré tout, il y a quand même un sacré suspense pendant une bonne partie du roman, du genre qui vous empêche de le lâcher jusqu'au chapître suivant.

A un moment, je me suis tout de même demandé si Arnaldur ne pétait pas un câble dans sa description de l'ennemi ancestral du vieux professeur ou plutôt s'il ne mettait pas dans son roman un zeste de parodie  : "C'était un vieillard (...) avec quelques mèches de cheveux sur une calvitie parsemée de taches brunes, un nez aquilin proéminent et des joues creuses et exsangues. Il regarda le miroir et, pendant un instant, je vis ses yeux, des yeux noirs et féroces. Il m'aperçut. Il me montrat dans le miroir et poussa une sorte de glapissement." Effet comique garanti en ce qui me concerne !
Et avec le recul, je pense qu'une grande partie du roman est parodique, avec des personnages très stéréotypés (le vieil universitaire, le jeune étudiant, les méchants-pas-beaux...). Enfin, au passage on croise aussi le Prix Nobel de littérature Halldor Laxness !

Un roman touffu donc, dont ce billet ne parviendra pas à évoquer les multiples facettes. Une "note sur les sagas", à la fin de l'ouvrage, nous donne quelques repères.

 

 

 

 

 

 

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22 février 2013

Etranges rivages

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4e de couverture : "Erlendur est de retour ! Parti en vacances sur les terres de son enfance dans les régions sauvages des fjords de l'est, le commissaire est hanté par le passé. Le sien et celui des affaires restées sans réponse. Dans cette région, bien des années auparavant, se sont déroulés des événements sinistres. Un groupe de soldats anglais s'est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville, d'autres pas. Cette même nuit, au même endroit, une jeune femme a disparu et n'a jamais été retrouvée. Cette histoire excite la curiosité d'Erlendur, qui va fouiller le passé pour trouver coûte que coûte ce qui est arrivé...
C'est un commissaire au mieux de sa forme que nous retrouvons ici !"

Pour la deuxième fois consécutive, l'inspecteur Erlendur ne mène pas une enquête officielle : ici, suite aux événement d'Hypothermie, le voilà parti sur les lieux de son enfance. Il s'agit pourtant d'un lieu de morts : la région des Fjords de l'Est est particulièrement redoutable, les hommes se perdent dans la lande de cette nature âpre balayée par des tempêtes infernales, quand ils ne tombent pas dans des crevasses.

Notre cher Erlendur y a lui-même vécu un événement traumatisant durant ses jeunes années, un événement qui le poursuit aujourd'hui encore... A tel point que même en vacances, il ne peut s'empêcher d'enquêter sur la mystérieuse disparition d'une femme, dont la disparition elle-même est presque devenue légendaire. Cependant, c'est aussi l'occasion de mener une enquête sur lui-même et de faire un deuil.

Cet "épisode" est sans doute le plus intimiste de la série. Arnaldur Indridason lève (un peu)  le voile sur son personnage. Une aventure qui ressemble presque à une psychanalyse du héros, avec la beauté de l'écriture en plus. Alors que dans les autres volumes de la série, il était très question du développement de la société islandaise, ici ce n'est pas le cas (ou si peu) : plutôt une dissection de l'âme humaine qui révèle une fois de plus tout le talent de mon écrivain islandais préféré.

En tout cas, méfiez-vous des cadavres gelés, ils révèlent des surprises !! Un épisode très émouvant aussi. C'est aussi une incroyable histoire d'amour.

"Les Islandais aiment les histoires de revenants et adorent en inventer." On ne pourra pas dire le contraire : on en redemande ! Vivement l'année prochaine pour la suite de cet inspecteur pas du tout comme les autres !


23 décembre 2012

Betty

 

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4e de couverture : "Quand j'ai rencontré Betty, j'ai su que ma vie allait basculer. Elle était magnétique et fatale. J'aurais tout donné pour elle. J'ai même accepté de travailler pour son mari. Mais maintenant c'est moi qui suis derrière les barreaux. Aux yeux de tous, je suis coupable de meurtre. Parce que, si l'amour se joue à trois, il y en a toujours un de trop."

Alors là les gens, je vous dirai tout simplement que ce roman noir de mon chouchou islandais est tout simplement MACHIAVELIQUE !

On se fait avoir comme des "bleus" avec cette lecture. A mi-parcours, vous serez obligés de revenir en arrière en vous demandant si vous n'avez pas raté quelque chose au départ... Indridason joue parfaitement avec les idées toute faites que l'on a dans la tête et qui nous joue des tours pas croyable. La preuve par cette lecture !!!
Pourtant, au tout début, je me suis vraiment demandé où il voulait en venir. En effet, c'est un roman d'une facture toute différente de ce qu'il écrit habituellement. Ici, pas question de l'inspecteur fétiche Erlendur... Cela dit, le temps de quelques lignes, il y a un clin d'oeil puisque nous apprenons que l'histoire de Betty se déroule alors qu'Erlendur est parti sur les traces de l'homme du lac !

Mais je ne ne peux absolument pas en dire davantage sur cette histoire étonnante, prenante et dont on sort complètement subjugué par le talent de l'écrivain.

Une super lecture de vacances qui fait sourire à cause de la supercherie qu'elle contient et malgré une ambiance bien angoissante ! Peut-être qu'on en sort aussi un zeste parano...

Le seul mini (mais alors mini !) bémol que je trouve concerne la traduction : il paraît que le vouvoiement n'existe pas en islandais. Le traducteur a donc choisi du tutoiement dès le début, entre les deux personnages principaux, qui ne se connaissaient pas. Reste qu'en français, ça sonne mal.

 

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28 mai 2012

La rivière noire

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4e de couverture : "Le sang a séché sur le parquet, le tapis est maculé. Egorgé, Runolfur porte le t-shirt de la femme qu'il a probablement droquée et violée avant de mourir. Sa dernière victime serait-elle son assassin ? Pas de lutte, pas d'arme. Seul un châle parfumé aux épices gît sur le lit. L'inspecteur Elinborg enquête sur cet employé modèle qui fréquentait salles de sport et bars... pour leur clientèle féminine."

Dans cet "épisode", l'inspecteur Erlendur Sveinsson brille par son... absence. En effet, suite à ce qu'il a découvert dans Hypothermie, il a décidé de faire un break dans la région de fjords de l'Est, région de son enfance où s'est déroulé le précédent drame. C'est ici son adjointe, Elinborg qui mène donc l'enquête. L'occasion pour le lecteur d'entre-apercevoir Erlendur sur une autre facette - bien que ce ne soit pas le sujet du livre - celui d'un homme qu'Elinborg considère comme d'un autre âge. Elle ne partage pas tous ses points de vue. Contrairement à Erlendur, elle pense qu'il faut faire avec son temps et ne pas toujours se retourner sur le passé de manière nostalgique. Mais cela ne l'empêche pas de s'inquièter pour son collègue dont elle trouve l'absence inquiétante par sa durée.
Nous découvrons ici aussi la vie de ce personnage féminin jusque là secondaire : mère de quatre enfants (dont un adoptif), divorcée et remariée avec un mécanicien, elle trime avec l'un de ses garçons en période d'adolescence..., un de ces gamins pour qui considère comme normal d'exposer sa vie privée sur le net à travers un blog.

Cependant, l'enquête dans laquelle l'inspectrice est plongée ne lui laissera guère le temps de s'occuper de sa petite famille et de se consacrer à son hobby favori : la cuisine indienne ! C'est pourtant par la piste culinaire qu'elle va avancer, du moins au début, aussi étrange que celui-là puisse paraître. Une manière originale d'entrer en matière ! Un homme est retrouvé chez lui égorgé, après avoir, semble-t-il violé sa victime qui elle-même a disparu.

A la manière d'Agatha Christie, Arnaldur Indridason entraîne le lecteur sur l'histoire d'un cadavre, son héroïne est la reine de l'interrogatoire et elle n'exclut aucune piste. L'enquête n'avance guère pendant toute une partie du roman, on la suit dans ses pérégrinations qui la mène de Rekjavik à un village perdu d'Islande, à la rencontre de ses habitants, ceux ayant connu la victime dès son plus jeune âge; elle interroge aussi ses voisins du quartier de Thingholt à Rekjavik qui le connaissaient adulte, son employeur, etc. Une méthode policière tout à fait classique, mais qui révèle un des faiblesses et l'un des tabous de la société islandaise contemporaine.

En effet, Arnaldur Indridason fait ici la part belle à la thématique du viol des femmes, à leur sentiment de culpabilité qui les enferme dans le silence et les conséquences de ce silence, à l'omerta du reste de la société pour qui ce sujet reste tabou et aux failles d'un système qui fait que les coupables ne seront pas punis à la hauteur de leur crime : "Que peut-on faire quand le système est de mèche avec les salauds", s'interroge un personnage. Justice soi-même ? Mais ce n'est pas la solution non plus. Reste qu'ici, Elinborg ne pourra jamais dresser le vrai portrait du coupable, lui-même victime, puisqu'il est mort. Reste les suppositions tout à fait fondées, celui d'un psychopathe "ordinaire" (si l'on peut dire) : "Elle pensait à Runolfur, à cette méchanceté qui l'habitait et qui coulait au fond de sa conscience telle une rivière noire, profonde, froide et tourmentée".

Arnaldur Indridason pose ici de bonnes questions dans un roman policier prenant que j'ai dévoré ! Cela dit, ce n'est peut-être pas mon préféré dans la série : je préfère les enquêtes avec Erlendur qui pose un regard plus approfondi sur l'histoire de son pays. Même si j'ai passé un très très bon moment ! J'ai hâte de découvrir La muraille de lave - qui vient de paraître aux éditions Métailié.

 

 

21 novembre 2011

Hypothermie

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4e de couverture : "C'est l'automne. Maria, une femme d'une cinquantaine d'années, est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d'entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l'au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d'écouter l'enregistrement tout en lui répétant que ni l'enquête ni l'autopsie n'ont décelé le moindre élément suspect. L'audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l'investigation à l'insu de tous..."

Depuis que j'ai découvert Arnaldur Indridason avec La femme en vert il y a un peu plus de deux ans, je suis ultra-fan. J'ai dévoré toute la série des enquêtes de l'inspecteur Erlendur. Seule, l'avant-dernière, Hiver arctique, m'avait un peu déçue, tout en étant tout de même bien. C'est dire !

Cet écrivain a du génie et de la magie. Et c'est ainsi que je qualifierais Hypothermie. Si vous aimez les fantômes et les revenants, si vous rafollez de la puissance de la nature islandaise, cette histoire est pour vous. Un bijou, une merveille. Je suis restée en extase un certain temps après avoir refermé ce livre (on ne rit pas, SVP). Comment cet écrvain parvient-il à nous toucher au coeur à chaque fois, c'est - presque-  un mystère... On peut également remercier le traducteur, Eric Boury de nous donner accès à ces pépites islandaises.

Cette fois, Erlendur n'est pas en enquête officielle. Personne ne sait qu'il fait des recherches, persuadé par l'amie de Maria (retrouvée pendue) que ce n'est pas un suicide mais un meurtre. Peu à peu, des "petites choses" sont mises à jour grâce à l'interrogatoire méticuleux auquel se livre Erlendur.Une trame policière traditionnelle donc. Cependant, les preuves sont là mais en même temps indémontrables, parce que le temps a passé. J'ai aimé le clin d'oeil à Marcel Proust et sa Recherche du temps perdu qui court tout le long du roman.
La fin révèle, comme toujours chez Indridason, une suprise et une petite vengeance de la part de l'inspecteur (ou du moins un règlement de compte à sa manière puisqu'il n'est pas officiellement en enquête policière et qu'en plus il ne peut rien prouver...). J'en dis déjà presque trop, alors je m'arrête là.


Seul conseil : lisez ce roman policier, au chaud, pour éviter l'hypothermie (voui, voui, parce que ça peut mener loin, l'hypothermie !...).

16 janvier 2010

Hiver arctique

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4e de couverture : "Le corps d'un petit garçon était couché dans la neige lorsque la voiture d'Erlendur est arrivée au pied de l'immeuble de banlieue, en cette fin d'après-midi glaciale de Reykjavik. II avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande, son grand frère avait du mal à accepter un pays aussi froid. Le commissaire Erlendur et son équipe n'ont aucun indice et vont explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante d'émigrés dans une société fermée. Erlendur est pressé de voir cette enquête aboutir, il néglige ses autres affaires, bouscule cette femme qui pleure au téléphone et manque de philosophie lorsque ses enfants s'obstinent à exiger de lui des explications sur sa vie qu'il n'a aucune envie de donner. La résolution surprenante de ce crime ne sortira pas Erlendur de son pessimisme sur ses contemporains. Dans cet impressionnant dernier roman, Indridason surprend en nous plongeant dans un monde à la Simenon. Il a reçu pour ce livre et pour la troisième fois le prix Clé de Verre du roman noir scandinave. "

Autant le dire tout de suite : j'ai été déçue !

Des fausses pistes qui s'accumulent jusqu'à quasiment la fin du roman et qui ont fini par me lasser. Certes la fin est un coup de théâtre et elle est terrible mais elle laisse un sentiment final de "décousu".

Indridason n'épargne pas son pays mais en même temps ne va pas au bout de ses idées, c'est du moins le sentiment que j'ai eu, à cause de cette fin absurde qui fait suite à une analyse sociologique assez fine. Dommage. Cela dit, la nature humaine en prend pour son grade.

J'attends tout de même avec impatience la sortie du prochain roman, en février 2010, car j'aime beaucoup les personnages. J'espère juste que ce sera au niveau des autres romans qui oscillent entre "très bon" et "excellent".

Voir aussi l'avis d'Aifelle.

27 décembre 2009

Mon challenge 2009 : Arnaldur Indridason

Je ne suis pas trop "challenge" en ce qui concerne les livres, parce que je sais que je manque terriblement de temps et que donc, par conséquent, je ne serai pas à la hauteur, et aussi parce que j'aime aller au gré de mes envies en ce qui concerne la lecture : je note les livres qui m'intéressent, je les achète à plus ou moins brève échéance, mais je les lis quand ça me prend.

J'ai pourtant fait une exception cette année avec l'auteur de polars islandais Arnaldur Indridason. Je me suis prise d'une véritable passion pour cet écrivain, que je n'avais jamais lu jusqu'à l'été dernier. Certes je voyais souvent ses livres exposés bien en vue dans les librairies, avec de grands titres élogieux ("grand prix de littérature policière 2007",  "grand prix littéraire des lectrices 2007", etc), ce qui a priori ne m'attire pas forcément. Mais surtout, je n'appréciais pas du tout l'allure des couvertures de poche : trop noire avec une illustration paysagère assez glauque à mon goût). Cependant, il se trouve qu'à deux reprises, alors que j'avais sans doute un air perplexe en retournant les exemplaires dans mes mains, des gens me les ont conseillé en me jurant que c'était génial. La première fois je me suis dit "ouais, ouais" et j'ai reposé le bouquin. Puis quand cela s'est reproduit quelques mois plus tard, je me suis dit que je ratais sans doute quelque chose... J'ai donc acheté La Dame en Vert en version poche et d'occasion.

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4e de couverture : "Dans une banlieue de Reykjavik au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain. Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions. L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout. Un Indridason grand cru!"

Et je dois dire que ça a été ma meilleure lecture de l'été (avec Le Liseur de Bernard Schlink).

Je me suis donc précipitée pour acheter tous les exemplaires parus en édition de poche, ce qui était raisonnable : 3 livres : (j'ai lu la série des 4 livres mettrant en scène les mêmes personnages enquêtant sur des affaires criminelles dans le désordre mais cela ne m'a pas trop perturbée)

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Keisha m'ayant signalé qu'une nouveauté d'Arnaldur Indridason devait voir le jour en France en février 2010, je me suis dit qu'il fallait absolument que je lise ces exemplaires en poche avant la fin de l'année (c'est bête, je sais, mais j'ai tellement adoré !).

Challenge quasiment réussi puisque je finis actuellement

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J'apprécie beaucoup l'intelligence des enquêtes du commissaire Erlendur Sveinsson. Le cadavre qu'il étudie dans chaque volume amène le roman au-delà du simple roman policier avec une intrigue à résoudre : c'est l'occasion d'aborder certaines pages d'histoire de son pays, lslande, et aussi les problèmes de société. J'ai appris beaucoup de choses sur cette petite île glacée et sa population. Un vrai délice que je recommande vivement à ceux qui ne connaissent pas.

Je ne vais pas résumer les intrigues : je vous renvoie aux analyses de Keisha, qui les a tous lus qui a lu tous ces excellents policiers publiés en poche. Celui que j'ai le moins apprécié est La Cité des Jarres (même s'il est pas mal du tout!).

J'ai dans ma PAL Hiver arctique, donc je pense que d'ici février, je serai à jour :) ! Et vivement la suite !