13 octobre 2013

Certaines n'avaient jamais vu la mer

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4e de couverture : "Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Choeur vibrant, leurs voix s'élèvent pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli."

Le roman a obtenu le prix Femina étranger en 2012. Cela faisait un moment que le sujet me paraissait à la fois intéressant et intriguant. La parution en poche a fini de me convaincre de lire ce livre.

Mon avis va être rapide et aussi mince que ce roman pourtant dense.

Il s'agit à la fois d'une page de l'histoire du Japon et de celle des Etats-Unis, à savoir l'immigration japonaise vers les USA au début du XXe siècle, en particulier celle des Japonaises mariées à des Américains qu'elles ne connaissent pas et qui fuient leur pays parce qu'on leur promet un avenir meilleur là-bas. Mais la réalité est tout autre pour la plupart d'entre elles. Puis la Seconde Guerre mondiale surgit, avec ses hordes d'horreurs et de suspicions. Une page d'Histoire rayée des mémoires. Ce roman se veut un hommage et de ce point de vue-là il est réussi. Mais il y a quand même un bémol.

Ce bémol concerne le style d'écriture choisit par Julie Otsuka. Un choix courageux car on accroche ou pas. Elle choisit de ne recourir au "nous" collectif pour évoquer la multiplicité des situations mais aussi la communauté et l'anonymat de toutes ces Japonaises expatriées. Résultat me concernant : je suis restée en dehors du récit, je n'ai pas tout à fait réussi à m'accrocher aux personnages ni à ressentir autant d'émotion que les scènes décrites l'auraient voulues. J'ai fini par me lasser. Mais j'ai néanmoins appris une page d'Histoire que j'ignorais.

Une lecture en demi-teinte. J'attendais mieux.

 

 

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16 août 2013

Les évaporés

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Richard B., Américain de San Franscisco, à la fois poète et détective, détestant voyager, accepte néanmoins d'accompagner Yukiko son ex petite-amie au Japon pour enquêter sur l'étrange disparition de son père.

Tout d'abord, il faut que vous sachiez deux choses en lisant ce roman :
- "au Japon, un adulte a légalement le droit de disparaître". On appelle ces personnes les évaporés, ou plus précisément, en japonais, johatsu ;
- " tout ce qui est raconté ici est vrai : c'est le fruit d'expériences vécues, de rencontres et de nombreuses lectures faites sur place". Même le personnage de Richard existe, aussi bien que les évaporés : il s'agit du romancier et poète américain Richard  Brautigan "qui a vécu lui aussi au Japon en 1976" et a servi de guide à Thomas B. Reverdy.

L'écrivain nous immerge dans le Japon de l'après-Fukushima, sur les pas de Kaze, le Japonais évaporé escorté par un gamin de quatorze ans. Kaze a été licencié. Le gamin a perdu sa famille suite au tsunami. L'enquête menée par Richard s'avère difficile dans ce Japon sous le dogme des yakuzas et autres "shogun de l'ombre" que sont "d'anciens Premiers ministres qui restent dans les coulisses, (...) ou bien des gens (...) qui ont un pied dans plusieurs mondes, la politique, les affaires". C'est un monde à la fois mystérieux et effrayant qui est décrit. Kaze a été licencié du jour au lendemain, sans explications, mais sans doute parce qu'il a découvert quelques magouilles financières dans l'entreprise de courtage où il travaille. Des cols noirs (yakuzas) lui demande de se tenir à carreau. Un double coup de sabre donc, car au Japon être licencié est la honte suprême, le déshonneur complet. C'est la raison qui pousse Kaze à s'évaporer. C'est une chose facile dans ce pays où les cartes d'identité n'existent pas et où l'on croit les gens sur parole ou plutôt sur ce qui est écrit sur leur carte de visite. Mais ce qui attend les évaporés, c'est une vie misérable. Et devinez qui on trouve en nombre dans la "zone interdite" créée suite à la catastrophe de Fukushima ?

Cette catastrophe hante les pages du roman, la description est au-delà de l'imaginable. On pense voir de la neige, mais c'est en fait de la cendre. Mais ce n'est presque rien à côté de "la côte qui s'est mise à ressembler à une succession de villes fantômes". La région où a eu lieu la catastrophe était économiquement sinistrée auparavant. Mais "depuis le tsunami et les problèmes nucléaires, ça bouge beaucoup par là-bas. La plupart des évaporés de Tokyo sont employés comme journaliers, sur des chantiers de démolition ou de reconstruction. C'est un des taux de chômage les plus bas du Japon" .

Ce que j'ai lu dans ce roman très bien documenté est au-delà de ce que je pouvais imaginer. Sans doute le premier roman francophone sur l'après-Fukushima. Edifiant, émouvant et effrayant à la fois. Un roman japonais également, comme aime à l'indiquer Thomas B. Reverdy, pour qui ce pays n'a pas encore levé tous ses mystères. L'écriture fluide, les chapitres courts et aérés l'ont rendu très agréable à lire, doublé du suspense de l'enquête de Richard, toujours épredument amoureux de son ex-petite amie japonaise, qui, à l'instar de son pays, gardera pour elle bien des mystères. On a beaucoup d'empathie pour Kaze et le gamin, sorte de famille monoparentale recomposée.

Une belle découverte de la rentrée littéraire 2013, pour moi qui ai une histoire particulière vis-à-vis du Japon. Un roman qui m'a touchée au coeur. Parution prévue le 21 août.

Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour le partenariat.

 

 

 

 

 

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13 avril 2010

Dans ma valise...

... après moult réflexions et tergiversations :

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(Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil est mon dernier "craquage" en date) et aussi

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où je me fie à l'avis de quelqu'un de la blogosphère qui se reconnaîtra sûrement

mais aussi

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dont j'ai lu tant de bien !

C'est vrai qu'avec 14 heures d'avion et des kilomètres en car, je pense avoir de quoi bouquiner et faire maigrir ma PAL, tout en profitant à fond de mon voyage !

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27 mars 2010

Park Life

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4e de couverture : "Ce petit roman est une bouffée d'air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tôkyô, où l'on pénètre sur les pas d'un jeune employé légèrement excentrique, et soudain " l'exhalaison de terre et d'herbe vous chatouille les narines ". Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants. rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s'exerce à chambouler la perspective pour voir le monde autrement. Il arrive que s'y nouent des idylles, à peine plus tangibles que le bruissement des pigeons qui s'envolent. Ce récit a le charme des parenthèses qui s'ouvrent parfois dans la vie pour laisser entrer l'enchantement, comme un léger vertige teinté de déraison. La ville n'est pas loin, les buildings cernent l'horizon, mais dans cet espace clos et protégé, se jouent les menues aventures qui donnent son goût unique à l'existence, la petite musique d'un grand parc au cœur d'une immense capitale.Park Life a été couronnée en 2002 du prix Akutagawa, le Goncourt japonais."

Très franchement, je ne suis pas d'accord avec la 4e de couverture : pour moi ce livre a été tout sauf une bouffée de fraîcheur. La lecture m'a laissé perplexe, interrogative. C'est la littérature asiatique telle que je la redoute. Je ne vois pas où l'auteur veut en venir.

Le narrateur croise dans un parc une jeune femme, lui-même habite en face de chez lui dans l'appartement d'un couple qui ne vit jamais ensemble où il garde leur singe. La mère du narrateur pendant ce temps là squatte chez lui. Trop passionnant tout ça... Bref, je regrette de m'être laissé tenter par ce livre, incapable de comprendre Yoshida Shuichi. C'est le côté "optimiste" du livre qui m'avait attirée. Mais bon...

Je ne renonce pas pour autant à la littérature japonaise, qui, avec ce que j'ai déjà lu, m'aide à préparer mon voyage dans quelques petites semaines. J'ai Ikebukuro West Gate Park  de Ira Ishida dans ma PAL et je pense que je l'emporterai avec moi dans l'avion.

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19 février 2010

Tsubame

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4e de couverture : "Lors du tremblement de terre de 1923, qui a dévasté la région du Kanto et entraîné plus de cent quarante mille morts, la Coréenne Yonhi Kim devient, question de survie, la Japonaise Mariko Kanazawa. A la fin de sa vie, alors qu'elle est veuve, mère d'un chimiste et grand-mère de trois petits-enfants, le mystère de sa naissance lui est dévoilé : le prêtre catholique qui l'avait recueillie dans son église lors du tremblement de terre, surnommé monsieur Tsubame, était-il l'instrument du destin qui a permis à cette hirondelle de s'élancer hors du nid ?"

Ce troisième tome découvre au lecteur l'histoire secrète de la mère de Yukio. Sur fond de tremblement de terre, celui de Kanto en 1923, c'est l'occasion pour Aki Shimazaki d'évoquer les relations houleuses entre le Japon et la Corée (invasion, colonialisme), et les conséquences que cela a eu pour les Coréens : l'exil au Japon pour survivre mais où ils étaient obligés de cacher leur véritable identité et d'adopter des noms japonais sous peine de discrimination. En 1923, lors du tremblement de terre de Kanto, des Japonnais ont accusé des Coréens vivant là, d'avoir empoisonné l'eau. Et c'est le massacre.

Mariko Kanazwa, qui s'appelle en réalité Yonhi Kim, est une déracinée et une orpheline. Lors de l'exumation des cadavres des années plus tard, le passé remonte à la surface et Mariko-Yonhi part à la recherche de son histoire, d'autant plus qu'elle est née de père inconnue. Une révélation à la fin du volume !

J'ai trouvé ce troisième épisode très fort, beaucoup plus prenant que le précédent et même encore meilleur que le premier. C'est dire ! J'ai beaucoup apprécié d'apprendre sur l'histoire du Japon, une vraie découverte. Je continue donc avec hâte la découverte du "poids des secrets".

Voir aussi l'avis d'Aifelle et de Canel.

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16 février 2010

Hamaguri

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4e de couverture : "Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l'intérieur d'une palourde, comme un serment d'amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaître ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troublent profondément, leur seraient-ils interdits ? Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l'oubli."

Nous retrouvons les mêmes personnages que dans le premier volume (du moins, les 2 protagonistes principaux : Yukio et Yukiko, cette dernière étant la mère de la narratrice de Tsubaki). Mais cette fois l'histoire est racontée par Yukio. La fin du volume s'achève sur Yukio à l'âge de 50 ans, toujours amoureux de la petite fille qui lui a donné une palourde japonaise,  ("hamaguri", en japonais), symbole de leur amour et de leur fidélité.C'est à la fin du récit que sa mère lui restitue cet objet si précieux à ses yeux. Mais chut...!!

Le récit est beaucoup plus intimiste. Celui d'une histoire d'amour désespérée (et impossible). Le fond historique disparaît. J'ai trouvé cela dommage, mais cela va avec le thème du récit amoureux, qui occupe tout l'espace littéraire et fait disparaître le temps historique (c'est du moins ainsi que je le ressens, à tort ou à raison).

Je vais pourvoir entamer le 3e volume ce soir-même, pour mon plus grand plaisir ! Affaire à suivre, donc !

Voir aussi l'avis d'Aifelle.

07 février 2010

Tsubaki

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4e de couverture : "Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin."

Un récit fluide qui dit les choses sans brusqueries mais sans détour non plus. Un soupçon de cynisme dans une écriture poétique. Aki Shimazaki mêle les crimes et les mensonges de l'Histoire et ceux des personnages. L'horreur du bombardement de Nagasaki sert de caisse de raisonnance à un secret de famille, un drame tout aussi terrible et lui aussi criminel. L'histoire d'un cataclysme familial est en route et ce premier tome n'est que le début.

"Il y a des cruautés que l'on n'oublie jamais. Pour moi ce n'est pas la guerre ni la bombe atomique" révèle la mère de la narratrice sur son lit de mort. "L'empoisonnement, les bombes atomiques, l'Holocauste, lemassacre de Nankin... Etait-ce nécessaire? C'était, selon elle, une question inutile après une pareille catastrophe. Ce qu'on peut faire, peut-être, c'est de connaître la motivation des gestes".

Le lecteur va de découverte en découverte incroyables. On est tenu en haleine d'un bout à l'autre du récit. La fin s'achève sur une ultime surprise qui ne donne qu'un envie : savoir la suite de cette saga familiale.

Ce livre est également une bonne piqure de rappel sur l'horreur de la guerre, en particulier le bombardement atomique d'Hiroshima et ici celui de Nagasaki. J'ai vraiment été glacée d'effroi en lisant les lignes décrivant le massacre : "La vallée était couverte de gens gémissant et criant "De l'eau!" Des enfants hurlant partout "Maman ! Maman !" Je trouvais des visages déformés, des corps brûlés ou déjà morts sur la terre. Dans la rivière, des cadavres flottaient en passant devant moi. La vallée de la mort. (...). Dans la rue je vis un homme sous un toit effondré. Quand on essaya de le secourir en le tirant par la main, son bras se détacha".

Petite particularité de Aki Shimazaki : elle a écrit le récit directement en français, langue de son pays d'adoption (le Canada et plus particulièrement le Québec).

C'est grâce à Aifelle que j'ai découvert ce livre, en surfant dans ses contrées livresques.  Un grand merci donc pour cette belle découverte littéraire !
J'ai adoré le premier tome de cette histoire (il y en a cinq). La magie est là : je piaffe d'impatience de lire la suite et j'ai commandé dès celui-ci refermé  les tomes 2 et 3, avant qu'ils ne disparaissent !!! En effet, j'ai eu pas mal de chance de trouver le tome 1 (l'édition de poche est épuisée chez mon fournisseur habituel et pas facile à trouver non plus ailleurs et il ne reste que quelques exemplaires de cette édition) et, d'après ce que j'ai pu voir, le tome 4 suit le même chemin. Arf, trop dure la vie de lectrice !

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28 janvier 2010

Tokyo

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4e de couverture : "Quand Grey débarque à Tokyo sans attaches, argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher. Sa rencontre avec Jason, pour lequel elle éprouve une fascination immédiate, est déterminante : il lui trouve un toit, une maison délabrée vouée à la démolition, et un emploi dans un club à hôtesses très privé. Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d'une nurse à la silhouette monstrueuse... Mœurs inavouables, violence, écrasant secret... Ce nouvel univers est pourtant familier à Grey. Le but de son voyage ? Retrouver un mystérieux film à l'existence contestée datant de l'invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait l'aider. Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions..."

J'ai lu ce livre il y bientôt 3 ans et il reste marqué dans ma mémoire par sa violence psychologique, un mélange de répulsion et de fascination.

Une mystère opaque émane des personnages, tous complexes. La frontière avec la folie est floue. Jason, qui offre un toit à Grey, l'embarque par la même occasion dans l'univers glauque, celui de la mafia japonaise, où plane l'ombre de la Nurse, dite encore "le monstre Saitama".

Grey est anglaise, et elle débarque à Tokyo pour rencontrer le professeur chinois Shi Chongming, qui a vécu un épisode tragique de l'histoire sino-japonaise et détient une vidéo de cet événement.

En effet, plus qu'un bon thriller, c'est l'occasion pour Mo Hayder nous offrir là une page secrète de l'Histoire du Japon, longtemps taboue : l'invasion et le massacre par les Japonais de la ville chinoise de Nankin en 1937 "où l'armée nipponne céda à une frénésie collective  de viols, de tortures et d'humiliations qui dura un mois". "Honda, journaliste japonais, travaille depuis 1971 à faire éclater la vérité aux Yeux de ses compatriotes incrédules. (...) son recueil de témoignages paru en 1999, The Nanjing Massacre, comporte plusieurs récits de témoins évoquant "une montagne de cadavres", quelque part dans la région de la montagne du Tigre"

Deux voix se croisent tout au long du récit, celle de la romancière qui nous raconte l'aventure de Grey et celle du témoignage du vieux professeur chinois, qui raconte l'Histoire, taboue. L'horreur de la réalité finit par dépasser celle de la fiction.

Un roman qui n'est pas très "reposant", mais que l'on ne lâche pas une fois entâmé. C'est le seul livre que j'ai lu pour l'instant de Mo Hayder. J'hésite à me replonger dans autant de noirceur. Même si je ne regrette pas du tout cette lecture. Avis aux courageux :)

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09 janvier 2010

Ni d'Eve ni d'Adam

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4e de couverture: « Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Ève ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier. »

Je suis une fan d'Amélie Nothomb, (même si ses 2 derniers romans m'ont vraiment déçue).

Elle raconte ici un épisode de sa vie au Japon en 1989-1990. Une idylle amoureuse alors qu'elle avait décidé d'apprendre le japonais, d'une manière pour le moins singulière : "Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français." C'est ainsi qu'elle rencontre Rinri qui étudie le français à l'université de Tokyo. Une idylle toute aussi singulière s'ensuit.

"Les pires accidents de la vie sont langagiers. Un soir de semaine, après minuit, tandis que le sommeil m'e.mportait par le fond, Rinri me demanda en mariage pour la deux cent quarantième fois. Trop fatiguée pour être évasve, je répondis non et m'endormis aussitôt
Au matin, près de mon écritoire, je découvris un mot du garçon : "Merci je suis très heureux.""

J'ai pas mal ri en lisant. L'humour d'Amélie Nothomb n'est jamais moqueur. Le ridicule des situations dépasse souvent les deux amis (loin d'ici est le cliché des amoureux transis)... Un roman autobiographique sur la différence culturelle et la découverte de cette différence. C'est, à mon avis, le principal intérêt de ce récit divertissant.

Je l'ai lu à sa sortie en 2007 et je compte bien le relire avant mon départ.

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26 décembre 2009

La trace

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4e de couverture : "Autrefois aventurier aux boucles blondes, il est devenu PDG d'une entreprise prestigieuse, au Japon. L'homme qu'il est aujourd'hui, avec sa réussite sociale, son quotidien sans à-coups, sa femme si douce, a trahi l'adolescent qu'il était ; cette trahison intime lui est révélée par une lettre."

Le Japon vu par un Français : cela ne pouvait que m'attirer !

Mais Richard Colasse n'est autre que le PDG de Chanel au Japon ! A priori, s'il l'on ne m'avait pas recommandé ce livre, je ne l'aurais sans doute pas lu, sachant qui était l'écrivain : un business man (pour moi c'est quelqu'un aux antipodes de l'écrivain).

Pourtant je n'ai pas été déçue. Le beau roman initiatique d'un jeune-homme parti au pays du Soleil Levant un peu par hasard (il devait initialement partir au Brésil!) et qui se prend de passion pour ce pays, si différent du nôtre. Le narrateur décode ce pays avec une facilité assez déconcertante. On en comprend la raison dans les 100 dernières pages.

Et surtout une très belle histoire d'amour... à la japonaise (attention aux âmes sensibles, la fin n'est pas très gaie, mais c'est une fin "ouverte") ! Un roman en partie autobiographique, d'après ce que j'ai compris.

Je ne peux donc que recommander ce livre, notamment à ceux qui ont l'intention de rendre visite aux Japonais. On y apprend une foule de choses, à faire et à ne pas faire :ne pas planter ses baguettes dans le riz, ne pas se servir de l'eau soi-même, se déchausser pour entrer dans les maisons et les temples, et une chose encore plus étonnante : si un Japonais vous fait, de ses mains le signe qui signifie pour nous de partir, de s'éloigner, cela signifie qu'il vous demande de vous approcher, de venir! Essentiel !

Richard Collasse a d'abord publié son roman au Japon et en japonais ! Il a fait sensation là-bas, avant d'arriver chez nous en 2007. Depuis il a écrit un autre roman Saya, qui d'après les critiques que j'ai pu lire, est encore mieux que celu-ci. Bigre !

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