26 juillet 2015

Comme son ombre

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A travers les mots de Matthieu Farcot

Charlie Flint est psychiatre et enseignante à l'université d'Oxford. Du moins était. Une sombre affaire de meurtre, une erreur de jugement de sa part, lui a valu sa carrière. Un jour elle reçoit dans une enveloppe des coupures de presse relatant l'assassinat de Philip Carling le jour de son mariage avec Magda. Celle-ci est la fille de la responsable adjointe du département de philosophie, Corinna Newsman, elle-même ancienne tutrice de Charlie au collège St Skolastika de l'université d'Oxford quand elle était étudiante. Charlie a toujours eu de l'admiration pour cette femme de bien des points de vue... Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et Charlie est en couple avec Maria. Seulement voilà, elle en pince pour une certaine Lisa Kent. Universitaire elle aussi dans le "psy". Quand elle reçoit la mystérieuse enveloppe, avec son imagination débordante, Charlie pense que c'est Lisa qui lui a envoyée. Et c'est le début d'une histoire qui va lui réserver bien des surprises, la renvoyer des années en arrière, le jour du décès d'une étudiante à Oxford. Tout ce remue-ménage intérieur va l'obliger à revisser sa casquette de profileur pour la police, à titre officieux. Elle va rencontrer une certaine Jay Stewart, qui a fait fortune via l'économie numérique en éditant des guides de voyage 2.0. Jay a également profité de la mode littéraire britannique des "mémoires d'infortune" pour raconter sa vie au grand public. L'occasion d'un succès retentissant. Mais comme tout est compliqué, Jay est aussi en couple avec Magda.
Une enquête qui va mener Charlie au bout d'elle-même.

Quand on s'engage à lire un Val McDermid, si on connaît un peu, on sait que ce n'est pas du polar bâclé et vite écrit. Sérieusement, je ne sais pas combien de temps elle a mis pour écrire ce pavé de plus de 500 pages en édition de poche, mais il fait fumer vos neurones ! Il y a beaucoup de personnages dès le début et tous demandent toute votre attention pour ne pas vous noyer. Mais on s'y fait et on parvient à prendre ses repères et à se mettre dans les rails du récit. Ou plutôt des récits. Parce qu'on lit les aventures de Charlie qui se déroulent sur une semaine, où pendant ce temps, Jay écrit la suite de ses mémoires d'infortune pendant que Charlie elle-même dévore, captivée, le premier volume mémoires de Jay. Le problème c'est qu'elle soupçonne cette femme d'être l'assassin de Philip Carling. C'est du moins ce dont est absolument convaincue Corinna, que Magda accuse d'homophobie.

Je dois avouer que ce polar m'a surprise. Je ne m'attendais pas du tout à cet univers lesbien et à la dimension "romance" qu'il comporte, sur fond de meurtres. Toutes les femmes de ce roman sont homosexuelles (sauf Corinna). C'est qui est étonnant, c'est que la quatrième de couverture du bouquin n'y fait absolument pas référence. Pourtant, ça pèse sur toute l'histoire. Pourquoi le mari de Magda a-t-il été assassiné ? Pourquoi Magda est en couple avec Jay alors qu'elle avait épousé Philip ? Charlie se débat avec ses sentiments : quitter Maria pour Lisa ou pas. Lisa joue avec les sentiments de Charlie en s'affichant avec Kathie. Corinna dit qu'elle n'est pas homophobe mais ça ne l'empêche pas de tout faire pour essayer de séparer Jay et Magda, quitte à persuader Charlie que Jay est une serial killeur : pourquoi un certain nombre de jeunes femmes ont-elles trouvé la mort en présence de Jay ?

Le thriller psychologique en lui-même est fascinant et machiavéliquement construit. Si au début tout a l'air clair, au fil des pages, on se met à douter de la noirceur des uns et de la blancheur des autres. Et puis il y a du gris. Val McDermid est de ce point de vue un redoutable écrivain qui arrive à vous retourner la tête sans que ce soit abracadabrant. Elle va même au-delà de vos surprises. Pas de sang en direct (deux coups de bombe lacrymogène), juste des faits rapportés et quand même un cadavre dans un placard (enfin, pas tout à fait un placard, mais je ne peux pas en dire plus sous peine de spoiler). Un polar de manipulations en cascade. Val McDermid interroge à la perfection la notion de culpabilité et les conséquences de nos actes sur autrui. Elle pointe aussi du doigt l'homophobie d'une certaine intelligentia qui s'en défend et des ravages dans les esprits de la religion et autres sectes à cet égard.

Contre toute attente, on se fait même une escapade sur l'île de Skye, comme pour s'aérer les neurones du milieu universitaire psychotique oxfordien. Un petit road trip le temps d'un week-end, avec Charlie et Maria, pour voir à quoi ressemble le kiff des alpinistes britanniques : la chaîne des Back Cuillin et son Sgurr Deag avec son "Pic In" (Pic Inaccessible). C'est là que j'ai retrouvé mes copains les midges remarquablement transformés en "moucherons" (sourire). J'ai tout un nuage qui me suit depuis Peter May (et même depuis Sans laisser de traces, le dernier Val McDermid que j'ai lu, où ils sont gentiment restés  midges avec une note en bas de page). Ca mérite presque une thèse du genre : "De la représentation du midge dans les romans écossais traduits en français". En vrai, ça occupe même pas la moitié d'une ligne dans le roman mais compte tenu de ma lecture précédente, ça m'a fait sourire.
Une escapade très réussie, avec Charlie qui lit le roman de Jay, en particulier le passage où celle-ci évoque l'accident de montagne qu'elle a eu avec une de ses collaboratrices. En tout cas, sachez que "quand on aime grimper sur la neige et la glace, il n'y a rien de tel au Royaume-Uni que la chaîne des Cuillin en hiver. Rien. C'est le plus grand défi hivernal pour les alpinistes britanniques".
Une bouffée d'oxygène écossaise, mais sur fond de mort quand même....

Heureusement, il y a aussi pas mal d'humour dans ce thriller psychologique. Notamment à travers le couple Charlie-Maria qui vaut quand même son pesant de cacahuètes :
"Comme toujours, Maria tartinait de Marmite ses toasts aux céréales. Elle désigna avec son couteau la grande enveloppe matelassée posée à côté de l'assiette de Charlie. "Le facteur est passé. Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as arrêté les cornflakes pour ces trucs, ajouta-t-elle en pointant son couteau vers les barres de céréales. On dirait des protège-slips pour masochistes.""
Quand Charlie raconte ses lectures c'est quelque chose :


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Il y a une habile mise en abyme des personnages du lecteur et de l'auteur sachant maintenir le premier en haleine dans ce roman. Charlie découvre stupéfaite qu'elle adore Jay-écrivain et que celle-ci a un talent dingue pour rendre les gens "addict" à ses mémoires.

On s'attache facilement à l'héroïne. Elle a un côté roublard mais un coeur en or, quitte à se planter une fois de plus.

Le seul reproche que je peux faire à ce livre, c'est quand même quelques longueurs dues aux tergiversations sentimentales de Charlie. Ca finit par ennuyer. Même s'il y aura, ironiquement, plus obsessionnel qu'elle.

Un thriller psychologique façon brainstorming, à la fois noir, suffocant, mais non dénué d'humour, diaboliquement construit. On comprend le titre français à la fin.
Une lecture surprenante et hors du commun.

 

 


15 mai 2011

Sans laisser de traces

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4e de couverture : "L'affaire paraissait insoluble à l'époque : une riche héritière et son fils kidnappés en Ecosse, une remise de rançon catastrophique aboutissant à la mort de la femme et à la disparition de l'enfant. Malgré l'indice découvert vingt-cinq ans plus tard, Karen Pirie, l'experte en cold cases en charge du dossier, a donc peu d'espoirs de résoudre la célèbre énigme. Une autre affaire classée occupe déjà l'esprit de la détective : en 1984, au plus fort de la grève des mineurs qui divisait le Royaume-Uni, un gréviste avait disparu sans laisser de traces, abandonnant les siens. Mais de nouveaux éléments suggèrent qu'il ne s'agissait pas d'une simple désertion. A mesure que les enquêtes avancent, Karen va de révélation en révélation et s'enfonce toujours plus loin dans les labyrinthes du mystère... La reine incontestée du thriller psychologique joue avec nos nerfs dans un suspense démoniaque. "

Deux intrigues, deux héroînes (l'inspecteur Karen Pirie et Anabelle Richmond, journaliste), deux lieux d'action (le Fife écossais et la Toscane italienne), deux époque (1984-85 et 2007). On pourrait se dire que c'est risqué. Et pourtant, à la fin, tout se tient d'un bloc, d'une logique implacable, d'une cohérence parfaite. Un roman complexe et fouillé.

Il faut dire que Val McDermid, Ecossaise petite-fille de mineur, connaît son sujet. Et comme elle le dit elle-même, c'est sans doute son roman noir le plus intime, même si les personnages sont fictifs. Elle dédit d'ailleurs son livre à ses grands-parents :
"Ce livre est dédié à la mémoire de Meg et Tom McCall, mes grands parents maternels. Ils m'ont montré ce qu'est l'amour, ils m'ont enseigné l'esprit de communauté, et ils n'ont jamais oublié l'humiliation que l'on ressent à faire la queue à la soupe populaire pour nourrir ses enfants. Grâce à ceux, j'ai appris à aimer la mer, la forêt, et les livres d'Agatha Christie. Une dette non négligeable", écrit-elle.

En 1984-1985, les mineurs britanniques sont en grève, Thatcher les méprisera. C'est à cette époque que l'un d'entre-eux, Mick Prentice, disparaît, abandonnant sa femme et sa fille. A l'époque, tout le monde pense qu'il a trahi la communauté et qu'il est parti avec les "jaunes" (ceux qui ont abandonné la grève et ont quitté les lieux) à Glasgow. Pourtant, alors que tout semble accâbler un syndicaliste, au fur et à mesure, les pistes se multiplient puis se resserrent comme un étau autour du disparu lui-même...
Parallèlement, Bel Richmond, journaliste en vacances en Toscane, fait une découverte dont elle comprend rapidement qu'elle peut bouleverser sa carrière car elle renvoie à une affaire non élucidée : celle des circonstances du meurtre de Catriona  Maclennan Grant, jeune et très belle héritière de la plus grosse fortune d'Ecosse et de l'enlèvement de son fils. Le père de la belle n'est autre que  l'entrepreneur et promoteur immobilier Sir Broderick Maclennan Grant. Un nom aussi connu que Berlusconi en Italie.

L'ensemble peut paraître sombre comme la tourbe, mais ce n'est pas le cas. L'amour est très présent dans ce roman et les meurtriers ne sont pas des psychopathes sanguinaires. Juste des gens pris dans une spirale infernale. Val McDermid réinvente ici les codes du roman noir  à la Agatha Christie en ancrant sa fiction dans un contexte social fort, comme souvent dans ses romans. Elle démonte et analyse chaque rouage de la machine infernale.

J'ai aimé le personnage de l'inspectrice Karen, une femme qui lutte comme une tigresse dans un univers de macho, malgré les bâtons dans les roues que lui tend un chef qui la déteste. Une héroïne qui a une faible pour les bons petits plats que l'écrivain décrit à merveille  :
"Devant elle reposait un pithiviers de filet de pigeon parfaitement présenté, entouré de toutes petites pommes grenailles et d'une tour de minicarottes et de minicourgettes rissolées. Le Laird'o Wemyss était plus qu'à la hauteur de sa réputation." On en mangerait !!
L'héritière tuée des années auparavant est une femme libre, malgré sa condition privilégiée. Elle sait ce qu'elle veut : vivre une vie d'artiste et vivre avec qui elle souhaite, quand elle le souhaite, quitte à contrer les siens. La journaliste Bel est par contre trop ambitieuse (le style à avoir les dents qui rayent le parquet) pour être totalement sympathique.
Val Mcdermid creuse ses personnages au-delà des apparences et bouleverse les idées reçues et les préjugés. C'est aussi le côté intéressant du livre.

Enfin, c'est un roman noir qui a l'accent du Fife écossais (Newton of Wemyss,  East Wemyss, Kirkcaldy - où Val McDermid a passé son enfance), et où le lecteur se promène sur ses plages et dans ses grottes, entre quelques escapades en Toscane.

C'est sans doute le roman le plus accompli de Val McDermid que j'ai lu jusqu'ici.

Seul bémo du livre : sa couverture du livre en édition française.  C'est en fait celle d'un autre roman de Val McDermid :

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Voici quelques-unes des couvertures "VO" pour Sans laisser de traces (titre VO : "A darker domain) :

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 qui correspondent tout à fait au livre... Dommage.

Enfin, une photo emblématique  du roman

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que vous pouvez retrouver ici, avec une interview de Val McDermid et le site des grottes de Wemyss.

 Voilà, un petit prélude au mois écossais programmé par Cryssilda, mais je ne pouvais pas attendre un mois avant de parler de ce roman ;-)

 

19 mai 2010

Le chant des sirènes

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4e de couverture : "Il n'a pas voulu de moi. Je ne demandais qu'à lui donner de l'amour, mais il a refusé tout ce que je lui offrais. C'est à ce moment-là que les meurtres ont commencé à Bradfield. Les flics ont même demandé l'aide d'un profileur, sous prétexte qu'ils n'ont jamais rencontré un tel tueur en série... A Bradfield, personne n'avait jamais eu peur. Je ne voulais que les aimer, mais ils ont eu peur de moi, parce qu'ils ne me connaissaient pas. Ils ont eu tort. Ils ont eu tous eu tort d'hésiter."

C'est le premier volume de la série "Tony Hill et Carol Jordan", respectivement profileur du ministère de l'Intérieur - en train de monter une unité de profileurs - et inspectrice de police.

Le lecteur passe tour à tour dans la tête d'un tueur en série particulièrement pervers, maniaque et doté d'une intelligence hors norme (le parfait psychopathe) puis dans celle du profileur et de son équipière nommée pour l'affaire. L'Ecossaise Val McDermind nous balance dans l'univers de la prostitution et du monde homosexuel, dénonçant au passage l'homophobie (policière notamment) et le machisme.

Le suspens est hâletant et il est difficile de lâcher le livre une fois qu'on l'a commencé. J'ai trouvé cet épisode très réussi, même si très noir (difficile les scènes de torture, Val McDermid choque le lecteur pour le réveiller, semble-t-il). L'histoire d'amour naissante entre Tony Hill et Carol Jordan en paraît presque incongrue, surtout que le "gentil profileur" reçoit de bien étrangers coups de téléphone. Il flirte avec l'esprit du psychopathe pour tenter de comprendre ses motivations et anticiper ses prochains meurtres. L'attitude du personnage en devient parfois aussi énigmatique que celle du meurtrier, d'autant plus qu'il n'est pas aussi bien dans sa peau qu'il n'y paraît.

J'ai préféré cet épisode au deuxième, La fureur dans le sang (j'ai commencé dans le désordre) et j'ai envie de lire la suite des aventures de ces deux-là !

08 février 2010

Thrillers, romans noirs, PAL & Cie

Voici ma dernière commande, arrivée aujourd'hui :

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Tout ça à force de vous rendre visite sur vos blogs (particulièrement vrai pour Seul le silence et Enfant 44 dont je ne connaissais pas les auteurs !).

Pour le Val McDermid, c'est tout simplement le 1er tome de la série mettant en scène Tony Hill et Carol Jordan (j'ai déjà lu le tome 2 - La Fureur dans le sang ).
Bref, de quoi m'occuper. Ca tombe bien, ma télé est en panne ! En plus j'attends les tomes 2, 3 et 4 du Poids des secrets d'Aki Shimazaki. Et j'ai déjà 17 livres dans ma PAL... Hum ! En route en ce moment : Innocent de Ian McEwan.

C'est pas compliqué je pense que je vais vous faire un surmenage littéraire  :p !!

06 février 2010

Noirs tatouages

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4e de couverture : "Cet été-là, il a plu comme rarement à Lake District et la tourbière a livré son secret : un cadavre sans âge, couvert de tatouages. Jane Gresham, spécialiste du poète William Wordsworth, pense aussitôt à une légende locale : Fletcher Christian, le chef des mutins du Bounty, a fui Pitcairn pour regagner clandestinement l'Angleterre. Et son vieil ami Wordsworth a transformé son récit en poème épique. Persuadée que le précieux manuscrit se trouve chez un descendant du poète, Jane enquête. Mais, comme dans toutes les chasses au trésor, les convoitises s'éveillent, et les cadavres s'accumulent."

Très différent de la série des "Tony Hill", et surtout beaucoup moins noir, Val McDermid se lance ici dans une intrigue historico-littéraire qu'elle mène, à mon humble avis, avec brio. Parallèlement à cette énigme, elle évoque le problème des préjugés avec le personnage de Tenille, gamine des cités de Londres, 13 ans, intelligente et férue de poésie mais noire et fille naturelle d'un caïd. Tenille s'élève toute seule et trouve une aile protectrice chez sa voisine,  Jane, spécialiste du poète Wordsworth. Jane cumule elle-même deux jobs pour s'en sortir : les cours à temps partiel à l'université et serveuse dans un bar tenu par 2 amis homosexuels. De plus, elle vient de se faire plaquer par Jack, qui lui a préféré une acheteuse en arts bien peu scrupuleuse.

La découverte d'un cadavre tatoué, dans la tourbe de la région du Lake District, va bouleverser la vie de tous ces personnages. Jane file rejoindre son village natal, suivie en catimini par Tenille et bien d'autres. En tout cas les "vilains pas beaux" ne sont pas ceux que l'on croit (dommage que j'ai vite  deviné qu'il y en avait un un peu trop bien pour être honnête, mais l'essentiel n'est pas tout à fait là, même si l'on veut savoir qui accumule les cadavres!).

Je n'en dis pas plus.

Un très très bon moment passé en compagnie de personnages attachants. Et une très belle promenade dans la région humide, montagneuse et venteuse du Lake District, avec des habitants haut en couleurs, qui mangent de la tourte au boeuf et surtout une spécialité locale bien connue (n'est-ce pas??) : des crêpes saucisses... (ou, comme dirait Tenille, avec beaucoup de poésie, des "crêpes caca (...), des saucisses qui ressemblent à des crottes de chien").

Un roman où il y a de quoi se régaler (:p)  et qui m'a également donné envie d'en savoir un peu plus sur le poète romantique anglais William Wordsworth.

03 décembre 2009

Le tueur des ombres

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4e de couverture : Lorsque le corps de Drew Shand, écrivain à succès, est retrouvé mutilé dans le quartier historique d'Édimbourg, la police conclut à un crime crapuleux. Mais après l'assassinat brutal de Jane Elias, la reine du thriller, il faut se rendre à l'évidence : un tueur s'attaque aux stars du roman noir. Et, non content de les éliminer, il reproduit les scènes de leurs propres livres. A quand la troisième victime ? Fiona Cameron s'attend au pire. Psychologue, experte en affaires criminelles, elle vit avec un auteur de polars, Kit Martin, réputé pour la violence de ses intrigues. Or il a reçu une lettre de menace. Et dans le roman qui l'a rendu célèbre, le meurtrier saignait ses victimes pour peindre des fresques murales...

Avec Val McDermid, pas d'effusion de sang à outrance, pas de "gore". Ses romans policiers jouent avant tout sur l'imagination du lecteur, et elle s'en sert à merveille. Tout est dans le psychologique. Le titre en VO est d'ailleurs Killing the Shadows.

L'héroïne vit en couple avec un auteur de polar et voici que les assassinats d'écrivains se multiplient. Elle voit rouge, d'autant plus que sa jeune soeur a été assassinée des années plus tôt par sa faute (c'est du moins ce qu'elle s'imagine). La culpabilité ne l'a pas quittée depuis. Fiona est une psy qui doute et qui s'inquiète pour son conjoint. Alors qu'au contraire, celui-ci tente de dédramatiser la situation, jusqu'au moment où....(je ne peux pas dire ce qui va se passer, vous comprendrez-bien !!)

J'ai beaucoup aimé l'idée du couple auteur de polar/psy profiler et du "plagiat" : Jack l'Eventreur (ou plutôt son double dégradé : "Jacot l'Eventreur", plagiaire du premier) et tout ce que cela suppose, la mise en abyme qui fait monter le suspens en brouillant la frontière entre fiction et réalité.

Bref, un roman policier très bien construit, qui, de plus, fait la part belle aux femmes, au pouvoir de l'imagination et de la littérature.

C'est le 2e roman que je lis de cette Ecossaise et je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une minute, d'un bout à l'autre des 600 pages ! J'ai dévoré. J'en ai déjà un 3e dans ma PAL.