02 mai 2015

Et je danse, aussi

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 C'est en regardant une célèbre émission télévisée d'actualité littéraire que j'ai découvert que l'auteur de Terrienne (à savoir Jean-Claude Mourlevat) avait eu une idée un peu farfelue : envoyer un mail à Anne-Laure Bondoux (le premier qu'envoie Pierre-Marie Sotto à Adeline Parmelan) et d'attendre sa réaction. Anne-Laure Bondoux, alors plongée dans l'écriture d'un roman, se prend au jeu d'un roman épistolaire à quatre mains. Je dois dire que ça m'a bien intriguée de savoir ce que ça pouvait donner. Donc je me suis jetée dessus.

Pierre-Marie Sotto, écrivain célèbre et Prix Goncourt trouve un jour dans sa boîte aux lettres une mystérieuse enveloppe avec au dos l'adresse email de son expéditrice, une certaine Adeline Parmelan. Pensant qu'il s'agit d'un manuscrit, il répond à sa mystérieuse interlocutrice qu'il n'ouvrira pas l'enveloppe puisque lire ce genre de document relève du boulot d'un éditeur et pas de celui d'un écrivain. N'empêche, Pierre-Marie Sotto ne se doute pas encore que ce premier courriel est le début d'une longue correspondance, celle de ce roman épistolaire de près de trois cents pages que nous tenons entre nos  mains...

Les deux personnages principaux se dévoilent peu à peu. Surtout Pierre-Marie, l'écrivain connu et reconnu mais en panne d'écriture depuis plusieurs années. Il a déjà correspondu avec une lectrice, avant Adeline, mais celle-ci est partie en Irlande pour suivre son mari ! Pierre-Marie a cessé de lui écrire car il trouvait que sa prose collait "sans doute trop près à sa réalité" : "Je lui aurais volontiers pardonné de s'inventer un peu." 
Pourtant notre écrivain est celui qui s'invente le moins dans sa correspondance avec Adeline. Ainsi, il lui dévoile pourquoi il a cessé d'écrire et pourquoi, un jour, il a réussi à décrocher le Goncourt. Ben oui : Pierre-Marie a eu une muse en la personne de sa cinquième épouse ! Une belle Italienne, traductrice, qui s'est fait la malle, sans prévenir. Il ne sait pas pourquoi ni même si elle est encore vivante. Depuis, il se morfond et s'ennuie.

Pierre-Marie est un personnage très sincère pour un écrivain. Il ne cache rien. Il va jusque à corriger les inexactitudes de sa vie privée qu'Adeline a trouvé sur Internet : "Marié trois fois ? C'est faux je l'ai été quatre. Et j'ai six enfants" "Ma troisième femme est norvégienne (...) Choc des cultures. Nous nous sommes séparés en bons amis. Nos trois enfants sont bilingues."

Mais bon, le pauvre gars, maintenant , il est tout seul et en plus il ne parvient pas à écrire !  Adeline lui prend le pouls, tente de lui donner de l'allant :
" Soyez écrivain dans le silence et le désarroi, soyez écrivain sans un mot, sans une virgule".
"Depuis quand vos personnages vous emmerdent-ils ? Depuis quand avez-vous perdu votre flamme ? Voulez-vous un briquet ?"
"Tenez, pourquoi n'écrivez-vous pas des histoires pour les enfants ? Vous voilà seul dans votre maison vide (...) avec votre satané chat".

Adeline, cette mystérieuse correspondante 2.0, sait ménager des surprises à l'écrivain comme au lecteur, parce qu'elle ne manque pas d'imagination et que sa vie est compliquée. Même si elle reproche à Pierre-Marie de la percevoir comme un personnage de roman, elle n'est pas tout à fait innocente dans ce jeu-là, et que son interlocuteur d'écrivain découvre la vérité sur ce qui elle est réellement la terrifie.
"Ce que je voulais dire hier, c'est que je ne suis pas une héroïne échappée d'un roman de Zola ou de Dickens : je suis comme des millions de gens qui se débrouillent avec ce qu'ils ont." C'est marrant, il a une drôle de bouille son petit ami dans la réalité...

Les deux protagonistes vont finir par s'attendre l'un l'autre sur leur boîte électronique, s'attendre comme on attend la suite d'un feuilleton addictif. Ils vont semer des poussins (comprendre : faire des digressions sur des sujets à évoquer) qu'ils se promettent de récupérer plus tard. Des personnages secondaires apparaissent. Les intrigues se multiplient.

A un moment donné, je me suis demandé comment Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux allaient retomber sur leurs doigts d'écrivain, emportés par leur plume imaginative et percutante : il y avait des poussins partout ! Et l'impression que les créateurs des personnages s'amusaient beaucoup. La fameuse enveloppe a même disparu de la trame narrative, du moins passe largement au second plan. Normal, puisque Pierre-Marie se fait un "film" sur Adeline. Mais finalement, celle-ci le ramène à l'origine de leur rencontre virtuelle, préférant prendre les devants sur la réaction de l'écrivain s'il ouvre l'enveloppe.... Effectivement, on n'est pas au bout de nos surprises !

Evidemment, on imagine que c'est un peu "casse-binette" d'écrire un roman à quatre mains. Il doit falloir vraiment bien s'entendre. Pourtant, ici tout se tient et l'on sent que les deux auteurs se sont beaucoup amusés. Et c'est ce qui ressort de ce roman épistolaire : le fun, sur fond d'histoire d'amitié. Une correspondance truculente, pleine de répliques qui font mouche.

Un roman sur le pouvoir de l'imagination et de la création, où la fin de l'histoire sera d'ailleurs... à imaginer par le lecteur.

Une lecture qui met de bonne humeur.

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Edit : ce billet est certainement plus mal écrit que sa première version, malencontreusement effacée par une erreur de manipulation de votre blogueuse qui s'est embrouillé les doigts sur son clavier, emportée par les sentiments jubilatoires que lui inspire ce bouquin.



 

 

 


23 avril 2015

La surface de réparation

 

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Vincent est entraîneur du club de foot de Sedan. Célibataire et sans enfants, il a rompu avec sa famille. Un jour, sa soeur avec qui il a pourtant très peu de contacts, débarque chez lui pour lui demander de garder Léonard, son fils. Vincent découvre alors ce neveu, qu'il n'avait jamais vu et dont il connaissait à peine l'existence. Tout de suite, il remarque son physique étrange (une grosse tête, comme celle d'un adulte posée sur un corps d'enfant) et surtout un visage impassible, vierge de toute émotion. Léonard s'avère un champion pour jouer aux échecs et a une mémoire phénoménale. Une pédopsychiatre lui apprendra que cet enfant est atteint du syndrome d'Asperger : "C'est un état. Une forme d'autisme léger qui produit assez fréquemment des personnes hors du commun. (...). Einstein en était un selon toute vraisemblance."

Vincent, jusque là spectateur de sa propre vie, va voir celle-ci bousculée par ce gamin étonnant. L'occasion de se replonger dans son enfance à lui, difficile.

Alain Gillot s'attache à montrer que le syndrome d'Asperger "n'est pas une maladie" mais "une perception différente des choses". Pourtant, le roman ne focalise pas complètement sur le personnage de Léonard. Nous percevons les choses à travers les mots de Vincent qui s'exprime ici, dans ce récit à la première personne. Plus on avance dans le roman, plus Vincent parle de son enfance, de la violence de son père, de l'inertie de sa mère face à cette violence, de sa soeur complètement perdue dans sa vie, qui fait tout et n'importe quoi, tombe toujours sur des hommes mal intentionnés, reproduisant inconsciemment le modèle parental.
Vincent est un entraîneur de foot solitaire, incapable de nouer des liens durables avec qui que ce soit, et encore moins avec les femmes. Un homme malheureux. Néanmoins, c'est grâce à Léonard que Vincent va trouver le bonheur, faire la paix avec lui-même et avec sa famille. Et c'est grâce à Vincent que Léonard va progresser, s'ouvrir davantage aux autres et s'accepter tel qu'il est.

On a aussi l'impression que Vincent est atteint par une forme de syndrome d'Asperger, différente de celle de Léonard. Celui-ci lui a d'ailleurs remarqué toutes les manies qu'il a le matin, la manière dont il place systématiquement ses affaires, la façon dont il enchaine les choses, comme un rituel rassurant. Il ne se gêne pas pour lui faire remarquer.
La soeur de Vincent n'est pas en reste : elle passe son temps à fuir, à disparaître et à laisser les autres se charger de ses difficultés.
Bref, il n'y a finalement pas que Léonard qui soit Apserger dans ce roman. Les autres le sont un peu aussi à leur manière. Par leur solitude et leur difficulté à communiquer.

L'univers du club de foot est aussi perturbé par l'arrivée de Léonard. Vincent a décidé de l'initier à ce sport, pour lui montrer qu'il n'est pas aussi simpliste et facile qu'il en a l'air, que les joueurs ne sont pas sans cervelle. Un jeu aussi difficile que les échecs que Léonard affectionne.  Une rencontre qui sera fracassante pour tous et qui aidera les jeunes à revoir leur perception des choses.

Un roman basé sur le dialogue, une écriture fluide qui court comme la vie. Deux personnages principaux imparfaits mais attachants.

Même si je n'aime pas le foot, j'ai apprécié ce livre mais regretté que la fin soit finalement un peu trop lisse et convenue (on s'y attend).


Merci aux Editions Flammarion !

 

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14 avril 2015

Refuges

 

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Mila, jeune romaine de 17 ans, retourne, le temps d'un été, à Lampedusa, l'île où elle passait ses vacances enfant. Elle n'y avait pas remis les pieds depuis six ans. La maison familiale, la Pointe des Orangers, est toujours là. La famille est toujours là. Seul n'est plus là, le petit frère de Mila, mort d'une méningite alors qu'il était bébé.
La seule chose qu'elle redoute : passer quatre semaines avec ses parents, parce que juillet est depuis un mois funeste. "Depuis que Manuele était mort, c'était toujours la même chose : où qu'ils soient, Mila avait toujours l'impressionque son père cherchait à remplir le temps, de manière tellement désespérée que c'en était presque comique." La seule solution pour Mila d'échapper à l'ambiance morbide est de trouver un vélo est de partir explorer l'île. Gina, sa tante, va réaliser son voeu et lui prêter une vieille bicyclette  Bianchi, d'un vert un brin kitch.
Sa mystérieuse cousine Paola, étudiante au visage de Madone, lui révèlera les secrets de Lampedusa, île paradisiaque, surnommée l'île du Salut.

Les aventures de Mila et de Paola sont entrecoupées, au fil de la lecture, par huit voix, venant de l'autre côté de la Méditerranée, d'Erythrée plus précisément. Les voix  de jeunes de leur âge, qui décrivent le calvaire de leur vie dans leur pays natal et leur espoir de trouver une existence plus humaine en Europe. Prendre tous les risques, quitte à le payer de sa vie, ce sera toujours mieux que vivre en Erythrée. Ces huit voix, nous les retrouveront embarquées dans un Zodiaque pour une traversée de l'Enfer.

La narration joue sur le contraste entre la douceur de vivre qui émane de Lampedusa, avec son soleil, ses plages de rêve, le bleu du ciel, les fleurs partout, la langueur des habitants et l'horreur décrite par les Erythréens. Mila a une histoire familiale compliquée depuis la mort de son petit frère, une famille brisée et figée dans la douleur. Elle cherche en Lampedusa un refuge et un espoir d'un futur plus serein. Les migrants Erythréens portent cet espoir en eux également. Le lien entre les deux histoires est de cet ordre : Lampedusa, l'île du Salut, l'île des refuges.

C'est l'énigmatique Paola à la beauté quasi mystique, qui révèlera à Mila la face cachée de cette île italienne aux confins de l'Europe : l'île des migrants clandestins, fuyant un véritable camp de travail forcé dans leur pays. Une véritable gifle pour Mila, la gifle qui l'aidera à grandir, surtout quand elle apprendra par la bouche de sa cousine qu'une loi votée en 2006 (la loi Bossi-Fini) a opéré "un durcissement des conditions d'accueil des migrants en Italie". Une loi qui a "conduit à la mise en place de poursuites judiciaires pour toute personne, notamment les pêcheurs qui, recueillant un migrant, se retrouve de fait complice d'immigration illégale".

Un roman magnifiquement écrit, qu'on ne lâche plus, sur un sujet d'actualité, comme souvent avec Annelise Heurtier. On se laisse porter facilement par la poésie de Lampedusa, on est tenu en haleine par les voix des migrants et horrifié par leur condition. Une lecture où l'on ne s'ennuie pas une minute et où l'on finit outré par la loi votée par le gouvernement Berlusconi de l'époque. Heureusement, un livre qui porte l'espoir dans les dernières pages.

Une lecture que j'ai apprécié même si mon horizon d'attente était un peu différent : je m'attendais à un récit davantage centré sur les conditions de vie des migrants survivants à Lampedusa, sur l'accueil réservé, le récit d'une rencontre, ce genre de choses-là.

En tout cas, un roman qui a le mérite de rappeler l'horrible réalité des migrants fuyant leur pays : s'ils fuient, c'est pour tenter de sauver leur vie, pas pour ""profiter" des aides sociales des pays européens", comme le dit  très bien l'auteur à la fin du livre. Annelise Heurtier rappelle également que la loi Bossi-Fini "entre en contradiction avec plusieurs textes internationaux tels que la Convention des Nations unies sur les réfugiés", entre autres.

Merci aux Editions Casterman !

 

 

 

 

07 mars 2015

Frangine

 

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C'est la rentrée. Joachim rentre en terminale et Pauline en classe de seconde. Ils sont frère et soeur. C'est Joachim nous raconte au quotidien ce qui s'est passé en ce début d'année scolaire dans un lycée tout ce qu'il y a de banal, ni pire ni meilleur qu'un autre. Un lycée de la France d'aujourd'hui. Lui, il est plutôt à l'aise dans ses baskets, bon élève et observateur. Surtout quand il s'agit de sa petite soeur qu'il voit se renfermer, pleurer...  Très secrète, Pauline n'ira pas d'emblée vers lui pour expliquer ce qui lui arrive.

Et quand il le découvrira, Joachim décidera de toute façon de ne pas en parler à ses parents, pour les protéger. Ses parents ce sont Julie et Maline...
Julie travaille dans une jardinerie et Maline est éducatrice dans un centre de rétention fermé pour ados en déroute. Deux femmes ce qu'il y a de plus normal. Et aux yeux de Joachim et Pauline, une famille comme les autres, avec les mêmes problèmes que n'importe quelle famille : des engueulades, des problèmes de boulot, de la fatigue, des rires, des pleurs, des grand-parents, des souvenirs, des albums photos.  Enfin deux ados avec des problèmes d'ados. Joachim en pince pour une fille de son lycée. Mais Pauline se morfond.

Parce que Pauline est harcelée par ses camarades qui ont appris qu'elle avait deux mamans. On la traite de "gouine" (ben oui, si vous avez des parents homos, forcément, vous l'êtes, dans leur tête), on insulte ses parents, on la menace sexuellement, etc. C'est le fait des élèves, mais les adultes qui apprennent la violence psychologique subie par cette gamine ne volent pas non plus forcément à son secours. Heureusement, il y a un prof de sport, à qui Joachim va se confier. Heureusement aussi Pauline est quelqu'un de courageux, qui, malgré son accablement, trouvera le moyen d'affronter ses adversaires à sa façon (bonne partie de rigolade au rendez-vous pour le lecteur !)

Un livre que je n'aurais pas ouvert si je m'en étais tenue à la couverture que je trouve très moche. Mais pour en avoir entendu largement du bien, je l'ai ouvert et je ne l'ai plus lâché, absorbée par le ton percutant de Marion Brunet qui aborde un sujet d'actualité : l'homophobie.

Un roman sur l'intolérance, les préjugés et la bêtise. Cependant, Marion Brunet n'élude pas non plus les problèmes : les deux adolescents se posent inévitablement des questions sur leur père génétique; Julie et Malin ont dû se rendre à l'étranger pour mener à bien leur projet de fonder une famille ; c'est Julie qui a porté les enfant, mais est-ce que Malin se sent moins mère pour autant ? Bref, qu'est-ce qu'un père et qu'es-ce qu'une mère ? C'est quoi une famille ?

L'auteur démontrer aussi, à travers la figure des grands parents dans ce roman, que les familles hétéroparentales ne sont pas forcément parfaites : les grands-parents sont divorcés ou alors ont rejeté leur fille quand elle leur a annoncé qu'elle était "gay" et qu'elle allait quand même fonder une famille.
Elle met en balance avec beaucoup de justesse la question de la "normalité". En fin de compte ce qui fait le plus de mal à ces ados et leurs parents, c'est l'intolérance des autres.

Un roman primé dont j'ai apprécié le ton juste (pas du tout moralisateur), le franc parler , l'écriture dynamique et l'humour qui pointe par moments.

Un autre roman est paru récemment, La gueule du loup : je sais déjà que je vais le lire.

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10 février 2015

Mentine tome 1 : Privée de réseau !

 

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Illustration : Margaux Motin

Mentine Green, douze ans et sept mois, le QI d'Einstein, passe en classe de troisième avec une moyenne de... 9,5. Depuis ses cinq ans, âge auquel un psy s'est aperçu qu'elle savait lire, elle se trimbale l'étiquette :  IEP-  enfant intellectuellement précoce (et hypersensible). "Une grosse tête au coeur d'artichaut". Elle adore faire enrager ses parents en s'obstinant à avoir de mauvaises notes. Pour elle, une manière de s'intégrer dans le monde impitoyable du collège où être trop bon, c'est pas cool.
Seulement, pour ses parents, cette fois-ci la coupe est pleine : 9,5 de moyenne pour une surdouée, c'est juste inadmissible ! Avec une tête de serial killer, son père lui annonce qu'il l'expédie pour l'été dans le Larzac, histoire de lui remettre les idées  en place.
Finie l'hyperconnexion avec les copines et les vacances branchouilles à Biarritz ! Dans le Larzac, pas de réseau, ou si peu. Et voilà Mentine en pension chez Raoul, ex-chef de file pacifiste de la révolte paysanne des années 70-80. Un caractère aussi bien trempé que celui de la gamine. Une alliance qui n'est pas gagnée d'avance et c'est le début des frasques de Mentine qui ne manque pas d'air...

Chacun va camper dans son rôle : Raoul dans celui du dur à cuire - qui avouera plus tard qu'il aurait bien renvoyé sa "livraison" en Colissimo à ses géniteurs ; Mentine dans celui de la gamine chiante à souhait. Un duo explosif au premier abord.

Un recadrage en règle se met en place, qui rabaisse le caquet de la surdouée, qui traîne son étiquette depuis son plus jeune âge, mais qui, finalement, ne cherche qu'à être considérée comme quelqu'un d'ordinaire.  Chose que les adultes ont du mal à comprendre : "Qui à douze ans et demi peut rêver de devenir économiste ?" se demande Mentine avec justesse.
Sa précocité intellectuelle est autant un avantage qu'un handicap, dans la société normée qui est la nôtre. Elle en fait la douloureuse expérience dans son coup de foudre pour Eric, le stagiaire de dix-sept ans qui aide Raoul : "J'avais envie de l'embrasser, ce garçon de dix-sept ans. De me jeter sur lui. Etais-je trop en avance ? Intellectuellement et sentimentalement ? Je n'en sais rien. Et puis, de toute façon, j'en avais marre de ces normes, de ces baromètres qui me classaient sans cesse dans des catégories. Trop. Pas assez. Merde !"

La gamine, toute surdouée qu'elle est, va se passionner pour la vie rurale et se faire de nouveaux amis. Elle revoit ses préjugés, le travail à la ferme lui donne le sentiment d'être utile et ordinaire. La campagne va la faire grandir, parce qu'elle n'a que douze ans. Des vacances aux allures de sauvetage.

Un roman d'apprentissage très récréatif, bourré d'humour, qui questionne la normalité, les préjugés, la manie de vouloir mettre les gens dans des cases. Le comportement de Mentine peut paraître farfelu, peu crédible : un surdoué, dans l'imaginaire collectif,  c'est censé être hyper sérieux, hyper mûr etc. Eh bien non, pas forcément ! Quand on est surdoué, on réussit dans la vie. Eh bien non, pas forcément !
Un portrait de "surdouée" très vraisemblable.

Une lecture sympathique, avec un seul bémol : on devine un peu trop facilement l'issue de cet été dans le Larzac. Mais je me demande ce que réserve le tome suivant.


Merci à Flammarion de m'avoir permis de découvrir cette série.

 

 

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07 février 2015

Respire

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4e de couverture : "Charlène est une enfant comme les autres, qui vit sans trop se poser de questions, prend ce qu'on lui donne et ne demande rien. Elle habite un immense appartement à Paris avec ses parents, pas très aimants ni très amoureux.
Charlène souffre : elle est asthmatique, se sent incomprise, mal aimée. Avec l'entrée au collège commencent de longs mois difficiles, de solitude et d'attente. Jusqu'à l'arrivée de Sarah, brillante, magnétique. Une amitié naît, qui pour Charlène est un don inespéré de la vie, un émerveillement. Avant les petites déceptions, les souffrances, la passion puis le désespoir.
Un roman d'une vérité hallucinante écrit par une jeune fille de 17 ans."

Un roman publié pour la première fois il y a 14 ans, en 2001, qui a l'air connu de beaucoup mais dont je n'avais jamais entendu parler. La sortie du film adapté du livre et la réédition en poche, avec cette jolie couverture a fini par me tenter. J'étais plutôt curieuse de voir ce que quelqu'un de seulement 17 ans pouvait écrire. D'autant que tout le monde quasiment porte ce roman aux nues.

Je vais être brève.
Ce roman est exceptionnellement bien écrit, le style est remarquable et fouillé. Pourtant je me suis bien ennuyée. Il n'y a pas de suspense : on sait dès le départ que "Charlie" a tué. On comprend vite, au bout de quelques pages, qu'elle a tué une certaine Sarah. Quand le roman débute, Charlie parle depuis la prison où elle est enfermée. Elle a 19 ans et raconte la ruine de sa vie par son amitié avec cette fille.

Je n'ai eu aucune empathie pour les deux personnages, avec d'un côté la pauvre fille, seule, bêtasse-trop gentille victime et de l'autre la grosse méchante manipulatrice, du genre pervers narcissique, qui se prend pour la star du collège puis du lycée. Deux personnages trop stéréotypés.
Et puis, il ne se passe pas grand chose : Charlène et Sarah deviennent amies. Et puis Sarah se montre arrogante, méprisante, méchante et sadique envers Charlie. On se dit que celle-ci va lui rendre les claques qu'elle se prend. Ben non : elle tend l'autre joue. Une fois, deux fois, et rebelote pendant un peu moins de deux cents pages...  La seule rébellion sera le meurtre à l'aide un oreiller...
Un peu dans l'excès tout ça !

Un roman court et ça tombe bien parce que c'est glauque, violent, pessimiste, impitoyable. A la limite du crédible. L'histoire d'une haine finalement. Il y a mieux pour respirer.

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02 février 2015

Si jétais un rêve...

 

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Lina et Nour sont toutes les deux élèves de seconde. Lina vit Sofia, en Bulgarie et Nour à Saint-Denis, dans le "9-3". C'est parce que leur prof de français respectif ont décidé d'établir une correspondance postale entre les élèves de ces deux pays qu'elles vont se découvrir. A l'heure d'Internet c'est une chose totalement incongrue pour ces deux jeunes filles.
Au fil de la correspondance, les identités se révèlent, entre autres par le jeu des portraits chinois initié par Nour. Répondre à trois questions et en inventer trois autres.
Lina est fille de diplomate et va à l'école française de Sofia. La France ne lui est pas un pays inconnu car elle y a de la famille. Nour possède aussi une double culture : marocaine et française. Evidement leur correspondance les amène à évoquer leur quotidien dans leur pays respectif. Les jeunes filles se lient d'amitié au point de briser la règle de la correspondance postale quand l'une a besoin d'un soutien moral urgent ou que l'inquiétude ronge l'autre. C'est donc par moment le mail qui prend le relais, dans cette narration épistolaire.
Pourtant, quand il s'agit de se rencontrer, Nour devient soudain distante et blessante envers Lina... Une attitude qui désarçonne le lecteur autant que Lina. Un revers de situation qui intrigue. Une piste en particulier vient à l'esprit. Pourtant bien loin de la réalité ! A vous de lire si vous voulez savoir mais j'avoue que ça m'a vraiment surprise !

Lina est une jeune fille engagée et préoccupée par la situation politico-économique de la Bulgarie, par le racisme, la corruption, la montée de l'extrême droite. Elle prendra part une manifestation géante. Grâce à elle, on apprend pas mal de choses sur son pays, notamment sur le racisme envers les Tziganes et les Roms. Néanmoins, si le personnage est attachant, je l'ai trouvé trop sérieuse pour être totalement crédible pour ses quinze ans, à vrai dire. Même les propos blessants de Nour à son égard n'arrive pas à avoir le dessus. Elle est vraiment invicible et super costaud cette ado !

Nour, quant à elle, paraît plus fragile. La situation de la France, elle s'en fiche, davantage fascinée pour le Body Art et comment persuader ses parents de l'autoriser à se tatouer, se scarifier, se percer. Une obsession qui alerte Lina : elle y voit un mal-être chez son amie. L'autre passion de Nour c'est de faire des rimes et d'écouter Grand Corps Malade. Oui, encore une histoire de corps...

Les histoires d'amour et de garçons ne sont pas absentes de leur correspondance. Du moins chez Lina qui en pince pour Ilya.

Aux manifs en Bulgarie font échos les manifs homophobes en France. Mais Lina explique à Nour que "même si en France il y a des hystériques extrêmistes qui font du buzz en manifestant contre le mariage pour tous, c'est loin d'être aussi fermé qu'ici".
Nour est surprise de la situation de la Bulgarie : "Tu sais, Lina, tu ne m'ennuies pas du tout avec la politique, même si ce n'est pas vraiment ma came. J'ignorais que la situation était si difficile dans ton pays : en France, les media ne s'intéressent qu'à ce qui fait du buzz : les guerres, le sexe, les scandales people (gros titres sur Internet hier), la sécurité et les jeunes des "quartiers". Habitant à Saint-Denis, d'une certaine façon j'en fais partie. L'avantage d'être de l'autre côté du périph, c'est que tu fais éclater tous les préjugés."

L'identité, l'intolérance, la corruption, les préjugés, le droit à la différence et le mensonge sont au coeur ce roman. Une écriture qui mêle le parler ado et la poésie des rimes de Nour. Un roman épistolaire, qui vire parfois à l'échange épistolaire version 2.0 où le texte s'émaille de smileys, il fallait y penser !

J'ai bien aimé ce livre qui révèle son originalité à la fin. MAIS en même temps un peu trop à la fin justement ! Et avec le portrait de Lina, jeune fille un peu trop sérieuse pour être totalement crédible à mon goût, c'est peut-être le reproche que je ferai à ce roman pour ados : j'ai bien peur que les gamins n'arrivent pas à accrocher jusqu'au bout à cette histoire d'amitié.
Passé l'effet de surprise, on a un peu aussi l'impression d'être passé à côté de l'essentiel pendant la lecture. C'est un roman savamment construit, où les indices disséminés dans la narration force le lecteur à repenser les propos de Nour à la fin. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce livre.


Un grand merci aux Editions Flammarion pour cet envoi.


 

 

03 janvier 2015

L'Apache aux yeux bleus

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Herman, 11 ans, alias "tête de pioche", vit près du village de Squaw Creek, Texas. La maison est entourée de champs de blé. Il n'est pas recommandé de s'éloigner au-delà tout seul. Nous sommes en 1870. La rumeur dit que les Apaches rodent dans le coin. Mais Herman est têtu : parce qu'un corbeau mange le blé en herbe, il décide d'aller le "scrabouiller". S'en fiche des Apaches. Jusqu'au moment où il entend dans son dos le galop d'un cheval. Trop tard. Même en courant. Des hommes aux visages peints d'une bande blanche et aux cheveux longs lui sautent dessus. Sa vie va changer à tout jamais. Il est enlevé, devient d'abord l'esclave des Apaches puis découvre qu'il est en fait le cadeau offert à la femme du chef de clan...Il est adopté par la tribu des Mescaleros, après avoir réussi avec brio le test de bravoure : ben oui, une tête de pioche apache, ça n'a peur de rien, ça ne pleure jamais, ça mange du foie cru sans chouiner et ça sait monter sur son cheval au galop !  Herman devient En Da, le "garçon blanc" apache. Chiwat devient son ami et frère. Pourtant, il n'aura pas que des alliés dans le clan: il y a le shaman qui ne l'aime pas. Il y a aussi un Comanche et des Texas Rangers qui feront irruption dans sa vie pour la chambouler de nouveau...

Incroyable récit d'aventures qui vous embarque loin, jusque dans le terrible désert des Llanos. Un sacré road trip ! Une histoire qu'on aurait du mal à croire, si on ne savait pas qu'elle est vraie et tirée des Mémoires qu'a écrit Herman et de ce que Chiwat a raconte à ses enfants. Tous les personnages ont existé.

Une page d'Histoire sur la guerre des territoires que se livrent Apaches et Texas Rangers, où l'on apprend que les Comanches étaient souvent à la solde de ces derniers. Ils ont pour ennemis les irréductibles Apaches. Irréductibles, jusqu'au jour où ils sont vaincus et parqués dans des réserves d'où ils ne pourront plus sortir. Une sorte d'Apartheid à la sauce américaine qui est toujours d'actualité, hélas !  La fin de l'histoire à cet égard est poignante.
"On va nous entasser dans des réserves et nous distribuer des rations tous les jours, comme à des bébés", explique Chiwat à son frère adoptif. Seul moyen pour les Apaches d'éviter l'extermination pure et simple. Mais à quel prix ! Dès lors, Herman-En Da se sentira investi d'une mission jusqu'à la fin de ses jours.

L'autre chose la plus incroyable est l'oubli de ses racines. Franchement, si je ne savais pas que c'était une histoire réelle, j'aurais trouvé un manque de vraisemblance au récit. Herman a 11 ans quand il est enlevé et restera 9 ans chez les Apaches. Comment peut-on tout oublier ? C'est à la fois stupéfiant, effrayant et fascinant.

Une très belle lecture qui donne envie de se plonger dans les écrits indiens et qui m'a rappelé mon séjour au Québec dans une tribu indienne... Ok, je n'ai pas mangé du foie cru, et je ne suis pas monté sur un cheval au galop (juste fait du canot, écouté un conteur hors pair la nuit tombée et dormi avec des sauterelles géantes... :p)  mais ces Indiens du Nord avaient beaucoup à nous raconter sur la souffrance et la survie de leur peuple. On sentait bien que ce n'était pas pour faire du folklore pour touristes mais pour faire passer un message...

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Un roman jeunesse captivant, à la fois très divertissant et très instructif. Des personnages attachants. Un bel hommage au peuple indien.
Disponible à partir du 7 janvier dans toutes les bonnes librairies !

Je remercie beaucoup les éditions Flammarion Jeunesse pour l'envoi du livre

30 décembre 2014

14-14 "Centenaire de la Première Guerre mondiale, l'histoire d'une correspondance entre deux personnages de 1914 et 2014"

 

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4e de couverture : "Adrien et Hadrien ont treize ans et habitent tous les deux en Picardie. Ils ont les mêmes préoccupations : l'école, la famille, les filles... Une seule chose les sépare : Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. Grâce à une boîte aux lettres mystérieuse, les deux adolescents vont s'échanger du courrier et devenir amis.
Mais la Grande Guerre est sur le point d'éclater pour Hadrien et leur correspondance pourrait bien s'interrompre de façons dramatique...".

Roman lu sans consulter la quatrième de couverture, juste inspirée par le titre et les lignes qui suivent, je pensais avoir affaire à un livre qui parlait de la guerre. Ce n'est pas tout à fait le cas, ou du moins, ce n'est pas ce qui occupe la majeure partie du texte. Il s'agit plutôt des préoccupations de deux adolescents à cent ans d'écart, avec leurs points communs et leurs différences.

Adrien a le coeur brisée par Marion qui en aime un autre. Il se met soudainement, suite à sa déprime amoureuse, à décrocher à l'école : mauvaises notes, mère inquiète etc. L'école, il se met à s'en fiche : à quoi ça sert ? . Pour Hadrien, au contraire, l'école est tout. Elle passe même avant Simone, sa "bonne amie". Il veut être ingénieur. Mais son père s'y oppose. Pas question de poursuivre des études, il a besoin de lui pour tenir la ferme. Simone finit par prendre la mouche parce qu'il la délaisse trop à son goût...

Deux garçons du même âge mais à la vie si différente et au langage si éloigné. C'est d'ailleurs le langage qui va leur mettre la puce à l'oreille sur l'anomalie de leur correspondance. Adrien ne comprend pas pourquoi à l'heure des textos, son ami s'acharne à lui envoyer des lettres ! Hadrien ne comprend pas le vocabulaire de geek employé par Adrien. Alors, quand il lui dit que son père est en Chine....
C'est la confrontation des deux mondes qui est intéressant dans ce roman pour ado. La dimension fantastique ajoute une touche de suspense et en fin de compte, la résolution de l'intrigue sera : comment éviter à Hadrien d'être tué, lui, sa famille, ses amis. Comment arriver à lui faire prendre conscience de l'imminence de la guerre, parce qu'il n'arrive pas à y croire : il vit dans un lieu si paisible...

Néanmoins, il n'est pas question de la guerre en elle-même ni même des prémisses, de ce qui amène la guerre à éclater, de l'opinion des gens en 1914, etc. C'est ce qui m'a déçue et a donné à ma lecture un tour inattendu. Ce n'est pas un mauvais roman : il est bien écrit, original, doté d'une bonne dose de suspense et de fantastique. Mais avec une annonce comme "Centenaire de la Première Guerre mondiale", on pouvait s'attendre à voir la guerre surgir dans le texte de façon plus imminente et plus profonde. Finalement, ce n'est qu'une toile de fond un peu trop lointaine. Il y est davantage question des conditions de vie en 1914, de la maladie qui emporte facilement les enfants et de comment Adrien arrivera à modifier la destinée de son ami.

 

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27 décembre 2014

Sous les couvertures

 

sous les couvertures

4e de couverture : "Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s'éveillent et se racontent leurs histoires... Mais ce soir, l'heure est grave : les nouveautés viennent d'arriver, et les romans du fond de la librairie n'ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur !
Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s'unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu'ils n'ont pratiquement aucune chance...
Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d'humour et d'originalité. Où l'on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs... et pourquoi, à l'habit des académiciens, on a ajouté une épée."

Une quatrième de couverture bien alléchante qui m'a fait craquer pour ce roman d'un petit éditeur parmi les dizaines proposés par Price Minister pour le Match de la Rentrée Littéraire 2014 ... Un roman passé inaperçu pendant la profusion de la rentrée littéraire, de surcroit !
Pourtant, j'ai eu du mal à m'attacher aux deux histoires menées de front dans ce roman, avec d'un côté la vie du vieux libraire qui râle tout le temps, refuse de vivre avec son temps et ne jure que par les livres du passé et, de l'autre, la narration fantastique de la vie des livres. Ceux-ci sont des personnages à part entière et se nomment Mauve, Vieille Gloire, Rouge, Grand, Ecorché, Junior... Au début, c'est amusant. Mais au fil des pages, ça devient lassant. Les livres volent de leurs propres pages, discutent entre eux et se disputent. L'ensemble finit par donner une impression de maladresse, du moins c'est la mienne !
L'histoire du libraire et de sa jeune apprentie pleine d'idées a davantage retenu mon attention. Il y est question de l'évolution de la chaîne du livre, d'un certain géant de la vente en ligne prêt à avoir la peau des librairies, du numérique, des publications toujours plus nombreuses qui entraînent irrémédiablement une durée de vie plus courte pour les livres qui ne se vendent pas assez vite, avec au bout le pilon  - malheur! horreur ! La pression des banquiers sur les libraires, envahis de cartons, le problème de la gestion des stocks induit par l'explosion éditoriale. Mais la narration tourne presque en boucle, se répète et finit aussi par ennuyer !

Quant à "la merveille d'humour" annoncée, je dois dire que je suis plutôt restée de marbre, et pourtant ce n'est pas faute d'être plutôt bon public. La seule chose qui m'a fait sourire, sans doute aux dépens de l'auteur, c'est l'anecdote sur la boîte aux lettres de l'apprentie : "Dans la boîte aux lettres, elle trouva le journal municipal, deux publicités à son nom et une enveloppe abîmée, marquée du tampon d'un éditeur parisien. Le facteur avait forcé pour glisser le paquet par la fente. Au fond de la boîte gisait aussi une invitation du bureau de poste à venir chercher un colis plus volumineux encore. Cela arrivait plusieurs fois par semaine. Sa colocataire était chroniqueuse littéraire." Sérieusement : que fait mon facteur dans ce roman ?? :)


Un lecture décevante pour moi, qui me laisse une impression de décousu. J'en suis navrée parce que l'idée était bonne, la thématique sur les problèmes rencontrés par la chaîne du livre intéressante. Dommage donc ! Je sais que d'autres ont aimé.



Je remercie toutefois Olivier Moss de Price Minister  et les Editions rue Fromentin pour l'envoi.

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Résultats du match littéraire courant janvier je crois

 

 

 

 

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