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traduit par Stéphane Roques

4e de couverture : "Slava, jeune juif russe de New York, est un modèle d'intégration. Fuyant sa communauté, sa langue maternelle et le poids du destin familial, il s'est installé à Manathan où, à défaut de réaliser ses rêves d'écrivain, il a dégoté un poste de larbin pour la prestigieuse revue Century avec, en prime, une petite amie américaine branchée et sexy. Mais la mort de sa grand-mère le ramène brutalement parmi les siens, à Brooklyn, et plus précisément chez son grand-père. Le vieux Guelman a souffert dans la vie parce qu'il était juif, parce qu'il était citoyen de seconde zone en Union soviétique, puis immigré russe en proie au mépris d'une Amérique triomphante - et voudrait bien, aujourd'hui, obtenir réparation. Mais il n'est éligible à aucun programme d'indemnisation. Qu'à ne cela ne tienne, Slava est écrivain, il sait raconter des histoires..."

Je n'avais jamais entendu parler de Boris Fishman avant d'aller à Festival America et d'assister à un débat sur l'Histoire dans la fiction. Cet écrivain à l'humour corrosif et au discours intéressant m'a intriguée et j'ai eu envie de découvrir son roman, qui est de plus son premier. Ce fut une aubaine quand Babelio l'a mis en lot dans sa Masse critique de rentrée.
Boris Fishman est américain mais il est né en Biélorussie en 1979 et il est à présent journaliste. Le roman était prometteur : la vie plutôt compliquée d'un Américain d'origine russe, juif de surcroit et l'idée fumante (et immorale) qui lui vient à l'esprit pour que son grand-père touche une indemnisation était alléchante. L'idée de Fishman est audacieuse (elle n'est pas révélée par la quatrième de couverture mais il l'a révélé lors du débat à Festival America donc je la connaissais avant même d'avoir lu le livre) Seulement voilà...

On comprend bien, dès les premières pages que la famille de Slava est du genre pénible et accaparante  (même morte la grand-mère en impose encore et le grand-père, malgré ses quatre-vingts ans, ne perd pas le Nord). On nous raconte comment les petites magouilles entre immigrés, juifs,  sur le sol américain leur ont permis de se simplifier la vie. Le tableau est d'un humour corrosif et sans concessions. Puis la vie d'assistant de rédaction de Slava prend le relais et son idylle avec sa collègue, Arianna elle aussi juive et américaine, précédée par des considérations sur les fringues de deux Américains qui fréquentent un bouge appelé Le Kaboul, les fringues des collègues de Slava au Century, des considérations sur les articles qu'il a écrits...

... Le livre m'est tombé des mains au bout d'environ 150 pages. Trop de digressions, trop de détails encombre la narration : on en perd le fil. Peut-être est-ce parce que je voulais à tout prix être dans le vif sur sujet (que je connaissais). Mais sans le connaître, on se demande où l'écrivain veut en venir. Le coeur de l'intrigue tarde trop à venir. J'ai eu du mal aussi, avec son style assez alambiqué. Pas que les longues phrases me rebutent a priori, mais là, parfois, on ne sait plus trop de quoi il cause. A moins que j'ai manqué d'attention, ce qui est aussi possible !

Bref, je suis d'autant plus déçue que j'ai apprécié les interventions de l'auteur lors du débat à Festival America où il avait un discours tout à fait intéressant, doublé d'un humour que l'on retrouve dans ce livre : malgré tout, j'ai réussi à sourire par moments lors de la lecture. Même si ce roman est finalement une déception.

Je remercie Babelio et les Editions Buchet Chastel pour l'envoi du livre.