07 septembre 2013

Terminus Elicius

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4e de couverture : "Toujours le même trajet. Istres-Marseille. Marseille-Istres. Sa mère, son travail. La vie de Jeanne est en transit. Elle la contemple en passager. Une lettre suffira à faire dérailler ce train-train morose :"Vous êtes si belle Jeanne." Glissée entre deux banquettes, elle l'attendait."

C'est parce que j'entends parler depuis un moment de Karine Giebel et de ses polars que j'ai décidé d'aller à sa rencontre à travers les mots. Parce que je dois dire qu'a priori je ne suis pas fana des polars made in France. La faute à Granger qui tortille mal la fin de ses bouquins à mon goût et que j'ai abandonné depuis quelques années.

La quatrième de couverture (que j'ai volontairement tronqué parce qu'elle en dit trop) me laissait craindre un truc un peu bateau. Mais bon, ayant aussi l'habitude des quatrièmre de couv et encore l'écho dans les oreilles des questions-réponses de l'interview de Karine Giebel sur France Info, je me suis dit que ça ne pouvait pas être aussi bateau que ça...

Autant vous dire que Jeanne, la presque-trentaine, secrétaire dans la Police, est une héroïne qui vous porte sur les nerfs. On n'arrête pas, au début, de se demander si plus cul-cul-la-praline ça se fait. C'est une femme tout ce qu'il y a de peu sûre d'elle. D'après ce qu'en dit son supérieur hiérachique, c'est en plus une belle femme. Mais Jeanne passe son temps à valse-hésiter, à faire le contraire de ce qu'elle voudrait faire, à monologuer dans sa tête. Les deux petites voix dans sa tête attirent rapidement l'attention du lecteur d'ailleurs. On se dit qu'elle a un problème, un grave problème, d'ordre psychiatrique. Et puis son comportement physique est parfois très étrange et effrayant. Alors quand un tueur qui met Marseille en émoi, se mêt à la harceler par lettres d'amour interposées  sur son trajet ferroviaire quotidien entre Istres et Marseille, on se dit que ça va réduire en miettes cette femme fragile. Parce que Jeanne est tout sauf bête. Elle a tout à fait conscience du danger mais elle a un problème, comme je le disais...

Karine Giebel s'attache à décrire le cheminement mental de son héroïne avec minutie, comment se met en place sa stratégie pour faire face à ce qui lui arrive. Mais comment Jeanne prend le mauvais chemin, jusqu'à la volte-face finale qui remet tout en question. L'inspecteur Esposito s'aperçoit qu'il a dans ses rangs quelqu'un de spécial, au comportement discret comme si elle voulait disparaître du décor. Mais en fait, il la remarque surtout pour son physique. Il découvre son passé...

En face d'elle Jeanne a tout simplement un psychopathe. Un fou qu souffle le chaud et le froid. Mais qui ne l'a pas toujours été dans cet état.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est que Karine Giebel montre comment un événement, dans le passé de ces deux personnages, a tout fait basculer. Comment des êtres fragiles basculent dans la folie. Et comment tout n'est pas aussi simple que ce que ça en a l'air au premier abord.

Le suspense vous tord les boyaux, j'ai rarement vraiment la trouille en lisant des thrillers, mais là, j'avoue que c'est vraiment oppressant et que j'ai stressé pendant la lecture !

En tout cas, un coup de coeur de mes lectures estivales !