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Mille (et une) lectures
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21 novembre 2011

Hypothermie

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4e de couverture : "C'est l'automne. Maria, une femme d'une cinquantaine d'années, est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d'entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l'au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d'écouter l'enregistrement tout en lui répétant que ni l'enquête ni l'autopsie n'ont décelé le moindre élément suspect. L'audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l'investigation à l'insu de tous..."

Depuis que j'ai découvert Arnaldur Indridason avec La femme en vert il y a un peu plus de deux ans, je suis ultra-fan. J'ai dévoré toute la série des enquêtes de l'inspecteur Erlendur. Seule, l'avant-dernière, Hiver arctique, m'avait un peu déçue, tout en étant tout de même bien. C'est dire !

Cet écrivain a du génie et de la magie. Et c'est ainsi que je qualifierais Hypothermie. Si vous aimez les fantômes et les revenants, si vous rafollez de la puissance de la nature islandaise, cette histoire est pour vous. Un bijou, une merveille. Je suis restée en extase un certain temps après avoir refermé ce livre (on ne rit pas, SVP). Comment cet écrvain parvient-il à nous toucher au coeur à chaque fois, c'est - presque-  un mystère... On peut également remercier le traducteur, Eric Boury de nous donner accès à ces pépites islandaises.

Cette fois, Erlendur n'est pas en enquête officielle. Personne ne sait qu'il fait des recherches, persuadé par l'amie de Maria (retrouvée pendue) que ce n'est pas un suicide mais un meurtre. Peu à peu, des "petites choses" sont mises à jour grâce à l'interrogatoire méticuleux auquel se livre Erlendur.Une trame policière traditionnelle donc. Cependant, les preuves sont là mais en même temps indémontrables, parce que le temps a passé. J'ai aimé le clin d'oeil à Marcel Proust et sa Recherche du temps perdu qui court tout le long du roman.
La fin révèle, comme toujours chez Indridason, une suprise et une petite vengeance de la part de l'inspecteur (ou du moins un règlement de compte à sa manière puisqu'il n'est pas officiellement en enquête policière et qu'en plus il ne peut rien prouver...). J'en dis déjà presque trop, alors je m'arrête là.


Seul conseil : lisez ce roman policier, au chaud, pour éviter l'hypothermie (voui, voui, parce que ça peut mener loin, l'hypothermie !...).

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10 septembre 2011

Piège pour un élu

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 4e de couverture : "Lorsque Gregor Jack, jeune et brillant député, se fait surprendre dans un bordel à l'occasion d'une rafle de police, la presse à scandale est prompte à se déchaîner. Si le sémillant politicien peut compter sur le soutien du Clan, un groupe d'amis qui ne se sont jamais perdus de vue depuis les bancs de l'école, en revanche, Liz, son épouse, une riche héritière, brille par son absence. Ce qui pouvait passer pour une bouderie vire à la tragédie lorsque le cadavre de la jeune femme est retrouvé. Plus aucun doute n'est permis : quelqu'un veut la peau de Jack. L'inspecteur Rebus se retrouve alors plongé dans un univers de faux-semblants, où les paillettes cachent souvent une réalité des plus glauques. Pris entre une hiérarchie calculatrice et des subordonnés entreprenants, il mène l'enquête dans la campagne écossaise, s'ingéniant à faire tomber les masques les uns après les autres. "

Après avoir balancé son héros dans la jungle londonienne dans Rebus et le Loup-garou de Londres, Ian Rankin lui fait, dans cet épisode, affronter le "Nord". "Quoi, le Pôle Nord ?", me direz-vous. Non. Quand un Ecossais du Sud dit qu'il va dans le Nord, c'est qu'il va... dans les Highlands, cette vaste étendue montagneuse dont certains lieux, comme le Sutherland, sont les moins peuplés d'Europe.

Suite à une rafle policière dans une maison close d'Edimbourg, un élu, Gregor Jack, se trouve au coeur d'un scandale. Rebus a du fil à retordre, d'autant qu'il aime bien cet homme politique. Pour lui c'est un coup monté. Cela dit, son épouse, Liz, s'avère beaucoup moins sage que lui, aimant la fiesta avec sa "Meute". Alors que penser lorsqu'elle n'est pas dans la maison de campagne perdue des Highlands où elle est censée être ? Le doute se creuse lorsque son cadavre est retrouvé.
Parallèlement, un universitaire se fait dérober un précieux livre de bibliophile. On sait que Rebus est un lecteur compulsif. On lui demande de mener l'enquête. C'est ainsi que nous suivons notre inspecteur la bavure dans une librairie alléchante, Suey Books, gardée par un matou un brin agressif. Evidemement, on va découvrir que les deux affaires ont un lien...

Dans ce volume, Rebus est secondé dans ses enquêtes par Brian Holmes, le "bleu" qui fait son apparition dans Le fond de l'Enfer : il a pris du galon (il est sergent)  et de l'assurance et s'est maintenant installé avec sa femme bibliothécaire dans la banlieue d'Edimbourg, faute de mieux, au regard du prix de l'immobilier. Les deux font la paire et c'est génial, surtout quand l'élève surpasse le maître. Rebus rappelle au quidam qu'il ne faut pas prénomer son équipier "Sherlok". Au cas où, par hasard, cher lecteur, cette idée vous viendrait à l'esprit, c'est même pas la peine d'essayer...

Par contre, c'est avec stupéfaction que j'ai découvert ici que notre inspecteur avait encore changé de copine. Il squatte à mi-temps chez  Patience sans être tout à fait prêt à emménager à temps complet. Donc exit la petite copine canadienne du volume précédent. Quel coeur d'artichaut ! D'ailleurs, là, il n'est pas non plus prêt à emménager à temps complet, ça dépendra de ce qu'il adviendra du commissariat de Great London Road... Ca promet pour la suite !

J'ai, une fois de plus, beaucoup apprécié cette aventure de Rebus. L'intrigue prend le dessus cette fois mais le texte est bourré de clins d'oeil.  Notre héros se demande par ailleurs si Liz, la femme du député, n'est pas partie faire une retraite à Iona. Et un petit retour du cri de guerre de Rebus quand on l'embête trop (TAJTM) au tout début en clin d'oeil au précédent épisode. En ce qui concerne l'intrigue a proprement parler, la fin est inattendue et "ouverte". J'ai franchement rigolé sur le crâne de notre pauvre inspecteur...

Quelques extraits : "Ce n'était pas les gens qui s'installaient à Edimbourg mais la ville qui s'installait chez eux".

"Rebus était collectionneurs de livres. Enfin, façon de parler. Mettons qu'il achetait plus de livres qu'il n'avait le temps d'en lire, attiré par la couverture, le titre ou les conseils grapillés ici ou là." (ça ne vous rappelle rien??? Voilà pourquoi aussi, on aime Rebus !)

Voir aussi les avis de Cryssilda et de Mélodie, avec qui j'ai décidé de lire tous les Rebus jusqu'à plus soif !

En tout cas, encore une lecture

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Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)
4 juillet 2011

Trainspotting

 

J'inaugure à présent des billets sur l'Ecosse version "black tartan", telle que la décrit Val McDermid, Ian Rankin ou Irine Welsh. Et c'est l'adaptation cinématographique du livre Transpotting écrit par ce dernier que je viens de visionner.

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Autant vous dire, c'est du lourd, du glauque du coup de poing dans la face. Mais quelle réussite ce film de Dany Boyle (1996). Ici pas de folklore, pas de kilt, pas de cornemuse. Mais la galère et le désespoir d'une génération à la dérive, de la banlieue d'Edimbourg, dans une région de Grande-Bretagne gangrénée par le chômage et le trafic de drogue. La came, le shoot, c'est leur moyen de ne pas ressentir la douleur ou du moins de l'atténuer.  Une vie  de merde... Autant dire d'emblée qu'ici il n'est pas question de poésie.

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Mark Renton , le personnage principal, joué impecablement par Ewan McGregor, tente de quitter ce monde glauque et de réintégrer une vie normale. Il souhaite vraiment se sortir la tête de la merde, comme le montre de manière explicite mais avec un humour caustique le cinéaste :

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Pour cela, il comprend rapidement qu'il lui faut se mettre à distance de sa bande de potes à la "masse". Après les terribles scènes du sevrage et celles du bébé (ceux qui ont vu le film comprendront de quoi je parle), on se dit que ça va aller mieux. Un départ à Londres, une nouvelle vie. Parce que voici ce qu'est être écossais pour Mark  :

"C''est une punition d'être Écossais ! On est les plus nuls des plus nuls, le rebut de l'humanité. Le peuple écossais, c'est de la merde, la plus asservie, la plus pitoyable qui ait jamais été chiée depuis que la Terre existe. Ici, la plupart des gens haïssent les Anglais. Je regrette, c'est seulement des connards. Alors que nous, on est colonisés par des... par des connards. On a pas été foutus d'être colonisés par une race supérieure, on est gouvernés par des balais à chiottes. C'est le trou du cul du monde ce pays."

Pourtant Mark a un regard tout à fait lucide sur sa condition d'héroïnoman : "Choisir son avenir, choisir la vie. Pourquoi je ferais une chose pareille ? J'ai choisi de pas choisir la vie, j'ai choisi autre chose. Les raisons ? Y a pas de raisons. On a pas besoin de raisons quand on a l'héroïne." "Quand t'es junkie, t'as qu'un seul souci : te fournir. Le jour où tu décroches, d'un coup tu te prends la tête avec plein d'autres conneries. T'as pas de blé, tu peux pas te bourrer la gueule, t'en as, tu picoles trop."

Seulement voilà, peut-on effacer d'un coup de gomme son passé de camé ? La question donne la réponse, évidemment.

Dans ce film on a tour à tour  les larmes aux yeux, la peur au ventre et aussi des sourires et du rire - jaune. J'ai absolument adoré ! Une mise en scène impeccable et des acteurs qui "déménagent". C'est ici l'Ecosse qu'on ne montre pas dans les guides touristiques.

Je n'ai pas lu le livre d'Irine Welsh, donc je vous renvoie  (et je préviens, je ne supporterai pas qu'on me dise que ce film est un navet :p).

 

 

29 janvier 2011

La maison d'à côté

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4e de couverture : "Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu. Seul témoin : sa petite fille de quatre ans. Suspect n°1 : son mari Jason. Dès que l'inspectrice D. D. Warren pénètre chez les Jones, elle sent que quelque chose cloche : les réticences de Jason à répondre à ses questions, son peu d'empressement à savoir ce qui a bien pu arriver à son épouse "chérie"... Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille, à se cacher ? Mais de qui ? Après avoir lu ce suspense vous ne regarderez jamais plus une porte déverrouillée, une fenêtre entrouverte ou une page Web de la même façon... Les fans de Sauver sa peau apprécieront cette nouvelle enquête particulièrement surprenante de la non moins surprenante D. D. Warren."

Je dois avouer une grosse déception avec ce livre. Peut-être en attendais-je beaucoup plus avec les avis enthousiastes des uns et des autres. Mais bof ! En ce qui me concerne j'ai trouvé que ce polar "spécial suspens" joue un peu trop sur le thème du sordide et du monstrueux. La fin est étonnante en effet, voire tirée par les cheveux. J'avais deviné pour la photo (ceux qui ont lu le livre sauront de quoi je parle).

Par ailleurs, je ne l'ai pas trouvé spécialement bien écrit et les "putain de merde", "fait chier" et autres mots ordruriers de la Commandante de police D. D. Warren a fini par me taper sur le système. Ce personnage est d'ailleurs tout à fait antipathique : elle ne pense qu'à manger et est en manque de sexe (tout un programme!).  Je n'ai pas envie de la retrouver dans les autres livres écrits par l'auteur. Tout au long des 400 pages, l'enquête piétine sec, les flics se focalisent sur le père de famille, le pseudo-pédophile du quartier qui a couché avec sa demi-soeur de 14 ans dont il était amoureux, et le jeune informaticien amoureux de sa prof. Puis sur l'ordinateur du suspect n°1 qu'est Jason le père de famille, mais ils sont incapables d'en tirer quoi que ce soit.

L'auteur appuie un peu trop sur la culpabilité du mari, ce qui fait, qu'évidemment, on sait que ce n'est pas lui ! Sinon quel intérêt ? Ok, il a tout de même une sacrée part d'ombre, mais quand on la découvre, on la trouve à la limite du vraisemblable.

Bref, dans le genre polar à suspens, je ne trouve aucune originalité à ce livre. J'ai trouvé vraiment meilleur Tu ne m'attraperas pas de Jennifer McMahon. J'ai été soulagée de refermer celui-ci au bout de 414 pages, au bord de la nausée. C'est le roman policier qui m'a le moins plus pour l'instant, les autres m'étant forts sympathiques et beaucoup plus "fouillés".

Voir aussi les avis beaucoup plus enthousiastes de : Lisa Lou, the a-liste, Ankya, Anyuka. Mais aussi celui de La bibliothèque du dolmen.

Lu dans le cadre du

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11 novembre 2010

Tu ne m'attraperas pas

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4e de couverture : "Une enfant qui disparaît, une communauté traumatisée, des secrets qui refont surface... Dans la torpeur d'une bourgade du Vermont, un polar à l'atmosphère troublante, par une nouvelle venue au talent exceptionnel. Infirmière d'une quarantaine d'années, Kate Cypher pensait bien ne jamais revenir à New Canaan. Un coup de fil la prévient que la santé mentale de sa mère s'est subitement altérée et la voilà de retour, sur les traces d'un passé qu'elle avait soigneusement enfoui : son enfance dans une ville trop tranquille, où tout le monde se connaît, sa difficile intégration à l'école et son amitié miraculeuse avec Del, jeune fille débordante de vie et de fantaisie. Et puis le drame : le meurtre de Del, jamais élucidé. Une tragédie qui, étrangement, a toujours laissé à Kate un inexplicable sentiment de culpabilité... Et voici que trente ans plus tard, une autre jeune fille est retrouvée assassinée... "

Très franchement, le meilleur thriller que j'ai lu depuis des années. Je crois que je n'ai pas eu aussi peur depuis Un bébé pour Rosemary. Une belle réussite, avec pour thèmes l'amitié, la trahison, la différence et l'impitoyable univers des enfants. Une incroyable histoire de fantômes dont on ne ressort pas indemne et où votre esprit cartésien en prend un coup.

Je ne peux que vous conseiller ce livre, le premier de Jennifer McMahon qui vient d'être traduit en français (il date de 2007)  dont le titre VO est Promise no to tell. En effet, il arrive de bien vilaines choses quand on ne tient pas ses promesses...

Jennifer McMahon réussit là un thriller où le suspens est à couper le souffle. Je pense qu'on entendra reparler d'elle...

Lu dans le cadre du

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17 septembre 2010

Les enfants de la nuit

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4e de couverture : "Michael Nicholas Newman, architecte londonien renommé, a vécu une relation passionnelle avec Madeleine, une femme fragile et mystérieuse, de quinze ans son aînée, dont il ne connaissait rien, ni son histoire ni son passé. Sans doute était-elle la femme de sa vie, mais il l'a compris trop tard : Madeleine a été assassinée dans d'étranges circonstances. Trois ans plus tard, Michael, qui ne s'est toujours pas remis de ce drame, prend quelques jours de repos dans un hôtel en Suisse. C'est là qu'il fait la connaissance d'un couple de riches hongrois, qui lui montrent quelques photos de la villa qu'ils sont en train de restaurer en Italie. Sur l'une d'entre elles, Michael reconnaît une tour Eiffel en améthyste, une pièce unique créée pour Madeleine, le seul objet dérobé par l'assassin après le meurtre. Dès lors, Michael, devenu la proie d'une série d'agressions, décide de lever le voile sur les secrets de Madeleine et de reprendre l'enquête sur sa mort. C'est le début d'un ténébreux voyage qui, de Londres à Venise en passant par New York et Athènes, le conduira au coeur du cauchemar nazi et de ses expériences les plus inhumaines. Dans un style à la puissance d'évocation remarquable, Les Enfants de la nuit pose des questions fondamentales sur la relation entre l'Histoire et les destinées individuelles, la nature du mal, les traumatismes et la résilience, sans jamais se départir d'un suspense qui bien vite tourne à l'obsession. Thriller d'exception aux multiples rebondissements, à la tension omniprésente, il est apparu comme un véritable coup de tonnerre dans le paysage éditorial anglo-saxon lors de sa parution."

(J'ai rectifié le nom du héros car ça fait désordre et c'est pourtant Michael qu'il est appelé sur la 4e de couverture... C'est dommage mais l'essentiel n'est pas là bien évidemment !)

Avec ce roman policier Frank Delaney décide de mettre en avant un épisode particulièrement douloureux de l'Histoire de l'Humanité et pas aussi connu que les camps de concentration lorsque l'on parle de l'Holocauste : celui des expériences nazies sur les êtres humains. Plus particulièrement ce qui s'est passé au "Schloss Martha", dans le village allemand de Westerburg. Le village existe toujours mais les bâtiments du Schloss Martha ont été rasés par les Américains en 1945. Dans ce lieu, le nazi psychiatre Julius Freisler a eu l'idée de l'autodestruction des juifs au sein de leur noyau familial. Il a réuni dans ce lieu cinq familles juives, selon lui "typiques". "L'objectif fondamental de die Familienansalt (...) était de décortiquer le fonctionnement des relations interpersonnelles." A l'aide de psychotropes, de séances d'hypnoses, de cannabis dans la nourriture et de trafics hormonaux, une équipe de médecins et psychiatres nazis vont manipuler les gens et les faire se reproduire. Et ce sont les enfants nées de ces expériences, les "Améthystes" qui sont le sujet du roman.

Le narrateur, Nicholas Newman, architecte anglais de renom, a perdu il y a trois ans sa compagne Madeleine, sauvagement assassinée. Il ne connaissait rien d'elle car elle refusait de parler de son passé. Il rencontre dans un hôtel en Suisse un couple de Hongrois, Gretta et Freddie Ikar, personnages très rapidement mystérieux. A l'issue de cette rencontre, Nicholas va cotoyer la mort à plusieurs reprises (tentatives d'immolation, d'abord à l'acide, puis à l'essence) être victime d'usurpation d'identité : ses comptes en banque sont vidés et quelqu'un a même acheté une voiture à son nom. C'est ainsi que le narrateur se trouve entraîné sur les traces du passé de Madeleine et de trois autres femmes. C'est en découvrant la vérité qu'il va pouvoir faire le deuil de cette femme, qu'il avoue n'avoir pas su aimer car ne la connaissait pas, et se connaître lui-même.

Cependant, Nicholas et le lecteur sont manipulés tout au long du roman par un homme qui prétend s'appeler Lukas Waterman, juif ayant connu Auschwitz et Birkenau, orfève-joailler amateur et protecteur des "Améthystes". Il demande de l'aide pour sauver la dernière Améthyste encore en vie, Alice, les autres ayant été sauvagement assassinées de manière similaires. Pourtant la fin s'avère "fracassante" et incroyable. On se demande comment on a pu être dupe à se point-là. Et comment un tel mensonge, une telle usurpation d'identité est possible.

Ce roman policier est bien documenté. L'accent sur la vérité des événements s'étant déroulés dans le schloss Martha est mis en valeur par l'insertion d' une série de témoignages datés dans le récit principal : les "transcriptions dactylographiées" de l'interrogatoire de Frau Klempst, médecin nazie, le 27 janvier 1942, le journal de Petra Klaastok (juillet 1942-janvier 1944), qui s'avère être la mère d'Alice. Cependant, et paradoxalement, je me suis demandée si ces témoignages étaient de vrais témoignages (avec juste le nom des personnes changées pour la fiction?). Il a fallu que je revienne sur les premières pages qui précédent le récit pour avoir la réponse. Le mélange de la réalité historique et de la fiction m'a troublée.

Le récit est mené tambour battant dans un style fluide qui tient le lecteur en haleine, malgré quelques longueurs parfois. J'ai trouvé le personnage principal à la fois attachant et énervant (il se regarde un peu trop le nombril mais en même temps se sent tellement coupable de la mort de Madeleine...). Gretta, la femme hongroise, est une vraie caricature de nymphomane et son mari un vrai méchant. J'ai vraiment été mal à l'aise face à l'horreur des témoignages, au sentiment, comme Nicholas, d'être là en "voyeur" de l'obscénité, impuissante à pouvoir porter secours à ces familles.

Un roman policier qui a le mérite d'instruire de manière percutante.

Lu dans le cadre du

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14 janvier 2011

Failles

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Le 12 janvier 2010, à 16h53 minutes, la terre s'ouvre en Haïti, "Port au Prince [est] chevauchée moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu'ils se repaissent de chair et de sang". Yanick Lahens qui entamait l'écriture d'une fiction, le roman d'amour de Nathalie et Guillaume, voit son projet contrecarré par l'horreur des événements. Pour l'écrivain, il devient alors urgent de témoigner, de raconter, de dire, d'alerter, mais sans exotiser davantage, sans en "rajouter" par rapport à ce que montre les medias, sans tomber dans le voyeurisme macabre et comptable, tout en disant la vérité : "Comment ne pas laisser au malheur une double victoire, celle qui nous broie corps et âme (...) Comment éviter l'enfermement du dedans en ne nous en tenant pas à une simple comptabilité macabre ?(...) Comment éviter l'enfermement de ceux qui nous verrouillent du dehors en attendant de nous que cette comptabilité macabre ? Comment ramener les mots à cet espace paradoxal du jeu, où ils disent et ne disent pas ? Comment donner à la littérature sa part et sa belle part ? (...) Pas un seul jour sans que je n'aie été hantée par ces questions".

Yanick Lahens s'efforce, dans ce récit, de témoigner de ce qu'elle voit, et ce qu'elle voit l'amène à raconter la situation et l'histoire complexe d'Haïti, à montrer ses failles historiques, sociologiques et politiques : "Le 12 janvier 2010 a mis en évidence une catastrophe lancinante tout aussi dévastatrice que le tremblement de terre, notre bilan d'Etat-nation. Mais ce bilan est aussi celui des relations entre les pays du Nord et ceux du Sud." Elle prend appui sur les études d'anthropologues, de sociologues et d'historien pour démontrer que les failles profondes de la société haïtienne remontent à une scission de la nation dans les premières années de l'indépendance, "en deux parties, avec comme point de clivage, la position par rapport au type de développement à adopter" et de l'appropriation de l'outil de production, "qui avait fait de ce territoire la plus riche colonie du monde". En Haïti, Yanick Lahens explique qu'il y a ceux qui ont, les Créoles (mulâtres ou Noirs descendant d'esclaves affranchis ou de Noirs ayant acquis fortune et/ou éducation à l'occidentale au cours des ans) , et ceux qui n'ont pas, les Bossales ("Africains" exclus du partage d'une partie de l'outil de production et désirant le rester). Pour l'écrivain, cette faille est la plus grande ("Je ne connais pas de faille historique et sociale plus grande que celle-là en Haïti. C'est elle qui fabrique l'exclusion depuis plus de deux siècles. Elle nous traverse tous, Bossales comme Créoles. Elle structure notre manière d'être au monde. Elle façonne notre imaginaire, ordonne nos fantasmes de couleur de peau, de classe. Bloque notre société en deux modèles indépassables : maîtres et exclaves").

Yanick Lahens parle de son pays avec un amour immense mais sans concession. Elle reconnaît le travail d'une partie des ONG tout en gardant ses distances car les malheurs des uns peut vite devenir le business des autres (depuis le tremblement de terre, Haïti est devenu "le pays à plus forte concentration d'ONG par habitant", ce qui a fait flamber les prix). Et pourtant, ce n'est pas ce qui sauvera Haïti, d'autant plus que l'aide ne va pas forcément aux nécessiteux, au regard du haut degré de corruption du pays. Haïti a besoin d'aide, elle ne le nie pas pas, mais il faut que Haïti fasse son sevrage de l'aide internationale pour retrouver sa dignité : "Nous somme devenus à la longue des camés, dépendants d'une cocaïne, d'un crack qui s'appelle l'aide internationale. La reconstruction, la vraie, supposerait un accompagnement de qualité venu d'ailleurs (car nous avons besoin d'aide) mais précisément par une cure de désintoxication qui passerait par les affres du sevrage avant le long chemin vers la dignité."

C'est sans doute jusqu'à présent l'un des documentaires lus dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE qui m'a le plus touchée (et lu de surcroît pour mon jury !). Je l'ai trouvé à la fois instructif et extrêmement bien écrit. J'ai appris beaucoup sur l'histoire de l'île. Un livre qui permet de voir largement au-delà du "vernis" médiatique, sans pour autant tomber dans le voyeurisme, grâce à la grande pudeur de l'auteur. Un tour de force qui n'est pas donné à tout le monde. J'espère que mes "collègues" des autres jury auront le plaisir de le lire aussi :).

11 août 2010

La bicyclette de la violence

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4e de couverture : "Le jeune Miller boit trop. Il est gros et moche comme les sept péchés capitaux et ses proches sont tous morts plus bêtement les uns que les autres lors des deux dernières années. Aussi, lorsque son journal le mute pour raisons disciplinaires dans la banlieue la plus dure de Belfast ça ne lui fait ni chaud ni froid. Miller déteste de toute façon cette ville, les gens, les meurtres et les alertes à la bombe. Mais il reste un excellent journaliste ; le fouille-merde par excellence ; celui dont les questions vont réveiller les morts..."

Franchement, si vous voulez passer un bon moment avec un livre qui ne donne pas mal à la tête tout en étant très bien fait, je ne peux que vous conseiller de choisir celui-ci. D'abord, c'est absolument hilarant. Miller, journaliste de son état, qui se déplace sur un vélo (la bicyclette de la violence) pour faire ses reportages, est nettement moins bête qu'il en a l'air et c'est un crème, mais vraiment un crème de gars. Mais attention, si on le cherche, on le trouve ! Et celle qui le trouve, c'est la toute aussi déjantée et paumée Marie. Ce livre raconte leur histoire d'amour avec pour lieu d'action le blède glauque de Crossmaheart, 60 km de Belfast, où le rédac chef a exilé pour quelque temps Miller (ne cherchez pas sur une carte si cette ville existe, c'est pas la peine!).

L'histoire, je vous laisse la découvrir vous-même. Mais je vous préviens, votre petit coeur va se serrer et fondre à la fin. Non, vraiment la vie est trop trop injuste avec Miller et Mary.

J'ai bien l'intention de poursuivre ma découverte de Colin Bateman et c'est bien désolant que seuls 4 ou 5 livres soient accessibles en France car il en a écrit des wagons depuis celui-ci qui date de 1995 (paru en France seulement en 2004) !

Quelques extraits :

" Il lui préparait des toasts à la banane, des sandwichs au jambon et au coleslaw. Un dimanche, il se risqua même à faire un poulet au micro-ondes. Il sortit du four une espèce de grosse pelote de ficelle, entourée de choux de Bruxelles explosés."

" - Hé, toi!
Webb fit la sourde oreille.
- Hé, Kojak !
Webb leva les yeux. "Oui. Quoi ?"
- Tiens, ricana Miller, d'une voix pâteuse, tu réponds pas quand je t'apelle, mais si je dis "hé, Kojak!", tu réagis au quart de tour! Tu ferais pas un complexe, rapport à tes cheveux, là ?"

"A cent mètres de chez lui, il avait repéré une épicerie Good Neighbour, tenue par une dondon à gueule de raie"

"Avez-vous vu Les Hommes du Président ?
- Avec Dustin Hoffman et Robert Redford? Vous connaissez un journaliste qui ait manqué ça!
- Alors admettons que je sois votre Deap Throat.
- Vous voulez que je baisse l'abat-jour?
- Le moment est mal choisi pour faire l'andouille!"

Voir aussi mon billet sur Divorce, Jack ! qui m'avait déjà beaucoup plu.

26 octobre 2010

Juliet, naked

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4e de couverture : "A Gooleness, petite station balnéaire surannée du nord de l'Angleterre, Annie, la quarantaine sonnante, se demande ce qu'elle a fait des quinze dernières années de sa vie... En couple avec Duncan, dont la passion obsessionnelle pour Tucker Crowe, un ex-chanteur des eighties, commence sérieusement à l'agacer, elle s'apprête à faire sa révolution. Un pèlerinage de trop sur les traces de l'idole et surtout la sortie inattendue d'un nouvel album, Juliet, Naked, mettent le feu aux poudres. Mais se réveiller en colère après quinze ans de somnambulisme n'est pas de tout repos ! Annie est loin de se douter que sa vie, plus que jamais, est liée à celle de Crowe qui, de sa retraite américaine, regarde sa vie partir à vau-l'eau... Reste plus qu'à gérer la crise avec humour et plus si affinités... "

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce livre est très reposant par son humour, pourtant corrosif. Les personnages sont des nazes, de vrais gamins quand on y regarde de plus près. Surtout Ducan, l'ami puis "ex". En effet, sa vie est tellement vide de sens que le seul sens à sa vie est de connaître dans les moindres détails la vie d'un obscur chanteur ayant arrêté de chanter depuis 20 ans, Tucker Crowe, et d'en faire un génie arrêté en pleine gloire via son site Internet. Surtout que, du coup, il n'a pas grand chose à dire sur lui... Annie est sans doute un personnage qui s'interroge davantage sur le sens de sa vie, justement, à 40 ans sonnant et trébuchant, sans enfant, responsable d'un musée où elle est chargée de monter une expo sur le trou perdu où elle et Duckan habitent, une station balnéaire,  Gooleness (à ne pas confondre avec Goodness), dont l'apogée aurait été atteinte en 1964. Seulement voilà, à part un oeil de requin dans un bocal, elle n'a pas grand chose à exposer, n'en déplaise au maire. 

Nick Hornby prend ici un malin plaisir à démonter le "fanatisme", surtout celui de "variété"  et à déglinguer, au fur et à mesure, sous les yeux du lecteur, le soi-disant mythe, pilier de la raison de vivre de Ducan. Je ne peux pas en dire plus sous peine de révéler la supercherie mais franchement, c'est tordant .

En fait, le seul qui a l'air d'être un adulte dans cette histoire, c'est le fils de Tucker Crowe, Jackson, six ans. Son personnage est un brin invraisemblable, mais c'est pour mieux faire ressortir l'immaturité des adultes de ce roman.

C'est le premier roman que je lis de Nick Hornby, et je dois dire qu'il m'a bien détendue et surpris par l'intelligence cachée derrière un humour qui, au premier abord, pourrait paraître inoffensif. Une force tranquille.

15 octobre 2010

Treize heures

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4e de couverture : "Le Cap. 5h36: une Américaine monte la côte de Lion's Head en courant. Elle est jeune, belle, et terrifiée. Parce que traquée. Comme une bête. 5h37 : l'appel réveille l'inspecteur Benny Griessel. Il y a eu meurtre. Une femme, la gorge tranchée, à deux pas de St. Martin, l'église luthérienne de Long Street. 7h02: saoule, l'ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage par terre. Et un pistolet juste à côté d'elle. 9h00: avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend que former une nouvelle génération de flics risque d'être plus compliqué que prévu. Passé 12h00: la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar. Et à 5h30, on tire sur Griessel, en plein coeur. Soit treize heures ordinaires dans la vie d'un inspecteur des homicides du Cap."

Treize heures en Afrique du Sud, au Cap et ses environs, voici ce que nous propose Deon Meyer. La journée commence à 5h36, pour l'inspecteur alcoolique africaner Benny Griessel, réveillé en sursaut par son téléphone portable. Au bout du fil, son collègue Vusumuzi Ndabeni, a un cadavre sur les bras : une jeune femme égorgée. Au même moment, une femme court à perdre haleine, poursuivit par des tueurs. La journée commence "fort" !

En effet, Deon Meyer nous montre toute l'intensité de la vie de son pays. Il déroule son roman par courtes séquences narratives et démultiplie des scènes qui a priori n'ont rien à voir les unes avec les autres. Au fur et à mesure, le mystère se lève sur les personnages et les scènes éparpillées finissent par trouver toute leur place dans une sorte de tableau géant où sont dépeints à merveille les problèmes de la société sud-africaine post-appartheid.

L'inspecteur Griessel Meyer découvre rapidement que la jeune femme égorgée était une touriste américaine, Erin Russell et qu'elle était accompagnée d'une amie, Rachel Anderson, qui fuit des tueurs, mais aussi la police ! C'est en tout cas ce qu'elle a confié à ses parents lors d'un coup de fil paniqué. Le fait qu'il s'agisse d'un meurtre de touristes, américaines de surcroit, met toute la police du pays sur les dents : l'image de l'Afrique du Sud va encore être écornée alors que le tourisme est vital pour l'économie du pays ! Il faut donc absolument sauver Rachel et arrêter les meurtriers, il en va de "l'intérêt national" car le tourisme c'est "les devises, les créations d'emplois. C'est [la] plus grosse industrie et [le] principal moyen d'améliorer [les] conditions de vie". Donc on n'hésite pas à appeler des renforts et à mettre l'inspectrice de province zoulou Mbali Kaleni sur l'affaire, d'autant, que Adam Barnard, pdg d'une maison de disques, a été retrouvé mort chez lui. Il y a donc de quoi faire pour redorer l'image de marque du pays.

Seulement voilà, les rivalités ethniques, les jalousies ne manquent au sein de la police sud africaine et c'est avec douleur que l'on assiste aux réflexions racistes du collègue métisse de Mbali Kaleni, l'inspecteur Fransman Dekker, pour qui la "discrimination positive" post-appartheid est mal vécue, "parce qu'ils mettent les négros avant" , et que lui est "réduit à l'état de statitstique, d'autant plus que le commissaire n'a d'yeux que pour ces "foutus Xhosas". Pourtant toute l'équipe policière déployée est sympathique aux yeux du lecteurs car ils ne ménagent pas leur temps ni leurs forces, quitte à mettre leur vie en jeu. Et c'est ensemble qu'ils arriveront à avancer sur les différentes affaires qui leur sont confiées, sous la houlette de Benny Griessel, un Blanc un brin philosophe, tout comme le vieil homme historien, qui cache Rachel pour la sauver des tueurs, une sorte de mémoire sud-africaine qui explique que les Afrikaners ont, selon lui, vécu des épreuves similaires à celles des Noirs, mais qu'ensuite ils se sont relevés mais ont été corrompus par le pouvoir, comme le gouvernement noir est en train de l'être.

Car la corruption - et donc les traffics - ne manque pas, en effet. C'est bien là que nous mèneront les différentes enquêtes : celles du meurtre d'Adam Barnard, celles des meutriers d'Erin Russell et poursuivant de Rachel Anderson. Et c'est avec effroi que l'on découvre une certaine vérité sud africaine, une certaine image qui n'est pas tout à fait fausse... Mais heureusement, avec des policiers et des citoyens capables de surmonter les tensions ethniques, le problème de langues et d'accents (particularité de la prononciation afrikaner, entre autres, mais quelle belle trouvaille pour l'intrigue !), on se dit que l'Espoir est là.

J'ai vraiment apprécié cette peinture sud-africaine qui allie intrigue policière et étude sociologique, dans un style simple, direct et incisif. L'incursion dans le monde musical sud-africain était également fort sympathique.
C'est le premier roman que je lis de Deon Meyer et sans doute pas le dernier !

Lu dans le cadre du

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29 avril 2010

Enfant 44

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4e de couverture : "Moscou, hiver 1953. Le corps d'un petit garçon est retrouvé nu sur une voie ferrée. Alors due la famille de l'enfant croit à un assassinat, Leo, agent du MGB, police d'Etat chargée du contre-espionnage, reste fidèle à la ligne du parti: le crime n'existe pas sous le parfait régime socialiste, il s'agit d'un accident. L'affaire est classée niais le doute s'installe... Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Leo est contraint à l'exil avec sa femme, Raïssa. Et, dans une petite ville des montagnes de l'Oural, il va faire une troublante découverte: un autre garçonnet mort dans les ni nies conditions que celles de "l'accident" de Moscou. Prenant tous les risques, Leo et Raïssa vont se lancer dans une terrible traque, qui fera d'eux des ennemis du peuple..."

Je vais me faire des ennemis, mais je n'ai pas du tout aimé ! Je me suis profondément enuyée tout au long de 518 pages ! J'ai trouvé que c'était "fouilli-fouilla", trop de personnages, des héros qui ne sont pas ce qui sont, plus parano les uns que les autres. L'intrigue (le meurtre d'enfants) est dissolue dans la trame narrative au point qu'elle ne semble qu'un prétexte pour autre chose : dénoncer l'époque stalinienne. Mais de façon plutôt maladroite. J'ai trouvé que c'était "too much" !
J'ai trouvé beaucoup plus habile le livre de mon chouchou islandais,  Arnaldur Indridason avec L'Homme du lac (sur le contre-espionnage et la Stasi) ou Ian McEwan avec L'Innocent.

Les questions à répétition dans la narration sont lassantes et le style indirect également.

Bref, ce livre ne m'a pas convaincue. Un gros "bof" donc, en ce qui me concerne.

27 mars 2010

Park Life

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4e de couverture : "Ce petit roman est une bouffée d'air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tôkyô, où l'on pénètre sur les pas d'un jeune employé légèrement excentrique, et soudain " l'exhalaison de terre et d'herbe vous chatouille les narines ". Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants. rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s'exerce à chambouler la perspective pour voir le monde autrement. Il arrive que s'y nouent des idylles, à peine plus tangibles que le bruissement des pigeons qui s'envolent. Ce récit a le charme des parenthèses qui s'ouvrent parfois dans la vie pour laisser entrer l'enchantement, comme un léger vertige teinté de déraison. La ville n'est pas loin, les buildings cernent l'horizon, mais dans cet espace clos et protégé, se jouent les menues aventures qui donnent son goût unique à l'existence, la petite musique d'un grand parc au cœur d'une immense capitale.Park Life a été couronnée en 2002 du prix Akutagawa, le Goncourt japonais."

Très franchement, je ne suis pas d'accord avec la 4e de couverture : pour moi ce livre a été tout sauf une bouffée de fraîcheur. La lecture m'a laissé perplexe, interrogative. C'est la littérature asiatique telle que je la redoute. Je ne vois pas où l'auteur veut en venir.

Le narrateur croise dans un parc une jeune femme, lui-même habite en face de chez lui dans l'appartement d'un couple qui ne vit jamais ensemble où il garde leur singe. La mère du narrateur pendant ce temps là squatte chez lui. Trop passionnant tout ça... Bref, je regrette de m'être laissé tenter par ce livre, incapable de comprendre Yoshida Shuichi. C'est le côté "optimiste" du livre qui m'avait attirée. Mais bon...

Je ne renonce pas pour autant à la littérature japonaise, qui, avec ce que j'ai déjà lu, m'aide à préparer mon voyage dans quelques petites semaines. J'ai Ikebukuro West Gate Park  de Ira Ishida dans ma PAL et je pense que je l'emporterai avec moi dans l'avion.

21 mars 2010

Pour solde de tout compte

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4e de couverture : "La surdité d'Elena Weaver ne l'empêchait nullement de mener à Cambridge de brillantes études en même temps qu'une vie sexuelle débridée. Mais dans une île mal famée en bordure de la ville on découvre son cadavre mutilé. Une mort atroce pour la belle étudiante, fille d'un professeur respecté du collège St Stephen.
Les maladresses de la police locale incitent Scotland Yard à dépêcher sur place deux de ses meilleurs enquêteurs. L'occasion pour le sergent Barbara Havers, toujours aussi caustique et mal fagotée, de retrouver son vieil ennemi intime, le comte Lynley, sa Bentley et ses bonnes manières d'ancien d'Eton.
Mais s'ils s'entendent comme chien et chat, ces deux-là forment aussi l'équipe la plus intelligente et la plus tenace de Grande-Bretagne. De la subtilité et du courage, il leur en faudra pour identifier le plus stupéfiant, le plus invraisemblable des coupables."

Si l'atmosphère britannique vous manque, alors je ne peux que vous conseiller Elizabeth George, la plus "british" des auteurs de polar américain.

Dans ce roman, nous sommes plongés dans le brouillard de Cambridge, au sens propre comme au sens figuré. Le "so british" lord Lynley et son acolyte Havers, une femme un peu "prolo", dotée d'un langage châtié, habillée comme un sac à patates, piétinnent dans l'enquête, se perdent sur des fausses pistes à répétition. On finit par se demander si le brouillard va se lever sur la ville comme dans leur tête, car un Lynley plus amoureux que jamais de Lady Helen et une Havers inquiète pour sa mère, ça n'arrange pas les choses. Par dessus le marché la victime s'avère n'être pas une blanche colombe, son père encore moins et la réputation de la fameuse université de Cambridge risque de voir sa réputation et le sérieux de ses enseignants légèrement compromis.

J'ai mis du temps à terminer ce roman de 527 pages, pas vraiment à cause du nombre der pages mais plutôt parce qu'Elizabeth George a une écriture dense, qui prend son temps. Pourtant, quand on a le livre en mains, il est difficile de le lâcher car c'est avec ce style, ayant un souci du détail assez incroyable, qu'elle tient le lecteur en haleine. On ne peut que suivre les deux enquêteurs dans les secrets de Cambridge.

Cette enquête m'a fait penser à celles d'Agatha Christie, avec en plus, une étude sociologique : celle du milieu universitaire cambridgien (avec la course à la renommée et le souci des apparences, du "qu'en-dira-t-on"), l'univers des sourds et de la condition féminine. Les hommes en prennent pour leur grade mais les meurtriers ne sont pas ceux qu'on imagine. En tout cas l'innocence ne fait pas partie de l'univers de ce roman. L'égoïsme et la provocation des personnages, chacun à leur manière, oui.

J'ai donc passé un bon moment à Cambridge grâce à Elizabeth George dont j'avais déjà lu une série de nouvelles fort sympathiques (Un petit reconstituant) et Enquête dans le brouillard. Je pense renouveler l'expérience avec Sans l'ombre d'un témoin.
Contrairement à ce que dit la 4e de couverture, j'ai trouvé que dans cette enquête, Harvers et Lynley s'entendaient plutôt bien, nettement mieux que dans Enquête dans le brouillard.

Avis aux amateurs d'atmosphère britannique !

20 février 2010

Wasurenagusa

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4e de couverture : "Après un premier mariage raté, Kenji Takahashi découvre qu'il est stérile. Accablé, il quitte la maison familiale. Seule compte encore pour lui sa nurse, Sono. Lorsqu'il fait la connaissance de Mariko, qui vit seule avec son fils Yukio, il en tombe amoureux et l'épouse contre l'avis de ses parents, qui le déshéritent. Quarante-six ans plus tard, retraité et affaibli, il recherche les traces de Sono. Au moment où il retrouve sa tombe, sur laquelle est inscrit le nom de la fleur de myosotis (wasurenagusa), il découvre le secret de ses origines et le malheur qui a frappé ses parents. "

Après la vie de Mariko, nous en apprenons davantage sur la vie de son mari, Kenji Takahashi. Je ne peux dire qu'une chose : le pauvre ! Il est encore plus à plaindre que Mariko (du moins à ce stade de l'histoire, parce que le lecteur sait déjà que Mariko a fait quelque chose de très vilain à son égard).

L'histoire du Japon passe au second plan mais on apprend que des Japonais travaillant en Manchourie ont été capturés par les Russes et envoyés en Sibérie avant d'être libérés à la fin de la 2nd Guerre mondiale.

J'ai bien aimé encore. Seul bémol : je trouve que les rebondissements sont toujours les mêmes. Ce qui fait que j'ai deviné bien avant la fin, les deux secrets, qui, du coup, n'en était.

Peut-être que quelque chose de fracassant va être révélé au dernier tome. Tadam ! En tout cas vraiment très bien écrit, un style très "reposant".

Voir les avis d'Aifelle et de Canel.

5 juillet 2010

La reine des lectrices

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4e de couverture : "Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion potin la lecture? Si, d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne. à négliger ses engagements royaux? C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les soeurs Brontë, Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'oeil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde so British de Buckingham Palace s'inquiète. Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor. Un succès mondial a récompensé cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture."

Deux questions bizarroïdes que je me suis posées en refermant ce livre : "Et ce que la Reine a lu le roman ? Et si oui, qu'en a-t-elle pensé ?" :p.

Un joli petit roman (122 pages) qui ne donne pas mal à la tête et qui ne peut que plaire à tous les lecteurs assidus qui se reconnaîtront.

benn250108_13912tLorsque Sa Majesté découvre le plaisir de lire, c'est tout le protocole qui est ébranlé. Des stratagèmes diaboliques se mettent en place pour tenter de détourner la vieille dame (79 ans bien sonnés) de sa passion toute nouvelle pour la lecture : détournement de caisses de livres de leur trajectoire lors d'un voyage officiel au Canada, disparition mystérieuse de Norman Seakins, son "coursier" de lecture, qu'elle a débauché des cuisines tout exprès. Bref, Sir Kévin et le 1er ministre sont épouvantables...

On sourit très souvent à la lecture de ce roman :

"Si Sa Majesté avait dû elle-même faire les courses, préparer les repas ou - plus inconcevable encore - passer l'aspirateur et la serpillère, la famille n'aurait guère tardé à percevoir une baisse de qualité sensible concernant ces diverses prestations domestiques."  Hum !!

Rappelez vous :les femmes qui lisent son dangereuses ! :p Et la Reine va jusqu'au bout de ses idées à la fin du roman...

25 juin 2010

Eté

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4e de couverture : "C'est l'été le plus chaud que Linköping ait jamais connu. La forêt qui borde la ville s embrase, les nuages de fumée planent dans le ciel obscurci et menacent les citadins. Les incendies n empêchent pas un pervers sexuel particulièrement sordide et cruel de faire régner la terreur dans la ville. L'enfer brûlant des flammes crée une sorte de solidarité parmi les gens, alors que la peur et l'angoisse face aux meurtres horribles du tueur font émerger des soupçons et des préjugés envers celles et ceux qui semblent différents. L'horreur devient totale, quand la propre fille de Malin Fors -l'enquêtrice des romans de Kallentoft et de Hiver - se fait enlever. Chaque minute compte, et Malin n a plus que son instinct de policier et de mère pour l'aider à sauver l'être qui lui est le plus cher au monde."

Si vous ne connaissez pas encore Mons Kallentoft, un conseil, jetez-vous sur ce nouvel écrivain suédois qui écrit des polars très bien, originaux et très bien ficelés. 12154Eté est le deuxième traduit en français.

Déjà, la Suède sous la canicule, ce n'est pas quelque chose de banal ! Ce n'est pas l'image d'Epinal que l'on attend. Et, à mon humble avis, ce n'est pas un hasard car ce livre est tout sauf un roman policier avec des idées toutes faites. Sur fond de dérèglement climatique et de pervers sexuel en goguette dans une ville brûlante, Mons Kallentoft prend la peine  de peindre le tableau de la société suédoise contemporaine. Ce n'est pas vraiment une peinture glorieuse, mais elle n'est pas pour autant en noir et blanc.

Le lecteur assiste à des méthodes policères peu orthodoxe de la part de ce Zeké aux préjugés tenaces. Très agaçant ce type souvent. Cependant, il n'est pas totalement méchant. Juste ignare. Même le monstrueux psychopathe qui tue les jeunes filles a une part d'humanité. Mais franchement, on n'a pas envie de croiser son chemin, c'est moi qui vous le dit !

Mons Kallentoft démonte les mécanismes qui ont amené cette personne à devenir ce qu'elle est : une meutrière perverse, une désaxée.

Malin, l'héroïne commissaire de police n'est pas une wonder woman, juste une citoyenne suédoise ordinaire, un zeste alcoolique parfois les soirs de cafard solitaire, puisqu'elle est seule dans la vie avec sa fille à élever. Elle se console parfois de ce vide avec un collègue journaliste, voire son ex-mari...

L'enquête qu'elle mène la conduit sur de fausses pistes, le prétexte pour l'auteur d'évoquer les préjugés sur les immigrés en Suède et sur le monde lesbien. Cependant, le rythme est hâletant, malgré les fausses pistes et le suspense va crescendo. Malgré la canicule suédoise, le lecteur frissonne par moment, surtout à la fin, avec des mises en scène d'une grande noirceur.

Autre originalité : dans ce roman, les victimes décédées, devenues des "anges d'été",  parlent ! Les personnages en vie ne les entendent pas. Mais elles dévoilent au lecteur leur point de vue et ce qui s'est passé,quand elles s'en souviennent.  Mais le romancier a la bonté de ne pas faire de toutes les victimes des décédés...

On passe un excellent moment avec ce roman policier intelligent et au style fluide. J'ai hâte de découvrir le premier volume déjà paru, Hiver,  et les deux autres qui seront disponibles en 2011 et dont vous aurez déjà deviné les titres.

Et une fois de plus, la couverture est fort sympathique !

Voir aussi le billet de Katell chez qui j'ai découvert l'existence de cet écrivain. Encore une belle découverte !

16 juin 2010

La séance

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4e de couverture : "Angleterre, fin de l'ère victorienne. Constance Langton reçoit la visite d'un avocat, John Montague. Celui-ci lui annonce qu'elle vient d'hériter d'un manoir de famille dans le Suffolk, Wraxford Hall, et lui conseille de vendre la propriété sans perdre une seconde. Wraxford Hall jouit en effet d'une sinistre réputation : ses précédents propriétaires y sont morts dans d'étranges circonstances et une jeune femme, Eleanor Unwin, y a mystérieusement disparu avec sa fille. Quels terribles secrets renferme Wraxford Hall ? Au fil du journal intime d'Eleanor et des recherches de Constance, deux femmes dont le désir d'indépendance dénote en pleine époque victorienne, se lèvent peu à peu les mystères qui entourent l'étrange demeure. Pièges machiavéliques et coups de théâtre en cascade, terreurs intimes, étranges obsessions et secrètes inconvenances, tout est réuni pour faire de cet hommage très moderne au roman gothique et victorien un chef-d'oeuvre du genre."

Attention, ce roman a de réels pouvoirs hypnotiques !! Si vous êtes insomniaque, c'est le livre qu'il vous faut ! Si vous êtes fan du roman gothique, ce livre est pour vous ! Une fois en main, impossible de le lâcher et difficile de dormir ! Je pense même qu'il a le pouvoir de re(lancer) la mode du roman à énigmes à la sauce victorienne !

Tout est réuni pour vous faire frissonner : le manoir anglais délabré - aux abords d'un bois bien peu avenant - où les différents propriétaires des lieux disparaissent tour à tour de manière bien étrange : volatilisés, disparus, à chaque fois le soir d'un orage un peu étrange, après avoir invoqué les esprits lors de séances de spiritisme.

John Harwood reprend habilement tous les topoï gothiques pour mieux en jouer et c'est ce qui fait de ce roman un livre parfaitement étonnant. L'imagination du lecteur est mise à rude épreuve : on se demande tour à tour si l'on ne devient pas fou (thème récurrent d'ailleurs dans le livre) ou plutôt quel personnage est vraiment "net". Nous sommes sans cesse promenés dans un jeu d'illusions, où rêve et réalité finissent pas s'entremêler. Une quête de la vérité se met en marche...

La véracité des faits est appuyée par une série de récits enchâssés.  Par le récit de Constance Langton, le lecteur découvre, outre son histoire,  l'existence du sinistre manoir de Wraxford dont elle vient d'hériter. Son avocat pour cette affaire, John Montague, lui envoie une série de paquets contenant différents différents témoignages dont le journal d'Eleanour Wraxford, propriétaire des lieux et épouse du sinistre Magnus, maître dans l'art de l'hypnotisme - surtout dans celui de la manipulation !

Un double jeu se met en place, tant au niveau du récit qu'au niveau des personnages : qui manipule qui ? Qui est qui ? L'identité devient de plus en plus incertaine au fil des pages. Un suspens qui va crescendo accompagne le lecteur jusqu'au dénouement. Le secret est bien gardé et tient parfaitement "la route" ! J'ai adoré cette satanée armure !

Par ailleurs, ce livre en tant qu'objet est une oeuvre d'art par le soin de sa couverture et les petits détails des premières pages.

Bref, il a vraiment tout pour plaire et il m'a vraiment beaucoup plu, comme vous l'aurez remarqué !

Je remercie vraiment Solène et les Editions du Cherche-Midi de m'avoir permis cette belle découverte !

Voir également les avis enthousiastes de Keisha et de Lou.

16 mai 2010

Encore du nouveau dans ma PAL

Bon, un week-end de quatre jours, ça m'a inspiré littérairement parlant car j'ai ENCORE craqué pour :

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(mon chouchou nord-irlandais qui écrit des polars très "poilants").

Une autre Irlandais que je ne connais pas encore :

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Notre amie Elizabeth Bowen (again) : cela faisait un moment que je lorgnais ce livre :

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Enfin, un roman indien (une grande première car je pense que je n'ai rien lu de ce pays ou si peu que je ne m'en souviens pas).

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Et maintenant, va falloir que je me calme :). Pas trop difficile vue le mois chargé qui m'attend.

7 décembre 2009

Sur la plage de Chesil

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4e de couverture : "Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie."

C'est par ce roman que j'ai découvert Ian McEwan en 2007. Un roman d'instrospection, d'examen à la loupe d'un couple de jeunes mariés, Florence & Edward, dans le huis-clos amoureux de la nuit de noces. Mais pas tel qu'on pourrait se l'imaginer ! McEwan transforme la nuit d'amour en un véritable cauchemar et se livre là à une virulente satire d'une certaine société anglaise des années soixante. L'auteur est ici très incisif et cruel avec ses personnages, il en fait deux êtres complètement "coincés", très instruits mais complètement ignares des choses de la vie. Florence se remémore les choses qu'elles a lues dans les livres, des mots qui la laissent perplexe et la terrifient. Le couple est empêtré dans son embarras, au-delà des mots, jusqu'au malentendu et à la catastrophe finale. Leur vie bascule irrémédiablement. Un vrai gâchis stupide ai-je pensé en refermant le livre. Une démonstration magistrale des effets pervers des "tabous" dans une société.

J'ai vraiment aimé ce roman mais j'ai eu de la peine pour les personnages (ce ne fut pas le cas dans Expiation ou dans Samedi)  ! Les pauvres! Monsieur McEwan, vous êtes terrible !

26 avril 2010

Le temps suspendu

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4e de couverture : " Attendre n'est pas mon fort. Attendre sans savoir a été la plus grande incapacité de ma vie ", déclare l'héroïne de ce roman. Et pourtant. Enseignante en formation continue, Maria se dépense sans compter pour ses classes de camionneurs et de femmes de ménage en quête d'une seconde chance. Enceinte à quarante-deux ans, elle accouche d'une grande prématurée. Commence alors la traversée d'un temps suspendu: pendant deux mois, derrière le hublot de la couveuse, Maria observe Irene sans comprendre si son bébé est en train de mourir ou de naître. Autour d'elles, un monde insolite, les banquettes de la salle d'attente et le langage crypté des machines de réanimation, les infirmières, les autres mères; et un médecin plus humain ou juste plus jeune. Un peu plus loin, le centre d'enseignement pour adultes, où immigrés et autres laissés-pour-compte du système scolaire essaient tant bien que mal de jouer les bons élèves. Enfin, en toile de fond, Naples, impitoyable mais captivante, est pour Maria tantôt la meilleure des compagnies, tantôt le pire obstacle. Dans un style rapide et allusif, Valeria Parrella invente une voix pour l'espoir et la hargne d'une femme devenue mère en sursis."

Maria, 42 ans, professeur de français dans un centre de formation continue napolitain, accouche d'une petite fille prématurée, née à 6 mois de grossesse.
Un sujet délicat qui ne peut que toucher chaque femme mais aussi les anciens bébés que nous sommes, prématurés ou non! Valeria Parrella aborde ce thème du nourrisson prématuré avec beaucoup de délicatesse et de retenue, sans tomber dans le pathos. Tout est dit pourtant à travers ce "temps suspendu" à l'avenir de la petite Irène et la souffrance de "ne pas savoir"! Tout le roman repose sur le "savoir", avec un jeu d'écho subtil entre le métier de Maria qui enseigne l'italien à des adultes laissés pour compte, parfois des immigrés, et son aventure personnelle de mère en devenir -ou pas. J'ai beaucoup aimé le clin d'oeil dans l'épilogue quand elle dit à son élève qui passe son examen : "Tu mets des points de suspension et moi, je vais boire mon café" !

Il est certain que ce roman ne peut pas laisser indifférent !

J'en ai beaucoup apprécié les petits moments d'humour (avec l'histoire des joints cachés sous les draps d'un landeau, par exemple) et de voir défiler la vie napolitaine, malgré ce temps suspendu à une petite fille et l'espoir qui est toujours présent dans ce livre, c'est ce qui fait son charme. Et le lecteur en est bien récompensé !

Cela faisait une éternité que je n'avais pas lu de littérature italienne, tellement longtemps que je ne me rappelle plus de quand date ma dernière expérience littéraire ! Il était donc temps que je renoue avec ce pays, d'autant plus que j'en ai quelques gènes qui se baladent en moi. Ce livre m' encourage à poursuivre l'aventure !

Ce roman a fait l'objet d'un film du même nom, sélectionnée par la Mostra de Venise en 2009.

Je remercie Suzanne de chez_les_filles et les Editions du Seuil pour l'envoi de ce livre.

Voir aussi l'avis d'Aifelle qui a aimé et celui de Cryssilda qui n'a pas aimé.

26 février 2010

Zulu

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4e de couverture : "Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records. Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale... "

Attention : pépite !
Je viens juste de refermer ce livre et je suis sous le choc ! Je vous préviens, c'est un livre très violent. Je n'ai pu le lire qu'avec des pauses conséquentes.

Caryl Férey restitue parfaitement la violence de l'histoire de ce pays qu'est l'Afrique du Sud. Il démontre avec brio comment cette violence s'organise en un écheveau complexe. Comment, d'une part,  la manipulation inter-ethnique a été savament travaillé sous l'Apartheid : les Zulus (affiliés au parti de l'Inkhata) contre les Xhosa (parti de l'ANC dont la figure emblématique est bien entendu Nelson Mandela), les premiers étant manipulé par les Blancs au pouvoir. Et d'autre part, comment aujourd'hui, certains maintiennent la "pression" d'une manière toute aussi effroyable.

Le roman se déroule dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, post-apartheid. Ali Neuman (un Zulu) a vu son père et son frère aîné pro-ANC massacrés quand il était petit par une milice de l'Inkatha. Adulte, il est flic et travaille avec Dan Flechter, un Métis et Brian Epkeen un Blanc. Le cadavre d'une étudiante blanche et riche, est retrouvé, le visage massacré. Pour Ali, Dan et Brian, ce cadavre est le début de l'Enfer. Et je pèse mes mots sur ce qu'ils vont découvrir !

Une foule de personnages peuple ce roman intense et dense. Mais aucun n'est là par hasard. Du gamin des rues shooté et sidéen, au chef de gang tout aussi shooté et malade, au grand magnat de l'industrie pharmaceutique au passé de militaire, en passant par les prostituées. Tout s'imbrique parfaitement avec horreur !


Cependant, Caryl Férey évite les écueils et la fin du roman est à ce titre édifiante. Un espoir pour l'Afrique du Sud de demain. Même si nous laissons les personnages dans un piètre état...

Je vous préviens : pour lire ce roman, il faut avoir le coeur bien accorché ! Mais cette expérience sud-africaine en vaut la peine et amène à la réflexion. On est sans doute pas tout à fait le même quand on a refermé le livre.  Le roman a d'ailleurs obtenu de nombreux prix (même si pour moi ça ne veut pas forcément dire quelque chose, je dois dire que là, c'est mérité, d'autant plus que c'est très bien documenté).

Cela dit, je crois que je vais enchaîner sur un livre un peu plus reposant...

21 février 2010

Hotaru

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4e de couverture : "A la saison des lucioles (hotaru), lorsqu'elle rend visite à sa grand-mère Mariko Takahashi, Tsubaki est loin de se douter que celle-ci lui confiera bientôt le secret qui ronge sa vie depuis cinquante ans, incapable qu'elle fut de le révéler à son mari. Etudiante en archéologie, Tsubaki apprend à travers cette confession les lois cruelles de la vie : l'innocence et la naïveté des jeunes filles sont souvent abusées par les hommes de pouvoir et d'expérience, et leur destinée s'en trouve à jamais bouleversée".

Le lecteur retrouve Mariko, la mère de Yukio, maintenant grand-mère. C'est à sa petite-fille, Tsubaki, qu'elle confie son histoire et surtout les secrets qui la rongent depuis tant d'années. La subtilité, c'est que le lecteur connaît la "faute" de Mariko depuis le premier tome et une partie de ses secrets. En lisant le premier volume, et en découvrant cette femme par les yeux de Yukiko, la fille de son voisin, je trouvais cette femme peu sympathique. Au 3e volume,déjà, mon regard sur elle avait changé. Sans pour autant l'innocenter complétement.

A la lecture de Hotaru ("lucioles", en japonais), elle m'a fait pitié, malgré sa culpabilité. Je me suis mise à détester ce monsieur Horibe, un peu trop propre sur lui et d'un égoïsme vraiment affligeant, prêt à vraiment tout pour avoir ce qu'il veut.
L'histoire de Mariko trouve un écho dans le coeur de sa petite-fille, qui, grâce à elle, évitera le pire, ou du moins la même erreur. Elle saura déjouer le piège.

Cet opus voit toutes les énigmes familiales élucidées, du moins aux yeux du lecteur. Mais Mariko reste avec cette interrogation : celle de l'attitude de Yukiko, la fille de Monsieur Horibe, qu'elle est seule à avoir vu un certain matin où la bombe atomique ravageait Nagasaki. Pourquoi a-t-elle fait ce qu'elle même envisageait de faire ?

Aki Shimazaki dresse là un portrait peu élogieux d'hommes riches, égoïstes, abusant sans complexes des femmes. Mais c'est aussi un roman sur l'amour et le désir.

Les lucioles, lorsqu'elles clignotent, "sont des mâles [qui] cherchent alors des femelles, des vers luisants, qui ne sont pas là".
Les lucioles qui sont des mâles, volent, pas les vers luisants, qui sont des femelles.

Alors je n'ai pas compris pourquoi Mariko se considère comme une "luciole tombée dans l'eau sucrée". Sa petite-fille lui promet à son tour de ne pas "tomber dans l'eau sucrée". Mariko et Tsubaki ne seraient-elles pas plutôt des vers luisants?
Je ne doute pas que ma question soit étonnante: juste une réflexion que je me suis faite en refermant le livre. Peut-être est-ce une question de poésie... La poésie du ver luisant n'étant pas celle de la luciole, dans l'imaginaire poétique ??
En tout cas les hommes de ce récit se plaisent à offrir des lucioles à leur amoureuse lors du premier rendez-vous...

J'ai envie de découvrir les deux autres livres écrit par Aki Shimazaki. Parce que cette pentalogie m'a vraiment bien plue ! Je pense même que je devrais relire le premier volume au regard de cet ensemble, maintenant que je connais l'ensemble des secrets...

Voir aussi les avis d'Aifelle et de Canel.

Edit du 26/02 : si vous voulez trouver Aki Shimazaki en librairie, regardez au rayon "littérature francophone" (elle vit au Québec et écrit en français). J'ai fait l'expérience dans une grande enseigne de vente de livres... Et ils étaient bien cachés ! LOL!

30 décembre 2009

Le pèlerinage de soeur Fidelma

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4e de couverture : "An 666. Soeur Fidelma, princesse et avocate renommée dans les cinq royaumes d'Eireann, embarque pour un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle afin de trouver un peu de paix et faire le point sur sa vocation. Mais l'atmosphère du navire ne se révèle guère propice à la méditation et la traversée vers l'Ibérie sera plus mouvementée que prévu. Au lendemain d'une effroyable tempête, une religieuse disparaît du bord dans des circonstances pour le moins douteuses... Fidelma n'a d'autre choix que de mener l'enquête, mais sa tâche est d'autant plus délicate qu'un des passagers est loin d'être un inconnu pour elle : le bel et arrogant Cian, celui qui lui a brisé le cœur dix ans auparavant, est à bord, bien décidé à ne pas lui simplifier la vie ! Entre un assassin et les fantômes du passé, sœur Fidelma aura fort à faire."

Je suis une fan des aventures de soeur Fidelma et je dois dire que je trouve que la série va en s'améliorant au fil des années. L'héroïne gagne en complexité, tout comme Eadulf, moine saxon qui l'accompagne de plus en plus souvent dans ses enquêtes, et pour cause...  (mais il n'est pas présent dans ce volume).

Nous voici dans une sorte de "Croisière s'amuse" au 7e siècle, avec une intrigue rondement menée.
On se trouve embarqués à bord de L'Oie bernache avec un groupe de religieux aux moeurs surprenantes au regard de leur statut mais c'est justement l'occasion pour l'auteur de nous enseigner qu'à cette époque, les religieux de l'Eglise d'Irlande avaient parfaitement le droit de se marier et d'avoir des sentiments amoureux, sans aucune honte. A cette époque, justement, plusieurs courants de pensées font débat à ce sujet. Et l'Eglise romaine penche pour le célibat des hommes et des femmes de l'Eglise.

Les moeurs religieuses sont au coeur de l'intrigue et le pélerinage en Ibérie sur le tombeau de Jacques de Compostelle ne passe qu'au second plan. Et c'est vrai qu'ils ont franchement des moeurs dépravés les religieux de ce roman ! :p

On apprend également que les Gaëls auraient émigrés du Nord Ouest de l'Ibérie vers Eireann et non l'inverse !
("Le drame final de la traversée s'était jouée dès que l'Oie bernache était arrivée en vue des côtes nord-ouest de l'Ibérie, dont Golamh et les enfants des Gaëls étaient partis pour Eireann un millier d'années auparavant"). Trop fort !

Peter Tremayne a fondé The International Sister Fidelma Society : www.sisterfidelma.com.

Cet érudit, passionné de culture celte, a reçu de nombreux prix pour son oeuvre littéraire et a reçu en 1988 l'Irish Post award en reconnaissance de ses apports importants à l'étude de l'histoire irlandaise.

Il a également publié des romans sous son vrai nom : Peter (Berresford) Ellis et des thrillers sous le pseudonyme de Peter MacAlan. Dans la série des "sister Fidelma", il a actuellement écrit 18 tomes mais, pour l'instant, seulement 14 sont actuellement traduits en français. Et pas forcément dans l'ordre de parution, ce qui est déroutant parfois. J'ai lu, outre celui-ci :
- Absolution par le meurtre
- La Ruse du serpent
- La Mort aux trois visages
- Les Mystères de la Lune.
J'entame le 6e avec La Cloche du lepreux (suite directe des Mystères de la Lune et dernier paru en France).

Je conseille cette série à tous les fans de l'Irlande et aux amoureux du gaélique.

19 décembre 2009

L'élégance du hérisson

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4e de couverture : « Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bougeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’idée que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

L'histoire d'une rencontre entre 3 êtres qu'a priori tout sépare :

- une petite fille riche, mal dans la "méprisable vacuité de l'existence bourgeoise", avec un père "député après avoir été ministre et (qui) finira sans doute au perchoir, à vider la cave de l'hôtel de Lassay" et une mère  "éduquée", un doctorat de lettres en poche, qui passe son temps à assommer les gens avec des références littéraires

- une concierge "si conforme à l’idée que l’on se fait des concierges".

- un Japonais

Tout part de là : de  "l'imaginaire collectif" de notre société - bourgeoise - où le paraître prime sur l'être.

Une très belle histoire d'une vraie amitié où l'intelligence, au-delà des préjugés, permet d'aller à la rencontre de l'Autre.

Muriel Barbery prend le parti-pris de Marx et donc le contre-pied de la "bourgeoisie": elle écrit un roman dérangeant, qui n'a sans doute pas plu à tout le monde, mais que je trouve intelligent et doté d'un humour ravageur. Un pied de nez à l'apparente conformité des choses. Un coup de griffe à la France d'"en-haut".

La fin m'a fait sourire : image fatale du hérisson qui traverse la route !

Le seul bémol : le style, auquel j'ai eu du mal à adhérer.

Je n'ai pas vu le film qui a été tiré du film (une fois de plus!).

3 décembre 2009

Le tueur des ombres

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4e de couverture : Lorsque le corps de Drew Shand, écrivain à succès, est retrouvé mutilé dans le quartier historique d'Édimbourg, la police conclut à un crime crapuleux. Mais après l'assassinat brutal de Jane Elias, la reine du thriller, il faut se rendre à l'évidence : un tueur s'attaque aux stars du roman noir. Et, non content de les éliminer, il reproduit les scènes de leurs propres livres. A quand la troisième victime ? Fiona Cameron s'attend au pire. Psychologue, experte en affaires criminelles, elle vit avec un auteur de polars, Kit Martin, réputé pour la violence de ses intrigues. Or il a reçu une lettre de menace. Et dans le roman qui l'a rendu célèbre, le meurtrier saignait ses victimes pour peindre des fresques murales...

Avec Val McDermid, pas d'effusion de sang à outrance, pas de "gore". Ses romans policiers jouent avant tout sur l'imagination du lecteur, et elle s'en sert à merveille. Tout est dans le psychologique. Le titre en VO est d'ailleurs Killing the Shadows.

L'héroïne vit en couple avec un auteur de polar et voici que les assassinats d'écrivains se multiplient. Elle voit rouge, d'autant plus que sa jeune soeur a été assassinée des années plus tôt par sa faute (c'est du moins ce qu'elle s'imagine). La culpabilité ne l'a pas quittée depuis. Fiona est une psy qui doute et qui s'inquiète pour son conjoint. Alors qu'au contraire, celui-ci tente de dédramatiser la situation, jusqu'au moment où....(je ne peux pas dire ce qui va se passer, vous comprendrez-bien !!)

J'ai beaucoup aimé l'idée du couple auteur de polar/psy profiler et du "plagiat" : Jack l'Eventreur (ou plutôt son double dégradé : "Jacot l'Eventreur", plagiaire du premier) et tout ce que cela suppose, la mise en abyme qui fait monter le suspens en brouillant la frontière entre fiction et réalité.

Bref, un roman policier très bien construit, qui, de plus, fait la part belle aux femmes, au pouvoir de l'imagination et de la littérature.

C'est le 2e roman que je lis de cette Ecossaise et je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une minute, d'un bout à l'autre des 600 pages ! J'ai dévoré. J'en ai déjà un 3e dans ma PAL.

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