9782264043641

4e de couverture : "Lucy Honeychurch n'aurait jamais pu partir à la découverte de l'Italie comme toute jeune Anglaise de bonn famille sans la surveillance d'un chaperon zélé, sa cousine Charlotte. A leur arrivée à Florence, les deux voyageuses constatent avec dépit que la chambre qui leur a été réservée n'a pas de vue sur l'Arno. En violation de toutes les convenances, deux inconnus, M. Emerson et son fils George, leur proposent de leur échanger la leur qui, elle, donne sur le fleuve. L'attitude cavalière de George envers Lucy et le peu de résistance qu'elle lui oppose poussent Charlotte à décider d'abréger leur séjour. Mais le hasard va de nouveau réunir les Emerson et les Honeychurch, en Angleterre cette fois... Un roman délicieux sur l'éveil des sentiments et le poids des conventions sociales par un des maîtres de la littérature anglaise."

S'il y a des personnages que l'on a vraiment envie de "claquer" du début à la fin, c'est bien cette vieille fille de Charlotte qui a un avis sur toutes choses et, de préférence, à la place des autres, en particulier, évidemment, de sa cousine Lucy. On ne peut lui trouver aucune qualité, mais bien que de l'hypocrisie (la fin du roman est d'ailleurs édifiant à son égard). L'autre personnage très agaçant et Cecil, le fiancé de Lucy. Il n'a pas encore compris que penser à la place des gens, et surtout des femmes, ne va pas beaucoup l'aider.
Quant aux Emerson, ils sont "excentriques" au regard de leur époque. Ils ne réflèchissent pas aux conventions, ils font ce qui leur semble bien. En particulier George, franchement impulsif ! Toute l'intrigue reposant sur ce fameux baiser volé à Lucy au milieu d'un pré de violettes.

Si j'ai eu quelque peu de mal à entrer dans l'histoire pendant les deux premiers chapîtres, je me suis totalement laissée emporter pas les pages suivantes. J'ai beaucoup apprécié l'ironie très sarcastique de E. M. Forster, son  humour (et je pense qu'il faut relire le livre une fois terminé car la narration est riche, dense et laisse sans doute échapper des choses). De l'originalité dans la narration elle-même où le narrateur commente l'attitude des personnages.

Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir cet auteur, et en particulier ce roman,  dont je n'ai lu quasiment que de bonnes critiques. C'est chose faite et j'ai eu de la chance car l'ouvrage n'est plus édité en France, ce qui est assez incompréhensible. On le trouve cependant d'occasion (mais à un prix déraisonnable) ou dans les bonnes bibliothèques. Je ne sais pas si c'est également le cas pour ses autres roman, mais j'espère que non, car j'ai l'intention des les découvrir, en particulier Sur la route des Indes.