21 janvier 2015

Tromper la mort

 

tromper la mort

4e de couverture : "Rattrapé par l'âpreté de l'Irlande, le libraire de Montmartre pourra-t-il échapper à son destin ? Traqué par les polices française et irlandaise, son spectre se fond dans les tourbières, se confond avec les brumes, se morfond dans les pubs...
Ombres et lumières des légendes celtiques, mystères de l'âme irlandaise, au coeur de l'action policière...
Maryse Rivière est habitée par l'histoire douloureuse et généreuse de l'Irlande. Elle maîtrise les procédures de coopérations internationale entre polices."

J'ai découvert l'existence de ce polar lorsqu'il a obtenu le prix Quai des orfèvres. Tellement intriguée que j'ai lâché toutes mes lectures en cours pour me plonger dans ce livre dont le résumé reste assez mystérieux, pour une fois.

Nous sommes dans les égouts de Paris. Un homme est en fuite et réussit à faire faux bond  aux flics. On le retrouve deux ans plus tard, à Dublin. Ce type, c'est Yann Morlaix. Un tueur. Qui a le toupet d'avoir été libraire ! Il possède un potentiel mimétique hors du commun qui lui permet de s'adapter à l'Irlande et à son peuple. C'est aussi un érudit (libraire oblige).
Ce type est une déjà une ancienne connaissance de la police française, en particulier d'Escoffier. Trop malin, Morlaix leur a maintenant échappé deux fois. La police française et irlandaise décident de collaborer pour le coincer. Collaborer est un grand mot. On va dire qu'ils vont tenter de se supporter...

Je m'attendais à un polar bien ficelé. Mais c'est plutôt une grande balade en Irlande. Je ne vais pas tout énumérer mais, en gros, tous les sites,  monuments, chefs d'oeuvres, personnages historiques ou légendes irlandaises  sont évoqués : Glendalough, Poulnabrone, Trinty College, Brigid, les fils de Dana, le livre de Kells, Michael Collins, Gerry Adams...
Le livre de Kells est d'ailleurs le prétexte à un début d'intrigue mystique à la Dan Brown (parce que le tueur se sert des enluminures du livre pour envoyer des messages "codés" à une amie) pour finalement être abandonnée en cours de route.

On s'embarque dans les quartiers nord de Dublin, dans l'univers de la mafia irlandaise qui traficote avec celle d'Irlande du Nord (IRA contemporaine).

Il y a même une histoire d'amour ! Entre Escoffier qui part à la poursuite de Morlaix en terre d'Irlande et tombe amoureux d'une Franco-Irlandaise, tout en sachant que ça ne durera pas... (Tadam !)

J'ai lu ce livre il y a déjà plusieurs mois et j'en garde une impression de livre "prétexte" pour l'auteur, à caser tout ce qu'elle connait de l'Irlande. J'ai trouvé que l'intrigue partait un peu dans tous les sens et que les personnages manquaient de consistance. Je suis donc déçue.Si vous ne connaissez rien sur l'Irlande, sans doute apprendrez-vous pas mal de choses. Mais si vous n'y êtes jamais allé, l'évocation de Glendalough, KIillarney ou de Powercourt ne vous parlera pas.

Décevant donc malgré la qualité de l'écriture et une volonté manifeste de l'auteur à laquelle je ne suis pas insensible. Mais j'attendais mieux.


 


21 août 2011

Garden of love

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4e de couverture : "Il est des jardins vers lesquels, inexorablement, nos pas nous ramènent et dont les allées s'entrecroisent comme autant de possibles destins. A chaque carrefour se dressent des ombres terrifiantes : est-ce l'amour de ce côté ? Est-ce la folie qui nous guette ? Alexandre Astrid, flic sombre terré dans ses souvenirs, voit sa vie basculer lorsqu'il reçoit un manuscrit anonyme dévoilant des secrets qu'il croyait être le seul à connaître. Qui le force à décrocher les ombres pendues aux branches de son passé ? Qui s'est permis de lui tendre ce piège ? Autant de questions qui le poussent en de terrifiants jardins où les roses et les ronces, inextricablement, s'entremêlent et dont le gardien a la beauté du diable."

Ce polar français m'intriguait depuis un moment : le roman policier présenté comme virtuose aux multiples prix dont.le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2008. C'était donc trop tentant... Mais voilà, prix ou pas prix, il y a des livres avec lesquels on n'accroche pas. J'ai vraiment été admirative de l'écriture, angoissante, prenante, recherchée et précise. Marcus Malte a un style admirable, c'est sûr. Reste que l'histoire est  très bizarre et alambiquée. On s'y perd ou plutôt que j'y suis perdue, dans un ennui profond en me demandant quel était le but du jeu...

Que dire de de plus ? J'ai tenté l'expérience de cet auteur mais je ne recommencerai pas. Dommage, pour une fois que je lis un polar made in France...

26 février 2010

Zulu

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4e de couverture : "Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records. Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale... "

Attention : pépite !
Je viens juste de refermer ce livre et je suis sous le choc ! Je vous préviens, c'est un livre très violent. Je n'ai pu le lire qu'avec des pauses conséquentes.

Caryl Férey restitue parfaitement la violence de l'histoire de ce pays qu'est l'Afrique du Sud. Il démontre avec brio comment cette violence s'organise en un écheveau complexe. Comment, d'une part,  la manipulation inter-ethnique a été savament travaillé sous l'Apartheid : les Zulus (affiliés au parti de l'Inkhata) contre les Xhosa (parti de l'ANC dont la figure emblématique est bien entendu Nelson Mandela), les premiers étant manipulé par les Blancs au pouvoir. Et d'autre part, comment aujourd'hui, certains maintiennent la "pression" d'une manière toute aussi effroyable.

Le roman se déroule dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, post-apartheid. Ali Neuman (un Zulu) a vu son père et son frère aîné pro-ANC massacrés quand il était petit par une milice de l'Inkatha. Adulte, il est flic et travaille avec Dan Flechter, un Métis et Brian Epkeen un Blanc. Le cadavre d'une étudiante blanche et riche, est retrouvé, le visage massacré. Pour Ali, Dan et Brian, ce cadavre est le début de l'Enfer. Et je pèse mes mots sur ce qu'ils vont découvrir !

Une foule de personnages peuple ce roman intense et dense. Mais aucun n'est là par hasard. Du gamin des rues shooté et sidéen, au chef de gang tout aussi shooté et malade, au grand magnat de l'industrie pharmaceutique au passé de militaire, en passant par les prostituées. Tout s'imbrique parfaitement avec horreur !


Cependant, Caryl Férey évite les écueils et la fin du roman est à ce titre édifiante. Un espoir pour l'Afrique du Sud de demain. Même si nous laissons les personnages dans un piètre état...

Je vous préviens : pour lire ce roman, il faut avoir le coeur bien accorché ! Mais cette expérience sud-africaine en vaut la peine et amène à la réflexion. On est sans doute pas tout à fait le même quand on a refermé le livre.  Le roman a d'ailleurs obtenu de nombreux prix (même si pour moi ça ne veut pas forcément dire quelque chose, je dois dire que là, c'est mérité, d'autant plus que c'est très bien documenté).

Cela dit, je crois que je vais enchaîner sur un livre un peu plus reposant...