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Mille (et une) lectures
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Mille (et une) lectures
13 décembre 2009

Le tag de l'amitié

J'ai été taguée par Karine qui m'a décerné :

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Je dois, pour relever le challenge, vous dire 7 choses que j'aime :bigre !

1. La lecture (nan, sans blague, en voilà une surprise !!!) et depuis toute jeune quand la maîtresse du CP m'a appris à lire.

2. L'Irlande (whaaa ! scoop n°2 :p!!).

3. Les voyages

4. Le chocolat : le 70% de cacao ne me fait pas peur, au contraire, plus c'est noir, mieux c'est pour moi !

5. Les chats (et pas trop les chiens)

6. Le jardinage (j'ai la main verte, les orchidées en sont ravies).

7. La musique : baroque, rock, new-age, trad irlandaise...

Je dois décerner à mon tour le prix et le tag à 7 autres bloggueurs: oui mais voilà, la plupart de celles et ceux à qui je pense ont déjà été taguées donc joker car je n'arriverai jamais à 7, mais je décerne tout de même le prix à Chryssilda, Keisha, Aifelle et Karine, sans oublier Coonie et Philou :)

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10 décembre 2009

La femme qui se cognait dans les portes

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(Je rappatrie ici un billet que j'avais fait il y a quelques mois sur mon blog irlandais.)

4e de couverture : "Après le succès de sa trilogie de Barrytown et le triomphe de Paddy Clarke Ha Ha Ha, Roddy Doyle réussit un nouveau tour de force avec ce roman où il trouve - lui, un homme - le ton juste pour dire "Moi, Paula, trente-neuf ans, femme battue". C'est avec un mélange d'humour - irlandais bien sûr - et de cruauté qu'il prend la voix de cette Paula Spencer, une Dublinoise dont la vie conjugale a été ponctuée de raclées, de dents et de côtes brisées, alcoolique au surplus et par voie de conséquence. Mais qui reste digne et garde la force de prétendre, à l'hôpital, après chaque dérouillée, qu'elle s'est "cognée dans la porte", un grand livre".

Roddy Doyle réussit un tour de force littéraire pour évoquer un sujet délicat et difficile. La première chose surprenante que l'on constate une fois le livre terminé, c'est qu'on a complètement oublié, pendant la lecture, qu'il a été écrit par un homme ! Le récit à la 1ère personne n'y est sans doute pas pour rien, celui du témoignage et du vécu. Mais surtout les sentiments, les émotions féminines sont incroyablement restitués. Paula, Dublinoise, fait le récit de son enfance, de sa famille, de la rencontre de celui qui deviendra son mari, un certain Charlo Spencer, pendant les trois quarts du livre. On en vient même à se demander si le livre traite bien du sujet que l'on croyait et que le titre laisse deviner : celui d'une femme battue. En effet, pendant les trois quarts du livre il n'est pas question de coups et de maltraitance, mais de bonheur, de souvenirs d'école, d'enfance, de jeunesse et de fiesta que Paula et ses soeurs se racontent. Le présent se superpose au passé, les pistes temporelles sont brouillées. Puis la violence surgit et se déchaîne quand on ne l'attendait plus, d'un coup (c'est le cas de le dire!), sans explications. Charlo (nom prédestiné!) en colle une à Paula parce qu'elle lui a dit d'aller se faire ton thé lui-même. Tout au long du récit, ce sont alors des dents cassées, des yeux au "beurre noir", des cheveux arrachés, des coups de poings etc. Pour tenir le choc, pour ne pas commettre le pire, il y a l'alcool. Paula devient alcoolique. Une aubaine pour son abruti de mari, qui lorsqu'elle est trop amochée, l'emmène à l'hôpital en disant qu'ivre, elle s'est cognée dans une porte... Pourquoi Charlo agit-il ainsi se demande Paula et le lecteur avec elle. L'auteur ne donne aucune explication parce qu'il n'y en a aucune à donner et laisse le lecteur juger : Charlot n'a aucune excuse. Charlot est un assassin. Charlot est un malade. Charlot est un macho. La violence est purement gratuite. Le roman, malgré ce sujet délicat, est bourré d'humour et Paula a son franc parler. La manière dont elle parvient à se débarrasser de son tyran est hilarante et une juste vengeance pour les humiliations subies pendant des années. Pour maintenir un peu de suspens, je vous ne dis pas comment...

Je mets ce livre en première place de mon hit-parade des livres de Roddy Doyle, loin devant Paddy Clake ah! ah!ah!, le livre qui a rendu Roddy Doyle populaire.

******

Je viens, en ce mois de décembre, de recevoir le livre commandé d'occasion, une petite perle rare (à mes yeux) des romans peu connus de Roddy Doyle en France : la Légende d'Henry Smart, qui nous parle de 1916 en Irlande et d'un personnage "entre Oliver Twist et Gavroche". J'ai hâte de le commencer !! A quand les insommnies pour commencer tous les livres qui me font piaffer d'impatience  :p ?

Dans un autre registre, Roddy Doyle écrit aussi des livres pour enfants.

7 décembre 2009

Sur la plage de Chesil

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4e de couverture : "Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie."

C'est par ce roman que j'ai découvert Ian McEwan en 2007. Un roman d'instrospection, d'examen à la loupe d'un couple de jeunes mariés, Florence & Edward, dans le huis-clos amoureux de la nuit de noces. Mais pas tel qu'on pourrait se l'imaginer ! McEwan transforme la nuit d'amour en un véritable cauchemar et se livre là à une virulente satire d'une certaine société anglaise des années soixante. L'auteur est ici très incisif et cruel avec ses personnages, il en fait deux êtres complètement "coincés", très instruits mais complètement ignares des choses de la vie. Florence se remémore les choses qu'elles a lues dans les livres, des mots qui la laissent perplexe et la terrifient. Le couple est empêtré dans son embarras, au-delà des mots, jusqu'au malentendu et à la catastrophe finale. Leur vie bascule irrémédiablement. Un vrai gâchis stupide ai-je pensé en refermant le livre. Une démonstration magistrale des effets pervers des "tabous" dans une société.

J'ai vraiment aimé ce roman mais j'ai eu de la peine pour les personnages (ce ne fut pas le cas dans Expiation ou dans Samedi)  ! Les pauvres! Monsieur McEwan, vous êtes terrible !

5 décembre 2009

Carmilla

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4e de couverture : "Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla... Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais " par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ". Métaphore implacable de l'amour interdit, Carmilla envoûte jusqu'à la dernière ligne... jusqu'à la dernière goutte de sang !"

Voici LE livre qui a inspiré Bram Stoker pour son Dracula ! Je n'ai pas encore lu ledit Dracula (shame on me !) mais je dois dire que j'ai trouvé Carmilla extra-ordinaire (dans tous les sens du terme!) ! En plus il s'agit d'une vampire ! L'atmosphère est angoissante et le suspens va crescendo au fur et à mesure que les phénomènes étranges se multiplient : des gens meurent d'une étrange maladie, le visage de Carmilla prend parfois un drôle d'aspect, ses réactions sont surprenantes, de plus en plus... Il s'agit en outre d'une vampire voyageuse, connue auparavant dans d'autres contrées sous un autre nom, anagramme du nom éponyme, mais procédant toujours de la même manière.

La découverte du tombeau et du corps de la Comtesse Mircalla ainsi que le "meurtre" du vampire sont, je trouve, un grand moment d'anthologie de la littérature gothique ! Génial !

Bref, un vrai bon thriller gothique de 1871.

Joseph Sheridan Le Fanu est irlandais - comme Bram Stoker.

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3 décembre 2009

Le tueur des ombres

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4e de couverture : Lorsque le corps de Drew Shand, écrivain à succès, est retrouvé mutilé dans le quartier historique d'Édimbourg, la police conclut à un crime crapuleux. Mais après l'assassinat brutal de Jane Elias, la reine du thriller, il faut se rendre à l'évidence : un tueur s'attaque aux stars du roman noir. Et, non content de les éliminer, il reproduit les scènes de leurs propres livres. A quand la troisième victime ? Fiona Cameron s'attend au pire. Psychologue, experte en affaires criminelles, elle vit avec un auteur de polars, Kit Martin, réputé pour la violence de ses intrigues. Or il a reçu une lettre de menace. Et dans le roman qui l'a rendu célèbre, le meurtrier saignait ses victimes pour peindre des fresques murales...

Avec Val McDermid, pas d'effusion de sang à outrance, pas de "gore". Ses romans policiers jouent avant tout sur l'imagination du lecteur, et elle s'en sert à merveille. Tout est dans le psychologique. Le titre en VO est d'ailleurs Killing the Shadows.

L'héroïne vit en couple avec un auteur de polar et voici que les assassinats d'écrivains se multiplient. Elle voit rouge, d'autant plus que sa jeune soeur a été assassinée des années plus tôt par sa faute (c'est du moins ce qu'elle s'imagine). La culpabilité ne l'a pas quittée depuis. Fiona est une psy qui doute et qui s'inquiète pour son conjoint. Alors qu'au contraire, celui-ci tente de dédramatiser la situation, jusqu'au moment où....(je ne peux pas dire ce qui va se passer, vous comprendrez-bien !!)

J'ai beaucoup aimé l'idée du couple auteur de polar/psy profiler et du "plagiat" : Jack l'Eventreur (ou plutôt son double dégradé : "Jacot l'Eventreur", plagiaire du premier) et tout ce que cela suppose, la mise en abyme qui fait monter le suspens en brouillant la frontière entre fiction et réalité.

Bref, un roman policier très bien construit, qui, de plus, fait la part belle aux femmes, au pouvoir de l'imagination et de la littérature.

C'est le 2e roman que je lis de cette Ecossaise et je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une minute, d'un bout à l'autre des 600 pages ! J'ai dévoré. J'en ai déjà un 3e dans ma PAL.

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1 décembre 2009

Impératrice

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4e de couverture : "Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons, elle est devenue Impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémie.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée, elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l'Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-la-Roue-d'Or.
Son nom a été outragé, son histoire déformée, ses mémoires effacées, les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir Empereur, et pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.

Son nom a été outragé, son histoire déformée, sa mémoire effacée. Les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir empereur. Pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de la Cité interdite."

J'ai lu ce roman il y a un an, après avoir lu pas mal d'autres livres de Shan Sa, française d'origine chinoise, née à Pékin, écrivant en français et vivant en France depuis les années 1990.

C'est un roman tumultueux, très riche, d'une lecture facile même si l'on n'a aucune notion d'histoire de la Chine (ce qui est mon cas). C'est instructif sur les moeurs de la Cité interdite (assez surprenantes parfois pour les neophytes comme moi). C'est l'histoire d'une femme libre qui se bat contre les carcans de son époque. Un personnage complexe qui finira par être comme ceux qu'elle haïssait. Une réflexion sur le Pouvoir.

Bref, j'en garde un bon souvenir. Ce roman a obtenu le Prix des Lecteurs 2005 (Livre de Poche). Le livre-type à emmener si l'on projette un voyage en Chine !

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