Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mille (et une) lectures
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 87 816
Derniers commentaires
Archives
Mille (et une) lectures
27 août 2011

Une femme simple et honnête

51CkspOVh1L__SL500_AA300_

4e de couverture : "Winsconsin, 1907. Ralph Truitt attend, fébrile, sur le quai de la gare. Dans sa main, la photo d'une femme. Malgré ses 54 ans et sa fortune, l'homme d'affaires est troublé comme un adolescent. Après 20 ans de veuvage, il a enfin décidé de se remarier. Et Catherine Land a répondu à son annonce. Une femme simple et honnête, bien plus jeune que lui, qui vient vivre dans cette petite ville de campagne. Mais un échange de lettres peut receler bien des secrets. Lorsqu'elle descend du train, Truitt découvre qu'elle n'est pas la femme de la photo. Que vaut donc une relation qui commence par un mensonge ?"

Je vous préviens :  je pense que je ne vais pas me faire des amies : ce livre est généralement encensé par la blogosphère littéraire qui l'a dévoré. Alléchée, cela faisait à peu près un an que je voulais le lire. La sortie en poche a été l'occasion.

Ca commence comme un roman Harlequin (et c'est d'ailleurs ce que présage la couverture) mais ça finit dans le sang. Et au milieu de tout ça, de l'amour, de l'érotisme, du sexe, des morts, du sang, de la crasse, du luxe. A petite dose, ça irait encore. Mais là rien n'est vraiment dans la mesure. C'est sans doute ce qui m'a énervée un zeste, et ennuyée de plus en plus. Pour moi, cela a trop le goût du livre commercial à souhait. Reste la splendeur du grand ouest américain merveilleusement décrit. Mais c'est une qualité un peu trop légère qui ne compense pas le reste.

attention je raconte un peu trop histoire pour montrer ce qui m'a déplu :

Certes, on découvre des secrets de famille au fur et à mesure, l'histoire qui fait que les personnages sont ce qu'ils sont. Mais c'est la manière dont cela est tourné qui manque de charme. Ralph Truitt a renoncé à l'amour depuis plusieurs dizaines d'années quand il se décide à passer une annonce matrimoniale. Il est riche. Une jeune femme y répond en stipulant qu'elle est juste une "femme simple et honnête". Déjà, là, ça sent l'arnaque, pour toute personne normalement constituée. Mais Truitt mord à l'hameçon (oh !!!) Et toc, la femme, qui se prénome Catherine est bien une arnaqueuse, une catin qui a bourlingué, alléchée par l'odeur de l'argent (oh!!!). Son but ultime c'est celui-ci : tuer Ralph et avoir son argent (oh, my godness, mon petit coeur va lâcher !!). Son projet initial se voit contrarié parce qu'elle finit pas tomber amoureuse de sa victime (oh!!!!). Pourtant on est loin d'un amour sirupeux, certes, mais les ficelles sont un peu grosses.
Ralph a perdu sa première épouse Emilia, qui le trompait avec tout ce qu'elle trouvait à se mettre sous la main (oh!!!). Il a aussi perdu sa petite fille (handicapée mentale de surcroît). Pour se venger de ce que lui a fait subir cette première épouse, il a battu comme plâtre pendant toute son enfance son fils, Tony - qui en fait n'était pas son fils (ben ouais !!!)... Seulement le monde est petit. Et Tony connaît Catherine, la belle intriguante qu'il a envoyé auprès de son père pour qu'elle le tue...

Arrivée à ce stade, j'ai commencé à me poser des questions... L'auteur dit devoir beaucoup à Michael Lesly et son Wisconsin Death Trip qui décrit "le portrait fascinant et cinématographique d'une petite ville du Wisconsin dans les spasmes de la fin du XIXe siècle". Je ne connais pas cet ouvrage mais je pense qu'ici ce n'est pas franchement ce qui retient le plus l'attention, c'est juste une toile de fond à peine effleurée et pas vraiment étudiée. Un copier-coller raté.

Pour moi ce roman est juste un livre de vacances, d'un érotisme parfois souvent échevelé, oublié sitôt refermé. Un style qui n'a pas su me convaincre. Des personnages pas spécialement attachants. Première et dernière tentative des romans de Robert Goolrick.

 

 

Publicité
23 août 2011

Rebus et le loup-garou de Londres

 51H2BZ3M63L__SL500_AA300_

4e de couverture : "Un tueur en série sème la terreur à Londres. Parce que sa première victime a été retrouvée dans Wolf Street (rue du Loup), parce qu'il laisse une morsure sur le ventre des femmes qu'il assassine, la presse l'a baptisé le Loup-Garou. Désemparée, la police londonienne fait appel à l'inspecteur John Rebus en qui elle voit, depuis l'affaire de L'Etrangleur d'Edimbourg, un expert ès tueurs en -série. L'Ecossais plonge alors dans l'univers de la métropole, avec ses métros bondés et -ses quartiers dangereux. Fidèle à lui-même, Rebus ne se fait pas que des amis dans la police londonienne et manque d' -renvoyé à Édimbourg. Quand une jeune et séduisante psychologue propose de réaliser un profil du tueur, l'occasion est trop belle pour qu'il la refuse. Toujours adepte des méthodes peu orthodoxes il cherche encore à provoquer l'assassin. Celui-ci néanmoins garder une longueur d'avance sur la police: Meurtre après meurtre, le Loup-Garou, rattrapé par sa folie, sombre peu à peu dans une spirale destructrice qui menace d'emporter Rebus et sa jolie - mais pas si innocente - psychologue... "

Je passe sur la traduction du titre en français un rien bêtifiante (le genre de détail qui fait qu'on se priverait d'un petit bijou si l'on s'en tenait au titre) car Tooth & Nail est sans doute le plus hilarant "Rebus" que j'ai lu jusqu'à présent

Notre inspecteur écossais est envoyé à Londres chez les rosbeefs Anglais qui sont à la hauteur de leur réputation pour l'accueil réservé à tout ce qui ressemble à un Ecossais, un Irlandais, ou tout ce qui ne ressemble pas à un rosbeef Anglais de toute façon. C'est du moins l'expérience de Rebus : " Londres était très raciste, surtout dans les quartiers sud-est. Un basané qui s'aventure dans certaines cités est sûr d'en ressortir émasculé. Rebus en avait fait personnellement l'expérience, en affrontant la xénophobie de Lamb" : Lamb, c'est la caricature du sale flic qui va l'enquiquiner tout au long de son séjour à Londres, juste comme ça, parce qu'il n'est pas Anglais, que c'est l'homme du Nord. Heureusement que l'inspecteur George Flight est un peu plus sympathique et qu'il formera avec Rebus une paire de flics originale, même si l'Ecossais dépasse parfois les bornes,comme à son habitude, manque plus d'une fois d'être viré de l'enquête et renvoyé à Edimbourg. Mais pour survivre dans cette jungle sans tuer quelques rosbeefs Anglais, Rebus a une formule secrète : "TAJT !" Hé, hé !
En plus, il y a le problème de l'accent où chacun en rajoute pour faire croire qu'ils ne se comprennent pas entre Anglais et Ecossais (et ça j'ai pu remarquer moi-même le plaisir que les Ecossais ont à dire qu'ils ne comprennent pas les Anglais !)

Dans ce polar, un vrai suspens avec un crime de psychopathe (par moment je me suis mis à penser à Jack l'Eventreur, celui qui sème la terreur dans la ville, même si là ce ne sont pas des prostituées les victimes).

Et puis Rebus a beau détester les rosbeefs Anglais, il trouve l'amour à Londres en la personne d'une Canadienne d'origine... écossaise...

Ian Rankin dresse un portrait de Londres loin des cartes postales et des images d'Epinal. Le hasard a fait que j'étais en train de lire ce polar lorsque les émeutes ont débuté dans la capitale britannique.  Je me suis dit que la réalité dépassait parfois la fiction, que les effets, aussi répréhensibles soient-ils, ont toujours une cause, que rien n'est vraiment gratuit :

"Un pauvre innocent s'était fait tabasser pour s'être aventuré dans une cité où il avait demandé son chemin. Son crime ? Etre noir et avoir mis les pieds dans un quartier blanc".

Du très bon Rankin.



 

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)
10 mai 2011

Algérie 1954-1962

 51VkejiZpQL__SL500_AA300_

Tout d'abord ce livre est proche d'une oeuvre d'art : un excellente surprise attend le lecteur lorsqu'il l'ouvre, à savoir la multitude de documents historiques reprographiés mais plus vrais que nature, glissés dans des enveloppes et collés sur les pages (lettres, photographies, dessins, cartes géographiques, coupures de journaux). Ce procédé n'est pas nouveau mais il fait toujours son petit effet et permet d'aborder le sujet de manière originale.

La guerre d'Algérie est toujours assez méconnue de la plupart des Français n'ayant pas vécu cette époque puisque juste survolée par quelques dates clés dans les programmes scolaires de classe de terminale (c'est le cas pour ma génération). Pourtant, on a souvent dans la famille quelqu'un qui a fait la guerre d'Algérie (c'est aussi mon cas). C'est donc avec une certaine curiosité que je me suis plongée dans le livre en me repérant d'abord par la fresque historique avec les événements vus des deux camps : celle des "dates françaises de la "guerre d'Algérie" (appellée pudiquement à l'époque "les événements d'Algérie") et celle des "dates algériennes de la "guerre d'indépendance". Un graphique qui permet tout de suite de comprendre la complexité de cette guerre de 2 800 jours et la manière dont elle est vécue de part et d'autre.

Tout au long du livre, l'historien s'efface pour laisser la place aux lettres et récits de ceux qui ont vécu cette guerre (c'est d'ailleurs ce qu'indique le sous-titre "Lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre"). Il se contente juste de poser un regard sur chacune des doubles pages thématiques et chronologiques dans un petit encadré pour expliquer ce dont parlent les gens (civils, enfants, soldats, déserteurs,instituteurs-militaires...) ou les journaux, avant d'approfondir l'explication en toute fin de livre.

On apprend qu'à l'époque, les Algériens sont niés par les Européens qui vivent sur la même terre qu'eux. Ils font comme s'ils n'existaient pas, ou quand ils parlent d'eux, c'est toujours comme s'ils étaient une menace. L'instruction des petits Européens d'Algérie (qui ne sont pas seulement des Français, mais aussi des Espagnols ayant fuit la guerre civile, des Italiens ou des Maltais) est obligatoire mais pas pour les petits Algériens. Jusqu'en 1964 il y avait des écoles séparées pour Européens et Algériens. A la veille de la guerre plus de neuf Algériens sur dix ne savent ni lire ni écrire. L'Algérie était alors le territoire d'une immense injustice et donc une bombe à retardement.

On découvre que la plupart des appelés du contingent n'avaient jamais voyagé hors de France ni même hors de leur département et que le choc fut d'autant plus rude lorsqu'ils débarquèrent sur une terre si différente de la leur, alors qu'en plus, ils n'étaient pas préparés à la guerre.

Le déchirement des Français dans la guerre est bien restitué avec les témoignages de personnalités pieds-noirs comme Camus ou Jules Roy, mais aussi ceux de l'opinon publique, de la classe politique et des déserteurs. Les pieds-noirs, rejetés de part et d'autre de la Méditerranée, se sentent incompris et méprisés. Les appels de Jules Roy ou de Camus sont touchants mais, paraissent, avec le recul, un peu naîfs : demander aux Français de rester en Algérie, de ne pas s'exiler, de reconstruire le pays sur une base nouvelle d'égalité entre les peuples après une guerre si cruelle où l'usage de la torture était légion, où, pendant plus d'un siècle il y a eu tellement d'inégalités sociales, paraît un peu utopique. Mais on comprend tout à fait leur sentiment.

Un livre qui a su me captiver et m'étonner. J'ai apprécié le principe du témoignage qui prime sur le discours de l'historien, la dimension pédagogique originale de l'ouvrage. Une belle découverte et une belle réussite ! Une oeuvre à faire partager pour panser les plaies d'une histoire commune et que j'ai pour ma part offert à des amis algériens.

Lu dans le cadre du
54020855_p

 Voilà, depuis quelques semaines, ma mission de jurée du Grand Prix des Lectrices de ELLE s'est achevée. Une expérience que j'ai énormément appréciée en raison des belles découvertes littéraires que j''y ai faites. Une excellente sélection où très peu de livres m'ont réellement déçue (je crois qu'il y en a 3 sur 28 seulement).

Ma seule crainte, en m'engageant dans cette aventure, était de ne pas tenir les délais de remise des copies. Pourtant, malgré des journées de travail bien chargées, j'y suis arrivée sans problème.
 
En fait, la vraie difficultée fut plutôt d'attribuer une note à un livre décevant : on sait que chaque écrivain y met beaucoup de lui-même. Donc inévitablement on se demande comment la modeste lectrice-jurée que l'on est peut se permettre une ignomie pareille... (je me suis sentie coupable pour les quelques rares mauvaises notes que j'ai attribuées en me disant que forcément j'avais raté quelque chose et que c'est pour ça que je n'avais pas aimé - mais en même temps il y a un livre qui m'a vraiment exaspérée!). En tout cas, quelque soit le résultat, j'ai fait mon travail en toute franchise !

 Roger Chartier disait que dans un livre il y a en fait deux auteurs : l'écrivain mais aussi le lecteur, qui par son expérience, son vécu, son attente, ré-écrit le texte.

Donc voilà, maintenant la machine est en marche et les résultats seront proclamés le jeudi 26 mai. Autant dire que j'ai hâte de les connaître, même si malheureusement je ne pourrai pas être présente à la cérémonie. Une chose est sûre : mes yeux et mes oreilles ne seront très attentifs.

Enfin je vous rappelle que vous avec jusqu'au 15 mai pour poser votre candidature pour être jurée 2012 et c'est ici.

Je remercie très chaleureusement l'équipe du Grand Prix des Lectrices de ELLE de m'avoir permis de vivre cette aventure.

 

 

8 avril 2011

Rosa candida

51kI9Ug2nkL__SL500_AA300_

4e de couverture : "Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales."

J'ai coupé la 4e de couverture qui à mon goût en dit trop. En plus, la mort et la maladie ne sont pas les thèmes centraux du roman.

En effet, l'Islandaise Audur Ava Olafsdottir propose ici un livre qui est à la fois un conte et un roman d'apprentissage. J'ai absolument adoré l'atmosphère décalée, l'originalité de l'écriture sans chichi et pourtant emplie de poésie et de douceur. Il se dégage de ce livre une impression de fraîcheur et de douceur qui fait vraiment du bien ! Le personnage principal, Lobbi va faire l'apprentissage de la vie, de l'amour et de la paternité mais d'une manière originale. Une histoire d'amour - triste-  dont les étapes auraient été mélangées. Flora Sol, sa petite fille au nom prédestiné, saura lui montrer la voie à prendre.

Flora Sol et Lobbi sont éminement sympathiques au lecteur. Frère Thomas, le moine épicurien, féru de cinéma et d'eau de vie en tout genre hérite du rôle de conseiller conjugual... Par contre, Anna, la mère de l'enfant n'a pas forcément le beau rôle, plutôt même celui de la mère indigne !

Le lecteur français ne pourra pas, par ailleurs, s'empêcher de penser au Candide de Voltaire qui cultive son jardin, la roseraie du monastère où travaille Lobbi occupe une place importante dans le livre, avant d'être un peu laissée de côté au fur et à mesure qu'il avance en maturité et s'éveille à la vie.

Bref, un très joli roman à découvrir sans hésitation !

Lu dans le cadre du
54020855_p

14 juillet 2011

Edimbourg express

510SrD47ofL__SL500_AA300_

4e de couverture : "La vie poursuit son cours au 44 Scotland Street. Si Pat Macgregor partage toujours son appartement avec l'insupportable Bruce, les sentiments qu'elle avait pour lui appartiennent bel et bien au passé. Pendant que celui-ci se remet d'une rupture et d'un licenciement en s'admirant devant la glace, la jeune femme, bien décidée à élargir son horizon, accepte une surprenante invitation... à un pique-nique nudiste ! Un étage plus bas, Bertie, six ans et toujours aussi intelligent, tente par tous les moyens de s'affranchir de l'implacable programme établi par sa mère qui, outre le yoga et le saxophone, comprend désormais une thérapie avec le terrifiant Dr Fairbairn. Etonnamment, c'est peut-être en la personne de son père qu'il trouvera un allié de taille..."

Je pensais emmener ce deuxième tome des aventures du 44 Scotland Street avec moi en vacances. Mais le premier m'a tellement plu, que j'ai dévoré le second. A raison car il est sublimissime et kiltissime (évidemment !). Les personnages sont approfondis, l'humour toujours corosif et l'on passe moins d'un personnnage à un autre.
Alexander McCall Smith s'attarde davantage sur chacun d'entre eux pour les apprivoiser et essayer de les comprendre. Même l'affreuse mère de Bertie, qui oblige ce pauvre gamin à porter une salopette couleur framboise (et non pas rose, hein, framboise !). Même l'affreux Bruce qui se lance dans le vin sans savoir distinguer un Bordeaux français d'un vin australien.

J'ai particulièrement apprécié la petite escapade à Glasgow en train avec Bertie et son père, la rencontre improbable avec un Irlandais mafieux, Lard O'Connor, fan du Celtic Football Club (club qui existe réellement depuis 1888 et fut fondé par des Irlandais). On apprend dans ce roman que le regard de certains "Edimbourgiens" sur les "Glasgowiens" est assez féroce : les habitants de Glasgow seraient des bandits et la spécialité de la ville serait la barre de Mars frite ! Glasgow c'est la ville métallique, la ville au passé industriel. Et l'accent, je ne vous en parle même pas... L'aperçu donne aussi quelques idées de visites de musées.

Un deuxième tome plein de belles surprises qui font se jeter sur le troisième : L'amour en kilt (tout un programme, vous l'aurez compris !).

 

 


 

Publicité
17 mars 2011

Même le silence a une fin

41KJBbgLVOL__SL500_AA300_

Quand j'ai reçu le livre et que j'ai vu ses 690 pages, je me suis dit que cette lecture n'était pas gagné d'avance, d'autant que je connaissais l'issue de "l'histoire" et que relire le malheur de cette ex-otage ne m'attirait pas spécialement. Pourtant, dès les premières phrases, j'ai été happée par le récit et je n'ai pas lâché le livre. J'ai eu l'impression de lire un roman d'aventures. J'ai découvert les FARC, dont certains sont de vrais personnages, au sens littéraire du terme. Je les imaginais tous comme étant de sauvages sanguinaires. Pourtant certains sont loin de cette caricature. Ainsi Ferney m'a émue par son humanité et son dévouement paradoxal à l'égard des prisonniers qu'il traite comme des amis (il le dit d'ailleurs). Tout à fait étonnante également la scène de la fête pour l'anniversaire de Mélanie, la fille d'Ingrid, où, à cette occasion, les barrières entre ravisseurs et otages tombent : les jeunes FARC sont comme tous les jeunes du monde, ils s'amusent. Grâce à Ferney et son ami Beto, Ingrid apprend à tisser des ceintures et elle parvient à lancer une espèce de mode avec des ceintures à petits coeur pour les filles qui font fureur auprès des guerrilleras. Il arrive parfois que certains FARC improvisent des jeux de société avec les otages : ainsi la scène hilarante de Lucho (otage) jouant avec avec Giovanni grâce à des pois et des lentilles, "chacun se lançant des commentaires mordants, récupérant tous les préjugés politiques et sociaux pour attaquer l'autre". Les otages arrivent également à instaurer un système de bibliothèque. Ces scènes surréalistes m'ont vraiment étonnée.

Cependant c'est évidemment le plus souvent la violence de la guerre qui prend le dessus et donc l'Enfer. Les conditions de détention des otages sont le plus souvent abominables. Tour à tour enchaînés, emprisonnés, humiliés, entassés dans baraquements, affamés, vivant dans des conditions d'hygiène déplorables, la tension entre eux devient vite inévitable. Et de ce point de vue, ce livre est aussi une réflexion sur la conditon humaine. On a par moments l'impression que la tension entre les otages est presque aussi forte qu'entre eux et les FARC, ces derniers entretenant pernicieusement celle-ci. C'est un aspect des choses auquel je ne m'attendais pas. C'est aussi ce qui m'a choquée, même si la littérature des camps de concerntration m'est revenue à l'esprit à la lecture de certains passages. Je ne m'attendais pas à ce que les otages soient aussi mesquins et en proie aux coups bas entre eux. Je m'étais imaginé, naïvement, une réelle solidarité. Heureusement c'est aussi parfois le cas : on sent une amitié et une solidarité sans faille entre Ingrid et Lucho.

Dans ce livre le lecteur passe par toute une palette de sentiments, qui va du rire à la consternation, en passant par la compassion et l'effroi. L'écriture fluide et acérée d'Ingrid Betancourt, la description de l'univers de la jungle colombienne a le don de faire voyager le lecteur très loin, dans un univers carcéral qu'il n'imaginait même pas, sans larmes ni pathos mais avec pourtant beaucoup d'émotion. On ne ressort pas tout à fait indemne de cet enfer vert.

Lu dans le cadre du
54020855_p

12 février 2011

Nos étoiles ont filé

310YhB6PfzL__SL500_AA300_

 

Journaliste à France 2, Anne-Marie Revol a perdu ses deux petites filles, Pénélope, deux ans et demi et Paloma, à peine plus d'un an, dans l'incendie qui a ravagé la chambre qu'elles occupaient chez ses parents, alors qu'elle et son mari, étaient juste de retour de vacances en Grèce. Tous les jours, elle s'aperçoit qu'elle leur parle. Alors, "dans l'espoir que là où [elles sont] réfugiées [elles] trouve[nt] une bonne âme pour lire ce courrier, [elle] décid[e] de coucher, au propre, sur du papier, tout ce qu'[elle a] consigné dans [son] petit carnet depuis qu'[elles] sont décédées".

Ce livre est une puissante claque et je dois avouer que je me suis vraiment fait violence pour le terminer, ne le lisant qu'à petite dose, me disant à chaque fois que je ne parviendrai pas à le reprendre et à en continuer la lecture. Par moments, j'en ai voulu à l'auteur de m'infliger ça ! Et j'ai souri en lisant les remerciements de la dernière page : "Sans Capucine Ruat, j'aurais pondu un livre dix fois plus épais que ça ! Pauvre de vous".

Un livre dont j'ai du mal à parler au regard du drame vécu. Pourtant, Pénélope et Paloma sont bien vivantes entre ces lignes, elles occupent le devant de la scène, au-delà de la douleur et de la mort. Anne-Marie Revol s'exprime sans tabou dans un style vif, parfois piquant : pas d'envolée lyrique mais de la rage, de la colère mais aussi de la tendresse. Elle révèle ses états d'âme, son attitude, celle des autres, celle des gens qui la renvoie sans cesse au décès de ses filles avec une maladresse involontaire ou une bêtise à l'état brut. Ce livre est également un bel hommage à son mari et à leur rencontre miraculeuse mais aussi à la vie,notamment avec la naissance attendue du troisième enfant, Lancelot. On ne termine pas le livre en pleurant mais avec le sourire !

Un témoignage dont on ne ressort pas tout à fait indemne et dont les petites héroïnes habitent le lecteur longtemps une fois le livre refermé.

Lu dans le cadre du

54020855_p

26 juin 2011

44 Scotland Street

9782264047595

4e de couverture : "Quand la jeune Pat pousse la porte du 44 Scotland Street, elle espère prendre un nouveau départ. Entre son colocataire, un beau gosse insupportable et terriblement séduisant, et son excentrique voisine de palier, Domenica, la voilà entraînée dans une nouvelle vie au coeur de l'Edimbourg bohême. Son travail à la galerie Something Special s'annonce pourtant un peu morne. Sauf que Pat découvre au fond de l'obscur endroit un tableau qui pourrait bien valoir son pesant d'or et transformer sa vie ! D'abord publiées sous la forme d'un roman-feuilleton, ces chroniques d'Alexander McCall Smith brossent avec humour et tendresse la société d'Edimbourg et composent, entre chassés-croisés amoureux et intrigues haletantes, une savoureuse galerie de portraits."

 Ce livre relève d'un défi : celui dans lequel s'est involontairement trouvé embringué Alexander McCall Smith qui, ayant discuté avec Armistead Maupin, auteur des Chroniques de San Francisco, regrettait que les journaux quotidiens ne publient plus des romans-feuilletons, comme du temps de Dickens. Ce propos est tombé dans l'oreille du comité de rédaction du journal The Scotman qui demanda à McCall de relever le "challenge". Il s'agit de raconter une histoire par jour ayant pour toile de fond Edimbourg et ses habitants. D'où la structure en feuilleton de ce roman, qui peut dérouter certains lecteurs parce que l'on saute d'un personnage à l'autre, d'une intrigue à l'autre. Pourtant, tout se tient et le récit se fait de plus en plus prenant car les personnages sont particulièrement attachants et les traits d'esprit de l'auteur bien pimentés.

La jeune Pat, la vingtaine, en deuxième année sabatique, va habiter en colocation chez un insupportable bellâtre,Bruce, agent immobilier de son état - incompétent - un zeste mégaloman dont elle tombe cependant sous le charme (ouais, hein, pauvre fille !). Sa meilleure confidente et conseillère est l'excentrique voisine Dominica MacDonald. En année sabatique, il lui faut tout de même gagner un tout petit peu sa croûte. Elle trouve un semblant de travail chez Mattew, un galeriste qui vit sous la houlette de papa qui survient à ses besoins. Une galerie qui a quelque chose de spécial donc - comme l'indique son nom -  mais où l'aventure commence vraiment là parce qu'elle cache dans son bazar de tableaux au rebus un Peploe. Mais est-ce vraiment un Peploe ?. Du coup le tableau se voit renommer "Peploe ?" Comment, vous ne savez pas qui est Peploe ? Mais un peintre écossais de la fin du  XIXe fort célèbre dont les toiles représentent Mull vue d'Iona, à moins que ce ne soit l'inverse...
Mais voilà que cet abruti de Bruce en fait un lot de tombola... que quelq'un gagne pour le revendre à son tour. Et c'est là qu'intervient... Ian Rankin !!


On ne peut pas vraiment en dire davantage sur l'intrigue. Mais ce roman révèle bien de surprises, tant sur les personnages que sur le fond du décor édimbourgien. D'ailleurs, il paraît qu'à Edimbourg, il y a des voies de chemins de fer cachées en sous sol (j'ai pensé à Harry Potter, est-ce un clin d'oeil à l'auteur écossaise à succès ?). C'est sans doute aussi le seul endroit au monde où l'on rencontre un colley noir qui pue, répondant au prénom de Cyril et au sourire étincelant...
J'ai bien l'intention de vérifier tout ça sur le terrain dans quelques semaines et d'embarquer avec moi le 2e tome de cette histoire, Edimbourg Express...

Une lecture très divertissante cette chronique de vie écossaise, où Alexander McCall Smith réussit avec brio à faire vivre son petit monde, avec humour et tendresse.

J'oubliais, il y a aussi une histoire de kilt, qui révèlera la question qui nous taraude toutes...: ).

 

 

 

 

 

 

5 juin 2011

La maîtresse de mon amant

41F9KTQB0JL__SL160_AA160_

4e de couverture : "Quand Marcus, jeune architecte au charme mystérieux, lui propose de partager son loft londonien, Lily accepte sans hésiter. Mais, dès son arrivée, elle éprouve un sentiment de malaise. L'appartement garde les traces de l'ex-petite amie de Marcus, brutalement disparue. Intriguée, Lily cherche à percer ce mystère. L'image de cette rivale la hante, la poursuit."

Ce roman est divisé en quatre parties. Dont la première se situe avant la "révélation". Et c'est la plus réussie. Maggie O'Farrell arrive à distiller un suspense infernale qui fait avaler les cent quatre-vingt-deux pages en un rien de temps. On se dit que l'on tient là un "page-turner" fascinant. Maggie O'Farrell adopte là le point de vue de Lily la nouvelle colocataire et aussi petite-amie de Markus, un bellâtre que l'on sent tout de suite trop propre sur lui pour être tout à fait honnête, surtout quand il affirme que Sinead, son ex, n'est "plus de ce monde". Troublée Lily mène l'enquête, jusqu'à friser la folie. Le récit est à ce stade proche du fantastique et le lecteur ne sait plus trop à quel saint se vouer. Lily a-t-elle perdu la tête, est-ce la jalousie qui lui fait voir Sinead partout dans l'appartement et dans une librairie...

Soudain, au bout de ces 182 pages, THE révélation (que je ne peux évidemment pas dévoiler). Et THE catastrophe pour la suite du roman  (que je ne peux pas non plus dévoiler) qui tombe dans une platitude décevante. Plus de suspense. Et surtout une évidence tellement énorme qu'on se demande à quoi servent les trois autres parties du livre : Marcus est un coureur de jupons et un goujat de première. Bref, tout ça pour ça. Sans surprise finale, même dans le bush australien, qui frôle l'invraisemblance.

Une déception donc, pour ma première lecture de Maggie O'Farrell. Je retenterai néanmoins l'expérience avec un autre titre en me disant que celui-ci était juste une mauvaise pioche. Dommage. Parce que c'est pourtant sublimement écrit et j'ai vraiment apprécié la manière dont elle décortique chaque geste, chaque micro-événement.

cb7eec9bffae0a209582ce_L__SY100_

29 mai 2011

Automne

 62497181

4e de couverture : "Jerry Petersson est un riche avocat parvenu. Tout le monde le déteste. Aussi, quand on retrouve son cadavre dans les douves du château qu'il vient d'acheter, personne n'est étonné. Malin mène l'enquête, qui l'amène sur l'île de Ténérife. Un dépaysement dont elle a bien besoin. Rien ne va plus chez elle. C'est l'automne à Linköping. Il pleut, le temps est maussade et froid. Malin, maintenant bien connue du public français, est toujours aussi fragile. Elle devra affronter ses vieux démons et sa solitude pour se lancer aux trousses du tueur. "

Tout d'abord je ne peux que déplorer la quatrième de couverture qui donne une idée fausse du livre. Malins à Ténérife ? Oui mais tellement rapidement que ça ne compte pas. Tout le monde déteste Jerry Petersson ? Non seulement quelques individus qui ont leurs raisons, notamment le patriarche d'une vieille famille de la noblesse suédoise dont le fils a vendu le château à ce nouveau riche parvenu. Bref...

Voici donc le troisième volume des aventures de l'inspectrice Malins Fors et de son équipe que j'ai retrouvées avec plaisir. Et toujours la construction du polar sur la base du déréglement saisonnier : la petite ville de Linköping subit un déluge. Et ça ne s'arrange pas dans la vie de Malin, qui a tendance aimer beaucoup trop la téquila et à lever la main un peu vite (et c'est la raison pour laquelle il faut lire les histoires dans l'ordre car la cause de sa dépression est à trouver dans Eté).

Ici Mons Kallentoft explore le thème de la maltraitance, démontre avec brio l'enchaînement de la violence  et les raisons qui poussent les coupables (et victimes) à agir comme ils le font. Et c'est là un des tours de force de l'écrivain. Dans ses romans, pas de scènes sanguinolentes, mais des explications qui se font jour au fur et à mesure. Tout cela dans un style qui lui est propre et que j'ai encore jamais vu ailleurs : les morts sont omniscients, commentent les scènes et parfois expliquent les faits. Par ailleurs, les narrateurs changent sans que l'on en soit prévenu, mais pourtant cela ne perturbe pas la lecture. Enfin, les coupables qui sont aussi des victimes, sont des gens comme les autres, ou presque...

Seul bémol du livre : j'ai trouvé que la vie privée de Malin prenait trop le dessus pendant une bonne partie du roman, ce qui fait que l'on a tendance à oublier l'intrigue : une énigme policière, avec deux cadavres. Heureusement, dans le dernier tiers du livre, celle-ci reprend le dessus.
Par contre, j'ai adoré l'ambiance vieux château suédois perdu dans la forêt ! Et aussi la fin !

Un opus sans doute moins captivant que les deux précédents (Hiver et Eté) mais à découvrir tout de même !

Et pour finir, une petite vidéo du libraire Gérard Collard, sur la série :

http://youtu.be/c4Ku_tKvUc4

11 décembre 2010

Just kids

2eobcra

4e de couverture : "Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l'ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite. "

J'ai découvert une autre Patti Smith, celle d'avant la scène rock internationale. Une autobiographie qui se veut surtout un hommage à Robert Mapplethorpe (qui deviendra un grand écrivain américain), l'homme de sa vie, à qui elle avait promis d'écrire leur histoire. C'est un bien bel hommage que j'ai lu là, de la part. Elle a vécu pour l'amour et pour l'art dit-elle, en reprenant une citation, et ça se sent. Ces deux-là ont tout partagé, même dans les coups durs. Un couple fusionnel malgré la séparation. Un couple très romantique.

Un récit dans un style étonnamment simple mais poétique, qui immerge le lecteur dans le New-York de l'underground des années 60-70. On y croise une foule de personnages hauts en couleurs, connus ou non. Je connaissais - un peu - Patti chanteuse. Ce livre donne enviede la connaître écrivain, et artiste visuelle.

img_patti_smith_1_133132350240_jpg_med_thumb

Lu dans le cadre du

54020855_p

 

15 mai 2011

Sans laisser de traces

imagesCA6WPQHW

4e de couverture : "L'affaire paraissait insoluble à l'époque : une riche héritière et son fils kidnappés en Ecosse, une remise de rançon catastrophique aboutissant à la mort de la femme et à la disparition de l'enfant. Malgré l'indice découvert vingt-cinq ans plus tard, Karen Pirie, l'experte en cold cases en charge du dossier, a donc peu d'espoirs de résoudre la célèbre énigme. Une autre affaire classée occupe déjà l'esprit de la détective : en 1984, au plus fort de la grève des mineurs qui divisait le Royaume-Uni, un gréviste avait disparu sans laisser de traces, abandonnant les siens. Mais de nouveaux éléments suggèrent qu'il ne s'agissait pas d'une simple désertion. A mesure que les enquêtes avancent, Karen va de révélation en révélation et s'enfonce toujours plus loin dans les labyrinthes du mystère... La reine incontestée du thriller psychologique joue avec nos nerfs dans un suspense démoniaque. "

Deux intrigues, deux héroînes (l'inspecteur Karen Pirie et Anabelle Richmond, journaliste), deux lieux d'action (le Fife écossais et la Toscane italienne), deux époque (1984-85 et 2007). On pourrait se dire que c'est risqué. Et pourtant, à la fin, tout se tient d'un bloc, d'une logique implacable, d'une cohérence parfaite. Un roman complexe et fouillé.

Il faut dire que Val McDermid, Ecossaise petite-fille de mineur, connaît son sujet. Et comme elle le dit elle-même, c'est sans doute son roman noir le plus intime, même si les personnages sont fictifs. Elle dédit d'ailleurs son livre à ses grands-parents :
"Ce livre est dédié à la mémoire de Meg et Tom McCall, mes grands parents maternels. Ils m'ont montré ce qu'est l'amour, ils m'ont enseigné l'esprit de communauté, et ils n'ont jamais oublié l'humiliation que l'on ressent à faire la queue à la soupe populaire pour nourrir ses enfants. Grâce à ceux, j'ai appris à aimer la mer, la forêt, et les livres d'Agatha Christie. Une dette non négligeable", écrit-elle.

En 1984-1985, les mineurs britanniques sont en grève, Thatcher les méprisera. C'est à cette époque que l'un d'entre-eux, Mick Prentice, disparaît, abandonnant sa femme et sa fille. A l'époque, tout le monde pense qu'il a trahi la communauté et qu'il est parti avec les "jaunes" (ceux qui ont abandonné la grève et ont quitté les lieux) à Glasgow. Pourtant, alors que tout semble accâbler un syndicaliste, au fur et à mesure, les pistes se multiplient puis se resserrent comme un étau autour du disparu lui-même...
Parallèlement, Bel Richmond, journaliste en vacances en Toscane, fait une découverte dont elle comprend rapidement qu'elle peut bouleverser sa carrière car elle renvoie à une affaire non élucidée : celle des circonstances du meurtre de Catriona  Maclennan Grant, jeune et très belle héritière de la plus grosse fortune d'Ecosse et de l'enlèvement de son fils. Le père de la belle n'est autre que  l'entrepreneur et promoteur immobilier Sir Broderick Maclennan Grant. Un nom aussi connu que Berlusconi en Italie.

L'ensemble peut paraître sombre comme la tourbe, mais ce n'est pas le cas. L'amour est très présent dans ce roman et les meurtriers ne sont pas des psychopathes sanguinaires. Juste des gens pris dans une spirale infernale. Val McDermid réinvente ici les codes du roman noir  à la Agatha Christie en ancrant sa fiction dans un contexte social fort, comme souvent dans ses romans. Elle démonte et analyse chaque rouage de la machine infernale.

J'ai aimé le personnage de l'inspectrice Karen, une femme qui lutte comme une tigresse dans un univers de macho, malgré les bâtons dans les roues que lui tend un chef qui la déteste. Une héroïne qui a une faible pour les bons petits plats que l'écrivain décrit à merveille  :
"Devant elle reposait un pithiviers de filet de pigeon parfaitement présenté, entouré de toutes petites pommes grenailles et d'une tour de minicarottes et de minicourgettes rissolées. Le Laird'o Wemyss était plus qu'à la hauteur de sa réputation." On en mangerait !!
L'héritière tuée des années auparavant est une femme libre, malgré sa condition privilégiée. Elle sait ce qu'elle veut : vivre une vie d'artiste et vivre avec qui elle souhaite, quand elle le souhaite, quitte à contrer les siens. La journaliste Bel est par contre trop ambitieuse (le style à avoir les dents qui rayent le parquet) pour être totalement sympathique.
Val Mcdermid creuse ses personnages au-delà des apparences et bouleverse les idées reçues et les préjugés. C'est aussi le côté intéressant du livre.

Enfin, c'est un roman noir qui a l'accent du Fife écossais (Newton of Wemyss,  East Wemyss, Kirkcaldy - où Val McDermid a passé son enfance), et où le lecteur se promène sur ses plages et dans ses grottes, entre quelques escapades en Toscane.

C'est sans doute le roman le plus accompli de Val McDermid que j'ai lu jusqu'ici.

Seul bémo du livre : sa couverture du livre en édition française.  C'est en fait celle d'un autre roman de Val McDermid :

trick 

Voici quelques-unes des couvertures "VO" pour Sans laisser de traces (titre VO : "A darker domain) :

 darker2

darker 

 qui correspondent tout à fait au livre... Dommage.

Enfin, une photo emblématique  du roman

WemyssCaves2

 

que vous pouvez retrouver ici, avec une interview de Val McDermid et le site des grottes de Wemyss.

 Voilà, un petit prélude au mois écossais programmé par Cryssilda, mais je ne pouvais pas attendre un mois avant de parler de ce roman ;-)

 

18 novembre 2010

Blues pour Elise

413xzZWetHL__SL500_AA300_

4e de couverture : "Qu'est-ce qui fait courir les personnages de Blues pour Elise ? C'est l'amour ! Celui qu'on désespère de trouver, comme Akasha qui ne se remet pas d'une peine de coeur. Celui qu'on croit avoir perdu, comme Amahoro, dont le compagnon a pris ses distances. Celui qu'on n'attendait pas, comme Shale, follement éprise d'un homme peu avenant. Celui dont on doute soudain, comme Malaïka, paniquée à la veille de son mariage. A travers le parcours de ces quatre femmes et de leurs proches, Blues pour Elise dresse le portrait coloré, urbain et charnel de la France noire. Celle qui, loin des clichés misérabilistes, adopte le mode de vie bobo, se nourrit de graines germées, se déplace en Vélib', recourt au speed dating pour rompre la solitude. Roman de société, Blues pour Elise parle avant tout d'amour. Celui de soi, celui de l'autre. "

C'est une belle découverte que j'ai fait là. Un écrivain que je ne connaissais pas pour un roman qui est passé inaperçu dans la rentrée littéraire.

Pourtant, Léonora Miano propose ici un roman pétillant sur la vie d'une bande de jeune femmes "afropéennes", françaises, parisiennes. Un ensemble de portraits loin de tous clichés "prémâchés". Des jeunes femmes qui courent après l'amour mais qui ont aussi pour code d'honneur de se faire respecter par les hommes et peu de tabous entre elles. Une bonne dose d'humour, même quand l'heure est grave. C'est également un très beau roman sur l'intégration. J'ai été émue par l'histoire familiale de Shale. Et j'ai vraiment souri de l'interrogation existentielle de Michel à cause de la chose mystérieuse chose que lui a fait Amahoro et qui sème le doute dans sa pauvre tête d'homme...Un bon coup de grille aussi aux inventeurs du "mariage gris". Un livre tout en subtilités, où il n'y a pas d'un côté les "bons" et de l'autre les méchants pas beaux".

L'ambiance de chaque chapître est traduite par une série de sélections musicales en fin de châpitre (original !) et une rédaction épicée d'africanisme.

Bref, un très beau roman qui gagne à être découvert. Une belle parution pour la littérature française et l'un des meilleurs que j'ai lus pour l'instant dans le cadre du Grand Prix (mais ce n'est que mon humble avis !) avec . Une suite est à venir et je serai sans doute au rendez-vous des "Bigger than Life".

Lu dans le cadre du

54020855_p

26 avril 2011

La délicatesse

51ltbUPcZ2L__SL500_AA300_

4e de couverture : "« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins
conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi
à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye
ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
- Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité ». La délicatesse a obtenu neuf prix littéraires et été traduit dans plus de quinze langues. "

 
L'histoire est fort simple :  Nathalie rencontre François. Ils se plaisent et quelques temps après se marient. Mais voilà qu'un "imprévu" (je ne peux pas vous dire ce que c'est sous peine de gâcher une partie du plaisir) fait que les choses ne se déroulent pas comme elles le devraient... Quelques temps après entre en scène Markus, un collègue suédois de la boîte suédoise où travaille Nathalie. Markus c'est le mec qui vous offre des PEZ et qui aime rentrez chez lui à 7h15 précises. Vous visualisez tout de suite le genre, n'est-ce pas ? Nathalie est une belle femme. Voila.

Un livre qui n'est pas désagréable à lire, des répliques qui font mouche mais un narrateur qui adore "chambrer" les personnages et qui devient agaçant à force de s'écouter parler... Enfin, c'est du moins l'impression qu'il m'a donnée. Ce qui fait qu'à la fin, je m'en suis franchement lassé.

Bref, je suis un peu déçue par cette lecture qui date d'il y a un peu plus d'une semaine. Je m'aperçois qu'il ne m'en reste pas grand chose d'ailleurs. Une gentille bluette qui ne fatigue pas la tête et dont les codes sont finalement sans grande surprise.
Sitôt lu sitôt oublié donc.

 

 

 

15 avril 2011

Le royaume des voleurs

51HtXRQd0NL__SL500_AA300_

4e de couverture : "1936, début de la terreur stalinienne. Le cadavre mutilé d une jeune femme est retrouvé sur l autel d une église désaffectée. L inspecteur Korolev, chef de la section criminelle de la Milice de Moscou, est chargé d enquêter. Comme la victime est citoyenne américaine, l organisation la plus redoutée de toute la Russie, appelée NKVD, s en mêle. Les moindres faits et gestes de Korolev sont observés. Bien décidé malgré tout à découvrir ce qui se cache derrière ce crime effroyable, il pénètre dans le royaume des Voleurs, ces individus qui règnent sur la pègre moscovite. À mesure que d autres corps sont découverts et que la pression venue d en haut augmente, Korolev se demande qui sont les vrais criminels dans cette Russie où prédominent la peur, la faim, et l incertitude."

En commençant ce roman, je me disais qu'en plus de l'intrigue policière, j'allais en apprendre davantage sur le début de la dictature stalinnienne grâce au héros, le capitaine Alexeï Dimitrievitch Korolev, plus communément appelé inspecteur Korolev, au service des enquêtes criminelles de la Milice de Moscou. Un grand colosse d'un mètre quatre-vingt-trois, quadradénaire, divorcé, père d'un petit Youri. la joue barrée d'une cicatrice, "souvenir d'une rencontre avec un cosaque blanc durant la guerre civil". Korolev s'est "battu de l'Ukraine jusqu'à la Sibérie, et retour, durant sept longues années, contre les Allemands, les Autrichiens, les Polonais". Mener une enquête dans le Moscou de 1936 s'annonce ardue car il s'agit de ne pas déborder sur les plates-bandes du NKVD, autrement dit de la police secrète qui s'occupe des crimes politiques, alors que la Milice a en charge les crimes "traditionnels". Mais la frontière entre les deux est floue. Pour compliquer l'affaire, il y a ceux que les Moscovites appellent les "Voleurs", organisés en une société structurée et hiérarchisée : la mafia russe.

Alors, quand le cadavre d'une femme, atrocement mutilé, visiblement torturé et mis en scène,  est retrouvé dans une église de moscou, la tension est grande, d'autant qu'on apprend rapidement que c'est une Américaine d'origine russe, religieuse orthodoxe. Là on se dit qu'on va avoir droit à un roman policier de la lignée de Dan Brown...

Mais voilà, le problème c'est que William Ryan ouvre des pistes, accumule les descriptions, les noms et épisodes historiques (NKVD, Tchéka, tchékistes, miliciens, Voleurs, guerre civile, cosaque blanc), et les personnages (qui en plus ont plusieurs noms), sans creuser davantage, sans expliquer. On vit avec le héros la misère moscovite : la faim, le froid, l'humidité, le manque de logement, le manque d'argent, la dure vie des gamins des rues. Mais à force de vouloir tout dire, tout restituer, l'écrivain finit par perdre le lecteur dans les bas-fond de la ville ! Et là on crie "Help"! L'intrigue finit par devenir presque anecdotique, noyée sous des considérations qui voudraient donner un fonds historique au roman. On ne sait plus trop où donner de la tête.

En outre, j'ai trouvé l'écriture froide et manquant d'un petit quelque chose qui aurait fait qu'elle aurait eue plus de saveur. Je me suis ennuyée de plus en plus au fil du récit. Pas convaincue et déçue. J'ai cherché en vain le "suspens dense et brutal qui ne cesse de croître", annoncé sur la quatrième de couverture par le Financial Times. Je dirais que c'est plutôt le contraire : ça commence bien et fort et ça finit à plat... Dommage car l'idée était bonne.

Un premier opus qui annonce d'autres aventures de l'inspecteur Korolev.

Je remercie néanmoins vivement Guillaume Teisseire de chez  Babelio logoet Nina Salter des Editions des Deux Terres pour l'envoi du roman.

 

11 avril 2011

Quand souffle le vent du nord

516ShlavR0L__SL500_AA300_

 

4e de couverture : "Un homme et une femme. Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant… Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux."

Voici un roman à la fois léger, enchanteur et... rageant ! Mais aussi hilarant !

S'il m'a fallu une cinquantaine de pages avant d'accrocher vraiment à l'histoire, je n'ai ensuite plus lâché le livre !

Emmi Rothner envoie par erreur un email à Léo Leike alors qu'elle veut résilier un abonnement au magazine Like. Ne recevevant pas de réponse ou plutôt continuant à recevoir le journal, elle réitère sa demande sur un ton caustique,  jusqu'au moment où le destinataire par erreur lui répond... Tout le récit est basé sur les échanges d'emails des deux personnages.

Le personnage d'Emmi Rothner est assez agaçant mais l'autre à peine moins.On frôle parfois la crise de nerf avec ces deux-là qui tournent autour du pot ! La fin est rageante et frustrante, je vous le dis d'emblée ! Mais c'est ce qui fait qu'on a vraiment envie de lire la suite La septième vague, qui vient de paraître. Je cherchais un roman léger et distrayant pour les vacances : je n'ai pas été déçue !

Daniel Glattauer réinvente avec brio, humour et subtilité le roman épistolaire - celui du XXIe siècle.

Ce roman serait en train de devenir "culte" que ça ne m'étonnerait pas.

"Intouchable extra-terrestre, rendez-moi ma femme !"

 

29 mars 2011

Verdict

51DU_39IC8L__SL500_AA300_

4e de couverture : "Joel Deveraux est à l'orée d'une brillante carrière dans un cabinet réputé d'avocats d'affaires new-yorkais. Mais celle-ci est brisée net par une sinistre histoire de drogue, et Joel se retrouve du jour au lendemain avocat commis d'office dans de minables affaires de délinquance. Lui qui ne fréquentait que les hautes sphères de la société se retrouve ainsi dans les rouages les plus misérables du système juridique, parmi les pauvres et les déshérités. Vient enfin le jour où il est affecté à une affaire plus importante, aux côtés d'une autre avocate, Myra Goldstein. Un dealer notoire est accusé du meurtre d'un jeune étudiant. Le suspect est noir, la victime juive et blanche. Lors d'un procès passionnant, aux rebondissements multiples, Joel va vite comprendre qu'en matière criminelle la culpabilité ou l'innocence d'un prévenu importe moins que la force de persuasion de son avocat. Et que le verdict dépend bien souvent de celui qui aura su raconter l'histoire la plus convaincante."

Ce roman policier est intéressant dans la mesure où les deux héros, Joël et Myra, ne sont pas des flics mais des avocats commis d'office. Ils ont un client à défendre, qui n'est pas un ange. Mais peu importe, leur rôle consiste à le défendre du mieux possible et pas forcément en sachant si ce qu'il dit est vrai ou non. Car l'accusé, Lorenzo Tate a en fait deux chefs d'inculpations aux fesses : l'homicide involontaire d'un étudiant blanc, Seth Lipton et la tentative de meurtre sur Devin Wallace, un autre dealer black.

Le lecteur est projeté dans le monde des avocats commis d'office, ceux qui défendent les bas-fonds de New-York pour une rémunération tout aussi misérable. Joël et Myra ne restent pas cloîtrés toute la journée dans leur bureau, comme les avocats des affaires, plus aptes à gagner de l'argent sans trop rien faire. Ils enquêtent, presque comme les policiers, qui ici, ne semblent pas tout à fait faire leur boulot ni dire non plus tout à fait la vérite.

Le procès est retranscrit avec minutie et crédibilité. Les rebondissements ne sont pas absents et les personnages de ce roman sont attachants, même l'accusé ! La fin réserve d'ailleurs une belle surprise qui ouvre bien des questions.

Bref, un très bon roman policier judiciaire, le premier écrit par Justin Peacock, lui-même avocat. On pourrait bien entendre reparler de lui.

Lu dans le cadre du
54020855_p

27 septembre 2010

La troisième Miss Symons

616pMZ_rRBL__SL500_AA300_

4e de couverture : "Pourquoi est-ce que les gens ne m'aiment pas? " se demande Henrietta. Vilain petit canard d'une famille victorienne de sept enfants, dont elle est la troisième fille, Henrietta ne possède ni la beauté ni l'art de se faire aimer par tes autres. Différente de ses frères et soeurs, elle ne s'entend pas avec eux. Elle trouve alors refuge dans un monde imaginaire, ce qui exacerbe son mauvais caractère et l'exclut un peu plus en éloignant d'elle les personnes qu'elle affectionne. Plus tard, alors que ses frères et soeurs sont mariés et ont des enfants, Henrietta va arpenter le monde en quête de quelque chose pour combler son manque affectif. Quel sera alors le destin de cette jeune fille dans une société où les femmes n'ont d'autre porte de sortie que le mariage et la maternité ? Avec ironie et un sens étonnamment moderne du récit, Flora M. Mayor scrute ce qui fait la réussite ou l'échec d'une vie, entre le poids des circonstances extérieures et la part de la responsabilité individuelle.
Flora M. Mayor est née en Angleterre en 1872 où elle est décédée en 1932. Véritable " enfant littéraire " de Jane Austen, elle fut remarquée et éditée par Virginia Woolf. Elle est l'auteur de trois romans, dont La troisième Miss Symons, publié pour la première fois en Angleterre en 1913, de nouvelles, et de poèmes, qui n'ont jusqu'à présent encore jamais été traduits en français."

Ce roman est délicieux et bourré d'ironie. Ou comment une enfant mal-aimée parce qu'elle n'a pas la langue dans sa poche et laisse ses sentiments s'exprimer avec spontanéité, finit part devenir une vieille fille irascible et réactionnaire. Et il faut dire qu'elle n'a pas de chance Henrietta : c'est sa soeur aînée qui lui pique son prince charmant. Après un "plan" pareil il y a de quoi l'avoir mauvaise.

Henrietta est un personnage qui n'entre pas dans le moule victorien de l'époque, trop étroit et hypocrite pour elle, même si elle essaie de s'y immiscer au début. Echouant à devenir ce qu'on attend d'elle (une femme mariée et une mère de famille convenable) et à se lier d'amitié avec autruit, elle se crée un personnage, une amie imaginaire puis un amant tout aussi fantasmatique pour combler sa solitude. Elle se met à voyager pour se fuire elle-même car tout de même, elle a largement sa part de responsabilité dans ce qui lui arrive, même si les autres n'ont pas été spécialement tendres avec elle. Henrietta m'a tour à tour fait pitié et agacée car elle est à la fois prétentieuse, "crûche" et naïve.

Un texte écrit dans un style fluide, direct, sans concession. J'espère bien que les deux autres roman de Flora M. Mayor seront publiés en France car ce fut une belle découverte d'une écrivaine inconnue ici.

10 mars 2011

Haine

51IBs6mWRML__SL500_AA300_ 

Un homme est retrouvé mort la veille de Noël dans le port d'Oslo. Un artiste, Niclas Winter est retrouvé mort chez lui. Une femme semble ne jamais être arrivée à destination et est finalement retrouvée morte dans la cave l'hôtel Continental. Au premier abord, la plupart de ces décès ressemblent à des suicides. Mais lorsque l'évêque de Bergen, Eva Karin Lysgaard est retrouvée poignardée en pleine rue le matin de Noël, l'émotion est grande et le doute s'installe. Cette femme était très appréciée. Yngvar Stubo est chargé de l'enquête et il se rend immédiatement chez le mari de celle-ci. Sa femme, criminologue, juriste et thésarde en psychologie, retrouve une amie d'enfance, Karen, spécialisée dans les crimes haineux aux Etats-Unis. Elle apprend également par son biais que l'évêque était progressiste, sauf en ce qui concerne l'avortement, qu'elle ne tolérait sous aucun prétexte, ce qui était à l'encontre des idées sur ce sujet en Norvège. L'une des fille d'Inger Yohanne, Kristiane, 14 ans, souffrant d'une maladie assimilable à de l'autisme, est abordée par un inconnu qui connaît son prénom. Inger Yohanne voit rouge et pense que sa fille est en danger car, par certains de ses propos, elle semble avoir assisté au meurtre de la femme retrouvée dans la cave de l'hôtel Continental, le jour même où la soeur de Inger Yohanne s'y mariait et le jour même où elle a été sauvé par un inconnu qui a surgi tel Bateman et lui a évité un accident mortel avec un tramway. Le fils d'Eva Karin s'aperçoit qu'une photo d'une personne qu'il ne connaît pas mais qui ressemble a disparu de la maison de son père. Il se demande si cette personne n'est pas sa demi-soeur. Grâce à Karen, Inger Yohanne est informée des activités des différents groupes haineux qui sévissent en s'en prenant aux immigrés, aux juifs, aux homosexuels, avec comme seul mobile la haine. L'un d'entre eux, "The 25'ers" sévit en Norvège où les couples homosexuels ont la possibilité de se marier et d'avoir des enfants. Peu à peu, il s'avère que les différents meurtres ont touché cette communauté, hommes ou femmes. Mais cela n'explique pas le meurtre d'Eva Karine. Tout d'abord on pense que le mobile du crime aurait pu être son opposition farouche au droit à l'avortement. Jusqu'au jour où le mari de la défunte de décide à sortir de son mutisme et à livrer le journal intime...

Anne Holt livre un roman complexe en multipliant les intrigues et les détails, les pistes et les personnages à l'envi. Le fil conducteur entre les différentes histoires arrive tard dans le récit, après plus d'une centaine de pages. Trop tard pour que j'arrive à vraiment à m'y intéresser et à y trouver du suspense. Je me suis ennuyée et j'ai terminé le livre avec l'impression qu'il était "brouillon", mal agencé, malgré une étude documentée sur la société norvégienne contemporaine. En fin de compte, la thématique des groupes haineux et leurs activités semble noyée sous la masse et par conséquent simplement survolée. C'est le premier roman policier nordique qui me déçoit, alors que je les affectionne particulièrement, comme vous le savez !

 Lu dans le cadre du

54020855_p

26 février 2011

La couleur des sentiments

 51lwBRPwgIL__SS400_

4e de couverture : "Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture."

Un immense coup de coeur pour ce roman ! Pourtant, au regard des dernières lignes de la 4e de couverture, ce n'était pas gagné d'avance dans ma tête, sachant que je me méfie de ce genre d'effet d'annonce.

Et pourtant. Quelle merveille ! Un récit envoûtant qui entraîne le lecteur à Jackson, dans le Mississippi entre 1962 et 1964, où sévissent encore les lois raciales, interdisant aux Noirs et aux Blancs de se mélanger, et même de se marier entre eux,et  où le Ku Kux Klan sévit encore pour punir les récalcitrants noirs...

Les trois personnages principaux, Aibileen, Minnie et Skeeter sont particulièrement attachants. Minnie m'a fait mourir de rire plus d'une fois - un grand coeur derrière une carapace en fer - en particulier lorsqu'elle dévoile la fameuse Chose Abominable Epouvantable qu'elle a fait à sa patronne blanche, Miss Hilly. Celle-ci est vraiment une grosse truie (c'est le mot qui m'est venu à l'esprit à la fin, en lisant ce qu'elle essaie de faire à Aibileen) ! La pire de toutes les femmes de Jackson, prisonnière de sa bêtise et d'une méchanceté incroyable.  Aibileen, 53 ans, bonne depuis 40 ans, est d'une philosophie à toute épreuve - ou presque - face aux événements. Skeeter (surnom parce qu'elle a un profil qui rappelle quelque chose comme un moustique) est une jeune femme qui apprend à dépasser les carcans familiaux, raciaux et sociaux pour gagner sa liberté. La vie toute tracée qui s'annonce à elle ne l'intéresse pas car dans cet univers elle devra soit mentir, soit se censurer en permanence. Une vraie amitié naît entre ces trois personnages qui prennent des risques considérables pour venir à bout de leur projet, malgré un chemin pavé d'embûches. Et ça en valait la peine. Même si la fin n'est pas tout à fait une happy end. Mais c'est aussi la force du roman, qui est, de plus, une page de l'histoire des Etats-Unis. Une part de vécu aussi.

Un récit subtil qui évite les écueils, une écriture dynamique et très agréable à lire, beaucoup d'humour malgré un sujet grave, mais aussi des moments d'émotion intense. On laisse vraiment à regret les personnages quand on referme le livre, pourtant c'est un pavé de plus de 500 pages ! Un conseil : jetez-vous dessus, vous ne pourrez plus le lâcher !

Sans doute le meilleur roman que j'ai lu depuis longtemps mais aussi jusqu'à présent pour le

54020855_p

10 février 2011

On dirait vraiment le paradis

51COgY59cLL__SL500_AA300_

4e de couverture : "Lemuel Sears mène une existence paisible à Manhattan. Conscient de son vieillissement, il vit dans la crainte de ne plus connaître l'amour avant de disparaître. Un jour, il se rend dans la petite ville de Janice pour patiner sur l'étang, et découvre que celui-ci est utilisé comme dépotoir. Révolté, il décide de tout mettre en oeuvre pour rendre à Janice son paysage bucolique. Amené à côtoyer les riverains, il rencontrera certaines figures du crime organisé, des politiciens véreux ainsi que quelques bonnes âmes prêtes à t'aider qui utilisent pour ce faire des méthodes pour le moins radicales... Parmi ces personnes, Sears fera la connaissance d'une jeune femme dont il tombera amoureux. On dirait vraiment le paradis, paru aux États-Unis en 1982, inédit en français, est le dernier roman de John Cheever. On y retrouve l'élégance de son style, l'humour omniprésent et l'immense tendresse qu'il porte à ses personnages".

Le livre commence par la phrase suivante : "Cette histoire est destinée à être lue au lit dans une vieille maison par une soirée pluvieuse". Ca me paraissaît fort alléchant.  Mais, hélas!, je ne suis pas parvenue à entrer réellement dans le récit. Certes, les conditions n'étaient que partiellement respectées : je n'étais pas dans une vieille maison mais la météo était celle remcommandée !! La quatrième de couverture annonce ce livre comme "un plaidoyer inédit en faveur d'une nature préservée". C'était peut-être l'intention de John Cheever, avec ce roman écrit en 1982 (un précurseur, un visionnaire du XXIe siècle donc), mais les nombreuses digressions noient le lecteur, qui finit par se demander où veut en venir l'écrivain. L'écriture est poétique et donc agréable à lire mais en refermant ce livre on est incapable d'en résumer le sujet réel.

Cette lecture est donc une déception pour moi car j'ai fini par m'ennuyer.

Je tiens néanmoins Babelio et les éditions Folio de m'avoir envoyé le livre, dans le cadre de l'opération Masse Critique de décembre dernier.

28 novembre 2010

Les vies extraordinaires d'Eugène

41JTGNo58WL__SL500_AA300_

Ce roman est l'histoire d'un deuil. Celui de la perte d'un enfant. Le narrateur a perdu Eugène, son fils, grand prématuré né à six mois. Il est décédé quelques jours après sa naissance. Mais, comble de l'horreur, pas à cause de sa grande prématurité ! A cause d'un fichu staphilocoque doré qui s'est sans doute introduit dans le tube qui l'aidait à respirer dans sa couveuse. Sa femme en a perdu la parole, de douleur sans doute, mais surtout parce qu'il n'y a "plus rien à dire" après la perte d'un enfant. Pour rendre justice à son fils, pour lui (re)donner la vie et le rendre en quelque sorte immortel, le narrateur décide d'écrire sa vie. D'abord sa vie réelle, après un interrogatoire des personnels hospitaliers l'ayant côtoyé. Mais, comme cela ne suffit pas il décide d'inventer ce qu'aurait été la vie d'Eugène et pour cela mène une enquête à partir de la liste des enfants inscrits à la crèche du quartier. Il découvre les futurs copains et copines d'Eugène. Mais cela ne suffit toujours pas à combler le vide. Donc il va raconter son ascendance. D'autant plus que "papy Marcel", grand-père du narrateur, est au plus mal mais dans une lente agonie !

Cependant, un an après avoir commencé son journal et l'écriture de la vie de son fils, le narrateur en convient : il a échoué. Il ne peut pas faire revivre son fils et il doit l'abandonner pour faire son deuil. Pas vraiment d'autres solutions : "Je viens te demander pardon mon enfant (...) J'ai relu tout ce que j'ai écrit depuis un an. Rien. Rien qui ne te donne vie. J'ai échoué. (...) Je m'épuise à vouloir te raconter, il n'y a rien à raconter. Je t'ai cherché partout, je te jure, je ne te trouve pas mais je me perds. (...) Je te tue mon fils, pour vivre un peu".

Le lecteur découvre avec surprise que, malgré les apparences, c'est la mère de l'enfant qui est le plus lucide sur la situation et que c'est elle qui écrit son fils dans la lettre qu'elle lui adresse : "Ce n'est pas parce que tu es mort, petite tête, que tu vas devenir un objet de niaiserie. Nous allons rester dignes. Chacun chez soi, mon grand. Toi au cimetière, moi ici." (...) "Ce n'est pas un abandon, c'est une émancipation . (...) Inoubliable et légendraire, tu es le héros de toutes mes aventures (...). Tu as toutes les vies, tiens, je te les offre. Tes vies extraordinaires".

Isabelle Monin écrit ici un roman très sensible sur un thème qui l'est tout autant dans un style magistral. Un roman qui ne peut laisser indifférent. Elle aborde le thème contemporain des maladies nausocomiales, mais celui-ci reste en surface. C'est donc avant tout un texte sur la mort et le deuil. On accroche ou l'on n'accroche pas. Et je dois dire que j'ai un avis mitigé sans pour autant nier le talent d'écriture. La mort d'un bébé prématuré, c'est déjà difficile. On y ajoute une mort par maladie contractée à l'hôpital et un grand-père qui, par une lente agonie, lui ne parvient pas à quitter ce monde... Ca fait beaucoup. On ne sort pas vraiment en forme d'une telle oeuvre !

Lu dans le cadre du
54020855_p

1 novembre 2010

Le dico féérique T2 "Le règne animal"

51WX_nsmreL__SL500_AA300_

Si vous voulez tout savoir sur la légende du Petit Chaperon Rouge ou encore des Black Dog qui ont notamment inspiré Sir Conan Doyle pour ses Chiens de Baskerville, ce livre est pour vous ! Mais peut-être préférerez-vous vous renseigner sur le Neko  du Japon, la Levrette du Berry ou les Ursik écossais ? Alors ce livre est pour vous aussi.

Richement illustré et d'une érudition étonnante mais très facile à lire, ce Dictionnaire de André-François Ruaud nous guide dans l'univers de l'Autre monde. Un indispensable pour toutes les amateurs de fantasy et de féérie.

Jai apprécié de me promener gré des pages parmi toutes ces créatures dont certaines peuplaient mon enfance (le Chat Botté, la Grenouille Bienfaisante de Mme d'Aulnoy ou Ysengrin le Renart, les Enfants du Roi Lir) mais aussi d'en découvrir une quantité phénoménale qui m'étaient parfaitement inconnues.

Une chose est sûre, après la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus tous les animaux toute à fait de la même manière !

Je n'ai pas lu le premier volume de cette série de dico qui en compte trois et dont le prochain  a paraître sera  Le Règne végétal - le Dico des créatures oubliées. Je pense que je vais guetter ça de plus près !

Voici le 1er volume déjà paru :

51N5bCcz7OL__SL500_AA300_

Un grand merci à Babelio et à Les Moutons Electriques Editeur pour l'envoi.

25 mai 2010

Un bonheur de rencontre

51GJ3NJEPYL__SL500_AA300_01041060851

4e de couverture : "Fâcheries, querelles, ennui... Mary et Colin se connaissent trop. Leur amour n'en finit pas de mourir dans cette ville de canaux bordés de palais et d'églises. Tout bascule le jour où ils rencontrent Robert et son épouse, la mystérieuse Caroline.
Sous l'influence de ce couple étrange, Colin et Mary se retrouvent dans un brusque regain de sensualité. Mais s'ils se serrent l'un contre l'autre, c'est que le jeu leur échappe et que commence une descente aux enfers rigoureuse et implacable, un long cauchemar...
Une œuvre violente, forte et cruelle."

Un couple (Mary et Colin) non marié en vacances à une ville qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Venise (même si jamais citée comme telle). Ils s'ennuient, passent leur temps dans leur chambre d'hôtel, au lit ou sur le balcon. Et lorsqu'ils sortent se promener, en soirée, c'est pour faire une bien étrange rencontre et se perdre dans le dédale des rues, incapables de retrouver leur chemin avant des heures. La rencontre de Robert et Caroline va bouleverser leur séjour et leur couple.

Un roman sur l'amour-passion, ou plutôt du "jusqu'où peut-on aller par amour?" qui ne m'a pas convaincu. Je l'ai trouvé "too much" ! Une femme qui aime être battue par son mari, du sado-masochisme jusqu'à l'extrême et un dénouement que je ne comprends pas. Bref, c'est la première fois qu'un livre de Ian McEwan me déçoit. Pourtant il y a un suspens intense par moments, c'est un livre fort bien écrit. Mais la thématique et son traitement me laisse perplexe. Je ne vois pas où l'auteur veut en venir. Et en plus, ça ne donne pas envie d'aller visiter Venise ! :)

Ce livre, dont le titre VO est The Comfort of strangers qui date de 1981, a fait l'objet d'un film, que je n'ai pas vu : Etrange séduction (1991).

19 mai 2010

Le chant des sirènes

51Np49qnu8L__SL500_AA300_

4e de couverture : "Il n'a pas voulu de moi. Je ne demandais qu'à lui donner de l'amour, mais il a refusé tout ce que je lui offrais. C'est à ce moment-là que les meurtres ont commencé à Bradfield. Les flics ont même demandé l'aide d'un profileur, sous prétexte qu'ils n'ont jamais rencontré un tel tueur en série... A Bradfield, personne n'avait jamais eu peur. Je ne voulais que les aimer, mais ils ont eu peur de moi, parce qu'ils ne me connaissaient pas. Ils ont eu tort. Ils ont eu tous eu tort d'hésiter."

C'est le premier volume de la série "Tony Hill et Carol Jordan", respectivement profileur du ministère de l'Intérieur - en train de monter une unité de profileurs - et inspectrice de police.

Le lecteur passe tour à tour dans la tête d'un tueur en série particulièrement pervers, maniaque et doté d'une intelligence hors norme (le parfait psychopathe) puis dans celle du profileur et de son équipière nommée pour l'affaire. L'Ecossaise Val McDermind nous balance dans l'univers de la prostitution et du monde homosexuel, dénonçant au passage l'homophobie (policière notamment) et le machisme.

Le suspens est hâletant et il est difficile de lâcher le livre une fois qu'on l'a commencé. J'ai trouvé cet épisode très réussi, même si très noir (difficile les scènes de torture, Val McDermid choque le lecteur pour le réveiller, semble-t-il). L'histoire d'amour naissante entre Tony Hill et Carol Jordan en paraît presque incongrue, surtout que le "gentil profileur" reçoit de bien étrangers coups de téléphone. Il flirte avec l'esprit du psychopathe pour tenter de comprendre ses motivations et anticiper ses prochains meurtres. L'attitude du personnage en devient parfois aussi énigmatique que celle du meurtrier, d'autant plus qu'il n'est pas aussi bien dans sa peau qu'il n'y paraît.

J'ai préféré cet épisode au deuxième, La fureur dans le sang (j'ai commencé dans le désordre) et j'ai envie de lire la suite des aventures de ces deux-là !

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 > >>
Publicité
Newsletter
21 abonnés
Publicité

 

6a00e54efb0bbe8833014e8b4ad663970dSélection de livres ICI

 

Suivez-moi sur Facebook  ICI

Classement BABELIO :

 

 

exptirlande

Publicité