26 avril 2010

Le temps suspendu

41Iwc3sds5L__SL500_AA300_

4e de couverture : " Attendre n'est pas mon fort. Attendre sans savoir a été la plus grande incapacité de ma vie ", déclare l'héroïne de ce roman. Et pourtant. Enseignante en formation continue, Maria se dépense sans compter pour ses classes de camionneurs et de femmes de ménage en quête d'une seconde chance. Enceinte à quarante-deux ans, elle accouche d'une grande prématurée. Commence alors la traversée d'un temps suspendu: pendant deux mois, derrière le hublot de la couveuse, Maria observe Irene sans comprendre si son bébé est en train de mourir ou de naître. Autour d'elles, un monde insolite, les banquettes de la salle d'attente et le langage crypté des machines de réanimation, les infirmières, les autres mères; et un médecin plus humain ou juste plus jeune. Un peu plus loin, le centre d'enseignement pour adultes, où immigrés et autres laissés-pour-compte du système scolaire essaient tant bien que mal de jouer les bons élèves. Enfin, en toile de fond, Naples, impitoyable mais captivante, est pour Maria tantôt la meilleure des compagnies, tantôt le pire obstacle. Dans un style rapide et allusif, Valeria Parrella invente une voix pour l'espoir et la hargne d'une femme devenue mère en sursis."

Maria, 42 ans, professeur de français dans un centre de formation continue napolitain, accouche d'une petite fille prématurée, née à 6 mois de grossesse.
Un sujet délicat qui ne peut que toucher chaque femme mais aussi les anciens bébés que nous sommes, prématurés ou non! Valeria Parrella aborde ce thème du nourrisson prématuré avec beaucoup de délicatesse et de retenue, sans tomber dans le pathos. Tout est dit pourtant à travers ce "temps suspendu" à l'avenir de la petite Irène et la souffrance de "ne pas savoir"! Tout le roman repose sur le "savoir", avec un jeu d'écho subtil entre le métier de Maria qui enseigne l'italien à des adultes laissés pour compte, parfois des immigrés, et son aventure personnelle de mère en devenir -ou pas. J'ai beaucoup aimé le clin d'oeil dans l'épilogue quand elle dit à son élève qui passe son examen : "Tu mets des points de suspension et moi, je vais boire mon café" !

Il est certain que ce roman ne peut pas laisser indifférent !

J'en ai beaucoup apprécié les petits moments d'humour (avec l'histoire des joints cachés sous les draps d'un landeau, par exemple) et de voir défiler la vie napolitaine, malgré ce temps suspendu à une petite fille et l'espoir qui est toujours présent dans ce livre, c'est ce qui fait son charme. Et le lecteur en est bien récompensé !

Cela faisait une éternité que je n'avais pas lu de littérature italienne, tellement longtemps que je ne me rappelle plus de quand date ma dernière expérience littéraire ! Il était donc temps que je renoue avec ce pays, d'autant plus que j'en ai quelques gènes qui se baladent en moi. Ce livre m' encourage à poursuivre l'aventure !

Ce roman a fait l'objet d'un film du même nom, sélectionnée par la Mostra de Venise en 2009.

Je remercie Suzanne de chez_les_filles et les Editions du Seuil pour l'envoi de ce livre.

Voir aussi l'avis d'Aifelle qui a aimé et celui de Cryssilda qui n'a pas aimé.