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18 mai 2014

Les Mordus du Polar 2014 : the Final !!

 

Après un suspense intenable qui durait depuis des mois, le résultat des votes des petits lecteurs parisiens a enfin été dévoilé hier, lors d'un après-midi festif à la bibliothèque Buffon.

Et le lauréat du Prix des Mordus du Polar 2014 est .....

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Le tome 1 de Nom de code : Komiko 
"Dans la nuit de Hong Kong",

La sélection, pour ce que j'en ai lue, était très bonne. Alors bravo au lauréat pour avoir été élu comme le meilleur des meilleurs ! Il était dans mon top 1 également.

J'ai dévoré le tome 2  - chronique bientôt. Il me reste à lire le tome 3 qui vient de sortir.

Pour les photos et le compte-rendu de la sympathique après-midi, c'est ICI

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8 décembre 2013

Challenge "2014 Année Doris Lessing"

 

Depuis quelques semaines, me trotte dans la tête l'idée de rendre hommage à Doris Lessing qui nous a quittés le 17 novembre dernier . Au début, je pensais à simplement un billet, sur un de ses livres que j'avais aimé adolescente (même si je ne me rappelle plus du sujet) et que j'avais l'intention de relire.

Puis je me suis dis que ce serait peut-être un peu trop court, au regard de l'oeuvre vaste de cette grande dame de la littérature anglaise, qui s'est battue contre le colonialisme et contre l'Apartheid , et qui, pour ces idées-là, a été interdite de territoire au Zimbabwe, après avoir été placée sous surveillance policière... Un petit bout de femme humaniste, au caractère bien trempé, qui n'aimait pas qu'on lui colle des étiquettes, icône féministe malgré-elle, par exemple ! Son talent et ses idées ont été récompensé sur le tard : elle a été l'écrivain le plus âgé à recevoir le Prix Nobel de Littérature en 2007, à son grand étonnement !

Pourtant, j'ai regardé dans les librairies, les grandes surfaces, sur les sites de vente en ligne,  et je n'ai pas vu son oeuvre mise en avant suite à son décès (ok, je n'ai pas non plus écumé toutes les librairies de l'Hexagone !).

L'envie de la lire et de la relire additionnée à ce constat font que je me lance dans l'idée  d'un challenge : "2014 Année Doris Lessing". Je ne sais même pas si je vais soulever l'enthousiasme de la blogosphère, mais mon envie de partager des lectures de son oeuvre l'emporte sur tout le reste.

Aucune contrainte particulière pour ce challenge, si ce n'est, évidemment, de lire au moins un livre de Doris Lessing en 2014 ! Pas de rythme particulier, si ce n'est le vôtre : plusieurs billets par mois ou bien un seul ; des mois sans billet sont aussi possibles !

Le challenge débute à compter du 1er janvier 2014 et s'achèvera le 31 décembre de la même année. Ca laisse du temps !

Il faut dire que l'oeuvre de Doris Lessing est riche et variée. Voici quelques idées non exhaustives de lecture :

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Vous pouvez vous inscrire dès à présent en laissant un commentaire et à tout moment durant l'année 2014.

Je vous demande juste d'apposer le logo au bas de votre billet et de me faire parvenir le lien en commentaire sur ce billet afin que puisse faire des récap dignes de ce nom ! :-)

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Liste des participants avec qui lira quoi
(qui sera mise à jour progressivement au fur et à mesure des inscriptions)
:

Mélodie (du Québec !): Le carnet d'or
Mazel : Les enfants de la violence volume 1, 2 et 3
Jostein de Sur la Route de Jostein
Nathalie de  ChezMarketMarcel
Moi : Les enfants de la violence volume 1 ;  Les carnets de Jane Somers - Journal d'une voisine ; Le Cinquième Enfant ; Un enfant de l'amour ; Alfred et Emily ; Le rêve le plus doux ; Vaincue par la brousse  et très certainement le premier volumes des Nouvelles africaines. (Voilà pour un premier aperçu de mes intentions :-) )
Denis de Bonheur de lire  Le carnet d'or ; L'été avant la nuit ; Journal d'une voisine ; Si vieillesse pouvait ; La terroriste (bravo !)
Zazymut  se lance aussi dans l'aventure !
Hélène de la page Facebook Lettres d'Irlande également avec Le carnet d'or, et Le cinquième enfant, au moins...
Icath, qui vient de publier un billet sur Si Vieillesse pouvait et qui veut lire d'autres romans...
Ostinato

 

RECAPITULATIF  DES CHRONIQUES ECRITES :

31 décembre 2013 (donc je le compte quand même !) :
Icath : Si Vieillesse pouvait

Janvier :
Moi : Le Cinquième enfant
Icath : Victoria et les Staveney

Février :
Moi : Un enfant de l'amour

Mars :
Moi : Les grand-mères

 Mai :
Ostinato : Victoria et les Staveney
Nathalie : Le carnet d'or (bravo !!)

Juillet :
Jostein
: Les grand-mères

Août :
Moi : Alfred et Emily

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25 juillet 2013

La muraille de lave

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4e de couverture : "Abasourdi, Sigurdur lève les yeux vers l'imposante Banque centrale, surnommée "la muraille de lave" en référence à l'impénétrable barrière de corail de la mer d'Islande. Ici règnent le crime et la corruption : une employée, adepte de libertinage, a été poignardée. Sigurdur en est persuadé, l'assassin est entre ces murs. Plus que jamais, les conseils d'Erlendur seraient précieux, mais il a disparu..."

 

Autant vous le dire de suite, j'ai lu ce livre il y a deux mois et jeté de piètres notes dans mon carnet : donc ne vous attendez pas à une critique hyper-détaillée !

Cela dit, encore un très bon Indridason ! Ce volume fait suite à La Rivière noire qui mettait en scène l'une des acolytes d'Erlendur : Elinborg. Je pensais retrouver ce personnage puisque Erlendur n'est toujours pas de retour. Eh bien, première surprise, c'est le deuxième acolyte de l'inspecteur au grand coeur qui nous donne rendez-vous ici : Sigurdur Oli.

Cette stragégie d'Arnaldur Indridason de mettre en avant les autres personnages secondaires de la série lui permet de dévoiler un peu plus l'environnement professionnel de son personnage principal. Sigurdur Oli a un caractère très différent d'Erlendur : la brutalité verbale ne lui fait pas peur pour faire avouer les suspects. Il s'énerve facilement. Bref, pas facile à vivre le gars (d'ailleurs c'est aussi un divorcé) et surtout pas forcément efficace pour avancer sur la bonne voie....

Côté thématiques, Indridason reprend ses thèmes favoris de l'enfance maltraitée, du trafic d'argent sale qui corrompt les individus jusque dans leurs moeurs. Et ça débute fort ! Si l'on vous invite un jour à une soirée entrecôtes, moi je vous le dis : méfiez-vous !! Une bonne dose d'humour noir également de la part de mon écrivain islandais préféré !!

Enfin, on retouve un personnage rencontré dans Hiver arctique : Andres (d'où la nécessité de lire les volumes à peu près dans l'ordre).

La fin est vraiment poignante et les assassins (et un en particulier), s'ils sont coupables, sont avant tout des victimes. Une fois de plus, un roman noir très subtile !

J'ai maintenant lu toute la série parue en France. Je ne dis qu'une chose : vivement la suite !!

En attendant, pour ceux qui l'ignore, il y en a un roman d'Arnaldur qui sort le 12 septembre ! (l'histoire d'un étudiant islandais qui part faire ses études au Danemark : j'en rêve déjà !!

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2 mai 2013

Ainsi saigne-t-il (Let it blood)

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4e de couverture : "La police a pris en chasse deux adolescents qui prétendent avoir enlevé la fille du maire d'Edimbourg. Acculés, ils se jettent d'un pont sous les yeux de l'inspecteur John Rebus. Hanté par cette image, Rebus tente de retrouver la jeune fille disparue et d'en savoir plus sur les deux jeunes gens. C'est alors que survient un second suicide, spectaculaire et encore plus suspect...
Une enquête qui conduit l'inspecteur Rebus au coeur de la machine politique écossaise et de la raison d'Etat."

(Après plus d'un an d'abstinence de Rebus, il était temps de me reprendre...)

Autant dire que l'intrigue est assez complexe mais en fait, on s'en fiche. Tout l'intérêt des aventures de Rebus étant de traîner avec lui en Ecosse, et surtout, comme ici, à Edimbourg qu'il connaît comme sa poche. Rappelez-vous aussi que notre inspecteur est un coureur de jupons... Aux dernières nouvelles, il était avec le Docteur Patience, dont il squatait l'appart. Mais déjà, ça sentait le roussi. Eh bien, il est maintenant de nouveau célibataire et a troqué sa nénette contre quelques bouteilles de whisky et tournées de pubs monstrueuses. Sans doute pour oublier, entre autres, qu'on lui colle comme supérieur hiérarchique direct, Gil Templer, une autre de ses ex... Le superintendant ("le Pequenot") décide même de lui octroyer des vacances d'office car, à fourrer son nez partout, Rebus met en danger le commissariat lui-même, du moins les boeufs-carottes de tous poils. Seulement Rebus ne fait évidemment jamais ce qu'on lui conseille !

D'autant que les cadavres tombent comme des petits pains dans cet épisode et qu'en plus ce sont des suicides ! Un conseiller de District à l'attitude étrange et c'est tout un réseau de manipulations à grande échelle que démonte Rebus, ou comment la cupidité poussent certains à n'avoir d'yeux que pour le fric, jusqu'à se prendre eux-mêmes les pieds dans les mailles du filet.

"Vous avez une idée de l'échelle des fraudes perpétrées sur le continent européen ? Un plan de formation bidon pour des pilotes de ligne à Naples a rapporté dix-sept millions de livres. Des productions agricoles et des animaux font la navette de part et d'autres des frontières et une taxe est prélevée à chaque passage."

Autant dire que le coeur de cette fiction résonne avec certaines actualités récentes... (Ce roman a pourtant été écrit en 1995).

Avis aux amateurs de bons polars et de répliques qui font mouche, parce que Rankin a le don de l'humour noir grinçant aussi bien que de l'humour tout court ! J'ai juste regretté que les fameuses répliques qu'on n'oublie pas, soient moins présentes dans ce volume. 

Mais n'oubliez pas que ce qui déglingue Rebus, "c'est de faire la tournée des bars pendant quarante-huit heures". Donc, voilà, sans doute n'était-t-il pas au mieux de sa forme. Mais une lecture jubilatoire malgré tout ! C'était mon huitième rendez-vous avec l'inspecteur... vivement le neuvième !

Conseil aux lecteurs rebusiens novices : mieux vaut lire les aventures dans l'ordre car les personnages évoluent (bien que chaque aventure peut se lire indépendamment les unes des autres).

 

 Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. L’étrangleur d’Édimbourg
  2. Le fond de l'enfer
  3. Rebus et le loup-garoup de Londres
  4. Piège pour un élu
  5. Le Carnet noir
  6. Causes mortelles
  7. Ainsi saigne-t-il
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La Colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
  15. Fleshmarket Close
  16. L’appel des morts
  17. Exit Music

 

 

25 août 2012

Tea Bag

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4e de couverture : "Dans un camp de transit de la côte espagnole, les migrants attendent patiemment d'entrer en Europe. Tea-Bag, la jeune Africaine, tente d'oublier les cris de ceux qui ont péri dans le naufrage qui les a menés sur cette plage. Lorsqu'un journaliste lui offre, contre son témoignage, un voyage en Suède, l'espoir renaît. Parviendra t-elle à infléchir le cours de son destin ?"

 

Pour une fois la 4e de couverture ne révèle rien de l'histoire et de sa teneur. Juste un aperçu du sujet. D'ailleurs, en la lisant j'avais un peu peur d'un roman un peu convenu et dont l'issue était un peu trop attendue... Mais je savais pouvoir faire confiance à Henning Mankell. Je n'ai pas été du tout déçue !!

En effet, le journaliste dont parle l'éditeur ici ne fait pas du tout partie de la narration, juste une apparition de quelques lignes au début du roman. Ensuite, on passe tout de suite à autre chose, avec l'irruption de Jesper Humlin, poète raté, trop bronzé pour ne pas paraître superficiel. Son éditeur décide qu'il doit écrire un polar. Mais cet être qui semble à la fois vile, mou et hypocrite n'a pas la franchise de vraiment dire ce qu'il pense à l'intéressé, de peur de ruiner totalement sa carrière, déjà pas brillante... Mais voilà qu'il rencontre un ami de longue date, entraîneur dans un club de boxe dans une banlieue suédoise. A partir de ce moment-là Jesper Humlin pénètre dans un monde qui lui était inconnu, une autre face de la Suède dont il ne soupçonnait même pas l'existence : celle des immigrés clandestins et leur histoire. D'ailleurs, dans son univers feutré Jesper Humlin ne s'imaginait même pas qu'il puisse y avoir des immigrés en Suède ! La rencontre va s'avérer percutante, au propre comme au figuré !!

Parce que les gens dont il  va faire la connaissance sont complexes, souvent insasissables : Leïla l'Irannienne, Tea Bag la Nigérianne et Tania de l'ex-Union soviétique ont toutes une histoire douloureuse. La confiance en l'autre, elles ne l'ont plu. Alors souvent elles "mordent". Et elles vont se jouer de notre pauvre Jesper Humlin... La fin de l'histoire est inattendue et déjoue les clichés et le roman aussi, évidemment !

J'ai aimé ces quatre personnages attachants (parce que oui, même Jesper Humlin qui paraît au début un être détestable, finit par devenir sympathique par sa maladresse et sa naïveté). Tea Bag, la Nigérianne est la plus attendrissante avec son joli sourire - dont elle sait jouer - mais qui est l'arme du désespoir. Tania est la plus difficile du lot par sa violence (elle est franchement pénible !). Leïla ne comprend pas son père qui a fui l'Iran pour trouver la liberté  mais dont il la prive en surveillant tous ses faits et gestes : jamais elle ne peut se déplacer seule, il faut toujours que ses frères la suivent.

Jesper Humlin, à l'instar de l'écrivain Henning Mankell, laisse la parole aux clandestines pour qu'elles racontent chacun leur histoire. Ingénieux procédé de mise en abyme ! Notre poète a l'intention d'écrire un livre sur leurs vies pour faire connaître la vérité au monde. Vous saurez vous-même en lisant ce fabuleux roman que l'on dévore littéralement, s'il y parviendra ou pas. Mais une chose est sûre : Henning Mankell a réussi sa mission ! Un livre qui ne s'oublie pas !

Décidément, je n'ai pas fini d'aimer les Nordiques - je me répète, mais ils sont géniaux !





 

 

 

 

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1 décembre 2009

Impératrice

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4e de couverture : "Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons, elle est devenue Impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémie.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée, elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l'Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-la-Roue-d'Or.
Son nom a été outragé, son histoire déformée, ses mémoires effacées, les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir Empereur, et pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.

Son nom a été outragé, son histoire déformée, sa mémoire effacée. Les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir empereur. Pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de la Cité interdite."

J'ai lu ce roman il y a un an, après avoir lu pas mal d'autres livres de Shan Sa, française d'origine chinoise, née à Pékin, écrivant en français et vivant en France depuis les années 1990.

C'est un roman tumultueux, très riche, d'une lecture facile même si l'on n'a aucune notion d'histoire de la Chine (ce qui est mon cas). C'est instructif sur les moeurs de la Cité interdite (assez surprenantes parfois pour les neophytes comme moi). C'est l'histoire d'une femme libre qui se bat contre les carcans de son époque. Un personnage complexe qui finira par être comme ceux qu'elle haïssait. Une réflexion sur le Pouvoir.

Bref, j'en garde un bon souvenir. Ce roman a obtenu le Prix des Lecteurs 2005 (Livre de Poche). Le livre-type à emmener si l'on projette un voyage en Chine !

13 mars 2015

Salon du Livre de Paris 2015 ou comment aller se rhabiller...


Si vous ne le savez pas (mais ça m'étonnerait), au mois de mars, à Paris, il y a un salon, qui se veut prestigieux, rameutant toute la France parmi ses visiteurs et une foule d'écrivains ultra-connus. Je parle du Salon du livre de Paris.

L'an dernier, alors que je n'avais jamais osé, mais parce que je voyais que les copines blogueuses le faisaient sans se gêner, j'ai demandé une accréditation presse (comprendre un pass qui vous donne droit d'aller et venir dans le salon, de ressortir, de rentrer de nouveau, le tout gratuitement). Je n'y croyais pas vraiment, je m'y suis prise très tard et en fin de compte, sans aucune difficultés, on donné le précieux sésame ! J'étais ravie ravie ravie !
Ca tombait bien, parce que ça faisait des années que je n'allais plus au Salon : le Pass Education ne fonctionne plus pour y rentrer ; je lis beaucoup et en tant que grande lectrice, je ne me voyais pas payer 10€ l'entrée et encore moins en ayant un blog de littérature... 
J'avais des souvenirs du salon d'un temps où les blogs n'existaient pas, où j'étais partie rejoindre une copine de fac en stage chez Grasset, retrouver des amis avec lesquels on harpentait les travées jusqu'à l'épuisement, pour repartir avec nos belles découvertes sous le bras. C'était l'époque où Amazon n'existait pas, Internet était balbutiant et donc, pour nous le Salon, c'était le moyen de voir tout ce qui était publié. Si je me rappelle bien, même à l'époque j'avais réussi à me débrouiller pour ne pas payer l'entrée...

Bref, cette année, avec le bon souvenir du salon de l'an dernier et de l'impulsion que ça a eu sur mon blog (qui est plus actif grâce aux débats auxquels j'ai assisté, aux rencontres que ça a enclenché et aux idées que cela m'a donné en matière de lectures), j'ai demandé l'accréditation dès le mois de janvier. Je ne me faisais pas trop de souci, j'étais confiante. Ouais, ils étaient sympas au salon, ils ont les moyens financiers...

Mais il y a quelques jours j'ai reçu le même email que 99,99% des "vieux" blogueurs littéraires que je connais ayant fait une demande : 

"Nous avons le regret de vous informer que votre dossier n°  n’a pas été validé

Cependant, si vous le souhaitez, il vous sera possible d'accéder au salon avec un tarif préférentiel (6€ au lieu de 12€).
Pour ce faire, il vous suffira de vous présenter à l’accueil PRESSE et de retirer une contremarque qui vous permettra de bénéficier du demi-tarif en caisse principale.
Pour toute question vous pouvez écrire à accreditationpresse@facondedepenser.com, en précisant votre n° de dossier.
Cordialement,
L’équipe du Salon du livre de Paris"

On ne connaît tous plus ou moins et on s'est rendu compte qu'on avait tous reçu cette réponse quasiment en même temps. (un publipostage d'une lettre type de refus, du moins ça y ressemble grandement).
Ne pouvant me satisfaire d'une réponse pareille, sans aucune explication (pour la cordialité, il faudra repasser), j'ai demandé une explication. Comme d'autres, d'ailleurs.
Elle est tombée hier soir et me laisse un mince espoir en lisant entre les lignes (mais franchement, ça me laisse assez perplexe parce que de toute façon je suis moi et je n'ai qu'un blog...).
D'autres ont reçu des réponses stupéfiantes, avec du Vigipirate inside.
Et puis hier, on nous dit qu'il y a eu 500 demandes d'accréditation et que 150 blogueurs littéraires ont été accrédités. Ah oui ? Mais alors sur quels critères ? Pourquoi certains et pas d'autres ? C'est un tirage au sort ?  Un chiffre qui paraît d'ailleurs assez énorme pour la blogo littéraire (si l'on s'en tient à ceux qui habitent en Région parisienne). Des chiffres un peu trop ronds de surcroît. Etrange.
La seule chose que je vois depuis hier soir, ce sont des places à gagner sur certains blogs. Et là ça me fait vraiment rire !!!
Il est hors de question que j'aille, en tant que blogueuse, aller jouer chez les copines pour gagner une place. Soit je suis accréditée, soit je ne viens pas.

Je ne vais pas me prostituer pour obtenir un pass, je pourrais payer 6€, ma vie ne va pas s'effonder si je n'y vais pas, mais franchement, je ne pense pas ruiner le salon en demandant à ce qu'on me laisse entrer sans payer. Le Salon du livre de jeunesse de Montreuil l'a fait sans problème. Merci le Conseil général de Seine-Saint-Denis !  Reed Expo est une entreprise privée. Il me semble qu'elle perd de vue le but d'un salon consacré à la littérature.
L'an dernier, la journée professionnelle consacrée à la traduction a été annulée parce que les participants devaient payer... pour participer.
Cette année, la journée professionnelle du monde des bibliothèques ne verra pas le jour pour le même problème.
Certains petits éditeurs n'ont pas les moyens de se payer un stand parce que c'est hors de prix.
Même le groupe Hachette a décidé de ne venir qu'une année sur deux.
L'entrée a augmenté de 2€ (10€ l'an dernier contre 12€ cette année) et devient plus chère qu'une place de cinéma. Ca devient rédibitoire comme tarif pour le visiteur lambda !

J'ai adoré Festival America (où je suis allée sans accréditation), je suis très intéressée par Etonnants Voyageurs et Les Boréales.  Je me dis que ces festivals littéraires semblent avoir une âme, contrairement au SDL qui la perd à force de ne penser qu'à engranger de l'argent. C'est du moins l'impression que ça donne. J'adore les rencontres en bibliothèque et en librairie (qui sont gratuites, plus intimistes et qui permettent un dialogue avec l'écrivain, beaucoup plus facilement qu'au SDL.

Personnellement, je n'ai pas l'impression que mon blog a été lu par les "accréditeurs" (on voit le nombre de pages lues par une même personne dans les statistiques de l'interface et même parfois d'où ça vient). Je pense que c'est surtout un coup du sort, un jeu de dés. Je regrette les billets que j'ai consacré au SDL l'an dernier. Je les laisse sur le blog parce que j'avais passé une belle journée grâce au programme que je m'étais concoctée. Je n'aurais fait que arpenter les allées, je supprimerais tout.

Je pense que les blogs littéraires participent à la diffusion de la littérature, même passivement. Les avis sont lus par des lecteurs réguliers ou occasionnels. Je lis entre 40 et 70 livres par an... (quand un Français achète en moyenne 5 livres, d'après une statistique récente).

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Voici les provenances des connexions d'aujourd'hui, juste par curiosité...

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Voilà, c'était le récit d'une déception et d'une logique qui ressemble à de l'absurdité.
Heureusement, il reste les auteurs et les éditeurs, avec qui je partage de beaux moments toute l'année, sans compter. :)

Voir ce que pense George, une grand habituée du SDL, de tout ça ici


 

2 décembre 2014

Retour sur Montreuil

 

Le Salon du livre et de la presse jeunesse vient de se clore. J'ai suivi mon programme pas trop préparé faute de temps, mais tout de même, samedi 10h, j'étais sur place. Parfait pour arpenter les allées sans la foule qui a sévi l'après-midi.

Comme par hasard, Orphans de Claire Gratias m'a d'emblée sauter dessus pour me rappeler que j'ai encore à lire le tome 3 de cette excellent thriller de science-fiction dont j'ai déjà parlé

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Et puis, un peu plus loin, mon dernier coup de coeur, Le chat qui ne mangeait pas de souris, avait l'air de se porter comme un charme... et Hôtel Summertime se rappelle aussi à mon bon souvenir puisqu'il est déjà dans ma Pile et que je n'ai toujours pas eu le temps de le lire.

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Et puis voici les Grinche qui me font de l'oeil (eh, c'est bon les gars, vous êtes prévus prévus pour mon prochain billet, pas la peine de faire ces têtes...)


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Me sentant dans le viseur d'un grand nombre de personnages, j'ai rejoint la rencontre "Peurs et frissons à l'anglaise" qui réunissait les écrivains Erin Hunter (pour la série La guerre des clans), Joseph Delanay (la série L'épouvanteur), Sally Green  et Alan Snow. Tous sont auteurs de best-sellers. Je m'attendais à quelque chose de palpitant.

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Pourtant, je suis restée sur ma faim. Seul Alan Snow a réussi à capter mon attention, avec sa saga se déroulant dans une ville anarchique sur fond de "guerre" du fromage. Pour La Guerre des Clans, qui met en scène des chats et des ours, je ne suis pas d'accord avec Erin Hunter qui considère qu'il est anormal que les ours soient présentés dans les livres pour enfants comme des "nounours", des êtres charmants : au contraire, j'aime l'image de douceur véhiculée par cet animal dans la littérature, ou celle de bestiole pataude, perdue dans l'univers impitoyable des hommes. Qui n'a pas lu Mais je suis un ours ! ? Et toutes les histoires d'ours de l'Ecole des Loisirs. Moi, c'est mon enfance et c'est avec ces histoires (déjà pas toutes neuves)  que j'ai appris à lire et à aimer la lecture. Je ne sus pas sûre que si on m'avait présenté un ours féroce (même si c'est la réalité), j'aurais eu envie de m'approcher de cet univers violent. Ses livres sont davantage destinés à des ados, mais tout de même, ce n'est pas une raison pour dégommer l'image de l'ours "gentil". Seule la dimension "écologique" qu'elle semble vouloir véhiculer dans ses livres semble intéressant. Deuxième désaccord : Erin Hunt a avoué qu'elle n'aime pas les chats ! Ca ne se discute même pas avec moi... :-).
J'ai écouté avec attention le discours du prolixe et sympathique Joseph Delanay, avec ses personnages issus du folkore et ses sorcières, mais je ne suis pas sûre d'avoir compris pourquoi il recourait à ces personnages-là, dans quel but, pour quoi faire etc... si ce n'est "peur" au jeune lecteur.
Quant à Alan Snow, sa saga de monstres (qui date de 2008) paraît amusante et j'aime son parcours. Peut-être que je tenterai la lecture

au bonheur des monstres


Mais globalement, j'ai trouvé que cette rencontre a été finalement peu convaincante. Peut-être parce que le temps était court (une heure) et que l'on passait d'un écrivain à l'autre sans vrai dialogue entre eux.

Au contraire, j'ai adoré l'expo sur les illustrateurs ayant marqué la littérature jeunesse. Certaines oeuvres vous rappelleront forcément quelque chose. Mais dans quel livre les avez-vous vues ? C'est la question lancinante que je me posais en parcourant l'espèce de labyrinthe où elles étaient exposées.
Petit extrait :

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(par Philippe Corentin)

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(par Serge Bloch)

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(mais à qui sont ces charmantes souris ?)

Et puis, un Quentin Blacke récent :

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(lui-même en train de lire de la poésie française !)



Evidemment, j'ai encore quitté le salon avec un carnet bien rempli de références bibliographiques et de la doc.... 
En tout cas, vu la foule compacte qui commençait à se former en début d'après-midi, on aura du mal à me faire croire que les jeunes ne lisent plus ! Ca m'a fait prendre la fuite et "sécher" la rencontre de 15h, "Mondes connectés, mondes en dérive ?"... J'espère que je trouverai un compte rendu sur un blog !

 

 

 



3 octobre 2015

Septembre sous les étoiles

 

Un mois littérairement pétillant pour la fan de littérature irlandaise que je suis : en à peine quinze jours, j'ai assisté à deux rencontres littéraires.

L'adorable Robert McLiam Wilson nous a présenté l'incroyable Paul Lynch, dans une ambiance très convivale. Le duo nous a fait rire et captivés.

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Si vous n'avez pas encore lu La neige noire, le roman qui m'a scotchée en cette rentrée littéraire, je ne peux que vous inciter à le faire. La plume de Paul Lynch est vraiment magistrale (il me reste à lire son premier roman, ce qui ne saurait tarder!)

Et puis, samedi dernier, par une belle soirée de pleine lune (!!), avec, entre autres,  ma copine de Lettres d'irlande et d'ailleurs,  nous avons pu écouter une dame de plume et de caractère, et pas des moindres : Edna O'Brien ! Elle n'a rien perdu de son humour ni de sa verve !

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Elle était interviewée par une journaliste du Monde, dans le cadre du Festival des écrivains du monde. Mais en fait, dès qu'elle a commencé à parler, il n'y avait plus beaucoup de place pour les questions !

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Elle a eu une vie incroyable et aussi du courage ! Un destin hors norme dont on peut se rendre compte en lisant son autobiographie, Fille de la campagne.
(en complément, un très bel article d'un journaliste Libé, écrit en 2013, à l'occasion de la sortie du livre, ici).

En tout cas, on peut remercier le Centre culturel irlandais de Paris de nous faire vivre ces beaux moments !
C'est que je m'habitue bien à ces petits rendez-vous littéraires - en compagnie de fans de littérature irlandaise, de surcroît !
Alors quand on est bien gâté, évidemment, on se demande : "La prochaine fois, c'est quand ??" :-)
Je cherche désespérément un podcast sur le site de France Culture, radio qui était présente pour l'événement... (Snif !)

Un sacré beau mois de septembre !

 

22 mars 2015

Salon du livre 2015 : un salon sur fond de revendications

 Oui, je suis finalement allée au Salon du livre, mais pas grâce à Reed Expositions, bien trop occupé à compter ses sous et à presser tout ce qui peut encore l'être comme un citron. Pourtant, j'ai bien regardé, à 12€ l'entrée, les murs ne sont pas en plaqué or, on ne marche pas sur de la moquette en poil d'astragan (je sais, ça n'existe pas)...
Bref, heureusement qu'il y a des gens qui ont pensé à moi et vraiment ça m'a fait plaisir !

Mon SDL mouture 2015 a pris, en partie, une dimension un peu inattendue : celle des revendications sociales des auteurs. Le Conseil Permanent des Ecrivains s'alarme de revenus à la baisse, de réformes sociales qui semblent préoccupantes, du droit d'auteur fragilisé par la politique européenne. Il tire de signal d'alarme : "Les auteurs de livres sont clairement en danger. Et à travers eux, c'est la création éditioriale qui est menacée, dans sa liberté et dans sa diversité". C'est vrai que dans l'imaginaire collectif, l'auteur se dessine sous une image très romantique et idyllique de celui qui vit de son oeuvre, tout tranquillement, sans soucis. C'est devenu une image d'Epinal. Auteur est, pour la plupart, un métier toujours plus précaire et les réformes à venir ne semblent guère réjouissantes. A travers eux, c'est toute une chaîne du livre qui peut se rompre.

Pour en savoir plus , voici la Lettre ouverte du CPE à ceux qui oublient qu'il faut des auteurs pour faire des livres  ICI.

En tout cas, ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à une manif d'auteurs dans les travées du Salon du livre de Paris ! La marche revendicative organisée par le CPE s'est déroulée samedi en début d'après-midi, sur le thème "Pas d'auteurs, pas de livres", pas d'éditeurs, pas de lecteurs, pas de bibliothèques et... finalement pas de salon du livre !

 

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On aurait pu craindre un flop, mais ce fut un franc succès. La presse en parle beaucoup ce matin : L'humanité, Le Monde, Livres Hebdo...
Les auteurs appellent au soutien des lecteurs. Ils ont le mien, vous l'aurez compris.

A part cela, j'ai eu un très joyeux salon, plein de belles rencontres et retrouvailles.
La perle inattendue étant la présence du Président de la République dans une allée, à un moment tout à fait cocasse pour moi : c'était pas lui que je cherchais depuis 20 minutes, hein, mais la vie est bizarrement faite parfois ! Bazardée sur le côté par les gardes du corps avant même que je comprenne ce qui se passait et qui était là, ça m'a laissé pliée de rire quand je m'en suis aperçue. Un souvenir qui restera gravé dans mes annales. :)

Comme pour l'instant, il y a heureusement encore des auteurs et des éditeurs, je suis partie en repérage de futures pépites à lire. J'ai atterri je ne sais pas trop comment au stand des Littératures du Bassin du Congo

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Un petit tour par la Tunisie,qui a bien besoin de soutien en ce moment, et dont quelques écrivains étaient présents

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Je suis allée voir quelques stands fétiches

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J'ai croisé beaucoup de célébrités, dont Amélie Nothomb en train de dédicacer son dernier livre m'a tant fait rire (et qui évoque, entre autres, la situation des auteurs précaires)

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Peter May, le plus frenchy des écrivains écossais littéralement assailli par ses fans
(finalement, je préfère quand il n'est pas annoncé : au moins on peut discuter 3 sercondes !)

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Je suis rentrée avec pas mal de références et quelques bouquins

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Je serais bien malheureuse si je ne pouvais plus le faire pour cause de disparition d'écrivains ! 
Je laisse par ailleurs Reed Expositions méditer sur sa stratégie financière pas franchement convaincante et qui pourrait perdre de l'argent à force de vouloir toujours faire plus de profit.

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17 octobre 2014

Les légendes noires - Anthologie des personnages détestés de l'Histoire

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Très certainement qu'il a déjà été écrit dans anthologies des héros historiques. Mais Sophie Lamoureux nous propose quelque chose de plus original : une "anthologie des personnages détestés de l'Histoire" : fichtre ! J'avoue que cela a tout de suite attiré mon attention. Même sans savoir qui j'allais exactement y trouver. En cette période d'Halloween (et de monstres en tous genres), je me suis donc plongée dans ces Légendes noires, quitte à me faire peur juste avant d'aller dormir...

Cette anthologie ne présente pas les personnages détestés par ordre alphabétique mais par chronologie, en partant de l'Antiquité égyptienne (avec Akhenaton), jusqu'aux années 1950 (avec McCarthy. Une double page illustrée par Virginie Berthemet est consacrée à chacun des trente-quatre personnages évoqués : on a sa carte d'identité, ses "oeuvres", ce qu'on disait de lui à l'époque, une remise en contexte parfois et un éclairage à la lumière des dernières recherches historiques sur les intéressés. La fin de l'ouvrage évoque brièvement quelques "légendes noires contemporaines" sans développer leur étude puisque le recul historique n'est pas encore assez important.

Voici un florilège de mes pages préférées :

Dracula, le vrai, celui qui empalait ses ennemis et qui par la suite a inspiré l'Irlandais Bram Stocker
Attila, dont on disait que "là où son cheval passait, l'herbe de repoussait plus" et qui a été enterré dans un triple cercueil et dont les esclaves qui ont creusé sa tombe ont été tués afin qu'elle ne soit jamais découverte
Judas  dont la légendaire trahison est en fin de compte mise en balance.
Henry VIII, le roi qui a inspiré plus tard le personnage de Barbe bleue
Jean Sans Terre : tout simplement parce qu'il y a son château à Limerick et que là-bas on ne dit pas qu'il était un "affreux" aux visiteurs (alors qu'il l'était vraiment). On dit simplement qu'il était le frère de Richard Coeur de Lion. Ca m'a sourire mais c'est très personnel !

Aux côtés de ces personnages archi-célèbres, on en trouve d'autres, sans doute moins connus du grand public comme Pierre Gauchon (responsable de l'exécution de Jeanne d'Arc), Genis Khan, Charlotte Corday, Custer le massacreur d'Indiens...

Je passe sur les figures d'Hitler, Franco, Staline, Lenine, Himmler, Mussolini, Mao...

Un livre très complet et très fouillé sur chacun des personnages évoqués. Néanmoins, je doute que cet ouvrage soit accessible à partir de 12 ans. Je dirai plutôt à partir de 14 ans et en fonction des personnages évoqués. Parce que c'est quand même complexe. A utiliser en complètement d'une leçon d'Histoire sur une époque ou un événement. Parce qu'autrement, par exemple, la Révolution française pourrait bien apparaître au jeune lecteur comme un évenement tout sauf positif, un événement réduit à la Terreur de Robespierre, la traitrise de Talleyrand, l'assassinat de Marat...

J'ai apprécié cet ouvrage étonnant qui est également adapté aux adultes qui veulent se cultiver ou "réviser" leur Histoire.
Je vous conseille juste d'éviter cette lecture avant d'aller vous coucher : c'est un peu éprouvant ! :-) Mais parfait comme lecture d'Halloween !



Merci aux Editions Casterman pour ce beau bouquin !







 

 

 

14 septembre 2014

Festival America 2014

 

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Ce week-end s'achève le septième Festival America qui se déroule tous les deux ans à Vincennes. J'y ai mis les pieds pour la première fois, curieuse. Je ne suis pas du tout une spécialiste en matière de romans américains et je n'en lis pas si souvent que ça, surtout depuis que j'ai découvert les Nordiques. Je connais davantage ce qu'on appelle désormais des classiques, comme Steinbeck, (que j'adore), Jack London, Faulkner etc. Dans ma Pile de la rentrée littéraire 2014, j'ai l'énorme pavé qu'est Le Fils de Philipp Meyer. C'est ce bouquin qui m'a décidé à aller au Festival, puisque son auteur est l'un des invités majeurs, aux côté de Joseph Boyden, (dont j'ai aussi le livre depuis un moment) et Richard Ford (même chose).

Le programme du festival est très chargé. Je n'y suis allée qu'une seule journée. J'ai sélectionné deux débats d'une heure trente chacun :

"L'histoire est un roman" qui réunissait Joseph Boyden, Gérard de Cortanze, Boris Fishman, Philippe Meyer et J. Courtney Sullivan

Ce premier débat n'était pas tout à fait à hauteur de mes attentes, un peu "bateau", mais néanmoins, les écrivains ont su le faire rebondir et capter l'attention. J'ai apprécié la dimension humaniste des interventions de Boyden, Meyer et la déclaration finale de Gérard de Cortanze sur la montée de l'intolérance en France. Il a d'ailleurs été chaleureusement applaudi.

J'ai été intriguée par Boris Fishman, écrivain américain d'origine biélorusse, j'ai aimé son humour pour comparer les USA, la France et les Russes dans leur manière de gérer leur Histoire et d'aller de l'avant. Les Américains foncent sans aucune retenue, les Russes reculent et les Français sont précautionneux. Il a mimé la chose, c'était tordant ! Ca m'a donné envie de découvrir son livre, Une vie d'emprunt.
Par contre, je ne pense pas lire un jour du J. Courtnay Sullivan : elle paraissait en retrait du débat. Un roman sur l'histoire du mariage, une idée qui lui est venue lors du débat sur le mariage homosexuel. Elle souhaite montrer qu'à travers le temps, le mariage a évolué. Mais j'avoue qu'un roman là-dessus n'est pas dans mes sujets de prédilection.

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J'ai regretté que deux écrivains (J. Courtnay Sullivan et Philipp Meyer) s'en aillent avant la fin du débat parce qu'ils devaient intervenir dans un autre qui chevauchait celui-ci : c'est moyen, niveau organisation.

Le deuxième débat, "De la violence en Amérique" m'a beaucoup plus enthousiasmée. Un plateau de choix qui réunissait Philipp Meyer, Donald Ray Pollock, Justin Saint Germain, Joyce Maynard et David Vann. J'avais décidé d'y assister en raison de la présence de Philipp Meyer. Mais j'ai découvert qu'il y avait aussi deux autres écrivains formidables : Donald Ray Pollock, dont je connaissais à peine le nom. Devenu écrivain sur le tard, après avoir travaillé 32 ans comme ouvrier dans une usine de pâte à papier, il n'est pas trop apprécié par les politiques dans son pays : il est pour la réglementation du port des armes à feu et il a démontré comment le gouvernement s'est débrouillé pour rendre la chose impossible.

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Lui et Philipp Meyer dialoguaient pour expliquer le pourquoi du mythe de la violence aux USA. Aux Etats-unis, on dit aux gens dès leur enfance qu'ils vivent dans un pays où tout est possible pour chacun d'entre eux, où tout le monde où l'on peut devenir astronaute, président, magistrat, médecin etc. Mais c'est faux (évidemment!). Selon eux, c'est la raison pour laquelle les gens qui échouent, par frustration, retournent en quelque sorte cette violence vers eux-mêmes par le biais de l'arme à feu tout puissante. L'image du mythe John Wayne n'est pas morte, parce que les gens baignent dedans dès leur prime enfance. Le mythe de la police qui est là pour protéger les citoyens est aussi un leurre. C'est du moins l'idée de David Vann chez qui tout est noir de chez noir et sans espoir : au moins lui, je sais que je ne lirai jamais ses livres : je n'aime pas le trop noir-sans-espoir !
J'ai découvert que le mentor de Justin Saint Germain (auteur de Son of Gun, autobiographique) n'est autre que Colm Toibin !
Enfin, l'intervention très enjouée de Joyce Maynard, qui parle français au point d'oublier qu'elle a une interprète, auteur très sympathique et accessible, m'a convaincue d'acheter L'homme de la montagne, tout simplement parce que je me demande ce qu'est la solution de son intrigue, sorte de Stand by me au féminin, qui l'a réveillée en pleine nuit ! L'animateur lui a réservé une question surprenante,  rien que pour elle (on se demande pourquoi) : "êtes-vous pour la peine de mort dans certains cas?" mais il n'a pas eu de réponse si ce n'est : "je suis une femme de gauche". Et bing !

Festival Amercia ce n'est pas que des débats : c'est aussi des projections de film (le matin, j'ai pas pu), un salon du livre où il y avait foule et des libraires sympathiques, légèrement débordés mais toujours prêts à conseiller, des dédicaces d'écrivains jonglant avec les interventions un peu partout

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(oui mais il était à un débat avec Djian à ce moment-là)

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(la littérature indienne n'était pas en reste - ni Québécoise d'ailleurs)

Quelques belles voitures du côté de l'Hôtel de Ville,

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des tipis pour les petits

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des expos photos :

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(les chats les plus américains du monde!)

J'ai dû faire des choix car une journée n'est pas tout à fait assez. Une journée réussie toutefois, avec la perspective de nouvelles lectures potentielles. Mais pour l'instant dans mon sac au retour, juste le dernier roman de Joyce Maynard :

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Un beau voyage outre-Atlantique  le temps d'un week-end. Maintenant, il va falloir attendre 2 ans pour renouveler l'expérience.













 

 

 

 

3 juin 2014

En finir avec Eddy Bellegueule

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Eddy, le narrateur, vit dans un village picard entre 1990 et 2000. Il est à l'école victime de harcèlement de la part des autres élèves qui le traite de "pédale", lui crache dessus, le frappe. Eddy a un père alcoolique et une mère pas très futée. Eddy a un père raciste. Eddy vit dans un village dont les habitants sont tous des alcooliques, des racistes, des homophobes, des xénophobes, violents et ignares, crasseux et même parfois incestueux. Bref, Zola à côté c'est la "Haute".

Je continue ?
J'avoue que j'ai eu du mal, parce que trop, c'est trop. Le livre est intitulé "roman", mais aurait apparemment une veine autobiographique. Mais départager la réalité de la fiction, en fin de compte n'est pas le problème. Ok, le narrateur a eu une enfance malheureuse, a été discriminé pour son homosexualité et c'est certes condamnable. Mais on sent ici la narration avant tout comme une vengeance, un règlement de compte qui n'apporte rien. Il n'y a pas d'explications sur le pourquoi du comment. Et dépeindre autrui, à longueur de pages, comme abruti fini, je regrette mais ça me choque.

En ouvrant ce livre, j'ignorais totalement la polémique qui l'entourait (d'ailleurs j'ignorais aussi totalement le sujet). Je peux comprendre que des gens aient été blessés et en particulier sa famille.

J'ai du mal à comprendre l'enthousiasme autour de ce "roman", cette autofiction, (on ne sait pas trop finalement, c'est assez embrouillé).
Bref, une lecture qui m'a vraiment agacée et dont je ne suis pas parvenue à cerner le but, moi modeste lectrice au-dessus de toutes les théories littéraires que l'on peut invoquer. J'ai surtout trouvé qu'il y avait beaucoup de mépris dans ce livre. Et le mépris, ça n'apporte pas grand chose.

En tout cas, ça manque de recul et d'explications. Un premier roman, mais je me passerai des autres s'il y en a.

8 juin 2014

Sur la route de Blue Earth

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Hattie et Dolorès, deux jeunes Américaines du New Hampshire, décident de sauver Speed, le vieux cheval des Ferguson, destiné à l'abattoir. Speed a passé toute sa vie dans des foires, à promener des enfants sur son dos. A tel point que lorsqu'il y a un chemin sur sa gauche, il prendra inexorablement cette direction. Pour Hattie, son esclavage sur les manèges l'a dénaturé. Ce qu'elle veut, c'est lui offrir une vraie vie de cheval. Alors, les deux amies subtilisent une camionnette à un cousin, Hattie laisse une lettre d'explication aux Ferguson et elles tracent la route, direction le grand Ouest et son mythique "Big Sky", ou plutôt Blue Earth, là où le ciel s'ouvre comme nulle part ailleurs. Là, Speed pourra terminer sa vie dans la grande prairie, aux côtés de ses congénères sauvages.

L'occasion pour les deux amies de laisser leur ancienne vie derrière elle, de devenir adulte. Dolorès en a conscience : "Tu sais, parfois, je pense que notre vraie raison pour partir avec Speed et pour l'emmener jusqu'à la grande prairie, c'est qu'on ne veut pas qu'il passe le reste de sa vie à tourner en rond. Tu vois ce que je veux dire ? Speed, c'est nous". Les deux gamines ont une vie de famille un peu cabossée, en particulier Dolorès, que sa mère vient de mettre à la porte et dont le père a quitté le foyer il y a des années sans se soucier de sa fille. Les parents de Hattie ont divorcé et elle vit avec sa mère.

L'occasion aussi pour elles de faire prendre conscience à leurs proches qu'elles existent. Leur décision folle de traverser les Etats-Unis seules, chamboulera leurs familles qui n'auront de cesse de savoir où elles sont et ce qu'elles font. La distance ressoudera les liens et permetttra à tous de prendre du recul et de choisir une nouvelle route dans leur vie.

Un magnifique roman, très distrayant, aux deux héroïnes attachantes par leur grand coeur, leur sensibilité et leur amitié indéfectible. Des gamines libres à qui on pardonne leur inconscience d'adolescentes. Mais le vrai héros est Speed, tellement vieux qu'on ne sait pas vraiment quel âge il a. Il tient le lecteur en haleine : arrivera-t-il à destination vivant ? Parviendra-t-il à passer l'hiver rude de la grande prairie ?

Un road trip où l'on croise des personnages hauts en couleurs, en particulier les mythiques cowboys au Stetson vissé sur la tête, fan de rodéos.
J'ai lu ce livre quasiment d'une traite, ne pouvant le lâcher, happée par la cavale vers l'Ouest, me nourrissant, avec les héroïnes, de sandwiches fraise-beurre de cacahuètes et de Cheetos. Dépaysement garanti et optimisme sont au rendez-vous !

Une écriture à la fois simple, soignée et poétique en font définitivement un roman de qualité, qui saura séduire les jeunes lecteurs (à partir de 12 ans) mais aussi les adultes.

Merci à Flammarion Jeunesse de m'avoir permis de choisir ce roman. C'est une belle découverte !


 

 

11 janvier 2014

Rentrée littéraire d'hiver

 

Comme tous les ans, j'attendais avec impatience de voir ce que nous réservait cette rentrée littéraire de janvier-février 2014. Eh bien je ne suis pas du tout déçue ! A priori de très bons crus vont venir gonfler nos PAL :

Tout d'abord, côté littérature irlandaise, c'est le retour de Maggie O'Farrell (youpi !)

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Quant à Sam Millar, ex-de l'IRA devenu écrivain , il nous emmène du côté des Chiens de Belfast. Je ne connais pas encore cet auteur, mais j'ai Poussière tu seras dans ma PAL, et l'on s'est donné rendez-vous pour bientôt (avec le livre, j'entends !)

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J'en profite pour signaler que la dernière aventure du détective de Galway, Jack Taylor, est sortie depuis le mois d'octobre. J'espère que ce n'est pas sa dernière enquête, mais vu le titre et la couverture je suis un peu inquiète ! J'espère que Ken Bruen ne va pas flinguer ce chouchou-là, à l'humour inimitable !

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Côté littérature anglaise, c'est avec une grande joie que je constate qu'enfin, Ian McEwan s'est remis au boulot :

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et que Jonathan Coe aussi :

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Enfin, côté littérature nordique, j'avoue que j'attends avec impatience le 6 février prochain pour retrouver mon inspecteur chouchoutissime, Erlendur, et son créateur non moin chouchoutissime, Arnaldur Indridason,  avec Le Duel.

Bon, voilà ! C'est mon libraire qui va être content de me voir arriver avec toutes ses belles envies. En tout cas, on ne recause !

Enfin, dernière chose : je vais rarement consulter Ebuzzingtrucbidule. Mais je l'ai fait il y a quelques jours et j'ai constaté ça :

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Je ne cours pas après la gloire mais j'avoue que c'est quand même sympa ! :-)

 

24 mars 2014

Bilan Salon du livre de Paris

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Le Salon ferme ses portes ce soir après quatre jours d'activités intenses. Je n'y suis allée qu'une seule journée mais quelle belle journée ! J'ai réalisé mon programme personnel, mais pas tout à fait dans les conditions dans lesquelles je pensais, surtout au début.

Samedi, je suis arrivée sous une pluie battante, après une péripétie RER (satané RER ! Heureusement que je n'ai plus à le prendre pour le boulot : c'est juste une plaie !). Moi qui voulais y être pour l'ouverture, c'était râpé et pas faute d'être partie de bonne heure.... Je suis arrivée avec 45 minutes de retard, ventre à terre pour ne pas rater le début des "Mordus du polar" organisé par les bibliothécaires de la Ville de Paris. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre puisque la brochure du salon annonçait :"Rencontre avec les quatre auteurs sélectionnés pour le Prix Mordus du Polar : Carlos Salem pour Le Fils du tigre blanc (Actes Sud Junior), Claire Mazard pour Mise à mort (Oskar), Claire Gratias pour Double Disparition (Rageot) et Marie Hermet pour la traduction de Dans la nuit de Hong Kong [de la série Nom de code : komiko] de Naomi Paul (Flammarion). Ce prix a pour but de promouvoir la littérature policière ainsi que la diversité de la production française et étrangère. Le jury est composé de jeunes lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris, âgés de 12 à 14 ans." Le finaliste sera désigné au mois de mai.

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Le public était au rendez-vous, avec une majorité d'adultes. Je n'ai lu aucun des livres présentés, je ne connaissais donc pas les histoires, ni même les auteurs présents (mis à part Claire Gratias dont j'ai lu Breaking the Wall cet été) et Marie Hermet qui a traduit Trois Femmes et un fantômes de Roddy Doyle. Néanmoins, j'ai tout de suite accroché au débat qui s'est engagé sur "qu'est-ce qui fait un bon polar", comment écrire un polar : en solo ou à plusieurs mains ? (et là ça m'a vraiment captivée et amusée !) Chaque invité a expliqué sa conception des choses, est-ce qu'il pourrait ou pas concevoir d'écrire un polar en collaboration avec d'autres écrivains... Cela se fait pour les polars pour les adultes (cf. Nicci French, par exemple) et c'est aussi le filon des séries TV anglo-saxonnes (contrairement à la France). J'ai beaucoup pensé que cela aurait aussi captivé mes collègues (confirmation ce matin et idées-lecture pour le CDI, avec une documentaliste enthousiaste quand elle a lu les résumés des bouquins - ce n'est pas qu'elle n'y connaît rien, mais c'est qu'il y a une telle masse de publication en littérature de jeunesse, qu'on ne peut pas tout connaître, alors les bons plans lecture, c'est toujours sympa pour inciter les loulous à bouquiner).

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Enthousiaste, j'ai malgré tout dû quitter le stand avant la fin parce que je voulais assister à la mini-conférence "Lumières de la guerre : du clair à l'obscur", avec Sorj Chalandon (Le quatrième mur, Grasset), Eduardo Sacheri, Martin Kohan et Jean Hatzfeld. Les écrivains argentins ont ouvert le débat, mais quand Sorj a pris la parole, il a littéralement scotché son public (en tout cas, moi il m'a scotchée) : pour moi c'est un écrivain (ex-reporter de guerre) qui a une aura hors-norme. J'en ai oublié les autres invités et ce qu'ils ont dit (d'ailleurs !). Le Quatrième Mur parle de son expérience de reporter de guerre au Liban, à travers son double fictionnel, George. Comment faire pour revenir à la vie "civile" quand on a vu ce qui se passe dans les pays en guerre, comment supporter que son gamin pleure parce qu'il n'y a plus de Coca dans le frigo, pour reprendre l'exemple cité par Sorj?

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J'avais l'intention de lire Le Quatrième Mur (puisque j'avais littéralement dévoré Mon Traitre et Retour à Killybegs et que pour moi Sorj Chalandon est devenu un incontournable. Mais je ne pensais pas forcément l'acheter tout de suite. Pourtant, j'ai foncé chez Grasset (et je n'étais pas la seule !). Quelq'un du stand m'a dit qu'il était en dédicace à partir de 14h30. Je suis donc revenue à l'heure dite, mais... j'avais prévu d'aller voir Peter May au stand d'Actes Sud. L'heure tournant, j'ai quitté la file pour aller voir Peter en me disant que je reviendrai après pour me faire dédicacer Le Quatrième Mur. Erreur fatale, parce que quand je suis revenue, la file avait plus que doublé de volume. Mais bon, j'ai pu rencontrer Peter May, j'ai été la première à le reconnaître sur le stand et j'ai eu ma dédicace du Braconnier du lac perdu avant tout le monde. Peter, vous êtes adorable !

Bon, entre tous ces jolis rendez-vous, j'ai quand même trainé mes guêtres à travers le Salon, ça va sans dire... pour quelques repérages lectures (aheum!)

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de l'Irlande et de l'Ecosse (OMG ! j'ai failli en perdre la boule tellement c'était tentant, il a vraiment fallu que je me raisonne sous peine de me ruiner et de devoir racheter une maison-bibliothèque en rentrant!)

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"chouchou" (dont j'ai tout lu à ce jour)

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à défaut de rencontrer Sam Millar en chair et en os, j'ai pu constater que On the Brinks se vend bien, même Hennig Mankell fait moins bien, au regard des piles

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Doris Lessing, pas morte (et toujours à la mode) : un livre posthume vient d'ailleurs de sortir.

Résultat des courses : malgré beaucoup de tentations, je suis restée raisonnable

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(PAL + 2 puisque j'ai déjà lu Le braconnier du lac perdu, emprunté l'an dernier, et plein d'idées lecture - comme si j'en manquais !)

J'ai pris la fuite aux alentours de 15h30 : trop de monde, trop difficile de se concentrer sur les livres exposés, on est plutôt concentrés à ne pas se faire marcher dessus. Mais j'ai passé une très belle journée.

Je remercie les organisateurs du Salon de m'avoir offert l'entrée  "Presse". Je reviens quand vous voulez, ce fut un vrai plaisir !

 

7 juin 2013

Cette main qui a pris la mienne

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4e de couverture : "Dans le Soho bouillonnant des sixties, Lexie, apprentie journaliste, comble sa soif d'indépendance et ses rêves de gloire. Quarante ans plus tard, la jeune Elina s'efforce de surmonter un accouchement difficile tandis que son mari voit ressurgir les zones d'ombre de son enfance. Deux destins bouleversants, unis par un lien ténu et secret..."

Je publie ce billet dans le cadre du Mois Anglais. Je précise néanmoins que Maggie O'Farrell n'est pas anglaise mais nord-irlandaise. Reste que ce roman se déroule en grande partie à Londres, à Soho en particulier. L'écrivaine a d'ailleurs eu recours à Soho in the Fifties and Sixties de Jonathan Fryer (1998) et Never Had It So Good. A History of Britain from Suez to the Beatles, de Dominic Sandbook (2005). Et c'est justement, entre autres, la description minutieuse et quasi-cinématographique de Soho qui m'a séduite et décidé à publier ce billet dans le cadre du Mois Anglais.

C'est mon troisième rendez-vous avec Maggie O'Farrell, après La femme de mon amant (qui m'avait déçue) et L'étrange disparition d'Esme Lennox (qui m'avait absolument enthousiasmée). Le titre (même en VO : The Hand that First Held Mine) qui suggère presque un roman à l'eau de rose, me laissait craindre le pire. Mais cela m'aurait également un peu étonnée de la part de Maggie O'Farrell. En effet, elle tord le cou aux clichés.

Deux intrigues sont se déroulent tout le long du roman pour ne se rejoindre qu'à la fin, dans une logique implacable. Alexandra, jeune Anglaise de vingt-et-un an, élevée dans le Devon, quitte sa famille sur un coup de tête, au milieu des années 50, ne supportant plus l'ambiance de la maisonnée, avec une mère encore encombrée d'un nouveau-né et des frères qui la tannent pour qu'elle aille s'excuser auprès de l'université dont elle vient d'être renvoyée parce qu'elle "sortai[t] d'un examen et [a] emprunté la porte réservée aux hommes". Alors qu'elle se prépare à quitter l'univers familial, elle fait la connaissance d'Innes Kent, sorte de dandy qui monte sa revue culturelle, Elsewhere, dans le quartier de Soho à Londres. Cet homme tronque le nom de la jeune femme et la nomme Lexie, finit par l'embaucher. Un malheur arrive. Mais malgré la douleur Lexie se relève et rebondit, continue de manière ascendante sa vie dans le bouillon de culture de Soho.

A des années de là, on trouve Elina, une Finlandaise vivant à Londres, qui a vraisemblablement accouché... mais qui a des passages à vide, l'amenant même à oublier qu'elle a accouché. L'ambiance est assez angoissante : Elina est perdue, fatiguée, doute de ce qu'elle fait. Ted, son ami et père de l'enfant, est inquiet pour elle et l'appelle souvent du travail pour savoir ce qu'elle fait de sa journée, ce qu'elle a dû mal à lui restituer. Dès le début, le lecteur est intrigué et aussi inquiet qu'Elina : que s'est-il passé ? Le voile se lève peu à peu - mais si je vous dis pourquoi elle ne se rappelle de rien, j'en dis trop, alors je ne vous dirais rien ! Le bébé restera longtemps sans nom car le couple n'arrive pas à se décider à le nommer.

A travers ce qui est en grande partie un roman d'apprentissage, Maggie O'Farrell fait découvrir à merveille l'ambiance du Londres bohême des années 50-70 et son effervescence. Quelques extraits parmis d'autres :

"En arrivant à proximité de Soho Lexie s'arrête et cherche le petit mot et la carte de visite qui n'ont pas quitté son sac depuis le jour où elle a fait la connaissance d'Innes Kent. Sans nécessité, elle les relit. Directeur de la revue Elsewhere. Bayton Street, Soho, London W1.
Ce matin, Mme Collins a été choquée quand Lexie a laissé échappé dans l'escalier qu'elle irait à Soho dans la journée. Lexie a voulu savoir pourquoi.
"Soho ? a repliqué Mme Collins. Il y a là-bas des tas d'ivrognes et de bohèmes."

"Les immeuble en brique rouge sombre sont tassés, les rues étroites. Dans les canniveaux s'écoule l'eau de l'averse tombée un peu plus tôt. Un autre carrefour, encore un autre, une épicerie chinoise devant laquelle une femme dresse une pyramide de fruits jaunes tavelés, une entrée où deux Africains rient, assis sur des chaises. Des marins en costume bleu et blanc marchent au milieu de la rue en chantant en choeur avec des voix chancelantes, discordantes ; un livreur à bicyclette, qui doit dévier son chemin pour les éviter, leur lance une réflexion par-dessus son épaule. Deux ou trois marins prennent apparemment la mouche et foncent sur lui, mais le cycliste pédale avec énergie et file."

"Innes est électrisé par la refonte de sa revue - aspect, contenu, impression générale, tout a été repensé. Le numéro en préparation mettra en vedette un sculpteur qui, Innes en est sûr, laissera son empreinte dans l'histoire de l'art". "Le cerveau d'Innes mène plusieurs réflexion de front. Il se demande si le nom de la revue sera bien mis en valeur avec de l'italique, s'il se détachera sur la simplicité de la nouvelle fonte, je veux que la police de caractères soit simple, Helvetica, peut-être, ou Gill Sans, mais sûrement pas Times ou Palatino, il ne faudrait pas qu'elle attire trop l'attention aux dépens de la sculpture photographiée."

Bref, ça bouillonne autant sous les crânes que dans la rue. Voici pour l'un des aspects de ce roman riche par ses thématiques. Par ailleurs, Maggie O'Farrell casse le moule de la maternité heureuse vue comme l'accomplissement suprême de la femme. Les deux héroïnes ne vont pas s'accomplir par la naissance d'un enfant, mais par leur âme d'artiste : Lexie écrit des articles et des livres sur des peintres et des sculpteurs ; Elina a son atelier d'artiste au fond du jardin et ne pas pouvoir y aller parce qu'il faut qu'elle s'occupe de son nouveau-né 24h/24 la rend malheureuse. La jeune femme voit du jour au lendemain son univers se rétrécir à quatre murs et ses journées se rythmer au fil des tétés, des lessives et des pleurs du bébé.

Néanmoins, c'est par la naissance de deux bébés que vont se sceller deux destins et se restituer peu à peu une mémoire effacée et une histoire de famille enterrée depuis longtemps.

Je ne me suis pas ennuyée une minute avec ce roman qui fera partie de mes coups de coeur 2013. De nombreux rebondissements tiennent en haleine et le secret n'est révélé qu'à la fin. J'ai eu beaucoup d'empathie pour Lexie, personnage courageux et volontaire.

Un roman magistralement écrit à découvrir absolument !

 

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14 octobre 2012

Le silence du jardin

 

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William Trevor n'a pas obtenu le Prix nobel de littérature mais ce n'en est pas moins un écrivain génial. Donc je lui consacre un billet - un de plus sur ce blog ! En effet, je n'en suis pas à ma première rencontre avec lui et plus j'explore et plus il me plaît et m'étonne !

Dans un manoir perdu sur une île dans le sud de l'Irlande au début du XXe siècle, vivent des anglo-irlandais. Ils s'entendent bien avec les Irlandais et adorent balancer des vannes sur les Anglais. Sarah Pollexfen, parente pauvre de la famille, est employée comme gouvernante pour s'occuper des trois enfants du clan Rolleston, orphelins de mère. Puis elle rentre chez elle, au presbytère près de Bandon, sinistre et froid. Pendant des années elle rêve des années idylliques qu'elle a passé à Carriglas (le nom du manoir) et n'a qu'une envie : y retourner. Ce qui se produira 25 ans après sa première arrivée. Entre temps, la Première Guerre mondiale est passée par là, les enfants ne sont plus des enfants mais sont devenus orphelins (père tué lors des combats). Le manoir part à vaux-l'eau.

C'est tout à fait volontairement que je n'en dis pas plus sur cette histoire qui m'a frappée par ses personnages hors normes et par la manière dont elle est traitée, avec justesse, humanité mais aussi sans concession.
Une bonne touche de suspense, quelques fantômes qui traînent dans les placards, du tragique mais aussi de l'humour, et ça vous en bouche un coin pour un moment !
En tout cas, je ne pouvais pas me douter, que ce roman qui trainaît dans ma PAL depuis plus d'un an, me mènerait sur le chemin que je prends actuellement - pour mon plus grand plaisir !
Si vous aimez les Big House, je vous conseille vivement de tester celles à la sauce trevorienne, ça vous changera et ça vous étonnera !

Ce roman est disponible en français, aux éditions Phébus.


 

 

 

 

 

8 septembre 2011

Encore une envie !

 

J'ai failli tomber en transe quand j'ai vu que ce roman noir était enfin publié en France :

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4e de couverture : "Signé le 10 avril 1998, l’Accord de Paix pour l’Irlande du Nord a mis un terme à des années de guerre sanglante. En 2007, Belfast est une ville où se presse une foule d’étudiants et de jeunes cadres, et où ont fleuri bars branchés et boutiques de luxe. Pourtant, les anciennes haines n’ont pas disparu. Entre les anciens militants toujours attachés à leur cause, les activistes reconvertis en politiciens présentables et les gangsters qui prospèrent, le pays cherche son identité.
Gerry Fegan, lui, se débat avec ses démons personnels. Depuis qu’il est sorti de la prison de Maze, cet ex-tueur de l’IRA est devenu alcoolique. Il est hanté par les fantômes des douze personnes qu’il a délibérément assassinées et ne connaît plus le repos. Le seul moyen de se débarrasser de ces ombres qui assaillent sa conscience sera d’exécuter un par un les commanditaires des meurtres. Mais les nouveaux cadavres que laisse Gerry Fegan sur son passage menacent le précaire équilibre du processus de paix. Une chasse à l’homme commence sur fond de paranoïa et de duplicité, jusqu’à un final explosif.

Avec Les Fantômes de Belfast, Stuart Neville, révélation du roman noir irlandais, signe un thriller où dominent la tension et l’effroi, servi par une écriture tranchante. Il a su donner à son personnage principal un caractère ambigu et profondément tragique. Entre remords et désir de vengeance, Fegan, qui aspire à la rédemption, incarne les contradictions d’un territoire en quête d’identité, où le feu semble toujours couver. "

Je l'ai demandé via la Masse Critique de Babelio. Je croise les doigts, mais de toute façon je le VEUX !!

18 juin 2012

Le château de Leixlip

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Bon, moi qui ne suis pas trop littérature fantastique, j'ai tenté la nouvelle de Charles-Robert Maturin, Le château de Leixlip, légende d'une famille irlandaise, que vous pouvez lire ici.
Solution de facilité parce que je ne voulais pas me confronter au pavé ultra-célèbre de Melmoth ou l'homme errant, qui est sans doute l'oeuvre la plus connue de l'écrivain.
En gros, c'est l'histoire d'une jeune fille qui fait appel à la magie noire pour se trouver un mari...

J'en sors avec un sentiment de perplexité qui fait que je n'ai rien pas grand chose à en dire, si ce n'est : "ah, tout ça pour ça..."

Je m'en remets donc à l'introduction de l'édition que je possède pour tenter de trouver quelque originalité à cette lecture :

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"Comme il arrive souvent à l'époque romantique, cette nouvelle en contient plusieurs : elle ignore quelques-unes des lois fondamentales du suspense ; enfin elle est écrite pour le pur plaisir de conter, sans souci excessif d'en expliquer le sens.
Pourtant, il y a bien un fil conducteur, fort et complexe. La sorcière ne joue pas le rôle de l'adversaire (...) mais celui de la servante au grand coeur qui veut rendre service. Son obligée n'entreprend pas de modifier le cours des choses (...) mais simplement de voir l'avenir. (..) Il faut un certain temps pour comprendre qu'il y a une faille entre elles."

Pour le plaisir de conter, en ce qui me concerne il faudra repasser... Je confirme qu'il n'y a pas vraiment de suspense. En outre, c'est plutôt embrouillée comme histoire. Mais la fin, on la devine.

"Maturin appartenait à la minorité protestante d'Irlande, alors toute-puissante et menacée : il savait que la majorité catholique, si docile en apparence, n'en pensait pas moins. De là, l'histoire du seigneur catholique habitant l'Ulster, unique province irlandaise à majorité protestante, et qui, dégoûté de sa situation, veut habiter une région catholique. Il n'a que des filles. La première n'atteint pas le stade du mariage. La deuxième ne le dépasse pas. La troisième se marie, avec avec un Ecossais protestant, au passé d'ailleurs douteux (...). Que s'est-il passé au bout du compte ? Ce manoir familial situé en Ulster, est passé d'un de ces sorciers de catholiques à un vrai protestant. Le fantastique a parfois des implications inattendues."

Charles-Robert Maturin, descendants de huguenots ayant fui les persecutions en France, était farouchement anti-catholique. Il est issu d'une famille aisée - comme la quasi-majorité des protestants d'Irlande (cf. Elizabeth Bowen, entre autres, VS Dermot Bogler qui est issu d'un milieu populaire), même s'il a vécu dans la pauvreté durant une bonne partie de sa vie.


Je n'aime pas son point de vue et son histoire embrouillée m'a laissée perplexe. Ce n'est pas demain que je lirai Melmoth !

Le château de Leixlip existe bel et bien en Irlande. Il est situé dans le comté de Kildare et il se visite : avis aux amateurs de châteaux de légendes !


 

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 (photo de la National Library of Ireland)

 NB : voici sans doute le billet le plus nul que j'ai écrit depuis le début de l'année...

 

 

 

18 août 2012

Coups du sort

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Titre VO : Fools of fortune
"Vivre loin des troubles qui déchiraient l'Irlande au début du siècle, telle semblait être la destinée de la famille Quinton : l'acte sauvage et gratuit de soldats aveuglés  par la haine détruira cette harmonie pour trois génération".


Ce roman n'est plus édité en France (mais on le trouve dans les bonnes bibliothèques ou d'occasion) et c'est vraiment dommage : sans doute le meilleur que j'ai lu de William Trévor.

Somptueusement écrit, envoûtant à souhait, un zeste gothique avec une demeure bourgeoise qui vire à la ruine, il raconte l'histoire de Willie, (fils d'une Anglaise ayant épousé un Irlandais, comme ce fut aussi le cas de sa grand-mère), de sa cousine Marianne et d'Imelda (je ne peux pas vous dire qui c'est sous peine de "spoiler")....

Le lecteur traverse l'histoire irlandaise sans aucune date mais beaucoup d'indices et croise même à un moment donné Michael Collins, le grand leader ayant arraché la plus grande partie du pays au joug britannique. Le roman est construit sur une alternance de points de vue et de manière chronologique. C'est Willie qui prend la parole en 1983 et qui s'adresse à une personne féminine dont on ignore l'identité. Puis c'est au tour de Marianne de s'exprimer et là le puzzle commence à prendre forme. Le meilleur étant évidemment pour la fin !

William Trevor rétablit une vérité oubliée. J'ai vraiment apprécié ces personnages hors normes, loin des caricatures et du clivage traditionnel irlandais.
Je maintiens le suspense...
En tout cas, c'est un coup de coeur, qui d'ailleurs a obtenu le Whitbread Award du meilleur roman en 1983










 

30 juillet 2011

L'île de Skye

 

Me voici revenue de mon périple au pays du haggis (délicieux d'ailleurs, ce plat national très poivré !).

Pour commencer, j'ai choisi la très connue mais tellement belle île de Skye, où l'été il ne fait pas vraiment nuit ! De plus, j'ai eu la grande chance de la découvrir sous le soleil (pendant qu'il faisait un temps épouvantable en France !). 280px-Raasay

Le nom de l'île n'a rien à voir avec le mot anglais sky, c'est un mot d'origine scandinave ici, comme beaucoup de noms de lieux dans le nord-ouest et le nord de l'Ecosse.

Pour le fun, nous avons pris le ferry - mais l'île est maintenant reliée au continent britannique par un pont. Cela permet d'arriver dans ces paysages sauvages :

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L'île est parcourue par deux chaînes de montagnes "jumelles" les Red et les Black Cuillins. Ce sont des pics glaciaires, pas forcément très hauts mais très abruptes et réputés pour leur difficulté d'ascension.

Admirez cette lumière si particulière !

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Puis nous avons rejoint la toute petite ville portuaire de Portree, capitale de l'île :

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Les maisons colorées ne sont pas sans rappeler l'Irlande (c'est rare parce que je trouve que l'Ecosse ne ressemble pas à l'Irlande ! Cette dernière est plus douce alors que l'Ecosse est plus âpre, plus sauvage et surtout plus montagneuse). Je vous conseille vivement le fish & chips qui se trouve là : c'est fait avec du poisson très frais et c'est délicieux !

Le souci à Portree c'est d'ailleurs d'arriver à pique-niquer tranquille. La faute ne revient pas aux touristes mais à une des catégories d'habitants particulièrement pervers : les goélands

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Plus d'une fois nous avons failli voir notre fish pané s'envoler... Ne refuser pas le papier que vous propose le cuistot pour l'abriter, sinon vous aurez de forte chance de les voir s'installer dans votre barquette !

Même les autres oiseaux n'en mènent pas large avec ces énergumènes !

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Skye a beau être une île, il n'empêche qu'il y a un château, celui du clan MacLeod : le Dunvegan Castle (plutôt délabré de l'extérieur). Il reclèle recèle le Fairy Flag (un drapeau aux filaments de soie magiques qui auraient le pouvoir de protéger le clan, dit la légende. La version historique verse plutôt dans des histoires de batailles... Les MacLeod sont les ennemis jurés du clan MacDonald qui crèche un peu plus loin.

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Une magnifique vue à l'arrière du château  (les points blancs sont des phoques ) :

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Et les jardins fleuris du château !

 

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Et voilà. J'espère que ça vous a plu ! Il faudra qu'on y retourne car l'île de Skye recèle d'autres trésors qu'on n'a pas eu le temps d'aller voir.

Voir aussi les photos de Pascale

 


 

  

28 juin 2011

Rob Roy

 

Pour varier les plaisirs écossais, j'ai revisionner THE film kiltissime de cap et d'épée : j'ai nommé Rob Roy de Michael Caton-Jones (1995) avec Liam Neeson et Jessica Lange notamment.

 

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Déjà ça vaut son pesant de cacahuètes de voir Liam Neeson, Irlandais de son état, en kilt de surcroît, jouer le rôle de Rob Roy, alias Robert MacGregor, héros écossais haut en couleurs (sachant qu'a priori Ecossais et Irlandais ne s'apprécient pas trop, historiquement parlant).

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Rob Roy a réellement existé et au fil du temps, son image a été sublimée et modifiée, comme tout mythe qui se respecte. C'était un chef de clan d'un village des Highlands, luttant pour la survie des siens et tenant tête à une aristocratie moisie jusqu'à l'os et cruelle au possible. Regardez-moi ces têtes :

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On passe un excellent moment dans ce film qui réunit tous les clichés du film de cape et d'épée (batailles, bagarres, mais aussi amooouuur, meurtres, vilains pas beaux d'un côté et gentils opprimés de l'autre), avec en prime les magnifiques paysages et la musique écossaise envoûtante. On quitte tout de suite son fauteuil pour rejoindre cette histoire de Robin des Bois à la sauce scot.

Pour les fans, sa tombe existe, paraît-il (cliquer sur le lien Rob Roy pour en savoir plus).


J'ai passé un excellent moment donc je ne peux que vous recommander ce divertissement.

 

 

18 août 2011

Les îles Orcades

 Comme on est des highlanders et que rien ne nous fait peur, même pas monter à bord d'un rafiot pour traverser l'étranglement maritime agité où se rejoignent océan atlantique et mer du Nord (600 naufrages à ce jour) par un vent à décorner toutes les bêtes à cornes de la terre, eh ben on s'est lancés ! Ah quoi ? Ben l'assaut des îles Orcades !

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 Enfin, seulement l'île principale (Mainland), en passant par celle située au Sud et relié à Mainland par une digue (45 minutes à une heure de bateau, d'une traversée mémorable par temps de houle).

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Il faut dire que les Orcades, c'est vaste : 67 îles, 20 000  habitants, dont 7000 à Mainland. Autant dire, un autre monde ! Et c'est vraiment ce qu'on y ressent. Ici exit le kilt et le galéique. Les Vikings ont créché là jusqu'au 15e siècle et la langue des ancêtres, c'est le vieux norrois. D'ailleurs, le drapeau emblème des îles n'est pas sans rappeler le drapeau norvégiens :

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Les îles orcades ont en fait été la dote de mariage de la fille d'un roi norvégien qui épousa un roi écossais.

Nous y voilà : pas un arbre pour s'abriter d'un vent glacial et d'une température ne dépassant pas les 9°c ce jour-là (pourtant, il paraît que le gulf stream passe dans le coin...)

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(sauf l'île de Hoy, ici au fond - prononcer "Roy" mais qui est inhabitée). Ici une des digues que Churchill a fait construire à des prisonniers italiens pendant la 2e GM (quel filou celui-là !). La première chose qui étonne, c'est qu'il y a beaucoup de bétails, notamment des vaches... charolaises, parfois croisées avec des angus.

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Voici Stromness, une des deux villes de Mainland :

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C'est un joli petit port de pêche où l'on peut consommer de sympathiques produits de la mer tout juste péchés (du hareng, notamment). Mais contrairement aux îles Shetlands, ici on est avant tout agriculteur et non pêcheur.

En continuant quelques kilomètres hors de la ville, on trouve le village néolithique de Skeara : il était enterré sous la dune de sable. Mais un jour de tempête au XIXe siècle, le vent le mis à jour :

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On s'est demandé comment les hommes de l'époque pouvaient vivre dans ces conditions extrêmes (froid, vent fort). Mais à l'époque, la température était plus élevée (eh oui !)

A Mainland, on peut aussi admirer un cercle de pierres levées :

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A Kirkwall, l'autre ville de l'île principale, j'ai été impressionné par la cathédraleSt Magnus (800 ans d'âge) tout à fait étonnante à l'intérieur :

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Et c'est après cette journée riche en découvertes qu'on a repris le bâteau dans l'autre sens, bleus de froid mais ravis!

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J'espère que ça vous a plu !

 

 

2 juillet 2011

Imogène McCarthery

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Synopsis : "Elle est rousse. Elle est écossaise. Elle aime le rugby et la cornemuse. Elle vit à Londres, mais se considère en exil. Elle a un fichu caractère et une sacrée descente au whisky.
Elle s'appelle Imogène McCarthery... du clan des McLeod !
En ce beau jour de mai 1962, Imogène, secrétaire à l'Amirauté, vient une nouvelle fois d'humilier son supérieur hiérarchique. C'est l'esclandre de trop. Dans le bureau de Sir Woolish, le grand patron, Imogène s'attend à être congédiée...
Contre toute attente, elle se voit confier une mission secrète : convoyer les plans d'un nouvel avion de guerre jusqu'à un contact en Ecosse, à Callander... son village natal !
Quelle coïncidence !... Quel signe du destin !...
Imogène agent secret... Voilà de quoi en remontrer à ces satanés Anglais et faire la fierté de son défunt père.
En montant dans le train qui la ramène au pays, Imogène ignore ce qui l'attend : une machination qui la dépasse, trois agents bolchéviques sans pitié, mais surtout, Samuel Tyler, son grand amour de jeunesse brisé par un terrible secret."

Honte à moi je ne connaissais pas ce film (sorti en 2010, pas si longtemps que ça donc !). Je me demande comme c'est possible mais bon, j'ai réparé ma lacune ! C'est le billet de Lou sur un des livres d'Exbrayat, Ne vous fachez pas Imogène !, (dont est tiré le film) a aiguillonné ma curiosité.
Je connaissais l'existence de ces livres mais je ne les ai jamais lu donc je n'ai pas de point de comparaison pour l'adaptation cinématographique.

Mais peu importe ! Je me suis payé une bonne tranche de rire : une excellente parodie de film d'espionnage, un humour qui fait mouche, une Catherine Frot qui décape - comme d'habitude ! - et un Lambert Wilson en amoureux transit (mais il a pris un coup de vieux!).

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Imogène est une Miss la Gaffe attachante, un garçon manqué au caractère bien trempé.

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J'ai adoré le décor soigné, avec du tartan partout. J'ai adoré les paysages et les vieilles voitures. J'ai adoré la surdose kitch et l'ironie du film.

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Je ne sais pas vraiment quoi dire de plus :))). Bref, c'est kiltissime, ça remonte le moral, ça détend, ça devrait être remboursé par la Sécurité sociale !

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 Je vais peut-être me laisser tenter par Le crime est notre affaire (2008), encore avec Catherine Frot dans le rôle d'Imogène. Affaire à suivre !

 

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