16 mars 2013

La disparition d'April Latimer/ Elegy for April

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4e de couverture : "Rebelle, indépendante, un goût pour les hommes peu conventionnel... Dans la société dublinoise conservatrice, patriarcale et ultracatholique des années 1950, April Latimer, jeune interne en médecine, laisse dans son sillage comme un parfum de scandale. Rebelle, indépendante, avec un goût pour les hommes décidément peu conventionnel… Quand Phoebe Griffin, sa meilleure amie, découvre qu’elle a disparu, elle redoute le pire. Etrangement, de leur petite bande d'amis hétéroclite, Phoebe semble la seule à s'inquiéter ainsi - la seule ) qui on a caché certaines choses ?... Malgré leurs relations compliquées, c'est vers son père, le brillant mais imprévisible Quirke qu'elle se tourne pour retrouver la trace d'April. Et c'est ainsi que Quirke se voit impliqué bien plus qu'il ne l'aurait voulu dans une enquête aussi trouble que troublante, au coeur d'un entrelacs de liaisons dangereuses d'où émerge peu à peu une effroyable vérité."

Voici le troisième volume des aventures du Dr Quirke, médecin légiste de son état, dans l'Irlande des années 50(après Les disparus de Dublin et La double vie de Laura Swan). Un adorable personnage de la trempe des Erlendur. D'ailleurs, les deux personnages se confondent parfois dans mon esprit parce que je trouve qu'il se ressemble. Mis à part que Dr Quirke est porté sur la bouteille. Mais, on peut le comprendre, avec son histoire familliale un zeste compliquée et combien douloureuse. Ici Dr Quirke sort d'ailleurs de l'asile qui soigne les alcooliques. Parce qu'il avait trop souffert à la fin de La double vie de Laura Swan, où Phoebe avec fait des siennes...

Ici, Phoebe s'inquiète pour April, une amie interne à l'hopital de Dublin qui ne donne pas signe de vie depuis plusieurs jours. April est une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux dans la société irlandaise sclérosée des années 50. Cependant, comme toujours chez Benjamin Black alias John Banville, l'intrigue du roman noir n'est qu'un prétexte pour décrir la société de son pays (ici les années 50).

C'est un jeune homme noir, qui fait partie du cercle d'amis de Phoebe qui attire l'attention (aussi bien du lecteur que des autres personnages). Les clichés vont bon train... si vous voyez ce que je veux dire ! Le jeune homme intrigue, c'est clair. Autant qu'April d'ailleurs. A tel point qu'on leur prête une liaison non moins sulfureuse. April, quant à elle, est "abandonnée" par sa famille, celle de la haute bourgeoise catholique irlandaise parce qu'elle est trop "libre", qu'elle ne veut pas rentrer dans le moule étriqué réservée aux jeunes femmes à cette époque. Elle les encombre un peu ! Alors, quand l'inspecteur de police, ami de Quirke depuis toujours, découvre du sang sous le lit d'April et pas n'importe quelle sorte de sang, laissez-moi vous dire que l'imagination se déchaîne et le coupable désigné circule sous le manteau...

La fin n'en est pas moins édifiante ! John Banville joue avec les clichés pour mieux les renverser (évidemment ! - sinon il ne serait pas cet écrivain génial). Du portrait d'une jeune fille libre, il met en miroir une société quelque peu désaxée mentalement, frustrée, où les cinglés, les sauvages, les fous furieux ne sont évidemment pas ceux que désignent des gens se croyant bien-pensants. Banville joue de sa plume grinçante, de manière habile cependant. Il intrigue avec cette fin qui n'en est pas vraiment une... La seule envie que l'on a en refermant le roman, c'est de connaître la suite. Je suis addict depuis plusieurs années et apparemment, ce n'est pas prêt de s'arrêter !!

Seul bémol (encore une fois) : la traduction du titre dans la version en française : un saccage !

Pour ceux que ça intéresse, les deux volumes précédents des aventures de Dr Quirke existent maintenant en version poche :

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08 août 2011

La double vie de Laura Swan

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4e de couverture :"" Quirke l'imagina, aplatie sur les rochers mouillés, mie longue mèche rousse enroulée autour du cou, telle une épaisse corde d'algues brillantes. Qu'est-ce qui avait donc pu pousser cette belle et saine jeune femme à se jeter des falaises de Sandycove dans les eaux noires de la baie de Dublin, au beau milieu d'une nuit d'été, sans aucun témoin à part les étoiles scintillantes et la silhouette sinistre de la tour Martello au-dessus d'elle ? ".
Bien que l'autopsie lui prouve le contraire (la jeune femme n'est pas morte noyée, mais d'une overdose d'héroïne), Quirke va laisser classer cette affaire comme un suicide. Et pourtant... Vieux loup de plus en plus solitaire, il ne peut s'empêcher de fureter dans le passé de la victime et découvre que celle-ci avait non seulement une double identité mais une double vie, peuplée de personnages aussi troubles que les circonstances de sa mort. Lorsqu'il apparaît que Phoebe, sa propre fille, est à son tour impliquée, Quirke se retrouve pris dans un piège qui, une fois de plus, fera ressurgir les démons du passé..."

J'avais découvert l'an dernier Les disparus de Dublin qui m'avait absolument enchanté. Il me fallait donc absolument lire ce deuxième tome des aventures du médecin légiste Quirke, publié en France au printemps dernier. Il faut avoir lu le premier pour mieux comprendre le deuxième car certaines allusions y font référence assez souvent. Cela dit, l'intrigue est totalement indépendante.

Deux années ont passé depuis Les disparus de Dublin. Phoebe a maintenant 23 ans et elle ne pardonne pas à Quirke ce qu'il lui a caché pendant si longtemps. Et elle s'agace particulièrement lorsque celui-ci s'intéresse à sa vie privée. Or Dublin est une petite ville en ces années 50. Les gens s'y croisent facilement. D'autant plus lorsqu'on est coquette et que l'on fréquente parfois un institut de beauté dont la propriétaire a été retrouvée noyée... Et tel père, telle fille, ou telle fille tel père ! Le mari de la victime n'est autre qu'un ancien camarade de classe de Quirke. Il vient le lui demander de ne pas autopsier sa pauvre défunte épouse. Ainsi, père et fille vont s'embarquer, chacun à leur façon et chacun de leur côté, sur une délicate affaire qui les mènera plus loin qu'ils ne l'imaginaient.

Par un subtil aller-retour présent-passé, l'écrivain dévoile peu à peu la vie que menait la victime, une jeune femme en apparence bien tranquille : Deirde Hunt. Mariée à Billy pour s'échapper du sinistre quartier des Flats de Dublin et à un père un brin incestueux, elle ne voit pas de piège lorsque l'étrange Leslie White lui propose de s'associer à elle pour monter un institut de beauté : The Silver Swan (titre original du livre, d'ailleurs). Pensez donc, un univers de beauté, quand on vient des Flats, ça ne se refuse pas si facilement ! Seulement Leslie n'est peut-être pas aussi white qu'il le dit et il va lui faire faire de ces choses... oh ! my godness !

Les fils narratifs des différentes intriguent se lient peu à peu, dans une évidence implacable. Le lecteur devine le noeud de l'histoire mais dans une sorte de déni, ne veut pas y croire... Et pourtant !

C'est avec beaucoup d'humour caustique, d'ironie ravageuse que John Banville promène ses personnages dans ce roman noir aussi sombre que la Guinness, tout en jouant à merveille avec une thématique bien classique que je ne peux pas révéler sous peine d'en dire trop. Il manipule à merveille le lecteur et ce pauvre Quirke au grand coeur. L'inspecteur Hackett pensait également qu'il avait "une vision moins rose des êtres humains et de leurs actions". Nous aussi et on s'est laissé berner !

Un roman noir sans doute moins fouillé d'un point de vue historique que le premier volume mais John Banville/Benjamin Black reste un conteur hors pair qui nous fait avaler ce pavé de 403 pages d'une traite sans pouvoir le lâcher avant de connaître le fin mot de l'histoire. Ses personnages sont si attachants, en plus, qu'on en redemande ! Vivement la suite des aventures de Quirke ! Je l'adore ce gros nounours solitaire qui sait si bien nous promener dans Dublin !

Pour information, Les disparus de Dublin sont maintenant disponible en édition de poche chez 10/18.

08 février 2011

Rentrée littéraire irlandaise

Il pleut des livres d'écrivains irlandais sur la France en ce moment, et pas n'importe qui : mes chouchoux, mes préférés, ceux que j'admire et qui m'ont toujours fait passé de bons moments :

Nuala O'Faolain, que j'adore, disparue prématurément en mai 2008 (dont j'ai dévoré tous les récits, autobiographies et romans), était à l'origine aussi une grande journaliste, très populaire en Irlande. Son éditeur français, à l'instar de l'éditeur irlandais, a eu la bonne idée de rassembler ses écrits journalistiques :

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4e de couverture : "Nuala O’Faolain, avant de devenir l’écrivain qu’on connaît, a d’abord été une grande journaliste. Et c’est grâce à son métier de journaliste qu’elle a été amenée à écrire son premier livre, On s’est déjà vu quelque part ?, paru en France en 2002 : un éditeur irlandais avait eu l’idée de lui demander de rassembler ses chroniques, parues dans le Irish Times. Nuala avait accepté, à la condition de pouvoir écrire en préface un récit autobiographique. Les chroniques ont bien paru, à Dublin en 1996, avec ladite préface, en fait un essai de plus de trois cents pages. Très vite réédité sans les chroniques, le récit, sous-titré Les Mémoires accidentels d’une femme de Dublin, a remporté en Irlande puis aux États-Unis un succès phénoménal. Alors que le public irlandais garde vive la mémoire des chroniques, des articles et des émissions de Nuala O’Faolain, féministe de la première heure, spectatrice attentive et fine analyste du monde qui l’entourait, les lecteurs français ne connaissent « que » ses romans et ses mémoires. Ses écrits journalistiques n’avaient pas encore été traduits. Dans la sélection publiée aujourd’hui, englobant plus de vingt années de carrière, de 1986 à 2008, se retrouvent tout entiers la sensibilité, la faculté d’empathie et le talent d’observation de la grande dame irlandaise disparue. Traitant des sujets les plus divers, des plus politiques comme le processus de paix en Irlande aux plus futiles, comme les travaux ménagers, en passant par U2, Sinatra, le matérialisme ou la condition féminine, Nuala O’Faolain ne baisse jamais la garde : elle ne cesse de dénoncer, avec la précision teintée d’ironie qui lui était propre, les mécanismes intimes du pouvoir et de l’impuissance. Ceux qui ont lu ses romans auront l’émouvant sentiment de la retrouver telle qu’en elle-même dans sa lucidité et sa tendresse pour le monde. Ils découvriront l’étendue des centres d’intérêt et la richesse de la palette narrative de celle qui fut aussi un grand témoin et une grande conscience de son époque."

Puis, le 10 février prochain, paraît le 2e volume des aventures de Quirke, personnage imaginé par John Banville qui écrit ici sous le pseudonyme de Benjamin Black : Le cygne d'argent, la double vie de Laura Swan. J'avais littéralement dévoré le tome 1, Les Disparus de Dublin.

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4e de couverture : "Depuis sa précédente enquête (Les Disparus de Dublin), Quirke a perdu Sarah, l'amour de sa vie, son père est mourant, il est quasiment brouillé avec Phoebe, sa fille unique. Et il a arrêté de boire. Pour le reste, il est toujours aussi maladroit et bourru, coincé dans son énorme carcasse de grand dur au coeur (presque) tendre. Et cette fois encore, les ennuis vont lui tomber dessus sans qu'il les ait cherchés. Alors qu'il travaille dans son antre, à la morgue du Holy Family Hospital, Billy Hunt, un vieux copain de fac (pas si copain que ça, en réalité), le contacte, éploré : Deirdre, sa femme, s'est jetée du haut d'une falaise dans la baie de Dublin. Et Hunt supplie Quirke de ne pas pratiquer d'autopsie : imaginer sa ravissante épouse découpée en morceaux lui fend le coeur. Evidemment, Quirke est obligé de pratiquer cette autopsie, durant laquelle il découvre que la jeune femme n'est pas du tout morte noyée (elle n'a pas d'eau dans les poumons), mais d'une overdose de morphine... Pourtant, le légiste va laisser classer l'affaire comme un suicide. En restera-t-il là pour autant ? Bien sûr que non. D'abord parce que, commençant à fureter dans le passé de la victime, Quirke découvre qu'elle avait une double vie, une double identité, entourée de personnages aussi troubles que les circonstances de sa mort. Ensuite parce que Phoebe en vient à être impliquée dans l'affaire. Impliquée et probablement en danger...L'enquête de Quirke alterne avec le récit du passé de Deirdre et plonge le lecteur dans un Dublin des années 1950 envoûtant, l'entraînant dans une intrigue digne des meilleurs films noirs américains. Et puis il y a les liens, sombres et complexes, entre les personnages, leurs conflits irrésolus, leurs zones d'ombre, leurs désirs refoulés... Et là, Banville/Black s'impose comme un véritable maître du polar d'atmosphère."

Le même John Banville publie le même jour :

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4e de couverture : "Adam Godley, un brillant mathématicien, spécialiste de l’infinité des infinis, et de la possibilité d’univers parallèles, repose dans sa chambre, au seuil de la mort, plongé dans le coma. Autour de lui, dans une maison à l’atmosphère oppressante, le veillent sa deuxième épouse, alcoolique, sa fille, une adolescente fragile et perturbée, son fils, accompagné de sa femme, Helen, une comédienne à la beauté troublante. En un jour, en un lieu, ce monde mortel et imparfait va recevoir la visite invisible des dieux de l’Olympe, des dieux à l’esprit facétieux, qui vont se plaire à prendre la place des humains pour satisfaire leurs désirs illicites. Zeus, follement épris d’Helen, se fera passer le temps d’une nuit pour son mari afin de jouir de ses charmes. Puis en prenant l’apparence de Rody, le fiancé de la fille d’Adam, il poursuivra son oeuvre de séduction. Hermès, le fils de Zeus, est le narrateur espiègle de cette tragicomédie ensorcelante, qui évoque le Songe d’une nuit d’été, en illustrant la folie de l’amour et des actes qu’il peut nous pousser à commettre. Hermès se déguisera lui-même en fermier pour conquérir l’une des servantes, sans se soucier des conséquences. Ainsi la présence des dieux va bientôt faire exploser les tensions jusque-là silencieuses, exaspérer les drames, tandis qu’Adam, toujours mourant, revit dans son esprit le souvenir de ses années passées. En s’inspirant de l’Amphitryon de Kleist, Banville mêle les genres avec virtuosité, dans une langue iridescente et poétique. Le texte oscille constamment entre gravité et ironie. Le réel et le merveilleux se répondent, donnent une profondeur envoûtante au récit. En mêlant des questions métaphysiques et humaines, Banville ne cesse d’interroger le sens de notre existence, son mystère et sa beauté."

En mars, ce sera aussi le tour de Hugo Hamilton (l'auteur de Sang impur, Le Marin de Dublin, Déjanté, Triste flic...) :

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4e de couverture : "Vid Cosic est un jeune Serbe de Belgrade, charpentier de métier, venu chercher un travail à Dublin. Dès son arrivée en Irlande il noue une amitié, très alcoolisée, avec un avocat, Kevin Concannon, à qui tout semble réussir, mais qui est résolu à taire le chaos familial dans lequel s’est déroulée son enfance. Immigré doué pour l’espoir, un peu naïf, Vid Cosic croît en l’avenir de l’espèce humaine et ne songe qu’à faire le bien autour de lui. Cette amitié représente pour lui une chance d’appartenir à un nouveau peuple, mais elle sera la source de mille catastrophes, bagarre avec un électricien raciste, incendie de l’entrepôt où Vid travaille, colère plus qu’agressive de Kevin quand il apprend que Vid tente de le rapprocher de son père, un violent notoire. Décidément la bonté et l’altruisme, quand c’est Vid qui les pratique, n’ont pour écho que haine et vengeance".

Je me dis qu'avec un peu de chance, il y aura bientôt un nouveau livre de Joseph O'Connor, Sebastian Barry ou Roddy Doyle... Mais là déjà, c'est intenable, je veux les lire tous !

Les disparus de Dublin est paru au format poche.

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Edit du 9 février :

J'allais oublier d'ajouter un livre qui m'a tout l'air d'être majeur d'après ce qu'en disent les critiques Celui de Colm Toibin (jamais lu jusqu'à présent mais j'ai ce livre dans ma PAL ):

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4e de couverture : "Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 50. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa soeur Rose obtient pour elle un emploi aux Etats-Unis. En poussant sa jeune soeur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s’occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l’idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l’Irlande. A Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires. Au début, le mal du pays la submerge, la laissant triste et solitaire. Puis, peu à peu, elle s’attache à la nouveauté de son existence. A son travail de vendeuse dans un grand magasin où les premières clientes noires font une apparition timide qui scandalise les âmes bien-pensantes, sauf Eilis, qui, dans sa petite ville d’origine, n’a jamais connu le racisme. Au bal du vendredi à la paroisse du quartier. Aux cours du soir grâce auxquels elle se perfectionne en comptabilité. Dans ce rythme entre monotonie rassurante et nouveautés excitantes, Eilis trouve une sorte de liberté assez proche du bonheur. Et quand Tony, un Italien tendre, sérieux et très amoureux, entre dans sa vie, elle est convaincue que son avenir est tout tracé : elle deviendra américaine. Mais un drame familial l’oblige à retraverser l’Atlantique pour un séjour de quelques semaines en Irlande. Au pays, Eilis est devenue une femme à la mode, désirable, parée du charme des exilées. Brooklyn, Tony, la vie américaine se voilent de l’irréalité des rêves. Un nouvel avenir l’attend dans la bourgade de son enfance : un homme prêt à l’épouser, un travail. Deux pays, deux emplois, deux amours. Les possibilités inconciliables déferlent sur Eilis, lui infligeant cette petite mort que suppose l’impératif des choix. "

Posté par maevedefrance à 17:53 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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11 juillet 2010

Les disparus de Dublin

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4e de couverture : "C'est là, dans son repaire, un soir d'ivresse, que le cadavre d'une inconnue déclarée morte dans de troublantes circonstances va obliger Quirke à sortir de l'ombre - à se lancer dans une enquête que tous cherchent à lui faire abandonner. Car cette enquête, qui met en cause l'Eglise toute-puissante des années 1950, menace de dynamiter la haute société catholique, de Dublin à Boston. Et de gangrener l'âme de sa propre famille, en réveillant ses blessures les plus enfouies.
Il est médecin légiste, veuf, misanthrope, souvent soûl - bref, pas très catholique. Avec Quirke, John Banville a créé un héros que vous allez adorer.
Derrière le nom de Benjamin Black, se cache le grand romancier irlandais John Banville, Booker Prize 2005 pour
La Mer"

Whaou ! Une fois le livre refermé, on reste sonné par ce roman noir ! Un vrai brûlot pas très catholique, en effet au regard du sujet auquel il s'attaque.  Bien davantage qu'un simple roman policier, Benjamin Black, pseudonyme volontaire de John Banville (dont il ne s'est jamais caché) écrit un livre bien ficelé qui démonte l'Eglise toute puissante des années 50 en Irlande et la haute société irlando-américaine. Un roman d'amours tragiques, sur fond de trafic de bébés,  de meurtres, d'histoires de "famille" bien alambiquées à l'irlandaise .

Quirke est un héros attachant. Il n'est pas policier mais médecin légiste.  C'est l'anti-héros par excellent. Un picoleur au grand coeur, mais un coeur blessé et pas trop fier de son passé. Un Irlandais orphelin de surcroît, comme beaucoup de gosses de sa génération. Il a épousé Délia au lieu d'épouser Sarah, la femme qui s'est finalement donné à Malachy, son faux frère, médecin des vivants, alors que lui est le médecin des morts... Pourtant il va faire ressurigir le passé pas très glorieux d'une certaine Irlande des années 50...

1224259218921_1Au fil des pages, le lecteur croise des personnages abîmés par la vie,  les femmes du peuple en particulier : cette pauvre Claire Stafford, infertile et malheureuse mère adoptive de la petite Christine au triste sort, la pauvre Moran qui finira mal également, cet abruti d'Andy Stafford qui ne sait pas consoler bébé Christine qui pleure... Et c'est justement par ce mystérieux bébé qu'est hanté tout le livre. Quirke et le lecteur sont entrainés par une spirale infernale et irrémédiable. La condition féminine en Irlande, le rôle de l'Eglise et de la haute société catholique  sont étalés au grand jour et ce n'est pas joli à voir. De plus, même la justice est pourrie... alors où va-t-on ? C'est la question que l'on se pose en refermant le roman alors que Quirke remet à l'inspecteur Hackett le journal secret tenu par la Moran, témoin gênant pour la haute société : "Ca va produire beaucoup de poussière si on abat les piliers de cette société. Beaucoup de poussière, de briques et de gravats. Il serait sage de se tenir à distance." déclare le policier. Ca promet...

Heureusement qu'il y a Phoebe, la pseudo-nièce de Quirke (oui, parce que rien n'est simple) : elle représente la jeunesse, l'avenir et la modernité. Une jeune femme de 20 ans qui pose un regard dur sur la génération de ses parents (qui l'ont empêché d'épouser son protestant d'amoureux alors qu'eux ont fait des choses pas franchement "clean").

Ce roman, paru en France fin 2009 mais écrit en 2006 attend une suite en cours de traduction, que personnellement j'attends avec impatience (encore un série à lire !). Merci à John Banville d'avoir eu l'idée de cette excellente série qui ne mâche pas ses mots (un style brut et sans détour pourtant élégant) et ne lâche pas le lecteur. Je le remercie également pour les quelques mots que nous avons échangés, un grand écrivain d'une simplicité et d'une modestie étonnantes.

Il s'est documenté auprès de Paul Williams, journaliste irlandais un expert du milieu, qui l'a conseillé.

Mon seul reproche concerne la traduction du titre (une fois de plus !). Le titre VO est Christine Falls et il a tout son sens.
Mais John Banville n'y est pour rien, c'est l'éditeur qui choisi les titres traduits.