25 mai 2010

Un bonheur de rencontre

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4e de couverture : "Fâcheries, querelles, ennui... Mary et Colin se connaissent trop. Leur amour n'en finit pas de mourir dans cette ville de canaux bordés de palais et d'églises. Tout bascule le jour où ils rencontrent Robert et son épouse, la mystérieuse Caroline.
Sous l'influence de ce couple étrange, Colin et Mary se retrouvent dans un brusque regain de sensualité. Mais s'ils se serrent l'un contre l'autre, c'est que le jeu leur échappe et que commence une descente aux enfers rigoureuse et implacable, un long cauchemar...
Une œuvre violente, forte et cruelle."

Un couple (Mary et Colin) non marié en vacances à une ville qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Venise (même si jamais citée comme telle). Ils s'ennuient, passent leur temps dans leur chambre d'hôtel, au lit ou sur le balcon. Et lorsqu'ils sortent se promener, en soirée, c'est pour faire une bien étrange rencontre et se perdre dans le dédale des rues, incapables de retrouver leur chemin avant des heures. La rencontre de Robert et Caroline va bouleverser leur séjour et leur couple.

Un roman sur l'amour-passion, ou plutôt du "jusqu'où peut-on aller par amour?" qui ne m'a pas convaincu. Je l'ai trouvé "too much" ! Une femme qui aime être battue par son mari, du sado-masochisme jusqu'à l'extrême et un dénouement que je ne comprends pas. Bref, c'est la première fois qu'un livre de Ian McEwan me déçoit. Pourtant il y a un suspens intense par moments, c'est un livre fort bien écrit. Mais la thématique et son traitement me laisse perplexe. Je ne vois pas où l'auteur veut en venir. Et en plus, ça ne donne pas envie d'aller visiter Venise ! :)

Ce livre, dont le titre VO est The Comfort of strangers qui date de 1981, a fait l'objet d'un film, que je n'ai pas vu : Etrange séduction (1991).

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12 mai 2010

Nouveau dans ma PAL

Ce sera une découverte pour moi car je n'ai encore jamais lu un de leurs livres et ça faisait un moment que j'en avais envie :

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Par contre, quelques plumes que j'ai déjà fréquentées avec bonheur :

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Et je termine un excellent thriller (même si je trouve le terme inscrit sur la couverture un peu inaproprié). J'en parle bientôt !

Et je viens d'apprendre que je suis sélectionnée par Babellio dans le cadre de Masse Critique pour lire :

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Je rêve aussi de lire le dernier Douglas Kennedy (écrit en fait en 1985), écrivain que j'aime beaucoup, mais je fais un effort pour me détourner de cette tentation pour l'instant...

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14 février 2010

L'innocent

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4e de couverture : "En 1955, Leonard Marnham, jeune technicien anglais, arrive dans le Berlin d'après-guerre pour participer à l'opération Gold, une vaste entreprise de services secrets anglo-américains visant à mettre sur écoutes les lignes téléphoniques des Soviétiques. Il rencontre une jeune Allemande, Maria, qui l'initie aux mystères de l'amour.
Mais à mesure que Leonard s'enfonce dans la guerre froide, cet amour vibrant et sincère le plonge dans les bas-fonds de l'horreur absolue. Comment une passion, si forte soit-elle, peut-elle rester pure dans un monde d'apparences, de trahisons et de menaces ?
Un grand roman d'espionnage qui bascule dans le cauchemar."

Un roman très différent de ceux que j'ai lu de cet auteur (Samedi, Expiation, Sur la plage de Chesil). Il fut écrit en 1989. Avant la Chute du Mur et quelques lignes à la fin résonne comme une prémonition. Assez incroyable.

Une découverte de l'ambiance du Berlin de 1955, ville écartelée entre Anglais, Américains, Français et Russes.  Le héros, Leonard, tout jeune Anglais à la solde des Américains, est chargé de mettre en place le matériel pour espionner les lignes soviétiques. Il découvre l'Amour en la personne de Maria, dans cette ville qui ressemble à un cauchemar.

Au début,  j'ai trouvé les deux personnages très sympathiques et le" boss" américain de Léonard, Bob Glass, très antipathique.

Puis, au fur et à mesure, les personnages deviennent plus complexes qu'ils en ont l'air. On perd ses repères. Innocent Léonard ? En amour oui mais il apprend vite ! Et à l'extérieur aussi ! Maria, une pauvre fille qui a été mariée à Otto, un Allemand ivrogne, qui vient une à deux fois par an encore pour la tabasser... Oui, certes, c'est abject et cet Otto est bien détestable. Mais l'attitude de Maria à l'égard de Léonard n'est pas toujours "nette". Elle sait le manipuler.

Et lorsque Leonard et Maria lui rendent la monnaie de sa pièce à Otto, ils me sont devenus encore plus détestables que tous les autres personnages du roman, à vouloir se trouver des excuses et un semblant d'innocence !!

Ce roman fait perdre au lecteur ses repères habituels en l'enfonçant dans un cauchemar sans nom.  C'est l'histoire de manipulations en chaînes... Comme à son habitude, Ian McEwan réserve une suprise au lecteur à la fin du roman, dans le Berlin de 1987. Je suis encore partagée pour mon avis sur le héros, entre pitié et colère...
Quant à Maria, je trouve qu'elle s'en est bien sortie.

Un roman qui interroge la part d'ombre de l'être humain tout comme la frontière entre l'innocence et responsabilité.

Je pense que je vais poursuivre ma découverte littéraire de McEwan car, à chaque fois, je suis subjuguée !

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13 janvier 2010

Samedi

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4e de couverture : "Pour Henry Perowne - neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse - ce devrait être un samedi comme les autres. Pas question d'aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant... Un banal accrochage et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant. Tout en faisant diaboliquement monter le suspense, McEwan entrelace évènements planétaires et privés avec une telle virtuosité que cet étrange samedi devient la métaphore de toutes nos vies fragiles d'Occidentaux pris dans la tourmente de ce début de siècle. Et cette réflexion profonde sur le hasard et le destin, les pouvoirs respectifs de la science et de l'art, la quête d'un sens qui résisterait à la mort nous montre une fois de plus, après Expiation, un romancier parvenu à la plénitude de son art. "

Le récit des 24h d'un homme ordinaire, heureux, mais se croyant un peu trop à l'abri des vicissitudes du monde, à cause de sa situation sociale aisée. Jusqu'au jour où, pour une broutille, la violence gratuite se déchaîne et retourne sa vie et sa vision des choses.

Le rythme de ce  récit 375 pages suit le rythme de la vie, d'abord très tranquille (trop tranquille!) d'Henry Perowne pendant la première moitié du roman. Une petite alerte toutefois, au réveil. Puis, à partir de l'"incident", tout s'accélère. Le suspens monte en flèche, jusqu'au dénouement final, les événements extérieurs téléscopent la vie d'Henry. Du grand art narratif.

J'ai beaucoup aimé, comme tous ceux que j'ai lu précédemment de McEwan. Un livre qui se lit en prenant son temps. L'inverse d'un thriller. Ou plutôt un thriller à la McEwan dont lui seul a le secret.

Le prochain au programme de ma PAL : L'innocent, qui au regard du résumé, me fait déjà saliver !

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07 décembre 2009

Sur la plage de Chesil

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4e de couverture : "Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie."

C'est par ce roman que j'ai découvert Ian McEwan en 2007. Un roman d'instrospection, d'examen à la loupe d'un couple de jeunes mariés, Florence & Edward, dans le huis-clos amoureux de la nuit de noces. Mais pas tel qu'on pourrait se l'imaginer ! McEwan transforme la nuit d'amour en un véritable cauchemar et se livre là à une virulente satire d'une certaine société anglaise des années soixante. L'auteur est ici très incisif et cruel avec ses personnages, il en fait deux êtres complètement "coincés", très instruits mais complètement ignares des choses de la vie. Florence se remémore les choses qu'elles a lues dans les livres, des mots qui la laissent perplexe et la terrifient. Le couple est empêtré dans son embarras, au-delà des mots, jusqu'au malentendu et à la catastrophe finale. Leur vie bascule irrémédiablement. Un vrai gâchis stupide ai-je pensé en refermant le livre. Une démonstration magistrale des effets pervers des "tabous" dans une société.

J'ai vraiment aimé ce roman mais j'ai eu de la peine pour les personnages (ce ne fut pas le cas dans Expiation ou dans Samedi)  ! Les pauvres! Monsieur McEwan, vous êtes terrible !

30 novembre 2009

Expiation

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4e e couverture : Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ? Un roman dans la grande tradition romanesque, où Ian McEwan, tout en s'interrogeant sur les pouvoirs et les limites de la fiction, restitue, avec une égale maîtrise, les frémissements d'une conscience et les rapports de classes, la splendeur indifférente de la nature et les tourments d'une Histoire aveugle aux individus.

Ian McEwan déploie ici son talent de photographe de l'âme humaine, il dissèque les situations, les êtres et les choses dans leurs moindres détails, en laissant toutefois la porte ouverte à l'imagination du lecteur.

Briony, jeune fille de 13 ans en 1935, ambitionne de devenir écrivain mais n'appréhende pas vraiment l'univers qui l'entoure. Cela n'est sans grande importance aux yeux du lecteur qui bien souvent la perçoit comme une petite peste prétentieuse (c'est du moins mon cas, elle m'a passablement agacée au début du roman). Pendant tout la première partie du roman McEwan dissèque une chaude journée d'août 1935, le jour où va se dérouler le drame.  L'imagination débordante et délirante de Briony, son ignorance, sa jalousie et le besoin d'exister aux yeux des autres, lui font commettre le pire. La vie des trois protagonistes bascule pour toujours.

Cependant, Ian McEwan comme Briony, se joue du lecteur:  une énorme surprise l'attend à la fin du roman. Je suis même revenue en arrière en me disant que j'avais dû louper une page ou eu un moment d'inattention...

J'ai beaucoup aimé ce livre, notamment par la description des événements historiques (la majeure partie du roman se déroule pendant la 2nd Guerre mondiale et Briony soigne les soldats blessés à l'hôpital, Robbie est envoyé dans le nord de la France pendant que Cecilia passe sa vie à l'attendre) et la surprise finale.

Du grand romanesque anglais, dans la tradition de Jane Austen à lauquelle Ian McEwan fait référence au début du livre (cf. la référence à Northanger Abbey).

Jusque-là mon livre préféré de l'auteur, après Sur la plage de Chesil !

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