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29 mai 2014

Le quatrième mur

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En 1974, Georges, étudiant en histoire, militant pro-palestinien, fait par hasard la connaissance de Sam. Sam est grec, juif et metteur en scène. Georges ignore que cette rencontre va changer sa vie à tout jamais, le propulser au coeur du confilt libano-israélo-palestinien, de la guerre civile qui ravage le Liban en 1982-1983, et ébranler ses certitudes.
Sam a un rêve : monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth, sur la ligne verte qui disloque la ville. Seulement Sam est rongé par la maladie. Il demande à Georges de réaliser ce rêve. George accepte. Il lui faut réunir toutes les communautés et religions du pays qui s'entre-déchire. Une Palestinienne sunnite, un chiite, un Druze, une chrétienne, un maronite. C'est Imane, la belle Palestinienne qui incarnera Antigone "la petite maigre"... Seulement voilà, la réalité de la guerre reprend le dessus sur la fiction de la pièce et le rêve de paix. La veille du jour J, Beyrouth est bombardée par les Israéliens et Chatila massacrée.

Cela fait des semaines que je recule à écrire un billet sur ce roman. Pas parce que je n'ai pas aimé, bien au contraire. Parce qu'il m'a laissée stupéfaite et retournée et que je sais d'avance que je n'en parlerai pas à la hauteur de ce qu'il mérite.

Sorj Chalandon m'avait déjà scotchée avec Mon traître et Retour à Killybegs. Cet écrivain, ancien reporter de guerre, met vraiment ses tripes dans ses romans (et quand il en parle aussi, d'ailleurs).

Outre la dimension émminement littéraire et l'écriture magistrale, ce roman restitue le traumatisme psychique de la guerre, la manière dont les certitudes peuvent être ébranlées, le néant des mots face à l'atrocité. Comment il est impossible de revenir en arrière et de tout effacer quand on a vu le martyr des corps déchiquetés, torturés, violés, brûlés, et entendus les cris de douleur des survivants.

Sorj Chalandon a dit, lors de la mini-conférence au Salon du livre de Paris, que Georges était son double fictionnel : ce roman restitue son expérience de reporter de guerre et la difficulté qui surgit quand il faut retourner dans un pays en paix avec des images de guerre dans la tête. Comment supporter le quotidien de la paix ?

Le "quatrième mur" est le terme employé au théâtre pour désigner l'espace, le mur invisible qui sépare les acteurs du public, qui met à distance les comédiens des spectateurs. Hélas, Georges, à la différence de Sorj, franchira ce mur.

"Je quittais tout. Je n'avais plus rien à faire de la paix. Dans un monde où les enfants pleurent pour une boule de glace."

En lisant ce roman, vous verrez la guerre, vous saurez ce qui s'est passé à Chatila même si vous n'étiez pas pas né ou pas en âge de comprendre, Chatila ne sera plus un mot flou. Et cela restera ancré dans votre esprit pour longtemps.

Sorj Chalandon allie ici son talent d'écrivain et de journaliste. A lire absolument.

Bravo aux lycéens qui ont fait de ce livre leur Prix Goncourt de l'année 2013 : amplement mérité !

 

 

 

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20 mai 2014

Mort en été

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4e de couverture : "Dublin, 1952. Dirk Jewell, le propriétaire du Daily Clarion, quotidien de la ville, est retrouvé mort chez lui, un fusil dans les mains. Appelés sur les lieux du drame, Quirke, le légiste tourmenté, et Hackett, l'inspecteur qui l'aide sur tous ses mauvais coups, constatent qu'il ne s'agit pas d'un suicide, mais d'un meurtre. L'homme était marié et père d'une fillette, richissime, très influent, redouté, jalousé, peu populaire, bref, voilà un meurtre entouré d'autant de suspects que de mobiles potentiels. Dès sa première rencontre avec les proches de la victime, Quirke est troublé par l'énigmatique veuve, par sa solitude, son mystère, sa froideur, son charme. Cette attirance va l'entraîner sur un chemin que sa conscience aurait dû lui interdire de suivre, et sérieusement compliquer l'enquête..."

Quatrième rendez-vous avec l'attachant Docteur Quirke, qui n'est pas un George Clooney dublinois, mais un médecin légiste adorablement bourré de défauts. Ayant largement trop abusé de la bouteille dans le volume précédent, il a renoncé à l'alcool après une cure de désintoxication. N'empêche, Quirke n'a pas besoin de boire pour endosser un rôle, devenir un autre personnage : celui du détective privé. C'est la mort du magnat de la presse dublinoise, Richard Jewell, surnommé très poétiquement Diamond Dick Jewell, c'est-à-dire en gros "Diamond du Gland de mes bijoux de famille"...
Ce qui pique la curiosité de Quirke et le mènera sur une pente glissante, c'est qu'aucun membre de la famille ne semble attristé par la mort de cet homme à la réputation sulfureuse. Malgré l'avertissement de sa fille Phoebe, notre bon vieux docteur se lance dans une enquête parallèle à celle son ami l'inspecteur Hackett, parce qu'il croit au meurtre et non au suicide. La police est une peu trop molle du genou à son goût !

En parlant de genou, on ne peut pas dire que Quirke soit très sage. Il est complètement scotchée par Françoise d'Aubigny, la veuve de Dirk Jewell, une Française et fait fi d'Isabel Galoway. Mais non content de mettre sa vie sentimentale sens dessus dessous, il tente même d'y entraîner Phoebe qu'il voudrait bien voir se caser avec son collègue, le jeune David Sinclair.

Si dans La disparition d'April Latimer, Benjamin Black mettait en scène un noir à Dublin, ici, il présente une autre minorité et tout le mystère et les préjugés qu'elle suscite dans l'Irlande des années cinquante : le juif, avec les personnages de David Sinclair et de la famille Jewell.

On retrouve aussi les thèmes chers à Benjamin Black : la maltraitance enfantine, la perte d'identité, la famille disloquée, le secret de famille. La résolution de l'énigme fera une fois de plus du coupable avant tout une victime. On devine d'ailleurs un peu trop vite qui est coupable de la mort de Richard Jewell, même si la raison de ses actes est savamment gardée jusqu'au bout.

Un roman noir agréable à lire même si cette fois j'ai trouvé que c'était un peu moins prenant que dans les précédents volumes.

L'autre défaut (indépendant du talent de l'auteur)  est que la parution des tomes en France est trop espacée : du coup on a du mal à se rappeler ce qui s'est passé auparavant. Mieux vaut avoir pris des notes car les principaux protagonistes évoluent.

Enfin, le personnage de la femme française est tellement caricatural que cela en est presque comique. Je ne vois pas John Banville/Benjamin Black ne pas le faire volontairement, mais je ne vois pas ce que cela apporte à l'intrigue puisque ce n'est même pas drôle cette femme fatale face au médecin tourmenté.

J'attends mieux du tome 5. Et dommage pour le doigt de David...
En tout cas, je veux savoir quelle sera  la prochaine bêtise de Quirke !

 

8 mai 2014

Sarah Thornhill

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Sarah vit en Australie, au début du XIXe siècle, au bord du long fleuve tortueux Hawkesbury, en Nouvelle Galles du Sud. Sa mère est morte quand elle était toute petite. Son père, un Anglais banni pour vol, est maintenant affranchi. Il est propriétaire terrien, s'est remarié à une femme que Sarah appelle Ma. Ils vivent aux côtés d'Aborigènes (même si ce nom n'est jamais écrit explicitement), des "naturels", comme ils disent, de pauvres hères en guenilles. Sarah a pour meilleur ami Jack Langland, un métisse de père anglais et de mère "naturelle". Pour Sarah, cela n'a aucune importance. Elle finira par tomber amoureuse de son ami d'enfance. Ils prévoyaient de se marier. Mais voilà que son frère Will trouve la mort en mer, alors qu'il était parti pêcher en Nouvelle-Zélande avec Jack. Un premier secret est révélé et ce sera la fin de la vie tranquille et innocente de Jack et Sarah...

Si vous avez besoin de vous aérer l'esprit, de changer d'air, je ne peux que vous conseiller ce roman incroyable, qui m'a emportée loin pendant les quelques jours qu'il m'a fallu pour le dévorer ! Une fresque familiale et une histoire d'amour (sans mièvrerie), certes, mais aussi un roman sur l'ambiance de l'Australie de cette époque où le racisme et les préjugés sont encore monnaie courante et dont on parle ainsi du passé de l'île :
"Y avait partout des noirs, à l'époque. Les gens parlaient de sauvages vivant dans des coins reculés, où les blancs avaient encore jamais mis les pieds : ils se promenaient nus comme des vers et mangeaient leurs bébés, qu'ils disaient. Ils tuaient tous les blancs qu'ils rencontraient et leur arrachaient le coeur."

Mais si les habitants de cette terre sont racistes et méfiants vis-à-vis des autochtones noirs, ils le sont aussi entre blancs : ceux qu sont arrivés libres regardent d'un oeil condescendant ceux arrivés bannis et maintenant affranchis. Et puis, parmi ces Anglais, il y a également des Irlandais. Dont un originaire de Cork, le gentil Mr Daunt, désargenté et sa gouvernante, Maeve. Daunt est en fait un Anglo-Irlandais et il explique à Sarah qu'il ne parle pas la langue originelle de Maeve (le gaélique).

Ce roman est donc aussi celui de l'Australie du melting pot contraint ou voulu car oui, les sangs s'y mêlent pour conduire à des histoires d'amours, entre noirs et blancs, entre métis et Maoris, entre Anglais et Irlandais. Le sang est hélas aussi celui du crime, qui est le nerf narratif du secret révélé dans le roman, et du poids de la culpabilité qui s'ensuivra.

J'ai aimé le personnage de Sarah, héroïne très attachante par son courage et son grand coeur, quelqu'un sur qui on peut compter. Une jeune femme qui saura s'affranchir du poids de la culpabilité qui pèse du sa famille. 
J'ai aimé la suivre dans les méandre du fleuve Hawkesbury, qui à chaque recoin révèle un paysage étonnant. Et puis observer avec elle et sa fille Sadie, les kangourous dans le Bush, m'embarquer avec le mal de mer en Nouvelle-Zélande pour rencontrer les Maoris.

Un roman très divertissant, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Je le classe parmi mes coups de coeur de l'année. C'est le livre de Kate Grenville que je lis. J'y reviendrai parce qu'elle vous rend addict !

Je remercie Anne-Charlotte des Editions Métailié de m'avoir permis de découvrir ce roman : excellente proposition !

 

 

20 avril 2012

Brouillages

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4e de couverture (de la version poche): " Il y a longtemps que Björn et Eva ne forment plus un couple épanoui, et que leurs deux enfants, adolescents méfiants et rebelles, assistent à leurs disputes. Aussi, quand Björn est retrouvé inanimé, le crâne fracassé, derrière la maison d'été familiale, son fils Marteinn suppose qu'il allait là-bas rejoindre sa maîtresse, Sunneva, une splendide rousse deux fois plus jeune que lui, employée dans son cabinet d'architecture. Mais Sunneva a disparu, et son père, ami de longue date et ancien associé de Björn, reçoit d'étranges coups de téléphone. Un flic brisé par une rupture est chargé de mener l'enquête, cependant qu'un tueur à gages japonais parcourt l'Islande en quête d'un lieu propice à l'organisation d'un "accident". Si l'argent fait tourner le monde, ce sont les passions qui le dérèglent... dans ce polar oppressant, rien de plus menaçant, en effet, que les relations humaines, qu'elles soient amoureuses, amicales ou familiales."

Brouillages embrouillés, telle est l'impression qu'il me reste de ce roman policier ! Certes, on se laisse prendre à cette histoire en huis-clos où le suspense fonctionne et scotche le lecteur mais... on a l'impression que l'auteur s'est pris à son propre piège. Tout d'abord, un personnage certes secondaire, mais ayant tout de même son importance dans l'histoire, disparaît sans explication aucune : le Garçon de Porcelaine, tueur à gages japonais, chargé de récupérer des informations sur l'appel d'offres passée pour la construction du Grand Stade d'Islande et sur lequel travaillait Björn, architecte retrouvé le crâne fracassé dans son châlet d'été. Ce tueur à gages a été engagé par Gunnar, ami d'enfance de la victime, mais presque à l'insu de son plein gré... Or, la fille de Gunnar se trouve être la jeune maîtresse de Björn (mais le père ne le sait pas, évidemment!). Le fils de Björn, Marteinn, soupçonne son père d'adultère, le suit et découvre le pot aux roses.... du moins le croit-il !

Jon Hallur Stefansson tricote et multiplie les fils de son intrigue mais si la suprise est au rendez-vous, je l'ai trouvée un peu trop surprenante pour être crédible ! Un sentiment de "too much" qui gâche l'impression générale sur ce roman à la lecture agréable malgré tout. L'écrivain montre un petit monde islandais bourgeois bien-pensant mais non moins corrompu dans bien des domaines. Les personnages ne sont pas franchement sympathiques au regard de leur hypocrisie. Un univers où alcool, drogue et sexe et... meurtres coulent à flots.

Un polar bien différent de ceux qu'écrivent Arnaldur Indridason et Arni Thorarinsson.
 

 

28 février 2012

84, Charing Cross Road

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4e de couverture : "Par un beau jour d'octobre 1949, Helene Hanff s'adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes.
Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies."

 Une Américaine, écrivaine, sans fortune, passe commande le 5 octobre 1949, auprès d'un libraire de Londres, spécialisé dans les livres épuisés: "J"aime les livres anciens et tous ceux que je voudrais avoir sont introuvab les ici en Amérique, sfaut dans des éditions rares et très chères, ou bien chez Barnes & Noble, qui vend à des prix abusifs des exemplaires très défraîchis et ayant appartenu à des écoliers".

 C'est un échange de plus de vingt ans qui va s'établir là, entre Helene, l'Américaine et Frank, le libraire. Au-delà de lettres charmantes, c'est au choc de deux civilisations qu' à affaire le lecteur. En effet, en 1949, les Etats-Unis sont complètement sortis de la guerre, dans le sens où l'on trouve de tout, que ce soit pour manger ou se cultiver (à condition d'avoir de l'argent dans ce dernier cas). Au contraire, dans l'Angleterre soumise aux restrictions alimentaires, on crève la dalle ! Mais on trouve assez facilement, de beaux spécimens de livres pour trois fois rien. Helene, au fil des lettres, va joindre à ses courriers des colis de viande et d'oeufs, en échange... de nourriture de l'esprit. Cet aspect m'a sauté aux yeux dès le début. Et c'est par cette générosité, au-delà de sa passion pour les livres, qu'elle va établir un réel lien d'amitié avec tous les employés de la librairie, même si Frank est son principal interlocuteur.

On se régale de son humour, parfois sarcastique (mais jamais méchant) qui cherche à percer le flegme tout britannique. Franchement, il met un certain temps à se détendre le Frankie... Et encore, il sera toujours beaucoup plus réservé dans ses propos que notre excentrique américaine amoureuses des livres dans des éditions épuisées. On se régale des descripitions qu'elle en fait. Et à l'heure du livre électronique, ça fait vraiment réfléchir.... En tout cas, moi, ça me fait réfléchir. Un objet electronique ne donnera sans doute jamais autant de plaisir que les éditions  papier que maniuple Helene. " Le Stevenson est tellement beau qu'il fait honte à mes étagères bricolées avec des caisses à oranges, j'ai presque peur de manipuler ces pages en vélin crème, lisse et épais. (...) Je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner tant de joie". Je suis tout à fait de son avis, je m'y retrouve parfaitement...
Un petit bémol sur la 4e de couverture (encore !) : je n'ai pas trouvé d'amour dans cette histoire, seulement une indéfectible et grande amitié.

De ce qui est devenu un livre à succès depuis les années 70 outre Manche et outre Atlantique, il a été tiré un film (et une pièce de théâtre). Un ouvrage propice à créer du lien - et ça c'est du vécu ! ;-).

 

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22 octobre 2011

La malédiction des Brault - Tome 1

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4e de couverture :"En 1903 Jacques Brault, un jeune provincial ambitieux et rêvant d'exotisme, quitte la France et s'embarque pour la Côte dIvoire, alors territoire de l'Afrique Occidentale Française. Rapidement promu administrateur du cercle d'Assinie, Jacques poursuit une brillante carrière et est remarqué de ses supérieurs qui le pressentent pour le poste de gouverneur. Sa voie semble toute tracée, mais la solitude de lexpatrié commence à lui peser. La compagnie de son fils mulâtre et de sa maîtresse indigène ne suffisent plus à combler le vide de son existence. La visite inopinée d'un vieux colon va bouleverser son destin. Jacques rentre en France pour épouser Jeanne, une amie d'enfance. Emportés dans la spirale d'un amour exclusif, les Brault vont devoir surmonter les tourments de la passion, la trahison et les révoltes indigènes qui annoncent la fin de la colonie... Survivront-ils à ce maelstrom ? « La Malédiction des Brault » est le premier volet d'une saga romantique et historique où l'histoire et la passion se mêlent et nous transportent de l'Afrique au vieux Continent. Jacques, la belle Jeanne, Oubliette, le roi mulâtre et Dédi la guérisseuse vont nous faire vivre les bouleversements de l'Histoire."

En lisant la 4e de couverture, j'ai été attirée par le fait que cette fiction se déroule en Côte d'Ivoire, d'autant plus qu'on nous annonce un rendez-vous avec l'Histoire. C'est un pays qu'on connaît mal en France et je pensais en apprendre davantage. J'aurais dû me méfier du terme "saga"...

Pendant une bonne centaine de pages, on se dit que tout est vraiment trop idyllique dans la vie du héros, Jacques Brault, jeune homme parti en Côte d'Ivoire par goût pour l'aventure. Tout lui sourit. Même son amie d'enfance, Jeanne Dupuy, qu'il n'a pas revue depuis des années, accepte de l'épouser sans hésitation malgré un fils qu'il a déjà eu avec sa maîtresse indigène. D'emblée, elle adore le petit Pierre et se fiche complètement d'être rejetée par les autres femmes de colons qui ne comprennent pas cela. Jacques et Jeanne sont des colons "nouvelle génération", loin des préjugés de leurs aînés. Du moins c'est ainsi qu'on les pressent dans un premier temps. Ils sont parfaits, jeunes, beaux, amoureux et généreux. C'est trop beau pour être honnête.
Le miroir se brise quand Jeanne, enfin enceinte, après de vaines tentatives, perd son fils, Jean, qui meurt à l'âge de six ans, dans d'atroces souffrances suite à une forme virulente de paludisme : "Une dernière convulsion, plus abominable que les autres, un râle affreux et l'enfant resta raidi, le corps arqué, ne reposant plus que sur la nuque et les talons. Puis doucement il s'affaissa pour rester inerte à jamais". Dès lors, Jacques délaisse Jeanne et se réfugie dans le travail, Jeanne sombre dans la dépression et se met à détester Pierre. Dans un accès de folie, elle le chasse de la maison. Pierre, rejeté, part travailler aux chemins de fer. Délaissé par sa famille, insulté à longueur de temps par ses collègues qui jalousent ce mûlatre fils d'administrateur, finit par battre à mort le chef d'atelier (du moins c'est ce qu'il croit). Il s'enfuit, est recueilli par une tribu locale. Empli de haine il décide de se venger des Blancs, devient le "roi mûlatre" et fait la guerre... à son père ! Evidemment ça finit mal !

J'ai presque tout dit de l'histoire, une histoire pressentie depuis le début, certes avec de nombreux rebondissements mais que j'avais devinés !
C'est bien le défaut de ce roman : on devine tout car les ficelles sont un peu grosses. Une oeuvre agréable à lire cependant, mais qui fait trop dans le "cliché". J'espérais apprendre quelque chose sur l'Histoire de la Côte d'Ivoire, mais ce ne fut pas le cas. J'attendais quelque chose de plus fouillé, de moins superficiel. Un roman très conventionnel donc.

Je remercie Les Agents littéraires et Mon Petit Editeur pour l'envoi.

10 août 2011

L'étrange disparition d'Esme Lennox

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4e de couverture : "A Edimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées resurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l'existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l'isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d'une enfance douloureuse ? De l'amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu'une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ? "

C'est vrai que j'ai hésité - un tout petit peu - à me relancer dans la lecture de Maggie O'Farrell puisqu'il y a quelques mois, j'avais été déçue par La femme de mon amant. Mais les avis enthousiastes d'Aifelle, de Miss Alfie, de Mélorie 1974, de  Lou, d'Ys et tant d'autres, ont fini par me convaincre totalement. Et je dois dire que je ne le regrette pas puisque L'étrange disparition d'Esme Lennox (The Vanishing Acte of Esme Lennox, titre original qui a tout son sens !) est d'une toute autre facture que le roman par lequel j'avais commencé à lire cette auteure !

Maggie O'Farrell est nord-irlandaise mais elle plante le décor de son récit à Edimbourg. Esme a été enfermée à l'âge de seize ans, sur décision de son père, à l'hôpital psychiatrique de Claudstone. Mais cet hôptial va à présent fermer ses portes. Iris, sa petite-nièce, ignore jusque-là que sa grand-mère, Kitty, a une soeur. Elle pense à une erreur manifeste. Mais le directeur de l'hôpital l'informe que non, ce n'est pas une erreur et que son nom figure comme personne à contacter. C'est sur la pointe des pieds et emplie d'une peur manifeste qu'Iris décide peu à peu de prendre en charge Esme, qui a passé soixante-et-un ans de sa vie derrière ses murs. La vieille dame raconte alors son histoire, par bribes. S'y entremêle la version de Kitty (atteinte maintenant de la maladie d'Alzeimer, mais il y a des choses que cette maladie ne peut pas effacer !). Et l'on va de stupéfaction en stupéfaction !
Esme est tout sauf folle. Au contraire. Elle se révèle d'une intelligence hors norme. Ce fut une jeune fille qui voulait aller à l'université, qui ne souhaitait pas se marier ni être enfermée à la maison. Quand on lui demandait ce qu'elle voulait faire plus tard, elle répondait d'emblée qu'elle voulait voyager, voir du pays et travailler. En d'autres termes, c'était une jeune femme libre d'esprit et spontannée dans un univers de calculateurs. Et belle, de sucroît...

Le thème des femmes enfermées dans des asiles est presque devenu un classique littéraire et cinématographique sur un fait tristement célèbre. J'avais déjà lu l'époustouflant  Testament caché  de l'Irlandais Sebastian Barry et j'avais déjà vu le film de Peter Mullan sur le même sujet. Mais à chaque fois, on se prend une sacrée claque. Ici l'hôpital (mais peut-on parler d'hôpital, puisqu'un un hôpital est censé pour soigner) n'est pas tenu par des religieuses mais bien des infirmières civiles. Cependant, ce n'est pas ici que se déroule l'essentiel du roman (heureusement !) mais dans l'esprit d'Esme qui dévoile peu à peu l'univers bourgeois étriqué dans lequel elle vivait en famille, un univers où les femmes n'ont pas vraiment leur mot à dire sur leur destin et où il est fort mal vu par le patriarche qu'elle souhaite travailler et se soustraire à la domination masculine.
Une belle réflexion sur le sentiment de culpabilité, la jalousie et le ressentiment. D'ailleurs Iris vit au même moment une relation compliquée avec un homme peu fiable (marié), profiteur et de moins en moins crédible. J'ai bien aimé l'écho de la vie d'Iris avec le passé d'Esme et de Kitty (mais ici le piège se referme sur le profiteur...).
On se dit, à la fin du roman, qu'on nous a assez secoué comme cela. Que maintenant Esme va pouvoir finir ses vieux jours tranquillement et confortablement. Et pourtant...

Un coup de coeur pour ce roman au style dense et ciselé sur un sujet grave mais qui évite aussi les écueils. Une lecture exceptionnelle !

 

 

 

 

23 août 2010

Mon traitre

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4e de couverture : "Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..." Sorj Chalandon

C'est la 4e de couverture qui m'a intriguée et le fait que ce roman sur l'Irlande du Nord, soit écrit par un Français  (déduction faite grâce à la photo de l'édition de poche). Ca ne pouvait qu'être intéressant à mes yeux.

J'ignorais totalement qui est Sorj Chalandon (pardon!): un journaliste ayant couvert nombre de reportages sur l'Irlande du Nord (prix Albert-Londre 1988).

J'ignorais également que ce roman est autobiogaphique : l'auteur a changé le nom des protagonistes mais a réellement vécu cette histoire d'amitié avec un membre de l'IRA et cette découverte de l'Irlande.

Dans ce récit, Sorj se prénome Antoine, luthier à Paris : "J'ai rencontré la République Irlandaise à Paris un matin de novembre 1974" grâce à un Breton. L'Irlande d'Antoine à cette époque est celle du Taxi mauve, de l'Homme tranquille, les "pulls blancs torsadés", l'Eire où il s'est déjà rendu 3 fois. Le Breton lui dit que s'il n'a jamais mis les pieds en Irlande du Nord, alors il ne connait pas l'Irlande! Et tout part de là, parce que cette phrase le vexe  (je le comprends, même si ce que dit le Breton est parfaitement vrai !).

Antoine part donc à la découverte du Nord et c'est la révélation, le coup de foudre pour les Irlandais et leur combat, la découverte de leur histoire et de leur calvaire sous ces années thatcheriennes. Il met sa vie française entre parenthèses, perd ses amis de l'Hexagone qui ne comprennent pas son comportement envers un pays qui n'est pas le sien.

Il s'y fait rapidement des amis, jusqu'au jour où il rencontre Tyron Meehan, celui qui deviendra son "traitre".Tyron Meehan est dans la réalité Denis Donaldson, membre de l'IRA...

Je n'en dis pas plus sur ce magnifique roman sur l'amitié, la solidarité, l'engagement, la confiance aveugle. Mais aussi sur la trahison, et la perpétuelle interrogation qu'elle engendre : pourquoi? Un roman qui vous prend aux tripes.

Partageant ma vie avec l'Irlande, j'ai reconnu beaucoup de sentiments éprouvés par Antoine, beaucoup de petites choses so irish quand on est français : les prononciations à l'irlandaise si difficile pour une oreille francophone, être désigné(e) comme "le/la Française", la froggie, la frenchy, la fascination pour l'Histoire si tragique de l'île, sa découverte par la littérature et la musique entre autres. Le choc culturel aussi (qui est plus important qu'il n'y paraît). Et le fait que donc, malgré tout ça, on reste une étrangère, malgré l'assimilation - du moins en partie- de cette culture qui fascine.

Un livre qui reste dans mon esprit, presqu'un an après sa lecture. Un vrai coup de coeur.

Sorj Chalandon va écrire une suite du Traitre, du point de vue du traitre cette fois-ci. Exercice périlleux.

EDIT DU 29/08 :

Et pour en savoir plus sur le roman, lire l'interview ici (et le commentaire de Sorj a laissé sur ce blog)

12 février 2010

Inishowen

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4e de couverture  : « Tristan et Iseult à la mode irlandaise d’aujourd’hui… Elle habite New York, vient d’apprendre qu’elle a un cancer et décide sans prévenir les siens de s’en retourner en Europe, dans l’Ile Verte où elle est née. Lui est flic à Dublin, un peu abîmé par la vie et par le wiskey, fatigué surtout de se battre contre la mafia locale, qui a résolu, il le sait, de lui faire la peau. Ces deux êtres poussés à bout vont se rencontrer par hasard, prendront la fuite ensemble et iront trouver refuge tout au nord de l’Irlande, dans les parages d’Inishowen, un lieu de beauté et de paix… où le sang coule aussi bien qu’ailleurs ».

La 4e de couverture me faisait hésiter et j'avais maintes fois repoussé l'achat. J'avais peur d'un roman à l’eau de rose bien tragico-larmoyant … Mais à l'époque, en 2007, j'avais lu des critiques encourageantes sur les blogs littéraires donc, tout de même, il me tentait bien ce livre. D'autant que je devais me rendre sur la presqu'île irlandais d'Inishowen l'été même. Vaille que vaille, j'avais acheté le bouquin !

Et ô surprise!, ce roman n'est pas ce que peut laisser penser le résumé de la 4e de couverture. Pas triste, pas sirupeux, pas larmoyant, loin de là. Le ton est plutôt à l’humour, parfois noir mais pas toujours, et vire sur la fin au délire façon déjanté, il faut bien le dire ! On se surprend plus d'une fois à rire, ce qui, au regard du sujet peut paraître surprenant !

Ce n’est pas le cancer qui décide Ellen à rejoindre l’Irlande, mais plutôt un mari volage. Elle y rencontre par hasard Martin Aitken, flic dépressif suite à la mort de son fils, enterré à Inishowen. C’est justement sur cette péninsule du Donegal qu’habite la mère naturelle d’Ellen.Celle-ci cherche à la rencontrer avant qu’il ne soit trop tard. Cela ne l’empêche pas de de cacher la vérité à Martin sur son état de santé et d’inventer une histoire incroyable afin qu’il ne se fasse pas d’illusions à son sujet : (elle déclare être religieuse depuis la mort de son mari)… jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert !

O’Connor peint l’Irlande des années 90 avec délice, loin du lyrisme pastoral, et l’ « irlanditude » telle que la voit les Américains. C’est aussi l’occasion pour lui d’évoquer un fait de société peu connu et encore douloureux dans l’Irlande d’aujourd’hui : l’abandon des enfants par les filles-mères, sous pression des familles et surtout de l’Eglise. Ces enfants furent envoyés dans des familles américaines d’origine irlandaise pour y être élevés…

Joseph O'Connor (qui est le frère de la chanteuse Sinead O'Connor) évite magistralement les pièges en évoquant des sujets douloureux.

Depuis, il est devenu un de mes écrivains irlandais préférés. Et j'ai lu tous ses romans (sauf le dernier en date, Redemption Falls, qui est dans ma PAL).

Et voici un tout petit aperçu d'Inishowen, avec tout son irlanditude romantique

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10 mars 2014

Amazon et le plagiat

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Depuis dimanche, on en a découvert de belles chez Amazon.... L'information s'est relayée rapidement de blogueurs en blogueurs, via Facebook et Bablio. J'ai appris l'affaire par George :

Une certaine "Coline" s'amuse impunément avec le droit d'auteur, le code de la propriété intellectuelle puisqu'elle a plagié des dizaines et des dizaines de critiques sur le site d'Amazon. Personnellement, je ne sais pas à quoi cela donne droit les commentaires sur les livres ou produits chez Amazon (des réductions, des cadeaux, sans doute).

George, Clara et les Mots,  et tant d'autres blogueuses et blogueurs ont découvert le pot aux roses. Je vous invite à cliquer sur les liens pour voir ce qui se dit (désolée je ne peux pas citer tous les blogueurs "spoliés" tant ils sont nombreux - il y en a une bonne trentaine).
Alarmée, je suis allée dare dare voir si je ne faisais pas partie du lot : a priori non. Mais en tant que blogueuse, je me sens parfaitement concernée, d'autant que la réponse du service client d'Amazon m'a fait sauter au plafond par son culot :  Amazon ne voit pas où est le problème... Il ne faut pourtant pas s'appeler Hercule Poirot pour trouver qu'il y a maldone ! C'est pourquoi je relaye à mon tour l'information.

Le code la propriété intellectuelle n'est pas faite pour les chiens. Amazon doit appliquer la réglementation. Ce n'est pas quelque chose qui se discute ou se négocie. La loi est la même pour tous et toute infraction est suscpetible d'être sanctionnée !

Cela fait déjà plusieurs mois que j'ai décidé de ne plus passer commande sur ce site parce que j'estime :
1) que les conditions de travail de ses employés ne sont pas dignes ;
2) que la concurrence est déloyale vis-à-vis des libraires
3) qu'une entreprise basée sur le sol français doit payer ses impôts en France

... et j'ai aujourd'hui une quatrième bonne raison de boycotter, Amazon puisque l'entreprise, par le biais de son service client, cautionne le plagiat, s'asseoit sur le droit d'auteur et le code de la propriété intellectuelle !

Je regrette mais un telle attitude n'est pas possible.

La presse commence à relayer l'affaire : ActuaLitté (le site internet de l'actualité littéraire) et Le Figaro ont dénoncé l'affaire. Nous avons le soutien de Babelio.

A l'heure où j'écris ces lignes, l'affaire semble prendre une autre tournure : Amazon commence à supprimer des commentaires. Mais il ne faut qu'il les supprime tous et qu'il prenne des dispositions vis-à-vis de leur cliente malhonnête. Il est bien dommage d'être obligé de taper du point sur la table à ce point pour faire avancer les choses.

N'empêche, Amazon qui avait pourtant besoin de redorer son blason, est plutôt mal parti...


EDIT 20h55 : voici un nouvel article d'ActuaLitté où Amazon fait marche arrière (cliquer sur le lien en gras). Mais attendons de voir l'effacement effectif de tous les commentaires...




EDIT DU 11 MARS :

On pourrait croire l'affaire du plagiat de "Coline" terminée... puisque Amazon a enfin consenti à retirer les commentaires de cette personne, et que, d'après ce qu'on me dit en commentaire, le profil n'existe plus. Mais peut-être peut-on changer de pseudo (je pense que c'est techniquement faisable...). Donc gardons un oeil ouvert.
Une news qui émane d'ActuaLitté vaut aussi son pesant de cacahuètes puisqu'il semblerait que Le Figaro se soit inspiré d'ActuaLitté pour écrire son article d'hier concernant le plagiat... sans citer ses sources ! (Cliquer sur les liens pour voir l'article). Si cela est évidemment tout à fait malvenu et maladroit, on peut dire que dans cette histoire, ça aura contribué à relayer un peu plus l'information. Aucun autre journal ne s'est emparé de l'affaire.

Bon, maintenant j'ai une autre affaire à "révéler", qui ne va pas redorer le blason d'Amazon. En discutant avec Sam Millar sur Facebook, celui-ci me dit qu'Amazon laisse en vente une édition pirate d'un de ses livres :  On the Brinks ! Voir le lien ICI.

 

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 Il s'agit apparemment d'une édition pirate en polonais ! 
Je découvre d'ailleurs qu'Amazon France revend aussi ce livre via des revendeurs Voir ici (à 20€ l'édition pirate, mieux vaut attendre un traducteur officiel !)
Donc voilà, Amazon, le plagiat, et les "faux", ce n'est peut-être pas tout à fait terminé !
On est tous concernés : écrivains, blogueurs, journalistes, traducteurs....
Un chose est sûre : Amazon et moi on est fâché pour longtemps.

 

 

 

 

 

25 mai 2014

Le poison du tigre - Nom de Code : Komiko - tome 2

 

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Pour mon 300e billet sur cette plate-forme, je vous entraîne de nouveau à Hong Kong, retrouver Lian et Matt, alias Komiko et Torch, les bloggeurs/hackers du groupe 04/06 qui poursuivent sans relâche ceux qui assombrissent le monde contemportain.

Le roman débute par une mauvaise nouvelle : l'assassinat de Crowbar, alias Eva dans la vie, le troisième "mousquetaire" du groupe de hackers, au moment même où Matt s'apprête à rejoindre sa patrie du hamburger. Le leitmotiv du récit sera de savoir pourquoi Eva a été assassinée par un type qui est un faux policier... Le départ du jeune Américain au "sourire dentifrice" est donc remis à plus tard. Nos deux amis se lancent dans une nouvelle enquête, pendant que Mingmeii s'extasie devant le dernier chanteur "industriel" de Cantopop à la mode, Jason Cho, au look bad-boy-tablettes-de-chocolat-cheveux-de-rêve.

Une nouvelle aventure au rythme trépidant, qui dévoile un peu plus les jeunes héros, à la personnalité complexe. Lian se trouve prise au piège de ses propres contradictions d'adolescente chinoise : impossible d'accepter moralement que Matt dorme sous le même toit qu'elle alors que pourtant il l'attire. Cela donne lieu à quelques scènes cocasses :

"Lian ferma les yeux une seconde et se frotta vigoureusement les paupières avant des les ouvrir. Rien n'avait changé : Matt était toujours là devant elle, assis à la table devant son bol. Il ne portait qu'un vieux tee-shirt des Colorado Rockies et un caleçon imprimé.
Lian se sentit rougir et détourna la tête. Elle entra dans la pièce en marchant en crabe et en rasant le mur opposé, comme si elle faisait le tour d'un champ de mines."

Lian et Matt sont un peu comme chien et chat dans cette nouvelle aventure, d'autant que Lian est têtue voire bornée, imprudente et qu'elle cumule les bourdes au risque de mettre sa vie en péril un peu trop facilement. Ce qui n'arrange rien c'est que Matt se met par moment à bouder.

N'empêche, le cadavre d'une femme dont le taux de calcium est beaucoup trop élevé mettra leurs querelles d'adolescents en sourdine, surtout quand il est question du pouvoir de l'os de tigre ou plus précisément du commerce fait autour d'un pseudo-médicament de la médecine traditionnelle chinoise, interdit depuis le XXe siècle mais dont le marché noir est florissant. Mais, interroge Lian, est-ce que ce que vendent les grands laboratoires américains est parfaitement sain pour tout le monde ?

Un deuxième volume aussi palpitant que le premier, avec en toile de fond une Chine oscillant entre tradition et modernité, le trafic animal, les médicaments frelatés et la tromperie des vendeurs de rêve (poudre de perlimpin pimpin, chanteurs industriels "Photoshopés...). Les personnages sont toujours aussi attachants parce que loin d'être lisses et parfaits. Le tout est enrobé d'une bonne dose de technologie moderne.

Un page turner que j'ai eu du mal à lâcher, d'autant que le dépaysement chinois est réel grâce à  une bonne recherche documentaire sur Hong Kong et non pas une Chine de pacotille en toile de fond.

Un ensemble qui plaira sûrement aux jeunes lecteurs, mais pas seulement : moi ça m'a beaucoup plu !  Et même la couverture !
Alors vivement que le tome 3 atterrisse dans ma pile à lire !

 

 

 

 

 

14 décembre 2014

Prière d'achever

 

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 Traduit par Pierre Brévignon

M. Berger est un célibataire dont l'existence, vue de l'extérieure, peut paraître morne : il travaille comme préposé au Registre des comptes clôturés au service Logement d'une modeste municipalité anglaise. Son travail consiste à "recenser les bénéficiaires des logements sociaux qui, après avoir quitté ou abandonné leurs appartements, laisse[nt] des arriérés sur leur compte". Ce job pas folichon ne lui convient évidemment pas, même s'il ne l'avoue pas. Son rêve c'est d'écrire des romans parce que sa passion c'est la littérature. A un point obsessionnel. Suite à déménagement de son service dans des locaux plus modernes dessinés par Le Corbusier (nous sommes en 1968), et au décès de sa mère qui lui laisse un mini-héritage, M. Berger décide de quitter son boulot et de partir s'installer à la campagne pour écrire.
Quelques temps après son arrivée, il assiste médusé au suicide d'une jeune femme au sac rouge sous les roues d'une locomotive. Perturbé, M. Berger le sera encore davantage quand, quelques jours plus tard, il assiste de nouveau à la même scène. Il court signaler l'événement dramatique à la police locale, qui, bien évidemment, le prend pour une personne dérangée, conséquence du décès de sa mère ! M. Berger décide donc de mener seul son enquête, qui le conduira à la découverte d'une bien étrange bibliothèque oubliée de tous, la Caxton Private Lending Library & Book Depository, et de son propriétaire, M. Gedeon.

Tout d'abord, une ENORME faute de traduction sur la quatrième de couverture ou le mot Library (du titre VO) a été calqué par "librairie" : pourtant, c'est basique  : librarie en anglais c'est bookshop ! A croire que la rédaction n'a pas été faite par quelqu'un qui a réellement lu le livre... Heureusement, la traduction de la novella par Pierre Brévignon ne commet pas cet impair (quand même !).
Et heureusement, l'intrigue tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre !

J'avoue, c'est le premier livre que je lis de l'Irlandais John Connolly dont j'ai entendu dire que ses polars étaient très noirs, très glauques, très déprimants et j'en passe. Celui-ci n'est pas tout à fait un polar mais plutôt un mélange de roman policier et de conte fantastique (version novella - court roman - genre très prisé en Irlande) sur le thème de la littérature, des livres, des bibliothèques, du rapport du lecteur aux personnages. Bref, un "bibliomystery". Une histoire pétrie de jolies références et de phrases qui font sourire sans pour autant tomber dans le cliché ringard . On ne s'ennuie pas une seconde. On plonge sans problème au-delà de la notion d'espace-temps avec laquelle Connolly joue, même si ce qui se déroule sous nos yeux est tout à fait incroyable. Beaucoup d'humour aussi.

Quelques extraits :

"Le point de départ, expliqua M. Gedeon, c'était le public. Arrivait un moment où certains personnages étaient devenus tellement familiers aux lecteurs - et même à ceux qui ne lisaient pas - que leur existence devenait indépendante de leur vie sur la page."

"J'ai rencontre Hamlet à l'arrêt du bus 48B. Le pauvre vieux... Il était là depuis un bon bout de temps. Il avait laissé passer au moins huit bus" : ben oui, ça prend du temps de soliloquer :)

Un seul reproche à faire : c'est trop court ! On en redemande !  J'ai adoré. Prix Edgar Allan Poe 2014 : pas étonnant !




24 décembre 2014

Mon père est parti à la guerre

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Traduction : Catherine Gibert

Alfie fête ses cinq ans le jour du début de la Grande Guerre. Il ne comprend pas pourquoi tous les adultes sont si affolés, tristes ou excités. A l'heure où il raconte son histoire, il a neuf ans et essaie de se rappeler comment était la vie à Londres, dans sa rue, comment c'était avant que la vie de sa famille ne change radicalement.
Alfie est un petit garçon très intelligent. Il assiste médusé à son monde qui s'effondre. Il observe le petit théâtre du monde en guerre de son oeil d'enfant. Il ne comprend pas pourquoi sa meilleure amie, Kalena,  et son père, l'épicier d'origine tchèque chez qui il a l'habitude d'aller acheter des bonbons, sont soudainement chassés de sa rue par les autorités britanniques et déportés à l'île de Man. Ils ne sont pas allemands. Mr Janacek a quitté son pays par amour pour une Anglaise et les Anglais, maintenant le chassent ! Comme ils banissent sa fille qui possède la nationalité britannique. C'est absurde !

Le père d'Alfie s'est enrôlé, persuadé comme nombre de ses compatriotes, que la guerre ne durerait pas, que tout serait fini à Noël (c'est d'ailleurs ce qu''il entend à longueur d'année, pendant cette guerre, qui, pourtant, n'en finit pas !). Au début des lettres arrivent. Puis plus rien. Alfie mène l'enquête auprès de sa mère, Margie : où est son père ? Est-il mort ? Il soupçonne effectivement très fortement sa mère de lui dissimuler le décès son père. Margie lui raconte qu'il est en mission secrète et que c'est pour cela qu'il n'envoie plus de lettres.
L'ambiance à la maison se dégrade : Margie travaille dur à l'hôpital pour soigner les soldats. Mais comme ça ne suffit pas, elle fait aussi des "extras" en tous genres. Alfie décide en cachette d'aller cirer les chaussures à la gare pour ramener un peu d'argent, qu'il glisse ni vu ni connu dans le porte-monnaie de sa maman. En observant et en écoutant, il finira par découvrir la vérité. Encore plus effroyable que ce qu'il pouvait imaginer. Pourtant, intrépide, il se lance dans l'aventure, oubliant sa peur.

Un magnifique roman jeunesse qui allie suspense et documentation sur l'Angleterre de la Grande Guerre. Alfie mène l'enquête pour trouver ce qu'est devenu son père et il réussit !
John Boyne, merveilleux conteur (forcément, il est Irlandais!), arrive à faire passer le message de l'effroyable avec tact, sans pour autant dissimuler la vérité. La guerre ça tue de plusieurs façons : physiquement et psychiquement. La guerre, ça rend fou. J'ai aimé la manière dont il aborde la psychose traumatique du soldat et le message pacifique qui se cache derrière. La guerre c'est quelque chose d'effroyable au-delà de ce qu'on peut imaginer. Aflie trouvera du renfort dans sa détresse pour sauver son père auprès du meilleur ami de celui-ci : Joe Patience, objecteur de conscience, qui lui explique : "Je n'ai pas été mis au monde pour tuer mon prochain", même si on l'a jeté en prison pour cette idée-là, pour refuser d'aller à la guerre, alors que s'il tuait quelqu'un dans la rue, on l'aurait jeté en prison pour avoir tué. Même si tout le monde lui claque la porte au nez pour ses idées, lui jette des pierres etc.  Brillante démonstration de l'absurdité des choses en temps de guerre.

Un très bel hommage aux soldats de la Grande Guerre. Un jeune héros très attachant, qui croisera même Llyod George. Une trame narrative habilement menée.
Un roman coup de coeur qui sera au pied du sapin !


Joyeux Noël ! Nollaig Shona !

21 janvier 2015

Tromper la mort

 

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4e de couverture : "Rattrapé par l'âpreté de l'Irlande, le libraire de Montmartre pourra-t-il échapper à son destin ? Traqué par les polices française et irlandaise, son spectre se fond dans les tourbières, se confond avec les brumes, se morfond dans les pubs...
Ombres et lumières des légendes celtiques, mystères de l'âme irlandaise, au coeur de l'action policière...
Maryse Rivière est habitée par l'histoire douloureuse et généreuse de l'Irlande. Elle maîtrise les procédures de coopérations internationale entre polices."

J'ai découvert l'existence de ce polar lorsqu'il a obtenu le prix Quai des orfèvres. Tellement intriguée que j'ai lâché toutes mes lectures en cours pour me plonger dans ce livre dont le résumé reste assez mystérieux, pour une fois.

Nous sommes dans les égouts de Paris. Un homme est en fuite et réussit à faire faux bond  aux flics. On le retrouve deux ans plus tard, à Dublin. Ce type, c'est Yann Morlaix. Un tueur. Qui a le toupet d'avoir été libraire ! Il possède un potentiel mimétique hors du commun qui lui permet de s'adapter à l'Irlande et à son peuple. C'est aussi un érudit (libraire oblige).
Ce type est une déjà une ancienne connaissance de la police française, en particulier d'Escoffier. Trop malin, Morlaix leur a maintenant échappé deux fois. La police française et irlandaise décident de collaborer pour le coincer. Collaborer est un grand mot. On va dire qu'ils vont tenter de se supporter...

Je m'attendais à un polar bien ficelé. Mais c'est plutôt une grande balade en Irlande. Je ne vais pas tout énumérer mais, en gros, tous les sites,  monuments, chefs d'oeuvres, personnages historiques ou légendes irlandaises  sont évoqués : Glendalough, Poulnabrone, Trinty College, Brigid, les fils de Dana, le livre de Kells, Michael Collins, Gerry Adams...
Le livre de Kells est d'ailleurs le prétexte à un début d'intrigue mystique à la Dan Brown (parce que le tueur se sert des enluminures du livre pour envoyer des messages "codés" à une amie) pour finalement être abandonnée en cours de route.

On s'embarque dans les quartiers nord de Dublin, dans l'univers de la mafia irlandaise qui traficote avec celle d'Irlande du Nord (IRA contemporaine).

Il y a même une histoire d'amour ! Entre Escoffier qui part à la poursuite de Morlaix en terre d'Irlande et tombe amoureux d'une Franco-Irlandaise, tout en sachant que ça ne durera pas... (Tadam !)

J'ai lu ce livre il y a déjà plusieurs mois et j'en garde une impression de livre "prétexte" pour l'auteur, à caser tout ce qu'elle connait de l'Irlande. J'ai trouvé que l'intrigue partait un peu dans tous les sens et que les personnages manquaient de consistance. Je suis donc déçue.Si vous ne connaissez rien sur l'Irlande, sans doute apprendrez-vous pas mal de choses. Mais si vous n'y êtes jamais allé, l'évocation de Glendalough, KIillarney ou de Powercourt ne vous parlera pas.

Décevant donc malgré la qualité de l'écriture et une volonté manifeste de l'auteur à laquelle je ne suis pas insensible. Mais j'attendais mieux.


 

15 mars 2015

Printemps des poètes 2015

Contribution au printemps des poètes sous forme d'hommage à W.B. Yeats qui aurait eu 150 ans cette année !
J'aime bien l'humour noir de cette insurrection de poupées !

The Dolls

A doll in the doll-maker's house
Looks at the cradle and bawls :
"That is an insult to us."
But the oldest of all the dolls,
Who had seen, being kept for show,
Generations of his sort,
Out-screams the whole shelf :"Altough
There's not a man can report
Evil of his place,
The man and the woman bring
Hither, to our disgrace,
A noisy and fifthy thing."
Hearing him groan and stretch
The doll-maker's wife is aware
Her husband has heard the wretch,
And crouched by the arm of his chair,
She murmurs into his hear
Head upon shoulder leant :
"My dear, my dear, O dear,
It was an accident."

William Butler Yeats

Traduction (Jean Briat)
Les poupées
Une poupée chez un marchand
Regarde le berceau et s'écrit en braillant
"Cette chose nous insulte."
Mais la plus ancienne des poupées
Qui, ayant fait vitrine, avait vu
Des générations d'êtres semblables,
Brailla plus fort que toute la rangée :
"Bien qu'aucun homme ne puisse dire
Du mal de cet endroit,
L'homme et la femme y apportent
Pour notre déshonneur
Cette chose bruyante et immonde."
La femme du marchand de poupées
Entendant son mari s'étirer en geignant
Sait bien qu'il a entendu la gueuse
Et pelotonnée contre le bras de son fauteuil,
La tête penchée sur son épaule,
Elle lui murmure à l'oreille :
"Mon ami, mon ami, O mon dieu,
C'était un accident !"

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27 décembre 2014

Sous les couvertures

 

sous les couvertures

4e de couverture : "Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s'éveillent et se racontent leurs histoires... Mais ce soir, l'heure est grave : les nouveautés viennent d'arriver, et les romans du fond de la librairie n'ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur !
Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s'unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu'ils n'ont pratiquement aucune chance...
Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d'humour et d'originalité. Où l'on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs... et pourquoi, à l'habit des académiciens, on a ajouté une épée."

Une quatrième de couverture bien alléchante qui m'a fait craquer pour ce roman d'un petit éditeur parmi les dizaines proposés par Price Minister pour le Match de la Rentrée Littéraire 2014 ... Un roman passé inaperçu pendant la profusion de la rentrée littéraire, de surcroit !
Pourtant, j'ai eu du mal à m'attacher aux deux histoires menées de front dans ce roman, avec d'un côté la vie du vieux libraire qui râle tout le temps, refuse de vivre avec son temps et ne jure que par les livres du passé et, de l'autre, la narration fantastique de la vie des livres. Ceux-ci sont des personnages à part entière et se nomment Mauve, Vieille Gloire, Rouge, Grand, Ecorché, Junior... Au début, c'est amusant. Mais au fil des pages, ça devient lassant. Les livres volent de leurs propres pages, discutent entre eux et se disputent. L'ensemble finit par donner une impression de maladresse, du moins c'est la mienne !
L'histoire du libraire et de sa jeune apprentie pleine d'idées a davantage retenu mon attention. Il y est question de l'évolution de la chaîne du livre, d'un certain géant de la vente en ligne prêt à avoir la peau des librairies, du numérique, des publications toujours plus nombreuses qui entraînent irrémédiablement une durée de vie plus courte pour les livres qui ne se vendent pas assez vite, avec au bout le pilon  - malheur! horreur ! La pression des banquiers sur les libraires, envahis de cartons, le problème de la gestion des stocks induit par l'explosion éditoriale. Mais la narration tourne presque en boucle, se répète et finit aussi par ennuyer !

Quant à "la merveille d'humour" annoncée, je dois dire que je suis plutôt restée de marbre, et pourtant ce n'est pas faute d'être plutôt bon public. La seule chose qui m'a fait sourire, sans doute aux dépens de l'auteur, c'est l'anecdote sur la boîte aux lettres de l'apprentie : "Dans la boîte aux lettres, elle trouva le journal municipal, deux publicités à son nom et une enveloppe abîmée, marquée du tampon d'un éditeur parisien. Le facteur avait forcé pour glisser le paquet par la fente. Au fond de la boîte gisait aussi une invitation du bureau de poste à venir chercher un colis plus volumineux encore. Cela arrivait plusieurs fois par semaine. Sa colocataire était chroniqueuse littéraire." Sérieusement : que fait mon facteur dans ce roman ?? :)


Un lecture décevante pour moi, qui me laisse une impression de décousu. J'en suis navrée parce que l'idée était bonne, la thématique sur les problèmes rencontrés par la chaîne du livre intéressante. Dommage donc ! Je sais que d'autres ont aimé.



Je remercie toutefois Olivier Moss de Price Minister  et les Editions rue Fromentin pour l'envoi.

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Résultats du match littéraire courant janvier je crois

 

 

 

 

6 décembre 2014

Les Grinche ont des ennuis

 

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Traduction : Marie Hermet

Mme et M. Grinche sont des gens un peu "spéciaux" : ils habitent dans une roulotte faite de bric et de broc et tirée par deux ânes nommés Clip et Clop. Pour leur petit déjeuner, ils se délectent de bestioles écrabouillées sur la route, avec une préférence pour les écureuils. Même les vieux pneus sont à leur goût,avec du sel et du poivre. Le gloubiboulga à base de sciure et de graine pour oiseaux, chez eux, ça se mange aussi. Sympathique restaurant chez les Grinche, n'est-ce pas ? Vraiment, ça fait envie !
Leur fils s'appelle Sunny. Enfin, ce n'est pas tout à fait leur fils puisque M. Grinche l'a ramassé un jour sur une corde à linge. Bien que ce soit un garçon, ils ont décidé de l'habiller avec une robe bleue. Bref, pas la peine d'en ajouter davantage : vous comprendrez que Mme et M. Grinche, c'est du "lourd" ! D'autant que partout où ils passent, ils ont le don pour s'attirer des ennuis. Surtout le jour où ils arrivent à Bigg Manor et font la connaissance d'un type au haut de forme ratatiné, vêtu d'un tee-shirt avec le slogan "BIGG C'EST PAS TERRIBLE" imprimé dessus. D'un jet de pierre sur la grille du manoir débute une aventure rocambolesque, remplie de personnages loufoques. Lord Bigg habite dans un manoir complètement déglingué. Son épouse, Lady Gaga La-La ne pouvant plus supporter son mari a décidé d'aller vivre dans la porcherie (de luxe) avec la truie Poppet... Je ne vais pas tout raconter, mais le ton est donné.

Pénétrer dans l'univers des Grinche c'est un peu comme passer de l'autre côté d'un miroir, dans un univers loufoque et hilarant. Au fil des pages, on se demande ce que Philip Ardagh va encore inventer comme élément délirant dans cette aventure (quelle imagination débordante !).

Pourtant, derrière le loufoque, se trouvent des thèmes très sérieux comme l'enrichissement crapuleux (et ses limites), les conditions de travail sordides (du personnel de Bigg Manor, lié par contrat illégal et prisonnier de Lord Bigg).
Il y a vraiment des personnages bêtes et méchants dans ce roman : Mme et M. Grinche sont peu ou prou l'équivalent anglais de nos Bidochons. Lord Bigg traite mieux ses oiseaux que ses domestiques (comble de la bêtise : son perroquet adore le blesser).
Heureusement, Philip Ardagh peuple aussi son récit de personnages intelligents et attachants : Mimi le petit commis cireur de chaussures, qui, malgré le titre de sa fonction, est une fille dont le rêve est de voir du pays. Sunny, qui n'a connu que l'univers des Grinche, découvre d'autres valeurs, comme  l'amitié, grâce à Mimi (dont il semble même un peu amoureux) et la solidarité.

Un roman qui met de bonne humeur, une narration dynamique (c'est le moins qu'on puisse dire), dont l'humour est mis en valeur par les illustrations d'Axel Scheffler. J'avoue que j'ai eu un petit faible pour les disputes du couple Grinche : on dirait mes anciens voisins !! De toutes façons, les Grinche existent, les Lord Bigg & Cie aussi...

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Suite de leurs aventures en mai 2015.


1 novembre 2014

Le maître des livres - tome 1

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Traduction : Fabien Nabhan

Présentation : "A la bibliothèque pour enfant "La rose trémière" vous êtes acueillis et conseillés par Mikoshiba un bibliothécaire binoclare célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu'il peut laisser paraître, c'est un professionnel de premier ordre. Aujourd'hui encore adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu'il leur trouvera le livre salvateur.
Une histoire passionnante centrée sur la littérature et Mikoshiba, le "sommelier du livre pour enfant"".

Ce n'est pas tous les jours que j'ouvre un manga. Cela faisait d'ailleurs tellement longtemps que je ne l'avais pas fait qu'il m'est impossible de me souvenir de la dernière fois...
Mais quand mes yeux tombent par hasard sur celui-ci, je n'ai pas hésité une seconde : les tribulations d'un bibliothécaire en manga, en voilà quelque chose d'original ! 190 pages de bulles sur l'univers du livre et des lecteurs, et plus particulièrement des livres pour enfants.
Et hop ! Me voici partie à la rencontre de Mikoshiba, un bibliothécaire tout ce qu'il y a de bourru, mais qui connaît ses références livresques sur le bout des étagères.
Au fil des pages, Umiharu Shinohara dévoile ce qui fait la magie du livre et de la lecture. On rencontre un adulte qui n'a jamais mis les pieds dans une bibliothèque et encore moins dans une bibliothèque pour enfants. Comme beaucoup d'adultes, il s'imagine que la littérature de jeunesse est une sous-littérature, seulement destinée aux gamins. Evidemment cela provoquera la colère de Mikoshiba qui va lui prouver le contraire...
Cela commençait très très fort. Et tout au long du manga, on sourit des nombreuses considérations de Mikoshiba, dans lesquelles chaque amoureux des livres se retrouvera .

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(même si parfois, ça frôle la caricature...).



On croise une foule de personnages dans cette bibliothèque de jeunesse, dont une mère hystérique qui pense que la bibliothèque est mal fréquentée. On découvre le passé de Mikoshiba et ce qui l'a amené à devenir bibliothécaire pour enfants. On relit des classiques de la littérature enfantine de nombreux pays (on parle même de Stevenson et de son Ile au trésor; une allusion à Oscar Wilde aussi). On adore quand Mikoshiba ronchonne sur les bouquins martyrisés par les gamins qu'il faut rabibocher...

Mais (parce que malheureusement il y a un "mais") cela manque de fil narratif réellement construit. On a plus une impression de catalogue de tous les plaisirs apportés par la lecture et du rôle des bibliothécaire dans ce domaine. En fait, il manque une intrigue solide qui fait que, finalement, on se lasse un peu, faute de suspense.

Enfin, les dessins sont parfois déroutants : du très soigné au style brouillon, qui fait que parfois on a du mal à reconnaître les personnages.

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(et encore, je n'ai pas choisi le meilleur exemple...)

Mais je le répète, cela fait très longtemps que je n'ai pas lu de manga, donc j'ai un peu du mal à évaluer à ce niveau-là. Cela m'a juste surprise.

Comme tout manga qui se respecte, il y a une suite. Le tome 2 est publié. Affaire à suivre.

 

 

7 février 2015

Respire

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4e de couverture : "Charlène est une enfant comme les autres, qui vit sans trop se poser de questions, prend ce qu'on lui donne et ne demande rien. Elle habite un immense appartement à Paris avec ses parents, pas très aimants ni très amoureux.
Charlène souffre : elle est asthmatique, se sent incomprise, mal aimée. Avec l'entrée au collège commencent de longs mois difficiles, de solitude et d'attente. Jusqu'à l'arrivée de Sarah, brillante, magnétique. Une amitié naît, qui pour Charlène est un don inespéré de la vie, un émerveillement. Avant les petites déceptions, les souffrances, la passion puis le désespoir.
Un roman d'une vérité hallucinante écrit par une jeune fille de 17 ans."

Un roman publié pour la première fois il y a 14 ans, en 2001, qui a l'air connu de beaucoup mais dont je n'avais jamais entendu parler. La sortie du film adapté du livre et la réédition en poche, avec cette jolie couverture a fini par me tenter. J'étais plutôt curieuse de voir ce que quelqu'un de seulement 17 ans pouvait écrire. D'autant que tout le monde quasiment porte ce roman aux nues.

Je vais être brève.
Ce roman est exceptionnellement bien écrit, le style est remarquable et fouillé. Pourtant je me suis bien ennuyée. Il n'y a pas de suspense : on sait dès le départ que "Charlie" a tué. On comprend vite, au bout de quelques pages, qu'elle a tué une certaine Sarah. Quand le roman débute, Charlie parle depuis la prison où elle est enfermée. Elle a 19 ans et raconte la ruine de sa vie par son amitié avec cette fille.

Je n'ai eu aucune empathie pour les deux personnages, avec d'un côté la pauvre fille, seule, bêtasse-trop gentille victime et de l'autre la grosse méchante manipulatrice, du genre pervers narcissique, qui se prend pour la star du collège puis du lycée. Deux personnages trop stéréotypés.
Et puis, il ne se passe pas grand chose : Charlène et Sarah deviennent amies. Et puis Sarah se montre arrogante, méprisante, méchante et sadique envers Charlie. On se dit que celle-ci va lui rendre les claques qu'elle se prend. Ben non : elle tend l'autre joue. Une fois, deux fois, et rebelote pendant un peu moins de deux cents pages...  La seule rébellion sera le meurtre à l'aide un oreiller...
Un peu dans l'excès tout ça !

Un roman court et ça tombe bien parce que c'est glauque, violent, pessimiste, impitoyable. A la limite du crédible. L'histoire d'une haine finalement. Il y a mieux pour respirer.

20 août 2014

Sélection rentrée littéraire d'automne

 

607 romans paraissent en cette rentrée, autant dire un choix énorme en perspective. Mais les medias parlent souvent des auteurs "poids lourds", les ultra connus, et il faut fouiller pour trouver les nouvelles pépites de nos chouchoux, dont on parle moins (voire pas du tout), ou dénicher de nouvelles tentations.
Voici mes repérages à ce jour :

 Littérature écossaise
Une vraie belle surprise avec, aux Editions du Rouergue, ce nouveau polar de Peter May, qui promet d'avoir du souffle :

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Présentation éditeur : "Kirsty Cowell a-t-elle poignardé son mari à mort, cette nuit tourmentée sur Entry Island, à l'extrême est du Canada ? Tous le croient, tout l'accable et pourtant Sime Mackenzie, l'enquêteur chargé de l'interroger, ne peut se résoudre à l'accuser. Mais cet étrange sentiment de familiarité qu'il éprouve à son égard n'est-il pas une arme dangereuse offerte à une femme manipulatrice ? À moins que les rêves étranges qui le ramènent à la vie de son aïeul, émigré des Hébrides en terre de Québec au dix-neuvième siècle, ne recèlent une part du mystère ?"

Littérature irlandaise
On est bien gâté, avec trois titres repérés rien que pour cette rentrée d'automne.
Comment ne pas frétiller d'impatience quand je vois deux de mes quatre chouchoux irlandais (Dermot, Sebastian, Roddy et Joseph pour ceux qui l'ignoreraient) ??!!

 

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Présentation éditeur : "Une jeune fille, recluse dans sa chambre, ne connaît le monde qu'à travers sa fenêtre et les paroles de sa mère. Cette dernière lui raconte ses jeux incestueux avec son frère, la vie dans l'Irlande des années 1960, les usines et les salles de bal."

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Présentation éditeur : "L'Irlandais Jack McNulty est un «homme provisoire», tout comme l'ont été ses missions avec l'armée britannique durant la Seconde Guerre mondiale. En 1957, installé à Accra, en proie à l'angoisse et au ressassement, il décide de rédiger l'histoire de sa vie.
Homme ordinaire, aussi héroïque qu'insignifiant, Jack a été le témoin de choses extraordinaires. Il a travaillé et erré à travers le monde, tour à tour soldat, ingénieur, observateur de l'ONU. Son mariage avec Mai, la plus jolie fille de Sligo, est à la fois étrange et tumultueux, mais comme tout le reste, il finira par lui glisser entre les doigts..."

Un John Banville également, même s'il me tente un peu moins que les autres, j'avoue !

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Présentation éditeur : "" Où tout cela va-t-il donc quand nous mourons, tout ce que nous avons été ?
Quand je songe à ceux que nous avons aimés et perdus, je m'identifie à un promeneur errant à la tombée de la nuit dans un parc peuplé de statues sans yeux. L'air autour de moi bruisse d'absences. Je pense aux yeux bruns et humides de Mme Gray et à leurs minuscules éclats dorés. Quand on faisait l'amour, ils viraient de l'ambre à la terre d'ombre puis à une nuance de bronze opaque. "Si on avait de la musique, disait-elle dans la maison Cotter, si on avait de la musique, on pourrait danser.' Elle-même chantait, tout le temps, et toujours faux, "La veuve joyeuse', "L'homme qui fait sauter la banque', "Les roses de Picardie', et un machin sur une alouette, alouette, dont elle ne connaissait pas les paroles et qu'elle ne pouvait que fredonner, complètement faux. Ces choses que nous partagions, celles-là et une myriade d'autres, une myriade, myriade, elles demeurent, mais que deviendront-elles lorsque je serai parti, moi qui suis leur dépositaire, le seul à même de préserver leur mémoire ? "
Qu'est-ce qui sépare la mémoire de l'imagination ? Cette question hante Alex alors qu'il se remémore son premier – peut-être son unique – amour, Mme Gray, la mère de son meilleur ami d'adolescence. Pourquoi ces souvenirs resurgissent-ils maintenant, à cinquante ans de distance, se télescopant avec ceux de la mort de sa fille, Cass, dix ans plus tôt ? Un grand Banville, troublant et sensuel, sur la façon dont les jeux du temps malmènent le coeur humain."

 

Littérature américaine 
Je me laisse porter par l'envie d'aventure américaine et les très bonnes critiques déjà lues dans la presse sur ce bon gros pavé de plus de 600 pages.

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Présentation éditeur : "Roman familial, vaste fresque de l Amérique des années 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux Prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages trois générations d une famille texane, les McCullough dont les voix successives tissent et explorent avec brio la part d ombre du rêve américain.
Eli, le patriarche que l on appelle " le Colonel " est enlevé à l âge de onze ans par les Comanches et passera avec eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu à la civilisation, il prend part à la conquête de l Ouest avant de s engager dans la guerre de Sécession et de devenir un grand propriétaire terrien et un entrepreneur avisé.
À la fois écrasé par son père et révolté par l ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouve à la tête d une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l uvre du « Colonel ». Mais comme ceux qui l ont précédée, elle a dû sacrifier beaucoup de choses sur l autel de la fortune. Et comme tous les empires, celui de la famille McCullough est plus fragile qu on ne pourrait le penser.
Porté par un souffle romanesque peu commun, Le Fils est à la fois une réflexion sur la condition humaine et le sens de l'Histoire."

Littérature française
Je suis en train de lire ce roman suite aux éloges unanimes des copines blogueuses (vous pouvez déjà lire l'avis de Leiloona). J'en parlerai donc bientôt...

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Littérature de jeunesse
Enfin parce que la rentrée littéraire, c'est aussi la rentrée littéraire pour les jeunes lecteurs, j'ai repéré deux ouvrages chez Casterman dont les thématiques paraissent intéressantes :
- l'histoire de l'imprimerie à travers les aventures de Pernelle écrites par Anne Pouget

 

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Présentation éditeur : "Paris, 1499. Alors que le royaume de France célèbre l'accession au trône d'un nouveau souverain, Louis XII, la jeune Pernelle, modeste porteuse d'eau, rêve de s'élever au-dessus de sa condition. Fascinée par la lecture et l'écriture, ces savoirs alors en plein essor avec le développement de l'imprimerie et la diffusion des livres, elle se met en tête d'apprendre à lire et écrire, confortée dans ce projet par sa rencontre avec Enzo, un jeune étudiant italien..."

- la rencontre avec un florilège de personnages historiques légendairement infréquentables et présentés par Sophie Lamoureux

 

 

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Présentation éditeur : "Nous sommes tous plus ou moins familiers des grands héros de l'Histoire, mais que dire des autres : les fous, les traitres, les tyrans, les criminels, les dictateurs, massacreurs, salauds et horribles...? Les Légendes Noires nous invitent à rencontrer ces personnages abominables, méprisés, détestés ou violemment controversés, qui ont souvent horrifié leurs contemporains mais n'en ont pas moins joué, en leur temps, un rôle marquant sur le plan historique. Nécessaire, utile et édifiant."

 

 Et puis, n'oubliez pas, en septembre, c'est aussi Festival America à Vincennes ! J'en reparlerai plus tard très certainement !

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 Que la rentrée vous soit douce !

 

 

 

 

 

7 août 2014

La princesse des glaces

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Erica est écrivain. Un jour, de retour dans son village natal, elle apprend la mort d'Alex, la fille qui l'avait tant impressionnée quand elle était gamine. Elle avait été sa meilleure amie avant qu'Alex rompe tout contact sans explications. Alex a été retrouvée dans sa baignoire, les veines tranchées. Pourtant, personne ne croit au suicide. L'inspecteur Patrick Hedström est chargé de l'enquête. Quelle n'est pas sa surprise de tomber sur Erica au cours de son enquête : c'est la fille dont il était amoureux quand il était ado ! Une dimension qui va s'ajouter aux écheveaux de l'énigme à démêler, et pas qu'un peu !

Les deux personnages sont au point mort dans leur vie sentimentale : Patrick est tout juste divorcé et sans enfant ; Erica vit quasiment recluse chez elle, soumise aux contraintes éditoriales de son prochain roman. Ses parents sont décédés et elle est en discorde avec sa soeur Anna concernant le devenir de la maison familiale. Paradoxalement, le meurtre d'Alex va redonner un sens à la vie de Patrick et d'Erica, tous deux lancés dans une enquête sur le voisinage mais aussi sur eux mêmes.

Cela fait des années que j'entends parler de Camilla Läckberg et de ce polar en particulier. Mais, comme Millenium, je n'arrivais pas à m'y "coller", parce que sans doute on en parlait trop. J'en attendais donc beaucoup, compte tenu des éloges entendues. J'ai bien apprécié le début, avec l'univers de l'écrivain en proie au doute de soi et des contraintes liées à la publication éditoriale :
"Personnellement, elle devait chaque fois faire un énorme effort pour s'installer devant son ordinateur. Pas par paresse, mais à cause d'une terreur profondément ancrée d'avoir perdu sa capacité depuis la dernière fois qu'elle avait écrit."
"Le retard qu'elle avait pris avec son livre la stressait énormément (...) et elle se dit qu'elle allait soulager un peu sa conscience et écrire un moment."
Erica est un personnage très attachant car l'image de l'écrivain est ici complètement démythifiée : c'est une personne comme une autre, même quelqu'un qui doute beaucoup de ses capacités - sauf en matière de cuisine ! De plus, c'est une gaffeuse. Elle empiète allégrement sur les plates-bandes de Patrick et le lui dit sans vraiment prendre conscience des conséquences de ses actes pour l'enquête.
Patrick est un gros nounours amoureux, qui n'arrête pas de se tortiller comme un ver de terre à la moindre émotion. Il n'arrête pas de se faire asticoter par sa collègue à cause de sa relation avec Erica. Les deux tourtereaux tombent en effet rapidement dans les bras l'un de l'autre (enfin, plutôt dans le lit!). Bon, c'était sympa, c'était amusant, mais à force de tirer trop sur la corde sentimentale, Camilla Läckberg en fait une caricature de couple "guimauve" à la limite de la crédibilité. Ce fut ma première déception ! Dommage parce que l'idée du couple écrivain-flic était plutôt amusante !

Concernant l'intrigue à proprement parler, elle est très emberlificotée et il faut aller jusqu'au bout du bout du livre pour avoir une résolution qui finalement laisse un peu perplexe. L'intrigue n'est pas un prétexte à la description de la société suédoise etc. (comme chez l'Islandais Indridasson ou chez Mons Kallentoft, pour citer un autre Suédois) : elle est bien au coeur de la narration et nous fait croiser foule de personnages. Camilla Läckberg revient sur le passé des personnages pour révéler des secrets de famille bien salaces et des ego surdimensionnés. Si l'intrigue m'a tenue en haleine, en fin de compte, je l'ai trouvée peu fouillée. C'est un lavage de linge de famille peu reluisant, mais pas vraiment davantage. Ce fut ma deuxième déception. Rien d'innovant là-dedans.

L'histoire se lit facilement par son style alerte et moderne. Mon oeil a néanmoins heurté une drôle de phrase : "Patrick se tortillait comme un ver de terre sur sa chaise". Je ne sais pas si c'est moi, mais ça prête à confusion... C'est une broutille parce que le texte est bien traduit (= on oublie que le texte qu'on a sous les yeux n'est pas le texte original), mais ça m'a fait sourire !

Bref, une lecture bien partie au début mais qui finalement m'a un peu déçue. J'attendais beaucoup plus d'originalité et d'innovation, depuis le temps que j'entendais parler de ce livre. C'est dommage parce que l'idée de l'héroïne écrivain est vraiment sympa. Je ne me suis pas franchement ennuyée mais j'ai fini par me lasser un peu tout de même. A côté, Mons Kallentoft est beaucoup plus distrayant (et Arnaldur Indridason aussi, pour citer un écrivain islandais).







 

 

 

 

 

30 décembre 2014

14-14 "Centenaire de la Première Guerre mondiale, l'histoire d'une correspondance entre deux personnages de 1914 et 2014"

 

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4e de couverture : "Adrien et Hadrien ont treize ans et habitent tous les deux en Picardie. Ils ont les mêmes préoccupations : l'école, la famille, les filles... Une seule chose les sépare : Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. Grâce à une boîte aux lettres mystérieuse, les deux adolescents vont s'échanger du courrier et devenir amis.
Mais la Grande Guerre est sur le point d'éclater pour Hadrien et leur correspondance pourrait bien s'interrompre de façons dramatique...".

Roman lu sans consulter la quatrième de couverture, juste inspirée par le titre et les lignes qui suivent, je pensais avoir affaire à un livre qui parlait de la guerre. Ce n'est pas tout à fait le cas, ou du moins, ce n'est pas ce qui occupe la majeure partie du texte. Il s'agit plutôt des préoccupations de deux adolescents à cent ans d'écart, avec leurs points communs et leurs différences.

Adrien a le coeur brisée par Marion qui en aime un autre. Il se met soudainement, suite à sa déprime amoureuse, à décrocher à l'école : mauvaises notes, mère inquiète etc. L'école, il se met à s'en fiche : à quoi ça sert ? . Pour Hadrien, au contraire, l'école est tout. Elle passe même avant Simone, sa "bonne amie". Il veut être ingénieur. Mais son père s'y oppose. Pas question de poursuivre des études, il a besoin de lui pour tenir la ferme. Simone finit par prendre la mouche parce qu'il la délaisse trop à son goût...

Deux garçons du même âge mais à la vie si différente et au langage si éloigné. C'est d'ailleurs le langage qui va leur mettre la puce à l'oreille sur l'anomalie de leur correspondance. Adrien ne comprend pas pourquoi à l'heure des textos, son ami s'acharne à lui envoyer des lettres ! Hadrien ne comprend pas le vocabulaire de geek employé par Adrien. Alors, quand il lui dit que son père est en Chine....
C'est la confrontation des deux mondes qui est intéressant dans ce roman pour ado. La dimension fantastique ajoute une touche de suspense et en fin de compte, la résolution de l'intrigue sera : comment éviter à Hadrien d'être tué, lui, sa famille, ses amis. Comment arriver à lui faire prendre conscience de l'imminence de la guerre, parce qu'il n'arrive pas à y croire : il vit dans un lieu si paisible...

Néanmoins, il n'est pas question de la guerre en elle-même ni même des prémisses, de ce qui amène la guerre à éclater, de l'opinion des gens en 1914, etc. C'est ce qui m'a déçue et a donné à ma lecture un tour inattendu. Ce n'est pas un mauvais roman : il est bien écrit, original, doté d'une bonne dose de suspense et de fantastique. Mais avec une annonce comme "Centenaire de la Première Guerre mondiale", on pouvait s'attendre à voir la guerre surgir dans le texte de façon plus imminente et plus profonde. Finalement, ce n'est qu'une toile de fond un peu trop lointaine. Il y est davantage question des conditions de vie en 1914, de la maladie qui emporte facilement les enfants et de comment Adrien arrivera à modifier la destinée de son ami.

 

14 juin 2014

Typos - Tome 1 : "Fragments de vérité"

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4e de couverture : "Dans une société où l'information est un mensonge, Typos défend la vérité.
K-Lab, groupe ultra-puissant domine la ville de Maximum City. Expert en désinformation, il manipule les faits au profit des pouvoirs en place. Une organisation clandestine nommée TYPOS résiste au discours officiel. Ses membres sont déterminés à mettre à jour un scandale humanitaire sans précédent.
Leur arme : la Vérité
Leur outil : un Journal.
Mais ce n'est pas sans danger, leur ennemi est redoutable."

Gipsy, Morph, Dusker et Arlequin sont étudiants en journalisme, dans une société futuriste de 2043 ou la manipulation est reine. Maximum City, la ville où ils vivent est sinistre à souhait et sa banlieue encore plus : pour empêcher les gens de réfléchir et de réagir, il y a un bruit incessant. L'urbanisme est quelque chose comme "cinquante-six kilomètres de cauchemar urbanistique dépourvu de sens, de structure, de coeur". Les bâtiments s'effritent sous les pluies acides. Ce n'est que "jungle de câbles, de micros et de caméras". Voici pour le décor.

Les quatre étudiants font partie d'une organisation ultra-secrète qui édite un journal contre la désinformation perpétrée par K-Lab. Ils communiquent entre eux avec un Close, un téléphone portable au circuit fermé dont les communications ne peuvent pas être captées par des personnes n'appartenant pas au groupe. Pour communiquer l'information entre eux, ils ont caché "dans tous les coins de la ville des centaines de petites chaînes blanches auxquelles on p[eut] attacher des clés USB remplies de données. Il suffi[t] d'avoir sur soi une tablette ou un ordinateur et de passer à côté de ces chaînes pour télécharger ce que les autres y [ont] laissé". Voilà pour les moyens mis en oeuvre.

Les quatre étudiants ont chacun des particularités :
Arlequin est doté d'un sixième sens qui le rend capable de détecter les mensonges : il développe une sorte d'urticaire dès qu'il en entend un. C'est aussi le personnage le plus imprundent, celui qui ne respecte pas les règles et qui s'en vante !
Morph a un visage comme de l'argile : elle peut le façonner à sa guise. Une maladie due à l'extrême pollution de Maximum City.
Dusker est le photographe et le geek de l'équipe. Il est extrêment musclé.
Gipsy sait se faufiler partout et elle possède des branchies artificielles qui lui permettent de rester en apnée une demi-heure et elle ne ressent pas la douleur. Voici l'équipe de héros.

Les membres de Typos, dans ce premier volume, sont mis au fait d'un scandale humanitaire dans le pays africain d'Ambillie, grâce au docteur Frank Malone. Le chef d'Etat de ce pays, Makbake, est le propre bourreau de son peuple puisqu'il y a organisé une famine. Il se fait passer pour un bienfaiteur et organise un grand spectacle-concert de récolte de fonds pour son pays, avec la complicité de K-Lab. Voilà pour l'intrigue.

J'avoue que j'ai choisi ce roman pour la thématique de la manipulation de l'information et du journalisme. La quatrième de couverture m'a séduite. Pourtant, j'ai eu une lecture en "dents de scie" avec des moments qui m'ont captivée et d'autres où je me suis ennuyée. L'intrigue est assez diffuse pour être vraiment reconcentrée sur la fin du livre. Beaucoup trop de détails autres en font perdre le fil pendant un peu trop longtemps. L'intérêt du lecteur se reporte alors sur les caractéristiques des personnages ou la description de l'environnement de la triste mégapole futuriste de Maximum City.  On apprend un peu tardivement que le créateur de TYPOS est en fait le père d'Arlequin.

C'est donc un peu "fouillis" et c'est dommage parce que, par moments, ce roman est très divertissant. Dans la dernière partie, le rythme se fait trépidant et le suspens haletant. Là on accroche bien et les pages se tournent toutes seules !

Enfin, je ne suis pas vraiment sûre que cette lecture soit accessible à des lecteurs de 11 ans. Je dirais plutôt 13-14 ans.

Pour finir, un détail amusant accompagne le livre : un exemplaire du journal Typos du 28 novembre 2043. Le verso est peut-être à lire avant même de commencer la lecture car il présente bien les personnages.

Une lecture en demi-teinte donc.

Je remercie encore une fois beaucoup Flammarion Jeunesse !





 

 

 

4 octobre 2014

Typos tome 2 : "Poison noir"

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Traduction : Faustina Fiore

Nous retrouvons les quatre étudiants en journalisme (Gipsy, Morph, Dusker et Arlequin)  dont le premier volume relatait leur lutte contre un scandale humanitaire dans un pays africain de 2043.

A présent voilà qu'une crise alimentaire et économique sans précédent s'abat sur Maximum City, due à un mystérieux champignon noir qui a ravagé toutes les récoltes. Comme par miracle, la puissance société AgroGen a trouvé un anti-virus. Cela paraît évidement totalement suspect à l'équipe d'apprenti-journalistes, qui mènent une enquête jusqu'à mettre leur propre sécurité en péril.

Guido Sgardoli choisit ici de montrer comment l'on peut fabriquer une famine de toutes pièces, comment, dans une société totalement corrompue et malfaisante comme celle de ce roman, l'économique et le politique sont complices au nom de deux maîtres mots : le profit et le pouvoir. Il suffit que des multinationales, où les gens travaillent pour leur compte, créent volontairement des catastrophes et ensuite se présentent avec l'antidote élaborée d'avance. C'est tout bénéfice pour eux, d'autant qu'elles ont "la plus haute organisation internationale pour le contrôle et le développement alimentaire" (le Fonds alimentaire mondial), dans la poche. Le pouvoir de vie et de mort sur les individus est alors à portée de main.

Autant j'avais un avis mitigé sur le premier volume de cette série, autant on ne s'ennuie pas une seule seconde dans celui-ci, qui plonge directement au coeur du problème, à un rythme haletant. Une petite virée dans le désert qui borde Maximum City et la rencontre surprenante avec une vieille dame, que l'on imagine un peu sortie d'un roman anglais (elle se nomme Sara Bells) qui se prend d'amitié sincère pour les quatre jeunes qu'elle va héberger chez elle, est l'une des surprises de cette histoire.
Autant dans le premier volume j'avais eu du mal à m'attacher aux jeunes héros parce qu'ils n'étaient pas suffisamment approfondis à mon goût, autant ici on en apprend davantage sur eux par le biais de l'histoire de leurs parents. On comprend pourquoi Morph est un être protéiforme et pourquoi Gipsy dispose de bronchies. Les particularités physiques de chacun font aussi partie du puzzle de l'intrigue, que l'on découvre au fur et à mesure.

Pourtant, le lecteur n'est pas au bout de ses surprises : un coup de théâtre totalement inattendu l'attend à la dernière page et ce n'est pas une bonne nouvelle ! Ce qui me fait conclure en disant : avec Typos, noir, c'est noir !

J'espère tout de même un peu d'espoir dans le tome suivant. Affaire à suivre...


Je remercie Flammarion Jeunesse pour l'envoi de ce livre !

 

 

24 avril 2014

J'ai mon propre monde à regarder

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(attention spoiler)

Paul est un ado de quinze ans qui vit une vie sans histoire jusqu'au jour où il se prend la baffe de sa vie : son père quitte le foyer familial sans explication ni adresse. "Ne rien savoir, ne rien comprendre m'a annéanti."
Sa mère, désespérée, décide de tracer la route. Les voilà tous les deux embarqués dans un road trip à travers les route françaises, accordant un choix particulier avant tout aux CD emportés plutôt qu'aux fringues. Puis ils rentrent au bercail. Et deuxième baffe pour Paul : sa mère décide de partir au Burkina Faso car elle pense que son mari est là-bas, sans se soucier de se que deviendra son fils, laissé aux bons soins de sa meilleure amie, Isa. Puis coup de théâtre : le père de Paul revient et explique à son fils pourquoi il est parti.

Le thème de l'éclatement du foyer familial et des conséquences sur un adolescent était prometteur. Pourtant je suis restée à l'extérieur de l'histoire sans parvenir à m'attacher à Paul et à ses déboires. J'ai trouvé sa mère à peine crédible dans son comportement adolescent. Paul, lui, est presque trop parfait dans son attitude. C'est un peu le monde à l'envers dans le sens où c'est lui qui donne des conseils à sa mère (ne pas s'emporter, ne pas insulter les flics qui leur demandent ce qu'ils font dans une voiture au bord de la route un 31 décembre. La seule crise de Paul, son seul pétage de câble surviendra au retour de son père. Et là, on est presque dans l'excès.
Le lecteur est accompagné tout au long de sa lecture par la musique des années 70 qu'écoute Paul. Le titre du roman fait référence à If 6 was 9 de Jimi Hendrix. Là encore, j'ai dû rater quelque chose parce que je n'ai pas compris ce que cela apporte au roman, si ce n'est d'annoncer la thématique de chaque chapître.
Seul le clin d'oeil au roman d'Olivier Adam, A l'abri de rien, que lit la mère de Paul m'a fait sourire.
Les coups de théâtre successifs ne sont pas parvenus à changer la donne concernant cette lecture, dont j'ai trouvé l'écriture "plate" et  froide : elle ne parvient pas à faire passer de l'émotion. Il manque donc à ce roman un petit supplément d'âme.

Bref, j'ai raté mon rendez-vous ! Dommage.

Je remercie néanmoins Babelio et les Editions Tertium de m'avoir permis de découvrir ce roman de littérature de jeunesse.

 

 

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