04 juillet 2011

Trainspotting

 

J'inaugure à présent des billets sur l'Ecosse version "black tartan", telle que la décrit Val McDermid, Ian Rankin ou Irine Welsh. Et c'est l'adaptation cinématographique du livre Transpotting écrit par ce dernier que je viens de visionner.

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Autant vous dire, c'est du lourd, du glauque du coup de poing dans la face. Mais quelle réussite ce film de Dany Boyle (1996). Ici pas de folklore, pas de kilt, pas de cornemuse. Mais la galère et le désespoir d'une génération à la dérive, de la banlieue d'Edimbourg, dans une région de Grande-Bretagne gangrénée par le chômage et le trafic de drogue. La came, le shoot, c'est leur moyen de ne pas ressentir la douleur ou du moins de l'atténuer.  Une vie  de merde... Autant dire d'emblée qu'ici il n'est pas question de poésie.

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Mark Renton , le personnage principal, joué impecablement par Ewan McGregor, tente de quitter ce monde glauque et de réintégrer une vie normale. Il souhaite vraiment se sortir la tête de la merde, comme le montre de manière explicite mais avec un humour caustique le cinéaste :

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Pour cela, il comprend rapidement qu'il lui faut se mettre à distance de sa bande de potes à la "masse". Après les terribles scènes du sevrage et celles du bébé (ceux qui ont vu le film comprendront de quoi je parle), on se dit que ça va aller mieux. Un départ à Londres, une nouvelle vie. Parce que voici ce qu'est être écossais pour Mark  :

"C''est une punition d'être Écossais ! On est les plus nuls des plus nuls, le rebut de l'humanité. Le peuple écossais, c'est de la merde, la plus asservie, la plus pitoyable qui ait jamais été chiée depuis que la Terre existe. Ici, la plupart des gens haïssent les Anglais. Je regrette, c'est seulement des connards. Alors que nous, on est colonisés par des... par des connards. On a pas été foutus d'être colonisés par une race supérieure, on est gouvernés par des balais à chiottes. C'est le trou du cul du monde ce pays."

Pourtant Mark a un regard tout à fait lucide sur sa condition d'héroïnoman : "Choisir son avenir, choisir la vie. Pourquoi je ferais une chose pareille ? J'ai choisi de pas choisir la vie, j'ai choisi autre chose. Les raisons ? Y a pas de raisons. On a pas besoin de raisons quand on a l'héroïne." "Quand t'es junkie, t'as qu'un seul souci : te fournir. Le jour où tu décroches, d'un coup tu te prends la tête avec plein d'autres conneries. T'as pas de blé, tu peux pas te bourrer la gueule, t'en as, tu picoles trop."

Seulement voilà, peut-on effacer d'un coup de gomme son passé de camé ? La question donne la réponse, évidemment.

Dans ce film on a tour à tour  les larmes aux yeux, la peur au ventre et aussi des sourires et du rire - jaune. J'ai absolument adoré ! Une mise en scène impeccable et des acteurs qui "déménagent". C'est ici l'Ecosse qu'on ne montre pas dans les guides touristiques.

Je n'ai pas lu le livre d'Irine Welsh, donc je vous renvoie  (et je préviens, je ne supporterai pas qu'on me dise que ce film est un navet :p).

 

 

Posté par maevedefrance à 06:00 - Commentaires [8] - Permalien [#]
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